‹ Journal et mémoires de Mathieu Marais, avocat au Parlement de Paris, sur la régence et le règne de Louis XV, 1715-1737 (volume 5)Chapitre 32 sur 53 · LE PRÉSIDENT BOLHIER DE 1724 A · texte numérisé non relu

LE PRÉSIDENT BOLHIER DE 1724 A

(Extraits)

LeUre l".

A Paris, ce 14 janvier 1729.

J'ai continué, Monsieur, de lire avec la même admiration et lo môme conlenlement l'ouvrage contre le Gros- Jean et me suis souvenu de Tëpitre du valet de Marol :

Zon dessus l'œil, zon sur le grouin, Zon sur le dos du sagouin , Zon dessus l'ùue de Balaani.

Ce docteur arcadique a été traité comme il a dû Fètre [>ar un homme comme vous,

Je ne vois point qu'un Rabelais, ITn Hervel, un Saint-Gelais, \ oisent écrivans contre lui,

1 a)lUU:SPO.M)A>CK IM:i)lTK.

disoit le valet île Marol de son inailre, et notre docteur aiiroit dû savoir avec qui il avoil atïaire avant (jue d'écrire; surtout le catalogue où Vliulice des propositions réfutées m'a fait irrand plaisir, et voili\ une f.onstilution jiniditpie qui ne trouvera i;uère d'appelants.

J'ai lu aussi le plaidoyer ou Manoir c de iM. de Varennes le jeune dans Taffaire de V Impuissance , et je l'ai trouvé solide, éloquent et plein de bons principes. Je suis persuadé à présent qu'il y avoit abus dans le chef qui avoit ordonné la visite du mari, puisque le mariage n'étoit point consommé, et que c'est un article de foi de croire qu'en ce cas il est permis à la femme de se faire religieuse. Il faudra donc charger notre Credo de cet article, qui , dans la pureté, n'est pas trop pur.

Il est surprenant, comme vous dites fort l)ien, que les Loysel ni les Pasquier n'ayent point parlé du Recueil de Spifame , et que cette sorte de révélation nous ait été réservée après deux cents ans. GrAce à M. Hrillon , cette aDCcdote auroit duré peut-être encore autant, mais il faut qu'il y ait des docteurs arcadiques qui réveillent les critiques, et qui instruisent le monde. Peut-être ce livre fut-il si méprisé dans son siècle, (|u'on ne daigna pas le relever. Je ne sais si M. le Chanccli(;r en sait l'histoin' , maiî^je ne veux pas qu'il l'ignore.

Vous serez bien aise de savoir (pi'aujourd'hui IV janvier, après trois ou quatre audiences au Chàtelet, M""" de Sainte-Maure a été admise à preuve contre son mari, qui lui a fait toutes les chicanes imaginables. Il l'a obligée de répondre chez M h; lieutenant civil pour dire les causes de son refus de retourner avec lui. Elle disoit: «mes causes sont expliquées dans ma demande en îK^paiation » et lui, il vouloit Toliliger de retourner encore chez M. le lieutenant civil, pour entendre ce (ju'il avoit Adiré j\ ces causes. Mais tous ces tours et rrlours ont paru des fuites, et la preuve a été admise. M. Cochin a tn-s-bien plaidé |>our la dame, qui est ma cliente (;t mon amie, et il a rap-

LETTRK ['^ 3

porté une lettre du mari, sur laquelle il auroil pu demander la séparation sur-le-champ, comme elle fut jugée autrefois contre M. d'Effiat.

On m'a assuré que notre ribaud a ordre de se défaire de sa charge, aussi bien que M. de Vougny et M. Desbonnelles, qui seront les assistants Ils n'ont pas pourtant, comme lui, dénaturé des tapisseries et des endossements; mais l'un a eu un mauvais bruit sur un homme mort dans sa cave, et l'autre a bien fait des siennes, du règne de M. D. Il faut se rendre encore plus certain de cette nouvelle, c'est un de leurs confrères qui me l'a dit.

Je n'ai point vu l'édition des Poésies de MiM. Huet et Fraguier ; ce dernier a donné, dans le i*" tome du Recueil de l'Académie des belles-lettres, un discours sur V Ironie de Socrale, sur son démon et sur ses mœurs , où il donne un petit coup en passant à Despréaux pour avoir dit de Socrate qu'il étoit :

Trop équivoque ami du jeune Alcibiade,

et il me semble qu'il le justifie très-bien de la pédérastie dont il étoit soupçonné, hors qu'il fait entendre que ce philosophe s'y prenoit avec les beaux garçons à peu près comme le fondateurde Fontevrault avec ses religieuses (1). Et je ne sais si le défunt abbé n'auroit pas un peu mérité le reproche que l'on faisoit à d'Assoucy :

C'est dommage que dans Paris Ces messieurs de l'Académie, Tous ces messieurs les beaux esprits Soient sujets à telle infamie.

(t) Le 2't janvier, le président Uouhier répond avec une liberté qui donne une idée de Tesprit, de rayiénwnl et de la hardiesse de ces conversations épistolaiies, entre ina[;islrats «t avocats lettrés (seimo dccinc(us) , el du perpétuel sourire (jui aninioit leur savante gravité. « Comme vous « l'ave/, reuiarqiit;, il {Vahbè Fnujmcr) y justilie fort bien ce pliilosojdie M (Sociale) du houp(;on de iH'dér.islie, et il n'a pas oul*li<; la plainte (pie - faisoit Alcibiade do n'avoir pu le faire euccomber à son désir. Mais ce qu'il

4 COKUr.SPONDANCK IM^Dll^:

Ne dirons-nuiis pas un pelit mot tle la Constitulion ? Les youvelles ecclêsiasiiques vont toujours leur train, malgré les défenses; il en a paru une sur le Mandj'menl de notre cardinal, qui est bien écrite, où il y a plusieurs faits siniruliers qui passeront ;\ la postérité. Les jansénistes donriout aussi leur Supplément aux preuves de la liberlê (le l'hyline (jaUicane ; c'est une liste très-ennuyeuse de lettres de cachet et d'autres menues histoires de curés et de moines, où on s'intéresse peu. Je viens de voir, dans les iSoHvelles du -25 novembre, qu'un capucin de Menin a dit en prêchant : ic Si Jésus-Christ disoit qu'il a fait des miracles pour les appelants, je lui répondrois (juil en a menll. Si Jésus-Christ disoit que le pape n'est pas infaillible, je lui répondrois qui/ en a menti et qu^il détruit sa religion. » Voilà un capucin aussi brave que le P. Valérien, qui disoit : Menliria imj^udenlissime (1.

On a accordé lîi grâce de celte femme adultère pour être décharger de la peine d'être rasée et enfermée. L'histoire de la femme du lieutenant civil Uuzé y a servi : nous allons entendre de beaux cris du mari ; mais il a été payé par le galant , et il a les biens de la femme qui lii fait cocu. Cela ne sullit-il pas?

u y a (le piaiviiii, r t -t ijtiVn traitant relte iiiatirrc, le bon ahlié ait paiii

■ ignorer la <lilft'rcn<«- que f.iisuient l<-s lois iioiir riiiiainii* , enlre l'agent et

• le patient^ et ne se «oit pas souvenu de notre Horace, qui se croyuit fort

• piitlique pane «pi'il avoil e>ilé dan.s s.i jiMinessC le deniier de (es écueiU. -• (I) -• Je ne sais si voUs savez, écrit Ujuliier le 2i janvier, (jue notie uraml

■ courrier, qui va de Lyon à /V/<i«, avoil i'\é Mrt\é il y a un m«>iH et mis

• à la Bastille roninie poi leur des youvrllrs cccl( sinstU/uei ^ qu'il avoit

• rerue* d'un lituain- de l.\on, et qui s'iinprinient i\ (jineve. On l'a rondainné > k un an de llaftlille, et ce nVst pas un (;rand malheur pour lui de ne point « ourir I ar !«• tenqi« qu'il Tait. Il ( kI Mirpr^nant que ( ela n*ail point 8U<«pen(lu « un in*lant le roiir» «îe-» .\ouiellr% ei:rlrsi<is(t<iius. Ceia piouve quelles

• k^imprinif-nl m ditrerent» cndroit^ et que leur auteur ekt liorH du royaume.

• On feroit | i»i*'ii de I'h laisser aller leur tiain . Plus on I* h

• (li-lendra, ; !•• reliera. O' qui y est dit «lu rapueiu de Menin n'a

• giirre At vrai«endilance. Mal* cela eut toujours bon pour faire rire len anti-

• cotiAliliilioiin<«iiM. ••

LKTTRE II'\

Lettre IP.

A Paris, ce 29 janvier 1729.

I^e Docteur arcadique n'est point de moi, il est de Marot, ou de Charles Fontaine, dans Tépitre à Sagon. Je de vois bien, Monsieur, ajouter les autres vers après le Zon, etc.

Ail! vilain, vous petez d'Aliaii, Le feu Saint- Antoine vous arde !

Çà, ce nez, que je le nazarde!

Pour t'appreudre avecque deux doigts A porter honneur ou tu dois.

Knflez, vilain, que je me joue ; Sus après, tournez l'autre joue ; Vous criez, je vous ferai taire; Pardieu , Monsieur le secrétaire, De beurre frais : Hors le matin!

Je me réjouis véritablement à copier ces vers qui sont comiques et satiriques, et qui viennent si bien à votre affaire. J'y ai remarqué que Rousseau en a profité dans des couplets, et je ne sais comment, pour cette pièce seule , on n'a pas mis Marot au nombre des portes satiriques; il la fit sous un nom emprunté, comme vous l'avez fait.

La sentence de M""" de Sainte-Maure fait grand bruit. Les gens du roi ne se sont opposés à l'expédition de Ni sentence que parce que la communication de l'affaire leur a été refusée après l'avoir requise, et il y a arrêt (jui reçoit le mari appelant et (|ui ordonne que sur les défenses demandées on en viendra avec les gens du roi , toutes rhoses demeurant en état jusqu'au samedi, qui est aujourd'hui. Cette communication n'est i)oint d'usage, avant rencjuète, mais après Tcnquète seulement, et nième l'ordonnance 10G7, au titre des Enquêtes, ne dit point qu'elles seront roiiimuni(piées aux gens du roi;

6 COKRISPONDANCK INf.DITK.

elle veut, au roiitrairo, (|ue oes inali^ros soient promplemenl expéiliées. (Vesl une nouvelle (juerelle (|ue l'on fait à M. le lieutenant eivil, (|ui vient secrùtenient tle M. le prévôt de Paris, qui est venu à une des audiences et non pas aux dernières. Cet usai^e a-t-il li< ii chez vous dans les séparations de corps ou dans celles de biens? Si, avant ma lettre finie, il y a quehiue chose de réglé, je vous le manderai. Il n'y a rien d'imprimé encore, mais on ne s'qu tiendra pas. Je voulois épargner ce plaisir au public, qui rit de toutes ces causes.

Le ribaud n'a point ordre de se défaire: on me la voulu blanchir en disant que la tapisserie en question a été achetée à la vente de Le Blanc par M. de Bournonville .Moret i pour 9,000 francs payés comptant, et qu'il a cédé son marché au ribaud, qui Tachez lui ; mais je trouve que c'est ce qui le noircit, car, étant commissaire, il ne devoil point faire ce marché suspect. La tapisserie vaut, à ce que l'on dit, 2."), 000 francs, et ce M. de B., son collègue, est entré avec lui dans d'autres affaires, où ils ont trompé M"^ Frondât, lille de M""" Dhonneur, votre amie, et je vous dirai sur cela que la jeune veuve vous ayant nommé, en me contant un procès qu'elle a, où j'ai autrefois travail!»' du vivant de son mari, je l'allai embrasser très-vivement i\ votre nom, et depuis nous avons bu ensemble à votre santé. Comme elle m'avoit parlé du B. , qui l'a voit trompée avec le ribaud , et que justement j'ai retrouvé ce nom dans»la tapi>serie, voyez si, en bon critique, je n'ai i)as pu dire : Voilà mes deux fripons? et zon .sur VuaU, zon sur le fjroniîi, etc. Le monde dit (\ue les 9,000 francs n'ont pas été dormes par le B., mais par les ln-riliers de Le Blanc, qui cherchoient à s'attirer le commissaire. Uu'cii pensez- vous?

