Le roi catholique re<;nif un <'\j)rès de son mn
(t) Voér Im Memoircéde Maurepus.
.MAI 172r>. 179
bassadeur en France, qui confirme la résolution du ma^
nage.
19. — L'abbé de Livry et le comte Robin reçoivent l'ordre de sortir de Madrid en 2i heures, et de l'Espagne en quinze jours.
20. — On fait partir d'Espagne la princesse de Beaujolais, promise en mariage à don Carlos , avec ordre de joindre sa sœur, reine, et d'arrêter à Léon , à Burgos et Vittoria, pour n'arriver sur la frontière qu'avec 1 Infante renvoyée.
22. — Le roi d'Espagne reçoit unejettre du Hoi, par laquelle il lui témoig ne la peine qu'il a de se séparer de l'Infante, mais, qu'un Roi étant plus à son peuple qu'à soimême, il n'avoit pu se dispenser, depuis sa dernière maladie, de céder aux fortes et vives sollicitations de son peuple pour se marier pressamment, et prévenir, par une succession que Dieu voudrait bien lui donner, les troubles et les révolutions qui arriveroient s'il venoit à mourir avant que l'Infante fût nubile.
Le 5 avril, l'Infante est partie de Versailles, et doit arriver sur la frontière d'Espagne le 13 de mai.
Sur cet avis, le marquis de Santa-Cruz et dona iMaria de las Nieves sont partis de Madrid le 13 avril, pour aller recevoir Tlnfante au pied de la montagne Saint- Jean-Pied-de-Port.
L'Infante continue sa route heureusement, et Loysa, Espagnole , que Ton croyoitqui accouclieroit en chemin, n'a pas voulu mettre son enfant au jour en France, et a gardé sa gravité pour en faire un Espagnol pur.
Concile dk Rome. — On a ni u nouvelles de la pifmière session du concile de Lniran, (jui s'est tenu à Kniiir le 15 d'avril. 11 s'y est trouvé trenle-dcu\ c;irdin;ui\, ri
180 MKMOIKKS DK MATHIKU MARAIS.
riiujuante-sepl archevtViuos ou éviViuos. Le Pape est si altaolu' au concile qu'il eu a quitté toutes les aiïaires du gouvcrncnient. Il aime les conciles. Il en a tenu i\ Bénévent, pondant qu'il étoit archevêque, et vient de les faire iniprinier. Il fait prier Dieu par les pères qui en onl tenu. Knlin, un concile est pour lui le plus grand bien qu'il puisse faire i\ l'Église, parce qu'il veut reformer les mœurs des ecclésiastiques, et il se souvient que les abus du clergé ont été cause de la réforinalion de butlicr et de Calvin. Il fait imprimeries matières qui doivent être examinées par le concile dans chaque semaine, afin {|ue chacun y soit préparé.
La Kkixk future. — On est toujours dans l'incertitude sur la Keine. Ce ne sont (]ue gageures partout. L'un jKine pour l'Anglaise ; l'autre, pour la Polonaise ; l'autre, pour la Piémonlaise ; l'autre, pour la Portugaise ; l'autre, pour la Lorraine, car il y a li\ des princesses charmantes, bien élevées et de bonne maison. Mais, après tout, on revient i\ la Polonaise , (|U()if{n'elle dût moins y avoir part. J'ai reçu une lettre de Dijon, où onmemanjue (ju'un oflicier de Strasbourg, arrivé de \Veissend)ourg , où est celte princesse avec son père, a été surpris de voir que le Hoi et la Keine lui demandent déjà la droite, A elle qui n'osoit pas s'asseoir devant eux , il y a quehjue temps. 11 a eu l'iioimeur déjouer avec elle. Elle n'est pas belle, mais elle a des manières fort nobles.
L*us;itre de celte coiir est de brouiller les jetons, quand quelfju'un perd contre le Uoi ou la princesse. Nous aurions besoin de cet usage à notre cour. Si cette princesse n'a pas toutes les ^'randes qualités que le roi Henri IV désiroit en une femme, elle en a une grande partie. On trouve dans les Mémoires de Sully ce discours d'Henri IV et dans \r Dirtionnaire de Bayle, à l'article de ce roi. Il y fait un portrait merveilleux de toutes les princesses de son temps, ;'i l'occasion de son mariage, et c'est h\ où il dit cpie sa cousine de (iuise aimoit bien autant les pou-
lets en papier qu'en fricassée. Le secret a beau être gardé, il est éventé parles circonstances que l'on ne peut cacher.
J'ai ouï dire aujourd'hui que M™'de Beuseval , femme du commandant des Suisses, qu'il a épousée en Pologne, est cousine germaine du roi Stanislas ; que le père de ce roi a été page de Louis XIII, et que lui-même a été mousquetaire en France.
