L'ORDRE DES FRÈRES PRÊCHEURS
Jougne, 3 Septembre ï 9/5.
Mon cher ami,
Vous me demandez s'il est utile de publier le Journal et le Testament spirituel laissés par Vangélique compagne dont vous pleurez la mort prématurée. Je n^hésite pas à vous répondre affirmativement.
Vous pouvez juger par l'impression salutaire et pacifiante que vous avez ressentie en lisant ces pages de l'effet qu'elles produiront sur les autres.
On y trouve harmonieusement combinées la
justesse de la pensée, la, profondeur de V émotion, la grâce du langage. Uesprit s'y nourrira de vérités substantielles , de remarques pleines d'opportunité, et le cœur de sentiments où l'énergie le dispute à la douceur.
Tel passage contient un aperçu psychologique qui confond les déclamations de bien des contemporains. Ainsi:
(( Pensons moins à Thumanité et plus aux (( hommes, ou plutôt souvenons-nous que Thu- (( manité n'est composée que d'êtres humains (( et que chacun d'eux a besoin de la lumière « et de la force que Dieu donne. »
Tel autre renferme pour les mères de sages conseils. Par exemple :
« Ce qui manque souvent à la femme, c'est « un jugement droit, l'habitude du raisonne- « ment, le travail d'esprit personnel et sou- « tenu. La philosophie pourrait lui donner a tout cela ; la dépouiller de tant de préjugés ({ et d'idées fausses qu'elle transmet religieu- « sèment à ses fils, au grand détriment de « notre pays. »
Ici, Je tombe sur ces réflexions saisissantes :
(( Qui cherche la vérité trouvera Dieu. — (( Jetons, tout en marchant, et sans regarder a derrière nous qui les ramasse , idées , paroles