Kn ce moment, on m'apporte un cahier de 20 pages in-V, imprimé i\ Paris et publié par M. l'archevôcjuc d'Kmbrun. Li 1'* pièce est une IcÙre à M. de Senez, du ;J janvirr 1729, où il l'invite d'accepter de suivre rcxemi)le

LKTTRE I^. 7

du cardinal de Noailles, puis il répond à la lettre d'un anonyme qui a fait plusieurs remarques contre les Actes du concile je n'ai pas vu cette lettre). Ces remarques ne paroissent pas tant sottes; et enfin il dit qu^il ne cesse de demander à Dieu le retour de M. de Senez, tous les jours par ses prières : et ne craint-il pas qu'on lui dise que ses prières ne sont pas trop bonnes, puisqu'elles ne sont pas exaucées? La deuxième pièce est un bref du Pape à iM. d'Embrun, où le Saint-Père dit qu'il voudroit faire beaucoup de choses pour lui et en trouver les occasions, mais que sa récompense est dans les mains du prince des pasteurs. Cela veut dire : vous serez cardinal en l'autre monde. La troisième pièce est une lettre de la supérieure de Castellanne aux autres communautés de son ordre, où elle leur marque son acceptation et son changement. La quatrième est une sentence de Tofûcialité de Senez, contre le S' Etienne De La Porte, prétendu grand-vicaire de l'évéque de Senez, qui le condamne à trois ans de prison et à des jeûnes, et qui l'excommunie dans toutes les formes : mais ils ne le tiennent pas et il fait bonne chère, pendant que la sentence le fait jeûner au pain et à l'eau. La cinquième est un acte du chapitre de Senez, portant désistement de l'adhésion à l'appel du cardinal de Noailles, que le cardinal a lui-même révoqué. La dernière est une ancienne lettre, du \ janvier 1728, de M. d'Embrun à M. de Senez, où il parle beaucoup du procès de confidence et simonie, et je ne sais pourquoi il réchauffe ce plat qui avoit été levé et à quoi on ne songeoit plus. Ce recueil eût été excellent sans cette redite , qui ne vaut rien quand elle seroit bonne.

Le Parlement vient de donner un arrêt et le cardinal un mandement pour nous faire manger des œufs ce carême. Cela a été fait pendant la gelée, le dégel est venu et les œufîi nous sont restés. Le cardinal ne parle plus de la paix de l'Église dans ses mandements, afin qu'on les publie.

8 COIU\f SPOiNDA.NCK IISF.OITK.

Votre coiiriier ijui portoit les Mouvelles €cclësiasli(mes étoit bien hardi. On a arnMé deux eccU^siasti([ues de la paroisse Saint-Gervais qui en déhiloieiil ; ils en ont été trouvés saisis; on les appelle l'abbé Ferlant et l'abbé Failly : eelui-ei neveu d'un des avocats qui a signé la Cousultation ; ils sont i\ la Bastille. Le lendemain, il y eut une Mouvelle où leur emprisonnement étoit marqué. C'est le diable qui s'en mêle (1).

Il est plaisant que Tabbé P>aguier ait ignoré une matière qu'il devoit savoir, mais s'il ne savoit pas les lois, au moins il devoit savoir Horace. La critique est fort bonne, et mériteroit d'élreentre les mains de quelque Baylc pour en faire usage. Je vous enverrai la copie des lettres do la fenune adultère; elles sont scellées, enregistrées à Baveux, et cela sera bon à joindre à l'Histoire de la femmç du lieutenant civil Buzé. Je n'ai pas encore vu les /hsrours sur M. de la Mon noyé, je vais les avoir sur votre parole, puisqu'ils parlent bien de nos deux amis (2).

(I; |{ouliiei fe|K)n'l, le il Irviier, sur ces dixets poinls : <« J'adiuiro voire

- patience de pouvoir lire tons ces rcrils polémiques, pour et conlre la Cotis- •' lilution. Pour moi, je n'en saurois soutenir la lecture, et je dirois volon-

• liersà tous : •< Zon sur rail, zon dessus le grouin. Croye/.-vous, de bonne

- foi, que rin%itation de.M. <rt;n)biun fasse grami eflel sur M. de Senez:' Voilà

• lie»» paroles j»erdues. J'aime assez ce que dit le Saiiil-Père à tel archevi^rpie :

- que tA récompense est entre les mains du prince deg Pasteurs. Il se seioit

- bi^n pa*)M^ de fournir ce préle\te aux plaisanteries de ses ennemis, tant en

• pulil ant celle b'ilre qu'en renouvelant lliisloire du procès de la conli- ■ denc«... .

- Il > a lon^leoiiit ijiH- nous sommes en i>osse>.Kiou des oMifs en cari^me.

• Je fcuis bien ai>e que vous hoyez associé au uièuie privilé;;e. Sans cela, je

• crois que le carême alloit k^alKilir iiinm^iblrmcnt eu votre ville Je serai

• fort aisi' d'awdr \e% b tires de ;:iAre de la f« mme adullére. Voilà bien de

• quoi conliruier l'am ien du ton de nos docteui s que <• hodie in Fiatiria adul-

• terinm rrpulatiir indtisfrin. »

(7, lïoubieravoi' écrit le 7. i janvier •- J'ai recula «lerniéie posle, !<• Discours

• de iVvéque d'An({erA a l'Atad» inie et la npoiike de l'abbe «le llotli<lin. J'ai « été fort content de la manière dont Tun et l'autre ont parlé de notre ami la

• Monnoye et de M. Hivie a «^uii occasion. Car «'est sans doute lui qu\)n a

• fou'.o désigner, <ii fiarlant du iiltti/umeuc critique de noire siècle. >•

LKTTRK m*. 9

M. Bouret va être charme de votre souvenir, et vous écrira quelque belle lettre gratulatoire.

Arrêt du 29 janvier 1729 (samedi) qui ordonne que les parties en viendront à vendredi sur les défenses, et cependant la sentence en sera délivrée, sans préjudice des droits de ceux qui ont porté opposition à son expédition.

Letlre Ill\

A Paris, ce 2 de mais 1729.

J'ai été distrait, Monsieur, par bien des sortes d'occupations qui m'ont empêché de vous écrire^, et qui m'ont (iiê, l'agrément de ma vie. L'affaire de M""^ de Sainte-Maure a été plaidée sur l'intervention des gens du Roi, qui demandoient la nullité de la sentence qui admet à preuve , parce qu'on ne leur avoit pas communiqué après l'avoir requis; l'arrêt met sur l'intervention hors de cour, sauf à donner leurs mémoires à M. le Procureur général , et on a dit qu'au surplus les parties en viendroient à un mois, toutes choses cependant demeurant en état, et cette petite queue de l'arrêt a arrêté la preuve; on plaidera ce carême l'appel de la sentence qui l'admet. Les gens du Roi, de leur côté, font leur mémoire pour avoir un règlement, et selon votre usage ils Tauroient , mais cela importe peu à la dame : son mari n'a point reparu ici, et je ne sais si son père est bien pour elle. Ce sont d'étranges affaires que ces brouilleries de ménage, car l'arrêt, qui a débouté la femme ne la remet pas à son mari.

Samedi dernier se plaida pour M""" d'IIautefort à la Tournelle et j'y étois ; j'en sais bien mieux le conte, même je pensai y être étouffé. Toute la cour éloit \\ d'un côté et rien de l'autre, que la mère et la fille et la vérité que l'on cherche. M. Aubry lit une narration assez

10 (OIUU'lSl'U-NDA.NCifc: INÉDllK.

précise. Il eu est resté au jour île la mort du comte <.rH;uitelort, où la cassette fut apportée, au moment (pi'il avoit perdu counoissauce, par un valet de chand)re inlidèle (jui devoit ra[>[)orter plus tôt et qui la livra au M. irilautelortd'aujourd liui. On tira les clefs de la |)oclie du nïourant, où on fut une heure, et c'est là ipi'a été trouvée celte enveloppe fameuse à moitié brûlée, écrite de la main du comte, qui fait mention de son contrat de mariaire, de son testament et ducertilicat de célébration.

11 y a des témoins des premiers faits; le dernier est dans une révélation non signée, par un homme qui dit qu'il ne peut dire son nom parce qu'il craint d'être assassiné, et qui a joint cette enveloppe brûlée. On n'a pas pu, suivant l'ordonnance, donner son nom et son domicile, puis(]u'il ne s'est point nommé, mais il s'est nommé à d'autres; crande question, de savoir si Ion peut demander à faire entendre ceux à (jiii il s'est nommé, atin cjue la justice, instruite du nom, puisse suivre l'ordonnance et rechercher la vérité, l'enveloppe par elle-nu'imc ne marcpiant pas le temps où elle a été décachetée et brûlée. Dans les audiences suivantes, il faudra expliquer te (pii s'est passé de[)uis la mort, les lettres écrites par la m»**re et la tille, où elles ont dénié le mariage, les opéralions (pii se sont faites X Laval , lorsque la fille y a été; la recherche de l'acte de célébration (pii s'est trouvé , les procédures criminelles faites par-devant le juge de la pairie de Laval, [>ar M. de llautefort en faux principal, le? informations prati(]ué(;s, à ce (ju'oii [>rétend, par des émissaires présents, le décret de prise de corps sans fondenïcnt légitime, la capture faite à Paris, le 15 février 172S à rpiatie heures apr^s midi, la chartre privée ju«»qu'A huit h<Mires et demie du soir, hîs chevaux pris à la poste pour mener un»; personne en Normandie avec pa *»«>♦• port, l'évasion surprenante de la nuit du t.") février A N'éanfle, le procès-verbal de penpiisilion fait , nrui par riiiiissier qui avoit fait la capture , mais pir un exem|)t

LETTRE III*. If

du guet, qui s'est dit porteur d'un ordre du Roi qu'on ne montre point, et cent autres faits plus intéressants, et qui niériteroient des Cicéron , pour les déduire avec la force et l'éloquence convenables. Tout le public est attentif à cette affaire. Les grands ne sont pas dans le cœur pour celui qu'ils accompagnent avec tant d'ostentation^ mais il faut des preuves aux juges. Ici je vous fais une autre question. Le juge de Laval, qui est un juge de seigneur, a-t-il pu informer d'un faux principal? N'est-ce pas un cas royal, et principalement quand il s'agit de la fabrication d'un acte de célébration de mariage, que l'on prétend avoir été inséré subtilement dans le registre du greffier royal? L'ordonnance permet bien à tous juges de counoitre du faux incident (art. 20, tit. l*"", 1670), hors aux consuls et moyens justiciers. Tous juges n'ont donc pas le faux principal, et comme l'ordonnance ùte aux art. 11 , tit. P"", et hautes justicières la connoissance des cas royaux, dont quelques-uns sont expliqués et dont les autres sont dits expliqués par les ordonnances et règlements, ne doit-on pas rechercher la nature du faux principal? Bornier le croit cas royal et rapporte un arrêt de 1667, qui en donna la connoissance au lieutenant criminel, au préjudice du prévôt. Mais je voudrois avoir quelque autre autorité. Le procès-verbal de l'ordonnance criminelle est merveilleux , sur cette matière en général; mais je cherche du particulier et du spécifique, et je crois que l'acte dont il s'agit, intéressant le public et l'état du mariage et un greffe royal, est cas royal.