12 mai. — M""^ d'Orléaxs accouchée d'un prince. — M"' la duchesse d'Orléans est accouchée à Versailles d'un prince. Grande joie dans la maison d'Orléans ! Grand déplaisir des Condé ! On le nomme le duc de Chartres. Il est né à quatre heures après midi, et il étoit déjà transporté à Paris, au Palais-Royal , à sept heures du soir, au travers du Cours et de toutes les femmes de Paris qui Favoient vu passer. Voilà une bonne réponse aux plaisanteries et aux tracasseries du ministre.
9 mai. — M. Vaillant, bâtonnier sorti. — M. Vaillant de Quélis a quitté la place de bâtonnier des avocats, et M. Leroy (Georges) a été élu en sa place. Avant l'élection, iM. Vaillant a prononcé un beau discours sur la noblesse de la profession, dont le principal objet doit être l'honneur, fondé sur le désintéressement et la religion , et a montré que la profession d'avocat est la plus noble et la plus laborieuse, et qu'elle est la plus libre et la plus indépendante. M. Vaillant de Quélis est d'une très-ancienne famille dans la robe, et dont il y a eu plusieurs magistrats dans tous les parlements. C'est mon ancien ami. Nous sommes du même banc au Palais.
11 mai. — Conciles dv P. Haruouin. — Le Parlement s'est assemblé pour une grande alfaire. Le conseil a donné un arrêt sanglant le 21 avril dernier, au sujet de l'éditiondes Conciles du père Ilardouin, jésuite, qui a été commencée au Louvre depuis longtemps et achevée en 1715. Le Parlement l'a fait examiner et a ordonné la correction, par arrêt des 20 déceml)re 1715, 19 août 1719 et 27 août
is: MKMOIIIIS 1)1 MAlHIKU MARAIS.
i7:21,t'tacloniU'Uiuleinierarri't,(lu7septcnil)rol7-22,qui conlirme Tavis lîes censeurs, suivant lescjuels on doit ajouter un treizième volume, où seront mises les pièces que le I*. H.irdouiii a omises dans sa collection, et où seront corrigées celles qu'il a altérées, pour favoriser la cour de Rome et pour diminuer les libertés de TÉglise gallicane, et cet avis dut être imprimé en létede chacun des XII volumes. Les Jésuites, irrités de cette injure faite à leur confrt're, ont intrigué, et ont fait nommer d'autres censeurs par le Koi, (jui ont donné un autre avis, où on corrige celui du Parlement, que l'on dit qui a excédé son pouvoir, en arrêtant la distribution d'un livre imprimé dans l'Imprimerie Koyale, soumise immédiatement à l'autorité du Roi. Et après un travail de deux ans^ ils ont fait donner cet arrêt du conseil, le 21 avril dernier, par lequel S. M. ordonne qu'il sera incessamment fait un volume de Supplément y avec les notes qui seront jugées nécessaires, et cependant il est permis à Anisson, directeur de l'Imprimerie Royale, de vendre la collection des Concila^ en l'état qu'ils sont, comme auparavant les arrêts du Parlement, sans y in^^érer l'avis des censeurs autorisé par la dite cour; qu'au contraire, l'arrêt du conseil sera mis à la tête du premier volume de chaque exemplaire, et il est fait défenses au directeur de l'Imprimerie Royale de recevoir ni reconnoltre d'autres ordres que ceux de S. M. ou de ceux à qui elle aura, à cet égard, confié son autorité.
0*t arrêt, qui s'est distribué assez secrètement dans le public, a soulevé le Parlement, qui y est capitalcment offensé, et dont les arrêts, rendus dans une matière de religion et d'État , sont cassés. On va mêm»; jns(ju';\ insérer cet aiTêt du conseil dans les exemplaires de l'édition des Conciles f pour marquer apparemment j\ la postérité^ la manière dont le Parlement est traité dans ce règne, par lecon»eil du Roi. Sur cela, il aété arrêté et délibéré (piil Mra fait des remontrances très-humbles et très-instantes au Roi jK)ur révoquer cet arrêt. Les remontrances rou-
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leront, non sur la doctrine, mais sur la forme et les conséquences, d'autant plus qu'il est dit par les censeurs du Roi que cet ouvrage du P. Hardouin a justement excité l'attention du Parlement. Il est singulier de voir le Roi déclaré contre ceux qui soutiennent son autorité royale et les libertés de son royaume contre les entreprises de la cour de Rome. Mais toutes singularités ne doivent plus étonner, dès que les Jésuites s'en mêlent.
Le gazetier de Hollande a dit du P. Hardouin, qu'il attril)ue V Enéide de Virgile et tous les ouvrages des Pères aux Bénédictins, et il est vrai que cette folie a passé dans la tête de ce bon père, qui croit qu'il n'y a rien d'ancien, et que tout a été fait depuis le renouvellement des lettres.
