LETTRE DU R. P. JANVIER IX
« et désirs. Il y a tant de mendiants d'idéal I « — Le silence est parfois un acte d'énergie ; « le sourire aussi. — L'orgueil de la souf- « france ! se méfier même de celui-là. — Cer- « tains rires ressemblent à des sanglots ; « certains sanglots à des chants d'action de « grâces. »
Là j'entends ce cri de détresse qu'une résignation religieusement suave vient tremper immédiatement dans ses ondes :
a Plus de deux mois bien pénibles par la <( presque continuité de la souffrance physique (( amenant l'accablement, et par des angoisses (( au sujet de Juliette ; le sentiment doulou- (( reux que ma maladie durera autant que moi (( et entravera toujours ma vie. Acceptation « totale, sans aucune joie ou consolation (( intérieure. Résolution de faire servir mes « épreuves au bien des âmes. Remplir ma vie « de prière, de travail et de charité. Conser- « ver la sérénité à travers tout. »
Ailleurs je suis frappé par les avertissements fermes et discrets aux impies et aux persécuteurs du jour :
a Les nations grandes et fortes sont celles « qui ont pris Dieu comme base de l'édifice « social et national... Si nous ne lui faisons
c( pas connaître Dieu {au peuple), nous aurons « gravement manqué au plus important et au (( plus u actuel » de nos devoirs. — Rêve « insensé de prétendre détruire l'Eglise ! Pos- <( sible seulement à ceux qui n'ont pas com- (( pris l'admirable distinction de son âme et « de son corps; le corps, qui peut sembler (« parfois blessé, affaibli, mais qui vit tant que (( Fâme l'anime, et l'âme est immortelle. »
Parmi ces notes, il en est où les êtres arrêtés physiquement par la maladie, meurtris moralement par de cruelles souffrances, puiseront le courage et la consolation. Ils apprendront à se soumettre à la sainte volonté de Dieu, à supporter leurs peines sans désespoir, sans amertume, à connaîti^e le prix et la fécondité de la douleur en suivant celle qui écrit :
u Je crois que la souffrance a été accordée a par Dieu à l'homme dans une grande penu sée d'amour et de miséricorde.
a Je crois que Jésus-Christ a transformé, (( sanctifié, presque divinisé la souffrance.
« Je crois que la souffrance est pour l'âme la u grande ouvrière de rédemption et de sancu tification.
(( Je crois que la souffrance est féconde, (( autant et parfois plus que nos paroles et nos