Nous allons voir de belles affaires sur la succession du ducdeSully.Lemarquisde lîéthune-^/'Orra/, quiestau huitième degré eten lignedirectedecelui pour (jui le duché est érigé, rencontre en son chemin l'abbé iVOnal^ son grandoncle, qui eslau sixième degré, il est l'héritier; qui aura le duché des deux? L'abbé descend aussi en directe et est plus proche du premier duc (jui est son grand-père,

il a)iu\Ksi>o.>DAM:K iMniTi:.

mais le inaniiiis descend d'une première femme de François de nétliune. second lils de ce premier duc (Callierine de(^aumont), et l'abbé ne vient (jue delà seconde Anne de (.harville\ Kst-ce là la (jueslion de Toncle et du neveu, dont Henri IV disoil au cardinal de Bourbon, (ju'il la pounoit i^agner au (Ihàtelet , mais que le Parlement la lui l'eroit perdre? l/arlicle V de l'édit de 1771 explique les termes et ayants cause, et les étend à quebjue liirne et degré que ce soit; l'article 7 parle du remboursement, mais c'est lorsque le duché tombe j\ des filles. El ce n'est pas ici le cas. Le marquis aura-t-il le duché comme linéal, sans rembourser? L'abbé l'aura-t-il comme héritier et plus j)r()clie du premier duc? Aura-t-il au moins le remboursement dont ledit ne parle pas? Voilà bien des questions pour ce carême, et nous ne voyons point de jubilé.

I^s fanatiques commencent à interrompre les prédicateurs. Cela est arrivé dimanche aux Nouvelles Catholiques; on cria à l'hérétique, et la maréchale de Noailles emmina le prédicateur dans son carrosse afin qu'on ne l'insultàl point.

A Paris, rc H mars <729.

Je sais, Monsieur, le contraire de l'anecdote que le mari a débitée; il est vrai qu'il y a eu des temps de déni, mais ils étoient nécessaires; c'est un homme (jui ne dit point la vérité en cela ni en autre chose (1), et qui a si i)eu

; Marais «'Uit liirn l'avocat des /evima. On sYlonii»* cl on sourit «In feu A\ii |r«|iic| il (Iniicnt U: propo» il»* M. <!»• Saii)le-M.'nirp, mari «le xn riientr, q<Mri<l on itail qud était re |<rofM>». Uoiiliirr avail ((rit, le H inarn : « Le mari

• a dit iri une rliOM liien Kin((iilierc. C'e^t que .Madame hh femme n'a point - rniorr *oulii roiiclifr a\»M iiti,(lepnirt son mariai*'. (Vrtrs, le ran est rare.

• Vou» '{ui dimcz JrM^ aneuJote*, en >uilaune iuiieu»c a écluircir. »

de considération, qu'ayant fait imprimer un grand Mémoire pour les droits de sa charge, où il a attaqué grands et petits, personne ne lui a répondu, et le Mémoire est demeuré dans les bibliothèques. Je ne sais si vous l'avez dans la vôtre, il est bon à garder.

Je vous rends grâces sur les éclaircissements du révélant anonyme et faux principal. Cela sera mis en bon lieu. L'arrêt d'Ansrers est dans l'édition de Bornier de 169i, où les additions sont grandes et amples ; il n'est point dans celle de 1678 que j'ai. On l'imprime encore actuellement avec des additions nouvelles, et dans la précédente édition, on s'est avisé de mettre à la marge de l'article 29 dutilrer"" que Bornier s'est trompé en mettant le faux principal au nombre des cas royaux; mais je suis persuadé que c'est ce dernier auteur qui s'est trompé lui-même. On plaida mercredi pour la dame, on plaide encore demain. M. Aubry fait merveilles et Paris est bien étonné de tous ces faits nouveaux qu'il ne savait point; M. de iMaurepas y est venu en personne.

Fallait-il là montrer sou nez?

INlilie brocards se sont donnés, Bons et mauvais, de toute espèce, La plupart emportant la pièce.

Il n'y a point encore de mémoire delà part delà dame. On doit expliquer demain la procédure de Laval, où on prétond qnil y a d'étranges coriuptions de témoins, et mettez avec cela le faux principal non compétent; que va devenir cette procédure? Le registre de la poste où étoit le passe-port pour Normandie n'a pointété communiqué ni compulsé, mais MM. les gens du Roi se le foronl donner apparemment. M. Aubry a fort bien dit qu'on ne faisoit que bégayer l'année passée.

Je ne sais rien du prédicateur des Nouvelles Catliolicjues, sinon que c'étoit un père de l'Oratoire, qui parloit de l'amour de Dieu. L'aventure de S:nnt-Henolt a été plus

U COKRESPOISnANŒ INKOITK

forte; Auclol, savetier de la Constitution, a interrompu les conférences; il a fallu les sus[)cndre parce (pi'il est i-evenu encore un autre jour, et on a craint le scandale. Le curé le lit venir chez lui, et lui demand;i s'il savoit le latin. Il dit qu'il en savoit un peu, et il lui donna i\ expliquer : A> sutor ultra cnpidam, ce qui le fAclia fort. Il y a plainte contre lui au Parlement, M. Pucelle est charf^é du rappiM't. Mais en voici d'autres : on a répandu dans le public deux libelles des deux partis; l'un moliniste, où on ne parloit pas moins que de renouveler la Saint- Bartliélemy, l'autre janséniste, où on s'adresse aux plénipotentiaires assemblés à Soissons, pour leur dénoncer la doctrine des Jésuites. Ces deux libelles ont été condamnés à être brûlés par la main du bourreau, par arrêt du 8 du mois de mars, sur le réquisitoire et le plaidoyer de M. Gilbert de Voisins, et l'arrêt a été exécuté le même jour. Vous noterez que le premier libelle étoit attribué à un avocat. Notre bâtonnier s'est plaint et a parlé ; niais Tarrét n'en dit rien, et M. le premier président, ;\ qui on ne s'éloil point adressé pour celte dénonciation, a dit à nos députés qu'ils avoient de bons titres pour se défendre du soup<;on de cet écrit.

Le cardinal de Noailles a donné une ordonnance où il révoqm; celle du 1*2 novembre 171 G, où il avoit ôté les pouvoirs aux jésuites; il compte sur les paroles qu'ils lui ont données, de respecter les évoques, de suivre les avis de saint Charles dans l'administration de la pénitence, et la doctrine du clergé dans l'assenddée de 1700 ; voilà un grand adoucissement. On a dépoudré les confessionnaux et ôté les araignées dont parle Pbilotanus, et tout est entouré de dévots et de dévotes. Mais on n'a point encore revu de prédicateurs; ils paraîtront sans doute au j'd)il<', rpir» nous aurons le (pialrirmc diiiianrlie de carême.

C'est le marquis de Boudeville, Normand , fils d'un ins[>ecleur de cavalerie^ qui a déclaré son mariage avec

LETTRE IV. ir,

la marquise de la Ferté; il est fait il y a cinq ans. La petite Livron est dans un couvent proche la Lorraine; le mariage a été rompu ; la mère avoit quitté son aman t publiquement et l'a repris de même depuis huit jours; c'est une folle (1).

Je viens de perdre une bonne amie, fille de iM. de Boulainvilliers, sœur de M™" de Rieux; elle éloit femme de M. de la Boissière, lieutenant du Roi de Dieppe, neveu du P. de la Boissière de l'Oratoire , âgée de trente ans, aimable, spirituelle, et la rougeole l'aemportéeensix jours.

Elle s'est obstinée contre les médecins, par des principes de son père, et n'a point voulu se faire saigner, et la voilà morte; son mari n'y étoit pas. Je suis très-affligé.

Je n'ai point vu la Bibliothèque de l'abbé Leclerc, je la chercherai. J'aime bien qu'il aille vous donner un nom oublié depuis trente ans; il a beau parler contre Bayle, il aura peu de partisans (2).

Je vous ai trouvé dans la préface des Questions alphabétiques de M. Bretonnier et suis bien aise de vous trouver [)artout 3). Bonjour, Monsieur, je ne puis trop vous dire la joie que j'ai de recevoir de vos lettres. J'y réponds surle-champ, et quitte toutes occupations pour le faire.

(1) Hoiiliirr répond à ces doux (jupstions de Marais (S mais).

« Mais a [>ropos de prédicateurs, (jiie diles-voiis des jésuites (|ui \ienneiit K de rentrer en grâce aun^^s du cardinal de Noailles, et d'être rctal)lis dans n la prédication et la confession dans Paris.' Quelle joie pour la soc iété, (piol c< coup de loudre pour ses adversaires? Il nous tu re\iendra sans doute; (piel- « que chansonnette que vous ne nous laisseriez pas ignorer. Voilà aussi <le « quoi hien orner les youvelles ecclcs'uisiKiucs.

« Je ne sais qui est celui qu'a épouNé la luartiuise de la Terlé. CVt«>it '« sans doute un mariage commencé depuis longtemps. Mais à propos de celui « de M'"' de Mortagne, i\\\\\\ devenu celui de la lille de votre l»onne anne, " M"" de I.ivron? j'ai peiu- que vous n'ajez perdu de vue cette dame. >•

(2) Au devant, du nouveau Richelet de Lyon. Ce nom était celui de Savigny, que le l'résiilent avait porté dans sa jtunesse.

(3) Bouhier remercie assez ironiquement le docte auleur de sa bienveillante mention. « Avez-vous pris garde, écrit-il le ,>.l mars, à celle plaisante b'vue qu'il a faite, en prenant Capella Tholosana |tnir \\\\ auteur?

16 CORRKSPOMUNCI IM hlTK

Lellre Y'.

A Paris, ce 29 mars <729.

Lejramen philosophique de la poésie n'est, à ce qu'on (lit, qu'une hrocliure qui ira hiontùt à la voierie des hlbliutlu'ques. OM. Héniond, dans ses Nouveauo' Didlogues des dieux, m'a voit paru sophiste. Je crains bien qu'il ne le soit encore.

On continue de plaider demain l'affaire de M. d'Hautefort. Il va deux grands Mémoires , l'un de M. Aul)ry pour la D"* de Kerkahu, Taulrede M. Cocliin pour le Marquis, Ce dernier est écrit avec une force surprenante, et il semble qu'il ait la vérité pour lui, (juoiqu'il ne l'ait pas. L'autre est plus déclamé et plus abondant en faits et en paroles. Je vous en garde un de ce dernier, si vous n'en avez point d'ailleurs, et pour celui du Marquis, il ne vous sera pas difficile d'en avoir. On a cité l'avis de Chopin sur le cas royal, il a été réfuté ; la citation eût pu être plus étendue et plus apjmyée, mais nos orateurs craignent d'être jurisconsultes. Il y a un arrêt qui permet de faire entendre les témoins qui ont ouï parler du révélant anonyme. Cette dernière information décidera; enfin tout est préparé pour juger samedi, et M. (iilbert parlera deux jours, hieu sait les belles solliritations de part et d'autre !

La grande affaire du duché de Sully a été décidée au Conseil des dépêches pour .M. Héthunr*, contre l'abbé d'Orval, qui ne devoit pas espérer de réussir dans cette entreprise. Je n'ai point encore les mémoires. Il y aura une déclaration du Koijenexplirationdel'éditde 171 1, sur le cas où l'héritier se trouvcî plus proche du premier duc cl du dernier successeur, sans être de la branchcî aînée. L'i qui'stion du remboursement y S(!ra décidir appannuinenl, et si l'on rendiourse aux lilles, pourquoi non :i\\\ m A les?

J'ai appris au Palais aujourd'hui qu'il y a une 3" Consultaùon d'cLvocàis, signée de plus de 50, au sujet de iM. de Senez et de son grand- vicaire, M. de la Porte : elle doit paraître au premier jour; il y a aussi un écrit qui répond à l'avis doctrinal des évoques. Le savetier est hors de la Bastille. Nous ne verrons jamais de fin à cette malheureuse dispute.