12 mai. — M. le Blaxc. — On a appris, avec un grand plaisir, la sortie de M. le Blanc du château de Vincennes et de M. de Belle-Isle hors de la Bastille ; mais ils sont relégués, M. le Blanc à Lisieux, et M. de Belle-Isle à Carcassonne. C'est toujours n'être plus en prison. Dans d'autres règnes, les ministres disgraciés n'en sortoient pas sitôt. On n'a rien oublié pour perdre celui-ci et on n'en a pu venir à bout. C'est qu'on lui a donné le Parlement pour juge et non des commissaires.
Mariage du Roi. — Le bruit est grand d'une lettre écrite par le roi de Sardaigne, comme grand-père du Roi, qui s'oppose au mariage avec la Polonaise, par la mésalliance, et parce qu'on dit qu'elle a des défauts corporels. 11 y a aussi des lettres anonymes qui ont grossi ces défauts. On dit qu'elle a deux doigts qui se tiennent et des humeurs froides, mais cela vient de la faction d'Orléans, à qui ce mariage et tout mariage du Roi déplaît.
Cambray. — Archevêoue. — La contestation du prieuré de Saint-Martin a fait paraître deux écrits nouveaux. L'un, de l'archevêque de Cambray, qui donne tout pouvoir au Pape de dispenser du droit positif, avec congé du Roi, suivant l'article 22 de l'ordonnance d'Orléans ; l'autre, du prince Frédéric d'Auvergne, qui, dans de courtes Oh-
IS4 MKMOIHh-S DK MATHIKU MARAIS.
servalionSy a ivduit l'affaire très-hahilcment. On prélcnd que le congé du Hoi est bon pour les dispenses permises et non j>our les prohibées, et on y a traité la lin de nonrecevoir, de sorte i\uc Tabbé d'Auvergne a dû, en honneur, en suivant les lois, manquer à la parole donnée à M. le duc d'Orléans. Celle affaire est très-bien entendue, et il ne s'agit pas moins que du pouvoir du Hoi et du pouvoir du Pape.
'1\ mai. — l.NFANTE. — Le courrier estrevenu d'Espagne, <pii a rapporté que l'Infante a été remise aux Es[)agnols, le IG de ce mois. Ils avoient jugé qu'ils ne prendroient rien de tous les présents, mais ils ont tout pris, jusqu'aux poupées, et n'ont rien donné aux dames qui l'ont reconduite. Il y a une toilette d'argent, entre autres, de plus de cent mille écus, qui est un chef-d'œuvre de l'art.
Vm\ k.ntre L'E.Mi»KRi:rK KT l'Espagne. — En ce même temps, on a été surpris d'apprendre que l'Empereur et leroidEspagne ont fini entre eux deux, sans tant délaçons, toulfs les contestations du congrès de Cambray, et réglé 1'^ successions d'Espagne, de France, du grand-duché de I -<ane cl du duché de Parme; enlin, tous leurs différends. Ils ont fait des renonciations nouvelles, et celle de l'Espagne est en faveur de la maison d'Orléans, comme dinsletrailéd'L'lrechtetceluidelaUnadruple Alliance, qui «•si la base de ce dernier traité. C'est un Hiperda Ambrosio jiassé de Hollande en Espagne, qui a quitté le parti des IloUandois, (jui s'est fait catholiqueet qui est allé A Vienne faire ce traité pour l'Espagne. Ce nouveau prosélyte a rendu là un grand service à la religion et aux Etats catholitpies, et c'est bien justilier sa conversion. Les politiques raisonnent : « Est-ce la guerre? est-ce la paix? d et iU n'y voient goutte. Cependant on fait avancer des trotiiR's de tous côtés en Languedoc et sur leîr frontières de la Catilr)gne, de l'Espagne et de la Savoie, pour être prêt en cas de ru[)ture.
Ce traité public en ciiche d'autres secrets.
— Ilya une disette d'argent très-grande : on n'a jamais rien vu de pareil. Ni banquiers, ni financiers, ni notaires n'ont vu un tel exemple. On paie les rentes de la ville très-lentement et les dividendes des actions. Du reste, on ne voit d'argent nulle part, et les usures sont affreuses.
PoKMES ÉPIQUES. — Lcs poëtcs ne font que des poëmes épiques. Depuis celui delà Ligue, nous venons de voir Clovisj dont l'auteur est Saint-Didier, fils de l'historien de la république de Venise, qui alla sottement se noyer, en voulant passer en Irlande. Ce Clovis a de beaux vers, mais un peu durs. L'auteur y emploie un double système des dieux de la fable et des anges ou esprits, parce que son héros est païen et doit être chrétien. L'imagination en est assez heureuse. Il a pris ouvertement plusieurs endroits de Virgile, qu'il ne fait que traduire, et il pousse la flatterie jusqu'à faire voir, dans les champs Élysées , M. le Duc qui renvoie l'Infante, pour faire fleurir la tige royale. Il n'y a encore que huit chants. Un autre poëte l'ait un poëme de la vie de Cartouche, qui sera une parodie de celui de la Ligue. Un troisième compose la Démoniade ou la Magie démasquée , qui dira toutes les illusions de cet art. Bosc-Dubouchet , directeur, maître des requêtes, surintendant de iM""" la Dauphine, né avec deux millions de bien, quoique fils d'apothicaire de Montpellier, et qui a trouvé moyen de se ruiner, s'est enfin fait poëte, qui est le métier de la gueuserie, et va faire le procès au diable dans ce poème, dont on dit déjà beaucoup de bien (1). Quand nous le verrons, nous verrons, car la Pucelle fut longtemps annoncée comme un chefd'œuvre, et elle se trouva moins que rien quand on la vit.
