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SUR LES MANUSCRITS ET LES ŒUVRES IMPRIMÉES DU MARQUIS D'ARGENSON

De tous les hommes qui ont eu le souci charmant de laisser à la postérité quelques souvenirs de leur vie, il en est bien peu qui aient écrit davantage que d'Argenson, mais une sorte de fatalité semble s'être déchaînée après son œuvre et nous ne pouvons aujourd'hui en savoir, en pleine certitude, ni la somme totale ni le texte exact. « Ses papiers, nous apprend son fils, étaient en bon ordre à sa mort, à la différence de ses affaires » ; ce bon ordre malheureusement ne devait pas durer. Le marquis d'Argenson, qui vécut longtemps séparé de sa femme, n'avait eu que deux enfants : une fille mariée au comte de Maillebois, fils du maréchal, et un fils connu sous le nom de marquis de Paulmy, qui n'eut lui-même qu'une fille mariée au duc de Luxembourg. Le marquis de Paulmy étant mort en 1787, les papiers tombèrent entre les mains de ce dernier; compris dans la saisie qui fut faite pendant l'émigration, ils furent d'abord classés dans les archives du Directoire, passèrent de là à la bibliothèque du Conseil d Etat, qui devint la Bibliothèque du Louvre. Il en demeure quelques-uns, comme

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nous le verrous plus loin, mais la masse la plus précieuse fut détiuite dans lincendie qui dévasta le Louvre dans la nuit du 23 au 24 mai 1871 1.

Le point le plus importantàfixer tout d abord, dans l'étude que nous poursuivons, est celui de l'état et du nombre des manuscrits laissés par le marquis d'Argenson. De son vivant, en effet, il ne parut aucune œuvre imprimée ; uuç collaboration, sur laquelle il nous donne quelques détails 2, à l'Histoire du droit ecclésiastique du P. de La Mothe^, quelques mémoires envoyés à l'Académie des inscriptions *, divers articles fournis au Journal œconomique"^, voilà tout ce qui fut imprimé, et l'on peut bien dire que ce n'est rien quand on considère la masse de ses écrits. Le marquis de Paulmy eut par fortune un mérite particulièrement cher aux amis des lettres; il fut, comme on sait, le fondateur de la bibliothèque de l'Arsenal; c'est le fonds réuni par lui qui en constitue aujourd'hui encore la partie la plus précieuse ; c était donc là que nous devions frapper tout

1. Ces papiers du marquis d'Argenson, réunis à ceux de sa famille (1630-1757), formaient 56 volumes. Cf. Les archives de l'histoire de France, par Gh. V. Langlois et H. Stein; Paris, 1893, in-8, p. 882.

2. « J'avais donné le plan de ce livre, le commencement et les matériaux au P. de La Mothe, jésuite, mon ancien préfet au collège et depuis cela réfugié en Hollande sous le nom de M. de La Hode. Ce qu'il y a de bon est de moi; ce qu'il y a de hasardé et de style maussade est de cet auteur. » (Ed. Rathery, t. I, p. 97.)

3. Histoire du droit public ecclésiastique français, oit l'on traite de sa nature, établissement, variation et décadence... Londres (La Haye), 1737 et (Paris) 1740, 2 vol. in-l2. (Cf. Quérard, la France littéraire, t. IV, p. 505.)

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