Je n'ai point encore vu la Bibliothèque de l'abbé Leclerc, on me Fa promise; je ne sais où il m'a fourré, je l'aime puisqu'il aime la vérité (1).

Bonjour, Monsieur, je vous embrasse, de tout mon cœur.

M. de Monchesnay est à Paris à la suite d'un procès de finance où il n'entend rien, et il pourra bien faire quelque satire contre ses juges s'il le perd.

Je lui apprendrai qu'il est dans la Bibliothèque de l'abbé (2).

Jrrét du 2 avril 1729 dans la cause d'Hautefort.

La Cour reçoit la partie de Cochin appelante, en adhérant à ses premières appellations; faisant droit sur les appellations et requêtes respectives, sur l'appel comme d'aljus du moniloire, dit qu'il n'y a abus; condamne l'appelant (M. d'ilaulelort) en l'amende et aux dépens.

Sur l'appel de la partie d'Aubry (iM"' Kerkabu) des procéduresdu juge de Laval, admet l'appellation, et ce émen-

(1) n Vous ferez bien, éciivail Koiiliier, le 4 mars, de parcourir la HiOlio-

I t/iéque de ral)l)(' Leclcrc. Vous y «*les cité en deux ou trois endroits . Il y a « par-ci par-là desfails asser curieux, entre autres sur les brouillerirs «t di- « versilés de sentiments sur la i^rAce entre MM. Arnaud et Nicole. Il |)()s.sj'de « parlaiteuient l'histoire anecdote de ce parti, et il deuiasquc fort bien l'tip» • position de sa doctrine avec celle des tliomistes, auxquels ils {tesjanscnis- H (es) affectent aujourd'bui si fort d'«^tre attacln's... Vous serez, étonné de voir " dans .sa Bihliofhcfjuc M. «le I.osuiede Monchesnay. Comment ètes-\ous avec « lui présentement, et ne vous envoie-t-il point toujours quelque c^pi^ranmie « de sa façon ? »

(2) I.e président ignorait le prénom de .Monclie.snay et le demande à Marais.

II ^'appelait Jacques.

I» CORRKSPOISDAiNCK hNKDlTE.

dant, déclare toute la procédure nulle, condamne la partie de Cochin (Hautefort) en vingt mille livres de dommages et intérêts envers la partie d'Auhry ( Kerkabu) et aux dépens.

Et en 1,000 Ir. envers la partie de Laverdy (curé de Saint-Quentin) et aux dépens.

Sur rapi>el de la partie de Cochin de la procédure extraordinaire faite au ChAtelet, à la requête de la partie dWubry, met l'appellation au néant, et ordonne que ce dont est appelé sortira effet, et que la procédure sera continuée jusqu'à sentence définitive inclusivement, sauf l'ap- |)elenlaCour,et à cet effet les informations et autres pièces qui sont au greffe de la Cour, seront reportées auCliMelel. Une dans trois jours la parti ed'Auhry remettra au greffe de la Cour les dix-huit lettres, la quittance de dot et le mémoire joint pour en être fait description, ensuite portées au Chàtelet et jointes au procès pour en être faite la vériOcation aux termes de l'ordonnance 1670 (titre 8 ); faisant droit sur l'opposition de ra|)pel d'Auhry, au compHlsoire, fait chez un notaire, déclare le compulsoire nul avec dépens (c'est le compulsoire du contrat de mariage); faisant droit sur les conclusions du P. G., les mémoires ont été imprimés, les informations demeureront supprimées.

Je ne puis rien ajouter. Monsieur, à un arrêt si grand, si solennel, et qui a été rendu à la face de toute la France elde toute l'Europe, cai-, outre toute la Cour en seigneurs et en dames, qui accompagnoient M. d'IIautefort, il y avoit cinq ambassadeurs de différentes nations qui ont été témoins de la fermeté et de la justice du Parlenient. Il est assez beau d'avoir ordonné 20,000 francs de dommages et intérêts, d'entrée de jeu, et d'avoir renvoyé au Cliâtelet pour faire le procès. Quelle affaire, quelle entreprise et aussi (juelle justice ! Je vous p.irlerai une autre fois plus au long. Je suis dans une grande joie et je crois, Monsieur, cpie vous y prendrez part.

LETTRE Vil*. 19

Lettre Vl\

8 avril 1729

Je VOUS ai envoyé, Monsieur, l'arrêt d'Hautefort, que je crois qui vous a fait bien aise ; j'ai mis qu'elle déposeroit les dix-huit lettres, mais cela n'y est pas et n'étoit que dans les conclusions. M. Gilbert a fait une action merveilleuse, mais un peu conservatrice du droit des deux parties, ce qui n'a pas plu à laTournelle, qui n'a point marchandé. On ne parle que de cet arrêt à la Cour, à la ville, dans le Ministère, etc. Et si M""' la duchesse d'Aumont n'étoitpasaccouchée justement le lendemain de l'arrél qui lui donna les premières douleurs, on auroit été inconsolable.

Le Catalogue de la bibliothèque de M. de Laurière est imprimé chez Lemercier, rue saint Jacques, et chez Osmont, sur le quai des Aug ustins. Je l'ai vu, il y a bien des curiosités, maispastantquejecroyois; ona mis une petite Préface où il est parlé des livres dont il est l'auteur, et ils ont oublié le Traité de Vamortissemenl et les isoles sur Loysel. Voilà une belle exactitude.

Je vais envoyer incessamment le Mémoire àQ}\. Aubry. Celui de M. Cochin est bien plus fort, mais c'est le faible, puisqu'il a perdu, et aussi il parle en une demi-ligne de la capture qui tient quatre pages dans l'autre Mémoire, et c'est justement cette capture en poste et nocturne qui fait l'arrêt. M. l'avocat général ne l'avoit pas oubliée, comme un sujet de préférence provisoire à la procédure du Chàtelet.

Lettre Vît .

K Paris, ce <0 avril 1729.

J'ai remis. Monsieur, à votre commissionnaire le Mémoire de M"' de Kerkabu, et il y en a aussi un pour

20 CORKh^SPONDANCE I^KI)^rK.

M. Floultelot. Je vous rends gr;\oos du tendre conipiimenl que vous nie faites sur cette victoire. Vous avez dit le mot en disant que tout Paris croit avoir gagné le procès; véritablement, cela en est à ce point-là et il ne s^est jamais rien vu d'égal. J'ai vu hier l'arrêt expédié ; il y a quelques changements; il n'est point parlé des lettres, mais seulement dos informations et pièces qui étoient au greffe de la Cour (c'est-à-dire l'enveloppe), qui seront portées au Chàtelet pour être procédé à la vérification s'il y échet, et être statué sur le tout ainsi qu'il appartiendra; sur le surplus des requêtes d'Aubry, les parties renvoyées au Chàtelet i)Our y être statué. — 11 n'y a pas jusqu'à sentence di'/inilivey mais cela s'entend.

MM. les gens du Koi n'étoient point de Tavis de l'arrêt. Ils mettoicnt bien l'appellation à néant, et ce sur la procédure de Laval, et donnoient la préférence à celle du Chàtelet, mais ils ont fait entendre que l'accusé pouvoit redevenir accusateur, si, pendant l'instruction jusqu'au règlement à l'extraordinaire, l'accusatrice manquoit de preuves, que ses informations étoient très-faibles, qu'à la vérité les lettres du défunt pouvoient servir de preuves, étant vériûées, mais qu'elles pourroienl ne l'être point; que [)our cet effet il falloil joindre au (Chàtelet les procédures de Laval ' quoique informées ) ; que pendant l'information on n'étoit assuré que provisoirement que le décret étoit l'assignation, etc., que le premier jugement étoit le règlement à l'extraordinaire, lorsque la vraie accusation se déclaroit. Vous entendez bien. Monsieur, qu'il y avoit là bien de l'espérance vaine pour l'accusé; mais le l*arlement ne s'est point arrêté à tous ces expédients, et comme il a connu (ju'il y avoit la voie du fait, il a tranché le n<iMid ; il n'a pas cru (jue ce qui est nul puisse jauïais revivre. Sur le cas royal, les gens du Hoi ont dit cjue le cas n'étoit pas [)roprement royal, parce que le registre n'a pas été altéré, et (|uand il s(îroit royal, que tout jiipre est compétent pour informer, sauf à renvoyer au

LETTRE Vil'. 21

juge royal après Tinformation, et en effet, c'est l'avis de M. Talon clans le procès-verbal de l'ordonnance qui dit que cela ne fait pas nullité. — L'arrêt coûte, en contrôle seul, 1 ,V00 francs à cause des liquidations des dommages et intérêts. On dit que M. le Cardinal s'étant fait rendre compte de l'affaire par M. le procureur général, qui lui a expliqué toutes les circonstances; S. E. a déclaré qu'elle ne savoit rien de tout cela, et qu'on l'avoit trompée. Le Chîïtelet va procéder à présent, les lettres ne sont pas jointes au greffe de la Cour, question de savoir comment on va faire sur la requête renvoyée qui concluoit à la reconnoissance et vérification de ces lettres, n'y ayant point encore de décret.

Dans une grande affaire de iM. de BéruUe, où il y a du faux de la main du père, le Parlement, les chambres assemblées, a cassé tout ce qui a été fait aux requêtes du Palais, depuis les moyens de faux admis, et a ordonné, attendu les privilèges de M. de BéruUe, que l'instruction de ce faux seroit faite les chambres assemblées. M. Gilbert a parlé à merveille sur là magistrature, sur la vie simple qui y convenoit, sur l'horreur des contre-lettres qui se sont trouvées et encore plus des faussetés, et on n'a point voulu entendre la restriction de se vouloir servir de la pièce pour l'honneur de la mémoire du père. Enhn voilà deux arrêts célèbres qui se sont suivis de près, et qui font grand honneur à notre Parlement.

Je ne sais comment j'ai oublié de vous dire que les gens du f\oi ont été déboutés de leur intervention dans Taffaire de M'"" de Sainte-Maure (M. d'Amezeuil, avocat du Koi plaidant lui-même), sauf à donner leurs mémoires à M. le P. G.; ils y travaillent vivement et M. le lieutenant civil ne s'endort pas.

Madame de Livron n'est pas enlèiméCj mais clic méritcroit bien de Tétre; elle a repris son anmnt après l'avuir (piitté; c'est une folle. Je suis bien aise que votre impri-

33 CORRF.SPONDANCR INbU)lTE.

meur envoie plusieurs exemplaires de votre écrit. J'en avertirai mes amis.

Il est certain que raiïaire de l'abbé d'Orval n'est point finie; ce que je vous en avois dit ne se trouve pas

vrai.

L'affaire de l'opposition au mariage de M. d'Aguesseau est terminée. M. le P. P. de Uouen s'en est môle, le mariage est fait, ce dont je suis fort aise.

M. de r.andelu, frère de M. le duc de Gesvres , épouse iM" de Tingri, qui courtrisque d'être duchesse et gouvernante de Paris.

Le jubilé est ouvert, nous ne voyons que processions. Le Nonce a un bref qui exclut les appelants et réappelants; il le veut lâcher pour èti*e plus tôt cardinal.

La 3* ConsuUation ne paroit pas; M. de Senez la gardera dans son sac.

Leltre Yllt.

A Paris, te 2t> avril iTi'J.

Je n ai point répondu à votre lettre du 6 avril, Monsieur, parce quej'ai été à la campagne les fêtes, et qu'à mon retour, avant appris la maladie d'une dame de mes amies qui esta Longchamps, j'y ai été et ai eu la douleur de la voir mounr devant mes yeux, le septième jour d'une fluxion de poitrine. Il y avoit entre nous une amitié de trente ans ; c'étoit la mère de M""" de Tenance, et une femme pleine de force et d'une trancpiillité étonnante, parlant lentement, et qui plaisoit beaucoup quoicjue A,gée. C'est une grande perte pour moi, et voilà comment le temps emjiorte tout, jeunes et vieux.