Les Italiens ont joué une parodie de la Marianne de Voltaire, en vers français, qui est pleine d'esprit, de goût
(1) Je l'ai VI), mais c'csl rouvMge d'un fou {.\o(e de Marais}.
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el (!♦* criticiuo. Cehi no l'Aclie pt-rsonnc, ot Vantpni' môme iritiqué en est content on doit l\Mre.
•21 mai iiuitr\ — Les prineipanx ol'tieiers de la maison delà reine sont nommés et on tait sa maison, en attendant qu'on dise i\m elle est.
M. de Breteuil est chancelier. S'il ne reste pas ministre de la guerre, il aura toujours un bon pied à la Cour.
M. Bernard, maitre des requêtes, est surintendant des linances: c'est le lils de Samuel Bernard (]ui a, dans tous les temps, servi l'État de son crédit et qui y a gagné de grandes richesses.
M. Pàris-Duverney est secrétaire des commandements; c'est le favori du premier ministre et de sa maitresse.
Lamhert, intendant, qui est un homme attaché de tout temps à M"' de Ventadour.
Le marquis de Nangis , chevalier d honneur, a été nommé, il y a longtemps. Il aimait la jeune Dauphineet il en était aimé ; mais il n'est plus assez jeune pour en conter à la nouvelle reine.
LecomtedeTessé, lils du maréchal, estpremierécuyer, et le père a cédé cette place à son fils en revenant d'Espagne. C'est un Manceau adroit, qui a lire bon parti d'une mauvaise affaire.
L'évéque de Fréjus a bien balancé pour prendre sa charge de grand-aumônier, mais à la fin il s'est rendu.
Le premier aumônier est l'évéque de ChAlons (Tavannes).
L'aurnônier ordinaire est l'abbé de Vienne, conseiller de la Grande Chambre.
I>e reste de la maison est dans les listes. Toutes les charges se payent, hors celle du clergé, et on va en tirer de l'argent.
Ihmmxrhe^ 27. — La Bei.\e déclarkk. — Kufin, ce matin, le Hoi a déclaré le nom de la Beine à son petit lever, et il a été annoncé ^ toute la Cour par le duc de
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Gesvres, premier gentilhomme de la chambre. C'est la princesse Marie^ fille du roi Stanislas Leczinski. Voilà un terrible nom pour une reine de France. La Cour a été triste comme si on était venu dire que le Roi étoit tombé en apoplexie. Nous verrons les suites de ce mariage avec un roi qui n'est plus roi, qui l'a été par une élection faite en conquête, qui 'cesse de l'être par la même conquête, et qui est d'une nation tout à fait étrangère à la nôtre. Les cœurs des François ne sont pas faits pour aimer des Polonois, qui sont les Gascons du Nord, et qui sont très-républicains. Quel intérêt pouvons-nous avoir avec de tels peuples? Le roi Auguste, électeur de Saxe, qui est du corps de l'Empire et vrai roi de Pologne , va être fâché contre nous de ce que nous prenons pour reine la fille de son compétiteur, et pourra nous faire des affaires avec l'Empereur et l'Empire. Le roi d'Espagne s'y joindra; l'Angleterre, à cause de l'électeur de Hanovre, y prendra intérêt pour l'électeur, et voilà peut-être une g uerre affreuse dans toute l'Europe contre nous, pendant que nous étions en paix avec l'Infante et qu'il n'y avoit rien à craindre de différer le mariage du Roi, puisque toutes les successions sont assurées par des traités. Peutêtre aussi n'arrivera-t-il rien. Tout cela est entre les mains du Dieu des armées.
28 mai 1725 (suite). — Enfin le Roi déclara hier son mariage en ces termes : « J'épouse la princesse de Pologne. Cette princesse, qui est née le 23juin 1703, est fille unique de Stanislas Leczinski, comte de Lesno, ci-devant Staroste d'Adelnau, puis palatin de Posnanie et ensuite ^ élu roi de Pologne au mois de juillet 170V , et de Catherine Opalinski, fille du Castellan de Posnanie, qui viennent l'un et l'autre faire leur résidence au château de Saint-Germain en Laye avec la mère du roi Stanislas; Anne Jablanoruski, qui, en secondes noces, avoit épousé le comte de Lesno, grand général de la Grande-Pologne. »
18ê MKMOIHKS I)K MAllUKH M AK AÏS.
28 mai. — Le liui n'a pas laissé craller à Uanihouillet à son ordinaire et de chasser, malgré la déclaration de son mariage. Ainsi, il ne lui a été fait ancuns compliments que par les princes, les princesses de sa famille et les grands ofliciei-s. Il se plaît à chasser, par la pluie, qui ne cesse pas depuis un mois.
29 mai. — La famille du roi Stanislas est gouvernée par les jésuites. Il en va venir avec eux, comme si nous n'en avions pas assez. On dit que ce roi les aime tant qu'il s'habille quelquefois en jésuite, et c'est sa dévotion.
[jCS Chartreux, dans leur chapitre général, ont arrêté que les appelants et réappelants seront mis au pain et à l'eau, et condamnés à une prison perpétuelle. C'est le grand chemin des rétractations.
l'n mauvais courtisan a dit • «Comment toutn'iroit il
pas de travers, nous sommes gouvernés par une p et
un soldat aux Cardes? » C'est que l^àris-Duverney a été effectivement soldat aux Cardes, et l'autre est la maîtresse du premier ministre, dont on n'a pas laissé de faire une dame du palais de la Heine.
Ils ont donné, à la Cour, le nom de M""' Paladin à la maréchale de Bouftlers, dame d'honneur delà Heine, qui csl à la tète de toutes ces dames du palais, dont la plupart sont très-décriécs et de véritables garces de cour. M*"* Paladin est la supérieure de 1 llô[)ital-général, où on renferme les filles de mauvaise vie.
Jeudi 31. — Lk markchal de Tessé mort. — Le maréchal de Tessi* est mort, cette nuit, aux Camaldulcs, Agé de prrsdfî quatre-vingts ans. Il étoit revenu d'F^spagne depuis pf'U, d'où il avoit trouvé le secret de partir et du laisser à l'abbé de Livry le soin d'annoncer le renvoi de rinfanlc. Il est revenu tranquillement en France, fnourir dans ^i retraite, et a toute sa vie agi en (in M.hmt.iu. »Son lils, le comte de Tessé, premier écuyer de la Keinc, est parti sur-le-champ pour reporter la Toison au roi d*E.spagnc. On ne sait s'il l'aura et si l'FIspagne donnera
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son ordre à un des premiers officiers de la Reine qui remplace l'Infante renvoyée (1).
Vendredi, i" juin. — Le maréchal de Grammont. — Le
maréchal de Grammont, autrefois le duc de Guiche, colonel du régiment des Gardes, est mort après une longue maladie. Il n'avoit pas soixante ans. C'étoit un homme d'un très-court esprit, qui ne s'est point fait d'amis, et qui a ruiné sa santé à boire de l'eau-de-vie dans sa jeunesse. Son fils, le duc de Louvigny, qui ne vaut pas mieux que lui, a la survivance du régiment des Gardes. Il étoit maréchal de la promotion du 2 février 172 V, et en voilà déjà deux de morts de cette promotion, le maréchal de Lafeuillade et lui. 11 avoit épousé, en 1687^ une fille du maréchal de Noailles^ qui étoit fort belle et coquette, mais qui est devenue sage, dévote et précieuse. ( 11 n'est pas mort, à ce qu'on vient de me dire, mais il ne peut vivre longtemps, et on peut mettre ici cette épitaphe, faite par le chevalier de Cailly ) :
Ci-gît Olympe , à ce qu'on dit.
S'il n'est pas vrai, comme on souhaite, Son épitaphe est toujours faite.
On ne sait qui meurt ni qui vit.
— Prophétie qui se trouve dans Nostradamus, édition delGV9 à Rouen, sur la dernière page, sur le mariage de la Reine :
Peu après l'alliance faite Avant solemuiser la fête, L'Kmpereur le tout troublera.
Et la nouvelle mariée Au Franc pays par sort liée, Bien peu de temps après mourra.
(1) Nous avons des Mémoires et Correspondnice du mon'clrjl de Tcss*^.
190 Mb'MOIRKS DE M ATUirU MARAIS. *
Conciles du P. Hakdoun. — Le Parlement a fait dresser les remontrances par l'ai)!)!' MainL;uy, contre l'arrêt rendu sur Tcdition des Conciles. Elles ont été lues et ont paru bonnes, mais diffuses, pleines de répétitions. L'auteur na pas eu le temps de les faire plus courtes. Le Premier Président s'est cli.U'gé de les porter au Koi , ce qu il a fa\t, lui seul, le vendredi 1" juin. Il a été très-bien reçu, et le Hoi lui a répondu qu'il les feroit voir dans son conseil. Le Parlement a bien raison de se plaindre de l'injure qu'on lui fait , dans un cas où il soutient l'autorité du Roi même. Dans cette édition des conciles, le concile de Bàle et celui de Constance sont traités de conciliabules, et la Constitution Unigenilus y est employée comme règle de foi.
i juin. — Le peuple est si mécontent du gouverneujent, qu'on a allicbé au Palais-Uoyal et dans plusieurs endroits de Paris . des placards par lesquels on donne
avis que le royaume est gouverné par une p et
des soldats aux Gardes, et que si le duc d'Orléans y veut mettre ordre, il trouvera des gens qui le seconderont.