L'arrêt d'Hautefort a été exécuté; il a payé les 20,000 fr. comme contraint. Grande question de savoir s'il peut en honneur ^'accommoder à présent. Pour moi, je pense qu'il vRui mieux V: faire que de plaider contre Paris.

LETTRE VHP. 2S

Je saurai l'arrêt de M. de Bérulle plus exactement, je ne crois pas qu'on le donne au public.

On vient de publier celui d'une Madame de la Brosse, dame du Bourbonnois, qui a été insultée et fouettée par un ami de son mari. Cet ami est condamné à une amende honorable sèchey nu tête, et à genoux dans la chamljre du conseil de Moulins, demander pardon en présence de douze personnes, payer 2,000 fr. de réparations civiles, ne se jamais trouver où elle sera, à peine de punition corporelle, l'arrêt publié et imprimé à ses dépens. On le publie à hauts cris dans la ville et dans les faubourgs; il est sanglant, et l'affront Tétoit aussi. Je ne crois pas que cet homme ( qui s'appelle Aujai de la Buxerolle) retourne à fouetter personne.

M. de Gandelu a été marié, et on dit de bonnes nouvelles de la consommation; cela va réjouir toute la famille impuissante (1).

Le Nonce n'a point lâché son l)ref : ainsi appelants et intimés gagnent lejubilé, et autresdévotionsfortédifian tes pour le peuple de Paris. Cependant les deux partis vont toujours leur train à écrire l'un contre l'autre. M. de Senez a écrit une longue lettre à M. l'archevêque d'Embrun, et l'appelle au jugement de Dieu, où il l'attendra et lui diradeux motsà l'oreille : c'est un traitde saint Grégoire.

(1) L»; 7 mai, le [tn •^idenl «'Crivoit : « L'affaire de la dame de la IJrossc par- •< rult des plus singulières. Nous saurons désormais combien il eu coûte pour « avoir le plaisir de voir de belles fesses. Mais je ne sais s'il y aurait beau- '( coup (te curieux, (piand même il s'a^iroit de voir un c. aussi btau (]ue « celui de la maréchale de Rochefort, duquel Cuulanges a dit, à la fin d'une de « ses chansons :

Ce n'est pas un c. mortel.

'« Je suis bien aise que M. de (i.indelu ait réparé l'honneur de la ramllle que M vous appele7. plaisamment impuissante. Vraisemblablement on a eu soin '( de ne pas servir de pAté d'anguilles au festin de noces. » (Allusion au mets auquel le duc de Gesvres avoil attribué l'indisposition (pii le rendit si ridicule.*) V. le Ilccued du procès (Venlra M. de Gesvrcs et iV'c de Mascranny, sa femme, cher aux curieuses égrillardes de la Régence. 2 vol. in- 12 (publié par Bougon).

24 CORRFSPONDANCK INKDITK.

Il me parolt qu'il y a un peu de dt^clamation dans celte lettre, qu'on pourroit a[)peltM* Epislolaccia. Les Mouvelles ecclésiiL<tiqnesse donnent toujours; dans la dernirre, il est parlé du savetier Nutelet, et de son affaire i\ Saint-Benoit, et de la dénonciation des avocats ; d'une autre part , le cinquième Mémoire des Projets des jansénistes est curieux et les faits en sont singuliers. 11 est arrivé du bruit à Orléans, sur ce que les curés n'ont pas voulu publier un mandement de l'évéque. 11 les a interdits; ils ont appelé au métropolitain qui est Paris, et ils ont été rétablis. M. rarchevéque d'Embrun a eu ordre de retourner à son diocèse; il avoit voulu brouiller le cardinal de Fleury à Home, parce qu'il n'avoit pas voulu répondre comme il vouloit à la lettre qu'il lui avoit écrite contre le Parlement. La lettre du prélat à été renvoyée de Home, et il va avoir le temps de tenir un autre concile s'il veut.

On a commencé hier à plaider la cause de M™* de Suinte-Maure; elle étoit la seconde du rôle et est devenue la première, et ils ont été sommés de plaider pendant (pi'ils n'y pensoirnt pas. Ces affaires sont toujours fAclieuses, mais on est quehpiofois forcé de les avoir, et voilà notre cas. Je dis notre, car la dame est bien mon amie.

Je n'ai point encore vu le livre de l'abbé Leclerc. M. de Moncliesnay est bien en peine de savoir ce qu'on dit de lui, et le .satirique craint la satire. Mais le bon abbé n'en est pas capable, si ce n'est contre les jansénistes (ju'il n'aime point. La semaine qui vient, je serai plus savant.

J'ai vu un livre de VAme des bHeSy fait par un Anqlois qui répond aux objections de Hayle dans l'article de J{orariuii il en parle comme d'un cliicaneur, d'un homme né pour brouiller tout dans les sciences et qui a porté des coui)s à la rcli^-ion et à la morale. Cet Au^^lois, qui d ailleurs a de l'esprit, ne sait ce cju'ildil sur Bayle, qui n'a parlé de l'Ame des bêles qu'en trendilant, et après de» préparations où il a montré le péril d'en i)arler.

Bonjour^ Monsieur, Madame Frondad m'a dit que vous vous mettiez au lait. Que ne fait-on pour ne point souffrir?

Lettre /X^

A Paiis, ce 9 mai <729.

La mort de mon amie , le changement de la saison et le travail de l'hiver m'ont rendu malade, Monsieur; j'ai été saigné hier, je suis triste et foible, il me falloit votre lettre pour me donner de la force, et elle m'en a donné; il n'appartient qu'à vous et à cet esprit gai et vif de faire cet effet sur moi dans l'état où je suis.

Vous avez dit, dans votre autre lettre, tout ce qu'il falloit sur le Mémoire de M"" de Kerkabu, et je ne sais pas comment on peut se livrer au public avec cette nudité. Il faut que vous voyiez celui de M. d'Hautefort par M. Cochin, qui est précis, serré, fort, et qui est une belle apologie d'une mauvaise cause.

Mais parlons du cardinal de Noailles : il a fait sa cour au Pape jusqu'à la fin, il a gagné le jubilé et fait toutes ses stations publiquement, et il est venu mourir dans le giron apostolique et romain. Les grands vicaires du chapitre de Paris ont fait un mandement du 5 de mai, qui contient son éloge en peu de mots , mais très-bien choisis^ et qui dit tout ce qu'on peut dire à son honneur. La dernière affaire est expliquée très-délicatement par ces termes : Tout occupé d éteindre les tristes dissensions qui affligeoient son diocèse , il a fait tout ce qui étoil en lui pour y rétablir la paix et la tranquillité qui avoient toujours été l'objet de ses vœux. — Enlin le voilà hors de bien des peines. Il donnoit tout aux pauvres. Il avoit une ordonnance de 7,000 fr. sur le Trésor-Royal , qu'il a donnée, trois jours avant de mourir, à un gentilhomme qui lui demandoit raumone, et sa maison étoit demeurée sans argent. Il a fait son légataire universel M. le

26 c:OKRKSPONDA>CK INKniTK.

duc de Noailles, qui aura les nicu])les et la vaisselle d^irgent et la hibliothrciue. La dis[)osition des fonds est faite depuis longlenips. i^a plate n'a pas tMé longtemps à remplir. C'est M. rarchevtHjue d'Aix, frère du eomle du Luc, qui n'est pas jeune, et qui aura de la peine pour quitter sa chère Provence, pour venir habiter les bords de la Seine ; mais 100,000 fr. de rentes de plus adouciront ce mal. On dit que c'est un bon prélat, qui vit noblement et qui ne tourmentera personne. Dieu le veuille! Voilâtes du Luc de Vinti mille, des comtes de Marseille, bien contenis, et aussi bien des mécontents qui se feront pcut-ôlre jansénistes par dépit, comme le maréchal d'lloc(|uincourt (1).

Il y a des Mémoires de M. l'abbé d'Orval et de M. de Béthune sur le duché, ils sont curieux ; l'affaire n'est point terminée : l'un veut (jue la dignité attire la propriété, l'autre que la propriété attire la dignité, parce qu'il en a en même temps la capacité, et pour se rendre encore plu*^ c.ipable, l'abbé se marie, épouse M"* de Vattan , et va faire des ducs tant qu'il pourra. On travaille dèjil aux Ijéguins du duc ; pourvu que la signora n'aille pas se tromper au sexe (2).

Je ne savois pas le c. de M""' la maréchale de Rochefort; je connoissois bien ses grands yeux, mais cette autre partie est bonneà savoir, et digne d'orner le temi)le de Vénus Belle-Fesse, pour qui certain po^;te dit qu'il auroit grande dévotion.

(I; Le 17 luai, lioulii» r r«-|.on(l Mir cei arlirle : « J«; n»' <)»»iil«- !'•<•> M"^ voir»-

- arcli('V/-qiie ne soit r»-K'''''l' *'■«'•"' "''•" <•'<>'•'''<'■ C't'Ioit m» bon «l vciluniv

• pr<*lac. et qui aiiroît \tàMt' une vie fort heureuse s'il ne s'éloil p«« fiollo-

- ment fourri' dans ren affaire* «le Conf.litution (|iii l'ont lrarâ»s<^ |«s quinze m dernierr-» anne»*». Je wiuliaile <|ii»! IVxiinpl»' «juil .« (IoiiimmI»' vouloir nioorir

• au ïçiron de l'Êgli^foil Miivi «h- tout ft4,n clergé ; malt lien resle »M*aucoiip

• »l'enlé!H quo *on ^ucf'M-ur aura l>i»ii «le !.i pi'ine h ronvcriir. C'esl un tr^fi-

• honnête homme, el «lonl W* i;«ii« iiio«Wm»'* nironl content*. M.iis il est hicn

• k^/t pour nne telle placi*. >

(î, • A l'âge qu'.i lahhc d Or>al, quitiul on Rc marie pour avoii ôrn rnf.tnli, " Il fâot «r pourtoir d'an coâdjolenr. - {flouhin).

L'archevêque d'Embrun est parti pour son diocèse. Le Président son frère m'est venu voir pour me dire que l'augment de dot est du total de la dot quand c'est un veuf qui se remarie : c'est l'usage du Dauphiné. Est-ce celui de Dijon, sur les appels qui viennent de Bresse ; et ce total prendroit-il sur les biens substitués?

Il faut lire tous les Mémoires des projets des Jésuites, surtout le cinquième, mais il faudroit y joindre la lettre de M. Petit-Pied, qui est curieuse, sur la matière de l'usure et sur le figurisme. J'ai un double de cette lettre que je vous garde. M. Desmaizeaux m'a envoyé de Londres les Nouvelles Lettres de Bai/le, ou plutôt la nouvelle édition en 3 volumes; il y a 295 lettres, il n'y en avoit que 2'i^3 dans l'édition de Marchand; il a retranché ses longues notes, et en a fait de courtes; il a fait aussi une Table plus courte; cela n'est pas encore relié, ainsi je ne puis vous faire un plus grand détail. Il me marque que l'on fait encore une nouvelle édition du Dictionnaire de Bayle qui sera achevée dans trois mois, et il fait une Vie pour mettre à la tète de cette édition , n'étant pas content de toutes celles qui ont été faites jusqu'ici; mais je crois qu'on ne sera guère plus content de la sienne : il a de bonnes intentions qu'il ne pourra mettre afin. 11 fera imprimer le Kalendarium Carlananum ; û me demande \a Harangue de M. de Luxembourg à ses juges, qu'il n'aura point; il lira s'il veut chercher à Vienne, dans la Bibliothèque de l'Empereur, où il dit qu'elle est.