L'Infante. — On a su que l'infante étant sur les terres d'Ubpagne , un exempt des gardes du corps du Hoi a été pour savoir de ses nouvelles ; il a été très-bien reçu. Il a joué avec elle; il a perdu et quand il a fallu payer, l'Infante a dit : « Au moins, je ne veux pas être payée en argent de France; je n'en veux plus voir; cherchez en d'Espagne. «< Cette dernière marque d'esprit la fait regretter encore plus.
La princesse deConti ayant rencontré le P. de Linières, confesseur du Pioi, qui sortoitde chez M. le Duc, elle lui a dit : « Mon père , je vous fais compliment sur le mariage de la Heine. » Le père, qui ne s'y attendoit pas, n'a .su que répondre, et a bien vu que c'étoit un reiuoche fait aux Jésuites d'avoir traité ce mariage.
Concile de Home. — On a agité, dans le con('ile de Home, s'il pouvoil obliger toute l'F^glise, à cause tjue le
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pape y présidoit et c'étoit là une plaisante question. Cependant, quelques cardinaux ont soutenu l'affirmative. Le cardinal de Polignac, au contraire, a dit que le pape avoit plusieurs titres : évêque de Rome , métropolitain de sa province, primat d'Italie, patriarche d'Occident, et chef de toute TÉglise. Qu'à ce concile, il n'avoit appelé que les évèques de sa province et ceux soumis immédiatement au saint-siége ; qu'ainsi , il ne pouvoit obliger que sa province. Sur quoi, après quelques débats, le Pape à déclaré que le concile n'étoit que provincial , c'est-à-dire qu'il a décidé que le jour n'est pas la nuit, car l'un est aussi clair que l'autre, et un concile provincial ne peut jamais être national ni universel, le pape ne pouvant représenter, par sa présence, tous les évèques du monde chrétien qui ne sont point appelés à Home. 11 a trouvé des flatteurs et en trouve toujours. Mais le Pape, qui est homme de bien, ne les a pas voulu écouter.
M"*^ DE Prie. — L'argent est si rare que M'"*' de Prie elle-même, qui a tous les trésors, n en peut trouver pour payer le régiment Royal-Piémont, qui a été accordé à son gendre, le comte de La Feuillade, et a voulu donner ses pierreries en gage à Germinon , colonel de ce régiment. Il lui a dit : « Madame , on devroit vous en donner, au lieu de vous les ôter. » Tout cela est un jeu.
Bruits publics. — Le peuple est menacé de plusieurs édits nouveaux, qui vont diminuer les capitaux des rentes de la ville de moitié, mettre les arrérages au denier vingt, en sorte qu'on aura toujours la même rente et on perdra la moitié de son fonds. On parle de remettre aussi le denier 20 pour les constitutions publiques. Voilà un présent bien triste pour les familles. On parle aussi d'établir le 50' denier sur les terres, de faire payer le joyeux avènement et la ceinture de la Reine, de donner des billets de confiance aux officiers de guerre, pour leur paie de 1723 et 172i, et de déboucher ces billels par les taxes
192 Mf.MOIRFiî DE MATIIIKIJ MARAIS.
«lu joyeux avéHCMueiit, on ils seront reçus comme argent comptant. Leséilils doivent tMre portés au Parlement pour vôtre enreiristrés. Il y aura encore du bruit et celas'apai- SiTa par tout enregistrer. Fruits de la dureté du ministi're eldelesprit remuant des P;\ris qui, parleur arrangement, ruinent tout, et font regretter le désordre de la Uégence.
5 juin. — Lit m: justice annoncé. — Le bruit des édits n'est pas faux; le roi a envoyé dire au Parlement (ju'il viendroit tenir un lit de justice le 8 juin, pour les nlTaires de PÉtat, et n'a point envoyé les édits, de quoi le Parlement a été bien surpris.