M. de Monchesnay court après son article, il l'aura trouvé chez Montalant, qui vend le livre^ et s'il veut me donner quelque chose pour l'abbé Leclerc, je vous l'enverrai ; mais c'est une étrange cervelle.

J'ai toujours entendu dire I)eaucoup de bien du régime du lait pour les goutteux : mais je l'aime bien entremêlé de bouillon et rôti. Vous me parlez de M'"* Frondad , je l'aime bien aussi toute seule, avec son esprit, son sens, et ses grâces.

38 CORUKSPONDANCK l'NKDlTK.

J'ai écrit à M. Fleiittelot sur la mort de M. son père. J'ai le cœur ouvert aux douleurs; j'avois tout à l'heure dans mon cabinet M. le duc d'KlljeuF, (jui a perdu M""' sa l'omnic ; il n'en est pas triste : elle étoit srparée, la dot rendue; mais il y a une cl;iuse dans le contrat de mariage qui porte -iO, 000 livres pour Irais de noces, c|ui sont laissés au mari en rendant la dot, au cas de la renonciation par père et mère. Il y a arrêt célèbre, du 20 février 1718, qui ordonne dans ce même cas que les frais de noces seront rendus, la femme mourant avant le mari. C'est dans la famille de M. Bernard. Quid juris?

Lettre A^

A Paris, ce 31 ruai 1729.

Je m'échappe. Monsieur, des déserts de l'Arabie, et je cherche un refuce entre vos bras, c'est-à-dire que je sors de la Hihliothéque de l'abbé Leclerc, où je n'ai presque trouvé que des sables secs et arides, des épines sans roses, et une perpétuité de doctrine siiuvaye et rustique qui m'a fort impatienté. La plus grande partie est un registre baptistaire et mortuaire ; le reste est partagé entre les inolinistes et les jansénistes, qu'il regarde comme les deux parties du monde, et hors (juelque peu d'articles curieux, M. l'abbé m'a paru un homme grossier, bourgeois, bas, (jui ne peut dire du bien de personne, pas môme des plus grands hommes, et que Ton redresseroit en cent endroits, si l'on vouloit s'en donner la peine. Je ne vois qu'unhommequ'il veut justifier, et c'est Théophile(Viaul), qu'il dit avoir été condamné à un bannissement |>erpéluel ; le lK)nhomn)e ne sait pas que celte peine emporte mort civile, et qu'un arrêt n'est pas sujet à la criti(pie .«lulpicienne. Qu'est-ce que l'article aride cpi'il a fait de vo'js, où il commence |)ar votre naissance, oii il dit un mot des 'Ihérapeutes, et puis il vous laisse là sans vous

faire autrement connoitre? Voyez comme il parle des plus grands orateurs , des Fourcroy, des Auzanet^ etc., après cela, je n'ai pas été étonné que dans l'ariicle Robbe il mette : M. V Avocat Marais, qui est l'expression la plus plate dont on se puisse servir; en un mot, ce n'est qu'un pédant de collège qui ne sait point vivre, et qui ne mérite pas qu'on parle de lui davantage. J'aime bien qu'il croie avoir trouvé la mort de Blanche de Tournon, parce qu'il a trouvé la date de son testament dans une généalogie. Voilà un bon généalogiste. Mais que dites-vous de M. Aubert, avocat de Lyon, qui va mettre toute sa science dans un Dictionnaire de langue? C'est une nouvelle manière de débiter ses collections, mais qui ira les chercher là? Ce ne sera pas moi, je vous assure.

Je viens de sortir d'une grande fluxion, et je suis un peu mieux. C'est M. Brossette qui m'a prêté le livre dont je viens de vous parler. Il m'a dit que son Régnier étoit achevé et qu'il sera bientôt en France. Au moins il n'aura point publié les secrets de Régnier, comme il a fait de ceux de Despréaux.

Notre nouvel archevêque est ici el reçoit ses compliments. Il paroit un écrit de son prédécesseur, du 26 février 17*29, où il c( déclare que par son mandement du 11 octobre 17*28, il n'a point prétendu accepter la Constitution, ni révoquer son appel, ni révoquer l'instruction pastorale de 1719, ni approuver en aucune manière le prétendu concile d'Embrun, et la condamnation du saint évèque, contre lequel il a été tenu, pensant toujours à ce sujet comme il s'en est expliqué dans sa lettre au Roi avec onze évèques, et déclare qu'il ne départira jamais de ses sentiments ni de son appel ». Cet écrit paroit imprimé avec une note, que l'original est entre les mains de M. de Senez, et que M. le cardinal de iNoailles, qui l'a écrit tout entier de sa main, a ordonné qu'il fût rendu public après sa mort. Or, si celaest vrai, comme il y a apparence, que pensez-vous de tout ceci? le jubilé n'esl-il pas plulot es^

SO CORIUSPONOANCK I.NF.DITK.

crotiué que pragné? Je ne crois pas que Tliistoire fournisse l'exemple d'une aventure pareille.

Est-ce imbécillité? Est-ce iourberie? Est-ce religion? Dit-on le oui et le non î\ la face de Tunivers (1)?

Les Nouvelles Ecclésiastiques se publient toujours. J'ai été étonné d'y trouver un écrit qui se fait sous les ordres du clergé, contre le livre de^TAberlés de l'Église gallicane et contre les preuves. Cela s'imprime en Flandre avec approbation ('2^

Avez-vous ouï parler du poOme de Milton, Le Paradis perdu f On nous en a donné une traduction en 3 tomes, qui est certainement un chef-d'œuvre entre les traductions; l'auteur est M. Dupré de Saint-Maur, trésorier de France à Paris, et on n'auroit été jamais chercher dans cette compagnie un si savant homme, qui a eu le courage de nous donner le poOme, inconnu pres(jue aux Anglois même. Vous y trouverez des beautés sans nombre, de la niagnilicence poétique, des grâces, de la tendresse où il en faut, des [>ensées justes en même temps que sublimes; enfin c'est le divin Homère, et bien i)lus que cela, puisque le fond du po^'me n'est point pris dans les fables, mais dans la révélation. Si on en rctranchoit quelques endroits un peu troj) déclamateurs, je ne crois pas que

(1/ B'iiiliier n'^pund le « juin : ■ J'ai vu U; (Irriiifr a( It; du feu caidiiial de

■ >oaille<i, «(i toiitcrois on |)€ul s'assurer (|uc ce soil l«' <lernit'r. Voilà sans doute > Il pliM ^m{n«*iite girouette qui ail jainain ét^. O Vieillesse, ma mie! Xaije

• donc lanl vécu tjue p<iur celle in/attiieP Ou pounoil faire de ws variations " uneliisloire presque aussi grosse que celle de Ifu M. Uossuet. »

(2) Bouliiet r<^pond : > Ne soyoi |)oint surpris que le cler^fé faise écrire

■ contre le livre I}e$ Libertés de V Église fjallicane. Dès qti'il parut, il fut « regarda: par le« eccU:.*ia»liqur& cuiiune contraire a leur» inlertîts. Vous le m verrez dans h% Mémoires de M. de Mondial, arclievôque de Toulouse, t. I, " p. 45, où il n'en plaint fort amèreinerd, et pari»; des in(»uvtMn«Mits d»- l'as-

• femMi-e du clergé de If.io pour le faire ikuppriiner. Vo>e/ aussi volrc ami

• Bajken tM Août; de la Mrp. des Lettres, ilu mois de juillet ICSj, art. i", m inr la lin, ou il dil que les lil)»-rt«;H de rK;;Iise gallicane sont plutôt len liber-

• t^ du royaume que celkt» du clergé. Kn quoi on ne peut douter qu'il u\iit

• rtiMn à beaocoup dVgardt. »

l'esprit humain puisse aller plus loin ; il y a, à la têle du livre, une Vie de Milton, mais l'article de Bayle est bien plus curieux : Addisson a aussi donné un Jugement sur ce poëme, où il y a bien de la science et du bon sens, et ce jugement tient une partie du premier volume. Je soupçonne que M. de Cambray n'ignoroit pas l'anglois et qu'il a fait usage de Milton dans son Télémaque.

On finit jeudi l'affaire de M'"' de Sainte-Maure ; il y a eu sept audiences : ce sera la huitième où M. Gilbert parlera, et la pauvre dame saura son sort. J'ai appris qu'ils ont gagné le procès de Dijon.

Pour vous rendre votre 2*^ tome de M™' Tiquet, qui a paru justement trente ans après le premier, pour empêcher la prescription, on exécute aujourd'hui le fameux Vivet et quatre autres de ses camarades dont Tiin s'appeloit son précepteur, et s'étoit retiré du monde, ne donnant plus que des leçons de meurtre et de vol à ses disciples qui le consultoient. Quand on a voulu mettre Vivet ^. la question, il a dit : a Vous m'avez jugé à mort, je le mérite bien, mais je ne vous dirai rien davantage de mes complices : il y en a peut-être 50 autres outre ceux que j'ai nommés, mais je ne sais point leurs noms. » On lui a donné une question légère ; il sera roué vif et expirera sur la roue. L'arrêt est contre 99 accusés; on va juger les autres aujourd'hui l'^juin; il y en a encore deux qui ont passé la nuit à jaser.

M'"* de Mortagne, qui vouloit épouser le marquis de l'Aigle, l'a changé pour le chevalier de Créqui, qui n'a

(1) • Non-seulement, répond Bouliier, je connoi:) le Paradis perdu <lo Mil- • ton, mais je Tai vu et tenu. C'est aus^i tout ce ({ue je puis vous eu dire, « car je n'entends point l'anglois. Mais un savant jésuite d'ici, pour qui je « Pavois fait tenir et qui enteml cette lanj^ue, m'en avoit «léjà fait un éio^ie à « peu près send)lable à celai que vous faites. Je serai bien aise d'eo pou- « voir juyer par la tra<luclion que je vais faire venir. Je cx)nnois tort Mil- •« Ion par les grands démêlés (pTil a eus avec noiro Sanmaise , et je >erai << bien aise, à cause de cela, de voir sa Vie. Il a fait aussi des poésies la- « lines^ maU que j'ai cbercliées inutilement jusques ici. >>

3Î CORRKSPOWDAISCE INÉDITE.

i|iie vingt-sept ans. I.e marquis onrni;é sVst oppose^ aux bans du chevalier, et cela l'ail une plaisiinle scène. S'il en vient un de dix-huit ans avant le mariage lait, on verra peut-être un troisième à cette comédie.

Lettre XI".

Au faubourg de Paris, le 7 de juin 1729.

Vous m apprenez le gain du procès de M. de Sainle- >!aure, et moi je vous apprends le gain du procès de sa nièce contre son mari. L'arrêt est du 2 Juin à la (irand' chambre, après huit audiences, sur les conclusions de M. Gilbert, qui a parlé avec une pénétration surprenante. La sentence qui admet la dame à la preuve de ses faits est surprenante. L'arrèl ajoute qu'elle se retirera dans un couvent ou communauté, où son mari lui donne 8,000 livres de pension et le premier quartier d'avance, et qu'elle pourra sortir pour vaquer à ses affaires. Le Parlement lui épargne ainsi deux ou trois appellations, (ju'il auroit fallu essuyer; il n'y a point eu de Mémoires, dans Taffaire pour amuser le public, mais la dame, qui parle mieux que nous n'aurions pu écrire, a très-bien expliqué sa cause à ses juges, et elle les a tous gagnés. Le mari est un peu honteux, et vous jugez de ma joie dans cette victoire. Le forte fdia erat pulrra de M. de Chasseneuz n'y a rien gâté. On a lu des lettres de M. de la Neuville, qui est, comme vous savez, grand épistolaire, et qu'il seseroit bien passé d'écrire.