MiuACLK. — 11 s'est tait un miracle, le jeudi, 31 mai, à la procession de la Fête-Dieu de la paroisse Sainte-Marguerite , faubourg Saint-Antoine. Vne femme malade d'un flux de sang, depuis plusieurs années, et qui ne marcboit plus, s'est fait porter sur sa porte, pour approcher du saint Sacrement, et a prié Dieu de la guérir. Elle s'est prosternée, a dit les paroles de riùicliaristie, et aussitôt , elle s'est levée , a suivi la procession à pied , a resté à Péglise et entendu le service, est revenue chez elle à pied, et son flux de sang et sa paralysie ont cessé en même temps. Le fait a été public. Tout Paris va voir cette femme avec admiration ; les plus incr(''dules croient. Le cardinal a ordonné Pinformation ; plus de cent témoins ont déjà été entrndus; on va vérifier le miracle dans les formes, et voilà les protestants confondus. Le po/'te Arouet, qui se pitjuoit d'incrédulité, a voulu voir la fenïme cl mettre le doigt, comme saint Thomas, dans le c6té. Dieu l'a touché et converti et lui a dit : a Noli eue inrredulus. »
O'est la femme d'un ébéniste nommé de la Fosse. I^ fluv de sang durcit depuis treize ans, et la paralysie depuis dix-huit mois (1).
(l) Vciir narbi«-r tl la Curropon'laocf^ de Vollairc, qui ne Iroiivn li inoin,
8 juin. — Lit de jcstice au Parlement. — Avant l'arrivée du Roi , le Parlement s'est assemble et a arrêté que les édits n'ayant pas été envoyés, la Compagnie n'opineroit point et que le Premier Président le feroit entendre au Roi, dans son discours.
Le Roi est venu; sa cour n'étoit pas grande. M. le Duc étoit honteux et se caclioit derrière le comte de Charolois, son frère. Le Roi n'a dit que deux mots et a laissé au Garde des sceaux de dire le reste. Le Garde des sceaux a dit que les nécessités de l'État obligeoient le Roi à porter plusieurs édits et qu'il vouloit être obéi. On lui avoit préparé toute sa harangue qu'il avoit apprise par cœur; elle lui avoit été donnée deux jours auparavant , au conseil, et il en étoit assez piqué, mais on lait de lui ce qu'on fait d'une trompette.
Le Premier Président a harangué assez bien et n'a pas manqué de parler de la délibération de la Compagnie, qui n'a point été écoutée. Les édits ont été lus. Quand le Garde des sceaux a voulu aller aux opinions, on a remarqué que le prince de Conti disputoit beaucoup. Les autres princes et Ducs ont été d'avis des édits, mais aucun du Parlement n'a voulu opiner. On auït même une voix tumultueuse qui dit : a Nous n'opinons pas, » et on demanda la communication des édits parce qu'on ne peut pas opiner sur ce qu'on ne connoit pas. Le Garde des sceaux alla au Roi et rapporta que la lecture des édits suffit pour les entendre, et ils furent ainsi registres par autorité.
M. de Voisins, avocat général , parla sur chaque édit avec éloquence et fermeté; il alla même jusqu'à interroger le Roi, en disant: «Est-ce bien Ml votre volonté. Sire? » et restant quelque temps sans parler comme pour attendre la réponse. Tout le monde étoit ému jusques au i'ond de l'àme. Il dit au Roi qu'ils étoient tous prêts à sacrifier leur médiocre fortune et leur vie même, s'il étoit besoin , et qu'ils y auroient moins de
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regret que d'«Mre obligés de conclure, comme ils faisoient, à cet enrogistrement.
La séance a ilinv depuis dix heures et demie du matin jusqu'à deux heures. Après quoi, le Uni, qui étoit impatient , s'est levé, et touche cocher à (Miantilly. H y va pour deux mois. Dans Paris , personne ne crie : vive le Roi. \u contraire, le bourgeois a empêché le petit peuple qui vouloit crier. %
Le Koi parti, le Parlement a resté en place et a arrêté de nouveau qu'il seroitfait registre dece que la cour n'avoit point opiné et que le Roi seroit très-humblement supplié d'envoyer les édits et les ordonnances à la Compagnie et les communicjuer quehjues jours avant pour y pouvoir délibérer, suivant l'usage accoutumé. Il est resté de ce coup une tristesse intérieure dans tous les cœurs. On est surpris que le ministre ait amené le Koi à ce poiirt, pour faire recevoir, en (juehpie sorte, un affront à la Majesté royale , puisqu'il a fallu soutenir toute cette résistance et s'entendre dire des choses f.'^cheuses en face. Mais le parti étoit pris et on n'en a pas voulu démordre.
11 y a dix édits ou déclarations :
Ijc 1" et le plus affreux est l'imposition du cinquantième denier sur tous les revenus du royaume, qui doit èlrc levé en nature pendant douze ans. Ce cinquantième, À le bien compter, sera le dixième ou le douzième, et depuis la monarchie il n'a point été parlé d'un pareil iinpôt. Les douze ans font treize récolles et le minisire a fait plus que Dieu, car la taxe doit commencer en août 1725 et finir en octobre 1737, Ce même édit porte l'emploi qui sani fait de celte imposition, à rembourser les rentes de la ville à ceux qui voudront perdre le plus sur leur capital. Il y aura un bureau pour cet effet et on fait tenir au Koi banque publi(jue d'usure. Le style de cet édit e»i d'un langage de Système, où on n'entend ni la finance, ni la langue, et en nous tuant, on ne nous tue
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pas même en françois. Les intendants qui ont été appelés au conseil d'État pour cela ont eu beau remontrer que cela éloit impossible et impraticable, on veut établir cette dime royale, et la France donne de bon cœur au diable le maréchal de Vauban,qui en a donné l'idée, dans un bon dessein, et croyant que tous autres impôts seroient abolis, mais on n'abolit rien, et voilà la taxe réelle qui va s'établir. Il eût mieux fait de fortifier des places que de ruiner le royaume par ces idées qui n'étoient pas de son métier.
2*, 3^, 4.% trois édits pour la confirmation des privilèges delà Compagnie des Indes, de toutes les opérations du visa et pour la libération de ce que la Compagnie doit au Roi. Les préfaces apprennent à toute l'Europe les mallieurs de la France, et les calculs de ce génie calculateur qui les a causés n'y sont pas oubliés. Le Parlement, qui n'a jamais voulu reconnoitre cette Compagnie, est bien triste d'y être forcé. On le console en attribuant aux consuls les affaires qui la regardent, sauf l'appel en la cour.
S juin \12o (suite). — 5% 6% deux édits de suppression des receveurs et contrôleurs des domaines et bois et des receveurset contrôleurs des octrois et biens patrimoniaux des villes, et création de charges nouvelles des mêmes fonctions.
7% création de maîtrises d'arts et métiers dans toutes les villes du royaume, à l'occasion du mariage du Roi ; celles pour le sacre ne sont pas encore vendues: celles-ci s'appelleront la ceinture de la Reine, et on en a fait une chanson :
Pour la ceinture de la Reine, Peuple, niottez-vous à la g-îne Et tâcliez bien à l'allonger, Le prince borgne vous en prie, Car il en voiuiroit menait r Une aune ou dcu\ |,our la de Prie.
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Le dernier est le rétablissement des constitulions de renies sur le pied du denier 20, où on fait raisonner le Koi sur l'intérùl qn'il y auroit de le laisser an denier 30.
Le clergé crie contre le cinquantième, où il est compris. 11 dit n'avoir jamais payé une pareille taxe et a bien regret au don arratuit qu'il vient d'accorder dans rassemblée irénérale qui se tient à Paris, où l'archevêque de Toulouse préside, et i\ la harangue flatteuse de cet archevéijue, qui a loué le Roi sur sa beauté, a présent de la « nature, si désirable dans les rois, s'il étoit moins dan- « gereux pour leur salut. » On eut pu dire cela à une fenjme, mais c'est faire entendre des abominations que de mettre le salut d'un roi en péril parce qu'il est beau. Il invite aussi le Koi à détruire les erreurs causées par l'orirucil et la sini:ularité, et dans la marge on a mis par apostille : le jansénisme , ce qui est une vraie [)uérilité. Personne ne plaint le Clergé, qui a si bien fait ses affaires pendant le Système.
9, 10, 11 juin. — Les colporteurs ont crié les édits du lit de justice, mais on n'en a pas donné le procès-verbal, à cause des harangues qu'on ne veut pas montrer aux peuples et aux provinces. Chacun commente ces édits et les déteste.
Au milieu de ces édits, a paru l'arrêt du 5 juin, qui a levé la surséance de la taxe du joyeux avènement, que M. le Duc avoil sursise par arrêt du 7 décembre 1723, cinq jours après la mort du duc d'Orléans, où il avoit dit que le Hoi avoit des revenus suflisants pour le courant, et même pour payer partie du passé. Aujourd'hui, ce n'est plus cela; on n'a payé personne, et cependant on a rétabli la taxe. 11 n'en avoit pas été dit un mot au Parlement, et c'est une forte supercherie du ministre cpii est odieuse.
Je n'ai pas parlé d'un 9" édit du lit de justice, cpii ordonne que li-s (onseillers (|ui n'auront pas dix ans de service Wf pourront opiner dans les affaires d'Klat.
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Ainsi, on fait taire plus de cent personnes d'un coup. Il n'a fallu ni lettre de cachet, ni mousquetaires, ni translation comme en 1720. C'est un coup de foudre pour le Parlement. La Cour est sûre de la plupart des anciens, qui ont besoin d'elle pour l'établissement de leur famille, et elle impose silence aux jeunes, qui voudroient parler et s'instruire. Manet alta mente repostum — JudiciumBlanci. Voilà ce qui leur arrive d'avoir innocenté iM. le Blanc. (Ce n'est pas Judicium Pariais, le jugement des Paris, car ils voulaient perdre iM. le Blanc). Le Premier Président vient aussi de disputer avec le Garde des sceaux, depuis quelques jours, et de lui refuser le Monseigneur, en lui écrivant pour lui demander la dispense de son fils, qui vient d'être reçu conseiller au Parlement. Et chacun se venge dans l'occasion.