Je ne veux point de mal à l'abbé Leclerc surcequi nie regarde, niais sur tant de grands hommes qu'il semble ne pas ronnollre, etsur r'e(|u'il jiaile de livres comme un valet de bibliothè(jue. H dit quehjue part (jue M. de la Chapelle auteur du Catulte étoitabbé; comment ne sait il [wts qu'il a voit été receveur-général des finances et marié? Je lui pardonne de n'avoir pas su qu'il voulût se pendre

LE'ITRE XV. 33

pour la femme qu'il épousa à Bourges, et qu'elle le lira de la corde où il était attaché; maison ne peut pas ignorer le reste.

Le nom d^Èminente girouette que vous avez donné au cardinal de N. vaut mieux que toute celle Bibliothèque de l'abbé, et l'Hiatoire des varialiofis et très-pl;ùsante. Si quelque moliniste d'esprit vouloit s'en mêler, il y auroit de beaux chapitres et le titre des chapitres seul réjouiroit tout le monde : mais ce parti-là ne sait pas rire.

Je n'ai pas sous ma main les Mémoires de M. de Mouchai sur les Libertés de r Église gallicane; mais j'ai une galerie où il y a une bibliolhôque curieuse et où j'ai trouvé le tome indiqué des Républiques des lettres de Bagle, qui a été vérifié sur-le-champ; cet article est plein de sel : il est vrai que ces libertés seroient mieux nommées les Libertés du royaume, mais c'est toujours un droit ancien et à qui le respect est dû, et il faut convenir que si (m avoit laissé faire le clergé, nous serions dans un terrible esclavage. Je me souviens d'avoir lu un écrit attribué à M. l'abbé Fleury [Hist. Ecclés.) qui se plaignoit au contraire de l'esclavage où éloit tombé le clergé, et qui contestoit aussi ce nom de Libertés.

Millon vous fera plaisir, j'en suis sur; sa Fie est meilleure dans le Dictionnaire de Bayle (pie dans le poème. Saumaise se vantoit de lui avoir fait perdre la vue et lui se vantoit d'avoir fait perdre la vie à Saumaise, qui depuis sa mort, n'écrivit [)lus; mais Millon, depuis qu'il fut aveugle, fit ce beau poOme, où il chercha la lumière de Fàme ayant perdu celle du corps. C'étoit un démon d'homme à qui personne ne ressemble.

Je liens à présent sous ma main le manuscrit de la Chambre des poisonsHj ; on peut bien r> ppeler précieux, et

(,i; Marais avoit annonce dans sa loUre du .'il mai, celle trouvaille en ces ft-rines : <« J'appris hier d'une dame que son père, qui éloit de la Chambre de.n Poisons, ëcrivoit,en deu\ vers lalin«, <e qui se passoit à chaque séante. KIlea T. IV. 8

31 COKHKSPONDANCK INÉDITK

je pourrai bien faire quelque iiilidélité pour l'avoir; voici ce que c'est. C'est un vrai poCme, fait en vers hexamètres et penla mètres latins, dont la latinitt^ est bonne, forte et énergique; d'un côté sont les vers, de l'autre côté et visà-vis est une prose française qui les cx[)li(pie; il y a des chiffres qui renvoyent à une table pour explicpier les nonis; (nais mallieurtuseinent cette table ne se trouve plus et a été sup[>riniée. Ce qui console un peu, c'est qu'il y aà la lin une liste, par ordre de dates, désarrois rendus dans la chambre, où les noms se trouvent, mais il est difficile de les ap[>liquer au po(ime, qui ne dit que les faits généraux, et où, après un bel éloge du Roi et le caractère de tous les juges, le magistrat qui en étoit, fait une description étonnynte de tous les crimes qui ont été punis et découverts, sans entrer dans le détail des personnes qui étuient renvoyées à cette table. Voici quelques articles de la liste des arrêts :

Par arrêt du 15 avril 1680.

Marguerite Gallard, veuve de M.LeFéron, président en la 3* chambre des enquêtes, a été bannie pour neuf ans de la prévôté et vicomte de Paris et condamnée à 1,500 liv. d'amende pour avoir voulu empoisonner son mari.

Par arrêt du \ \ mai 1680.

François- lien ri d<' Montmorency, due de Luxembourg, pair et mar<'' li.tl d«* France, a été déchargé des accu-

- cet v^r*, elle me le» doit monInT, et je regarde cela comme une rlio*e ln>8-

• rare; le<lioti<|iif ol iMiiitlaitl un prii liri-l. » lionliier, itlIcrlH^, ri'|iuriilit : « (Jn « jiiiiriial (le la ( liaiiibte ûe^ l'oiMun «n ilinlKiiie^ laliiis me parolt nnediuHe

• (k^ plu» *>iripilM'rc's In <l«' m«*A ami* «n a\nit fait aiilant hui 1(>h |Histiir<s de « l'Arr-tin. M^\s cflà e^tl iiioin>> «'vlr.ioiiliiiairf. J .•iiiicroiH iniriiv ((im' votre joiir-

• naii*(e rûl f«il U relalion en pr<»»e. Mai» telle «inVIle est, je vuiim C4)ii<eille

- t\f ne fiAA ^Tlia|»(>4r a- pri^rieuN inrmii<^( lil, el voiih nu- iiian>i«'n-z re que " «(>u«en |ienftex. • Maïais doiin**, |» .'i'iO du manitsml, I. VII, di'HextrMilsden ver» laliiia de ce (toeme rurieut, dont nuim nuiis n-H'rvonH de laire ailleurs Vêm»\y%t.

LETTRt: XII'. 35

salions d'impiété, maléfices , et poison intentées contre lui.

Par arrêt du 19 février 1679.

Catherine Deshayes, veuve d'Antoine Mau voisin, décédé depuis qu'elle a été arrêtée, nommée vulgairement La Voisin f artiste de poisons, impiétés, maléfices prétendus magiques, condamnée àla question, à l'amende honorable et au feu vive.

Lettre Xir.

A Paris, le <•» juillet «729.

Depuis ma dernière lettre. Monsieur, j'ai fait ce que vous m'avez conseillé. J'ai copié moi-même le poëme latin, qui contient près de 900 vers; et la liste des arrêts^ je n'ai pu me confier à personne ; reste la traduction françoise, qui est paraphrasée et qui peut donner quelque lumière sur des faits obscurs; mais l'ennui m'a pris et peut-être je m'y remettrai. Je vous enverrai ma copie et vous verrez ce petit trésor que l'on ne croit pas que j'aie; je ne puis avoir rien de secret pour vous.

Vous avez su l'affaire de M. de Sainte-M. et comme il a été pris sur un fait socratique au milieu du Luxembourg; il a ordre de sortir de Paris pour six mois. Cela ne gâtera point l'affaire de sa femme, qui n'avoit pas besoin de ce fait, dont l'enquête ne dira rien, mais qui est tout notoire à Paris et aux juges.

Il y a un interlocutoire dans l'affaire de M""" de Courchamp; il est ordonné qu'avant faire droit, elle se retirera dans un couvent pendant un an, où son mari pourra la visiter, et où il lui payera 3,000 livres pour Tannée et encore 3,000 livres pour le passé. Ce jugement a eu beaucoup d'approbation , je ne crois pas qu'il y ait appel de part ni d'autre. M""' de Marchainville, fille

36 a)lU\I.SPOM)A>(:K INKDITK.

de M. de l'Aii^le, qui a été déhoutét» de sa séparation à Chartres, où on avoil fait des Mémoire.^ (ros-hadins contre elle, vient d'ohtenir une provision de 1,500 livres, î\ condition qu'elle entrera dans un couvent et qu'elli^ sortira de la communauté de Saint-Hoch, où elle est. I.e Parlement veut à toute force des couvents; mais Ubi prénua , comme dit Panurize. M. de l'Aigle est retourné* dans son pays du Maine, veuf et non marié, sa fiancée Ta trompé el a épousé .M. le comte de Créqui. Le marquis pèse l'air à présent.

J'ai lu dans Bayle ce qu'il rapporte de Saumaise contre Milton sur ses goûts d'Italie : mais où Saumaise avoit-il pris cela? Je crains bien (jue ce ne soit une injure prise dans un fonds contumclieux et fondée sur le voyage d Italie seul, ce^iui n'est (ju'un mauvais mot.

Le marquis de Kiclielieu veut se marier à la présidente de Liste pour faire cesser un ancien scandale, qui n'a pas pu finir plus tôt, parce que la marquise de Kiclielieu ne fait que de mourir. M. d'Agénois est accouru pour s'opposer et a dit ses raisons à M. le cardinal, qui les a trouvées mauvaises, sur quoi M. d'Agénois ne lit pas difficulté d'avouer que lui-même avoit couché avec la présidente, ce qui rendoit le mariage impossible. S. K. fut trés-scandalisée de cet aveu et lui dit (ju'il n'entroit point dans de pareilles contestations (pi'il auroit dû lui taire, e». le renvoya trés-honleux.

Je n'ai point vu les Mnnoires de Mddcmoisclli' , il y a (juelques années que j'en vis le manuscrit, (|ui m'ennuya comme vous. Je crois que j'en demeurerai là (1).

On est au (^hàlelet sur le procAs du prêtre qui a fait

(I) B')uliipr écfil It* 14 jiiillel : - J'ai eu |>ltiKile ruii^lanro sur Iok M<*moires • df .%/iiflemoi%fUf/i'»\ t«mlii \oir liMnIroil <!«• M. d»; L.iii/.jij ««t je l'ai trouvi*. « Il ni«r le ii Hr« lu (Mr la «ingiihnt*' «t la iii.iiiicri' K'')»''*' <*( iiolilr «luiil cet ' iKmurtc (oO'IuÏMl ct-tle airaire, < t r«veii que MaileiiiuiKelle lait ileH avances - qu'elle lui fil. Cela e»l ctmU' 'Pun air naturel el iiilcrensant, quoique nans

LETTRE XIP. 87

sédition dans Saint-André. Ce fanatique a cherché à se sauver des mains du juge ordinaire, mais M. le Cardinal a dit que c'étoit un cas privilégié, et vous voyez l)ien qu'on respecte les libertés.

J'ai fait relier les Lettres de Bayle de la nouvelle édition. M. Desmaizeaux a mieux qu'il ne lui appartient, ses notes sont en vrai style dénotes, courtes, instructives, et j'ai été l)ien étonné d'y trouver une Relation de la mort de M. Laine qui est fort curieuse et qu'il faut que j'aie écrite à quelqu'un en ce temps-hl : ce morceau seul doit faire acheter le livre (1), il est parlé de la Relation de Bornéo de M. de Fontenelle, et ce qui est plaisant, c'est qu'un Italien (AurelioDcUianzi , auteur du Genio vagante) l'a traduite en italien sans s'être aperçu de l'allégorie, et l'a fait approuver par un inquisiteur du Saint-OfQce. La bévue n'est-elle pas des plus singulières?

M. Brossette est toujours ici ; son Régnier est achevé, il doit vous en envoyer un exemplaire. On a fait en Angleterre une nouvelle édition latine de M. deThou, et quelqu'un a fait des Lettres sur cette édition dont on parle assez. J'aimerois bien une bonne traduction francoise , mais il n'y a pays au monde où elle puisse èlre imprimée.

(I) Marais donne de curieux détails sur ce Laine, dans sa lettre du 1 1 juillet. « Avez vous pris garde à l'éloge de cet homme qui est dans le Parnasse « franroisdcM. Titondu Tillct:* Il va inséré diverses i»ié(esde lui; il avoitétci « à Constantinople.et \ouloil qu'on crût (ju'ilavoit eu «les avcnturosgalanles « au M'iail. 11 eu avoit môme fait une relation dont Je n'ai pu attrainr ({ue " ces quatre vers qui vous feront sans doute regretter ce reste comme a moi :

Poursuivant en chrétien celle sainte cntreiirise D'un seul coup je veni^eai Rome, Malte ol Vctiise. Mahomot cil [làlit et vit en frémissant Doubler sur son sérail les cornes du croissant.

<i Peut-on rien voir de plus plaisamment et do plus follement imaginé ? Je n crois que c'est au retour de ce voyage qu'il resta ici caché pendant deux ou " troisans,ily aenviroii quaranteans, sous le nom de.Montauban. » Larelatiun de la mort de L:iin ' dont parle Mar.iis se trouve dans ks Ladres à M"" de Meri(jnac. Voyez notre tome l*"'.

3s œRRESPONDAKCK irsKDlTK.

Il faudra ces varaiicos lire M. Lciict ot pcul-èlrc les Mèinoivea de Mademoiselle. Ce M. Lenct n'étoil donc fils ni pelit-fils de piésideiil : voilà des i;ens bien instruits, l/ahbé Leelere va bien mettre cela dans son reiiistre.

J'apprends dans les IS'oles de Desmaizeaux sur les Lettres de lUiyle cpie M. beduchal va nous donner un commentaire sur Uabelais fort uutinienté : tanl mieux.

Ou va juger le procès de M. le comte d'Évreux sur le retrait de Monsieurde Luxembourti ; ilvicntdem'envoyer deux de ses Mémoires; les conclusions sont pour lui; je crois su cause bonne quoique obscure.

Lettre XHF.

A Paris, ce !:> juillet 4729.

La comtesse d'Kvreux est moite; elle a fait un testament où elle donne 200,000 livres û sa nièce, M"" du Cliàlel, et de i^rosses pensions à ses gens. M. Crozat n'a pu mieux se venger du comte d'Évreux son gendre, qu'en voulant faire apposer un scellé cbez lui ; nuiis il n'en a pu venir à bout, au moyen de la séparation et d'une transaction qui porte quittance de la dot. Sur quoi, M. le lieutenant civil a renvoyé à l'audience, toutes choses demeurant en état. Voilà un nouveau procès pour le comte d Évreux, qui doit savoir le chemin du Palais; le procès (|u'il a contre M. de Luxend)ourg sur le retrait de Tancarville va être jugé : et après cela viendra celui de sa femme. Les conclusions de M. le procureur général sont jMmr lui dans l'affaire de Tancarville , «t cela divise le panpiel, car, à l'audience, >LM. les gens du Koi étoient contre lui. Nous verrons, dans le procès de la femme , ce que deviendra une dot restituée en papier (1).

i . I r -I .innit «le M"" crÉvmix. r/'|»c)iul Boiihicr, \f ?.fl jnilU'l, <iaruil tiy^mUW le* bruih qui avaient couru de •iufl«|uc?> fufaulb (|uV)i» (lisoil

M.i , II.- ,v,,it faits iiit U|;iiilu. *

LKÏTRE XIII'. 39

M. le P. Lambert, prévôt des marchands, est mort peu regretté, à cause de tout ce qu'il a fait sur la capitation. Le président Turgot est à sa place. On dit que M. Chauvelin, intendant de Picardie, la demandoit, ou on la demandoit pour lui ; mais on ne peut pas tout avoir. M. Turgot est neveu de M. le contrôleur général; c'est une famille de Normandie qui a bien plaidé et dont les arrêts sont rapportés par le dernier livre de M. Froland. 11 y avoit une belle M'"*^ Turgot, qui est morte il y a quelques années, et dont le mari a été intendant, puis rappelé au service des requêtes de Ihôtel, comnie on vient de faire à M. d'Evry qui quitte iMoulins , pour montrer, disent les méchants, à jouer au piquet au Roi.

Rome vient de nous envoyer une belle besogne, c'est une légende du pape Grégoire VU pour mettre dans le Bréviaire romain. Cela est en deux leçons, où le pape est loué d'avoir excommunié l'empereur Henri IV, de l'avoir privé de ses États, et d'avoir délié ses sujets de leur serment de fidélité. J'en écrits à M. Fleultelot, qui vous dira le passage (1) . La page ou carton a été imprimée chez Coignard et est très-rare à présent, il ne valoit qu'un sol d'abord. Bayle a fait un bon article de Grégoire VU et en a bien jugé. Vous voyez bien, Monsieur, que nous n'avons ici besoin de nos libertés; mais on dit qu'on en restera à l'ordre verbal de la suppression.

La Gazette de Hollande dit que le poëme de Mil ton est mal traduit et qu'on en fait une autre traduction à La Haye qui sera plus fidèle. Je n'apprendrai pas l'anglois pour en juger, mais nous trompera-t-on toujours? Voltaire est ici, qui est un autre trompeur, et qui ne nous dira pas vrai (2).

(1) Voici ce pa>s,tgp {^ros rie lempt^les . « Henricum I\ in omnia scelerinn gênera jrolnpsum, regno privavitet subdUos juramenli fiUeabsolvit. Tu nufeni Domine, etc.... >»

(9) l'afffnHs lo poème qu'on mVnvoyp. dit-on. d'une *;* édition revue pai

4t» (:0HRI.SP0M)AxM:K I^Kl)ITK.

Je suis puni d'avoir écrit contre une femme qui étoit accusée d'avoir obsédé son amant et d'en avoir tiré plusieurs actes; j'ai perdu la cause, et cela m'ap[>rend X n'écrire point contre les femmes. Vous aurez pourtant mon 31émolre^ (jui servira de lielaiion de ma défaite.

On débite des l-^xt rails de 1 7//.s/o/re ecclésiaslifiue de M. Heunf tour/mnt l'arianiswe, pour servir à Chistoire des lemps présents, avec une K»ni;ue Préface où il est parlé du savetier Nuelet et d'un cordonnier des temps passés qui étoit théologien, et dont M. Bossuet parle dans ses Variations. (M. Fleuryy t. lll, in-V.J

Lettre XIV'.

A Paris, ce «7 Juillet 1729.

Je vous ai envoyé. Monsieur, par le dernier ordinaire, une l)elle botte de couplets (ju'on attribue ;\ Tabbé de Grécourt, cpii n'y a jamais pensé; mais le Bénitier a fait souvenir d«* Philotanus et des pss (jue l'eau bénite faisoil sur la cbaii" brûlante du diable, et on le veut prendre pour le Saumaise mcKlerne.

Le courrier Bannières, si attendu, est arrivé et on n'a rien dit de ce qu'il a apporté de nouveau. Ce qui n'est pas un bon si^ne , à ce que disent les polilicpies , il y a eu une grande assemblée où beaucoup de gens ont été appelés, et j'y ai entendu dire que M. de Moras- y étoit.

Barème, (j'ji disoit que la succession de le Blanc lui devoit des sommes immenses^ a |)erdu son procès contre elle au bureau de iM. de M icbaull, et il y a cent mille écus de moins (ju'il ne croyoit. FAclié de cette soustraction sur son calcul aritbméti(jue, il a fait couiir un Mémoire

• r«itlf>iir i\e. la (railnrljon »%n qiwl()ii(>h AnKloit. On ili( ({iic M. hoii fine,

• loiiMMJlrr au Parl'-riM'iit, iiuiifi fii pépan* niie <lii Dante. Aiiihi iiuiis allons ' a»oir U iétt birn remplie (JViifrr, de diable», etc. ■ (Uouliirr.)

LETTRE XlV^ 41

anecdote sur la cabale du bureau de M. de Machault, dont l'effet a été de le faire enfermer à la tour de Montgonimery , et il ne plut à personne. Il valoit bien mieux ne faire que des tarifs que d'avoir voulu devenir financier et orateur; cela retient aussi le pauvre Bouret à la Conciergerie.

Le Parlement a donné un arrêt, le 20 de ce mois, contre la feuille du Bréviaire romain^ sur les conclusions de M. Gilbert, qui a très bien parlé, el quia bien fait entendre Texcès où l'on s'est porté de vouloir célébrer dans un office ecclésiastique et de mettre dans la bouche des ministres de la rtjligion ce qui tendra à ébranler les principes inviolables et sacrés de l'attachement des sujets au souverain. « Est ce donc là, dit-il, le chef-d'œuvre de son zèle? etc. » L'arrêt fait un règlement pour les missels, rituels et bréviaires, et le public a été bien content de cette remontrance. 11 y en a eu une autre sur les curés d'Orléans, qui ont appelé comme d'abus du mandement de leur évèque. M. le procureur général y a conclu ; mais le ministre a fait savoir qu'il y avoit un arrêt d'évocation au Conseil, et sur le rapport que iM. l'abbé Pucelle a fait aujourd'hui, on a mis la décision à demain, où l'évocation ayant le temps de paroître, le Parlement aura les mains liées; cette nouvelle est toute fraîche.

Le procès de M. le comte d'Évreux n'est pas encore jugé ; c'est pour cette semaine sans faute, et M. Crozat lui en prépare un autre sur la restitution de la dot de sa femme, dont on a trouvé des protestations jointes à des lettres du mari, et qui prouvent que la séparation a été forcée et la quittance aussi. 11 est bien triste de mourir à trente-trois ans, d'avoir mené une vie si malheureuse, de laisser des procès dans sa famille et d'être cependant né si riche. Voilà le fruit de l'ambition et de la m«''salliance.

Le poète Koy a trouvé à se marier ici avec une lille d'un marchand : ses vers durs et obscurs sont trop bien

45 CORRKSPO^DA^CK INf.niTK.

payés. Thévenart se marie î\ une tort jolie fille, tout éloit accordé, mais les curés opposent rexcommunicalion des comédiens; le t^alant se dïi académicien de l'Académie royale de musique : l'Église ne connolt point cette académie, et voilà le mariage relardé. Le curé de Saint-Sulpice a prié .M. Tarchevéque de vouloir 6ter les Comédiens franrois de sa paroisse. Le prélat a dit (ju'ils éloient comédiens du Roi et que leur maison étoit A eux. Le curé, (jni se connolt en hàtiments (et grand édilicateur), a ré[)ondu qu'il connoissoit un terrain sur la paroisse de SaintAndré, plus spacieux, et dont il seroil facile de faire réchange. — « Faites mieux, lui dit le préliit provençal, permutez votre cure de Saint-Sulpice avec celle de Saint- André, et vous n'aurez plus les comédiens sur votre paroisse. » Le curé n'a point voulu entendre à cette permutation et à ce troc, et ce bon mot a fait plaisir à tout le monde. Cependant les huiles de Rome ne viennent point, et la daterie ne se paye point avec de bons mots.

Lettre \V\

A Paris, re 20 juillet 1720.

Vous ne vous attendez pas assurément, Monsieur, îV la curiosité que je vous envoie , et (pii est toute des plus rares et des plus nouvelles; je l'attrapai hier dans un coin et ausî-itùt je vous la destinai : c'est une ciitirpie plus que burlesque d'une partie du pnr*me de iMilton , et je crois que Tauteur, qui a de la hardiesse et du feu, n'en demeurera pas là. Je vous assure rjue vous en rirez bien; mais il ne faut pas lire tout seul, et notre ami M. Fleulelot doit ^tre de la partie. Ce diable d'homme qui a fait cela, a bien senti que Millon a mis du sacré et du profane et qu'il a fait de certaines comparaisons qui méritoienl d'être critiquées; il est plaisant et singulifr dVn avoir fait dos chanson» si fortes rt si bien ri-

LETTRE XVV et

mées, mais on ne lui avoit pas dit d'y mettre, par-ci parlà, des impiétés qu'il hasarde très-ingénument. Où est Milton? Ne croyez-vous pas que c'est l'ombre de Saumaise qui est venue pour se venger de lui et qui s'est glissée dans le corps du poêle, qu'il n'est pas mal aisé de deviner? I.a posle va pailir, je vous embrasse de lout mon cœur, et je ris avec vous d'avance. Le porlrait des diables n'est-il pas bien original (1)? Vale et iterum vale.

Je vous ai écrit cela moi-même afin que vous l'ayez vite, et pour vous marquer, Monsieur, combien je vous aime.

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