‹ Journal. Extraits publiés avec une notice bibliographiqueChapitre 15 sur 17 · Cf. Edition Rathery. t. H, p. 2-35, note · texte numérisé non relu

Cf. Edition Rathery. t. H, p. 2-35, note

2. Charles-Marc-René de Yoyer de Paulmv marquis d'Argenson <1796-1862).

3. Courte appréciation du V volume intitulé : Journal et mémoires du marquis dArgensoji, Paris, 1859, in-8 (Bibl. nat., Lb38, 1363).

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d'hériter de cette masure qu'il décore du nom de château d'Argensou. Ce sont des cahiers à peu près aussi bien orthographiés et conditionnés que ceux du Louvre, cahiers que je ne tiens point à la disposition des chroniqueurs, car ils renferment sur les relations de voisinage et les anecdotes de la province des renseignements que je préfère, puisque vous ne les tenez pas, garder pour moi. »

Tels sont les fonds principaux où l'on pourrait trouver actuellement quelques-uns des manuscrits que d'Argenson fit si nombreux et que de malheureuses circonstances font maintenant si rares. Il en existe certainement beaucoup d'autres dans les collections publiques ^ ou privées ; nous ne pouvions indiquer ici que ceux que des Inventaires ou des pièces certaines font connaître.

La partie imprimée de 1 œuvre du marquis d'Argenson offrirait matière à de longues critiques; nous renvoyons aux nombreux articles de revue ou travaux étendus qui lui ont été consacrés'-. Ne poursuivant ici qu'une recherche

1. Le département des manuscrits de la Bibliothèque nationale conserve sous les numéros 2763, 12 682, 12 767 du fonds français, trois pièces qui sont peut-être du marquis d'Argenson; le Catalogue les mentionne, sans date, sous le seul nom de : D'Argenson,

2. Rappelons seulement : les articles de Sainte-Beuve réunis dans les Causeries du lundi (1855 et 1859, t. XII et XIV); Levasseur, Le marquis dWrgenson dans les Mémoires de l'Académie des Sciences morales et politiques (année 1868, t. 87); Edgar Zevort, Le marquis d' Argenson et le ministère des affaires étrangères, Paris, 1880, in-8, etc., etc. M. Eugène Rendu a publié dans ritalie et l'Empire d'Allemagne (Pari?. 1859, 2" édition, in-8, Bibl. nat., Inv. K. 13'il2) plusieurs documents qui, d'après M. Rathery, sont « conformes au texte de notre manuscrit Affaires étrangères » (cf. Journal et mémoires, t. IV, p. 287). Ces documents se trouvent p. 148, 160 et 163.

bibliographique nous viserons seulement à rapprocher des manuscrits la partie imprimée en examinant comment et dans quel esprit les éditeurs ont compris leur tâche.

Le premier ouvrage du marquis d Argenson publié après >a mort est celui qui sous le titre de Comuaérations ' lit tant de bruit lors de son apparition et est encore utilement consulté aujourd'hui; il existait en manuscrit dans la collection de Paulmy (voir inventaire de Paulmy n» 5402); nous avons vu que Ion conserve à l'Arsenal (u» 2334, 2335 et 2337) et aux Affaires étrangères (Fonds France, n° 502) quelques-unes des copies si nombreuses qui circulaient du vivant de l'auteur. Les sévérités de la censure sous l'ancienne monarchie provoquaient la multiplicité des éditions furtives (on trouve à la Bibliothèque national six variantes ou éditions différentes), et cette circonstance rend aujourd hui les recherches très difficiles. Ces variantes ou éditions diverses ont-elles toutes été faites par le marquis de Paulmy? Il est permis d'en douter. M. Henri Martin estime, dans l'ouvrage que nous avons signalé, que la l'"'^ édition de 1764 fut faite en dehors du marquis de Paulmy. Cette assertion paraît justifiée.

Dans V Avertissement de l'édition des Essais (que nous étudierons ci-après) publiée en 1788 on lit : « Si les personnes à qui feu M. le marquis de Paulmy a fait présent des Considérations sur le gouvernement de la France par feu M. le marquis d'Argenson son père, ont eu loccasion de comparer l'édition faite en 1785 (seulement pour quelques amis) avec une édition furtive qui a paru dès 1737 en Hollande, elles ont dû s'apercevoir des différences sensibles

1. Considérations sur le gouvernement ancien et présent de la France, Amsterdam, Rey, 176'i, in-8 (Bibl. nat., Lb38, 969). Les autres éditions conservées à la Bibliothèque sont les suivantes : A. 1765t, Yverdon, in-8; B. 1765, Amsterdam, Rey, in-8; G. 1765 (sans nom d'auteur). D. 1784^, 2' édition, Amsterdam, in-8 ; E. 1784, 2° édition, Amsterdam, in-8.

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qui s y trouvent »... etc. A-t-il été fait une édition des Considérations avant celle de 1764? Cela est très douteux'. S il y en eut une, elle fut certainement très peu répandue, resta inconnue. En écrivant à d'Argenson le 28 juillet 1739, Voltaire n'a évidemment aucun soupçon que l'ouvrage ait reçu la moindre publicité. En 1762, Rousseau cite l'ouvrage d'après un manuscrit (voir une note un peu avant la fin du Contrat social). L'éditeur de 1784 commence par dire que les Considérations furent imprimées pour la première fois en 1764. On trouve enfin dans la Correspondance de Grimm les appréciations suivantes : « Son livre, sur le gouvernement ancien et présent de la F'rance, était connu en manuscrit du vivant de l'auteur; il vient d'être imprimé en Hollande en un volume gr. in-8 de 328 pages, mais cette édition a été faite sur un manuscrit si fautif que le sens en souffre à

chaque page Ce livre n est pas bien écrit, mais il attache

par le patriotisme et la bonhomie de l'auteur. Cette bonhomie faisait le fond du caractère du marquis d'Argenson, mais il n'avait point de dignité... ^ »

L'œuvre imprimée qui suivit, vingt ans après, est intitulée danslal'e édition^ : Essais dans le soût de ceux de

1. L'auteur anonyme de VAcertissement qui nous occupe, n'at-il pas confondu les Considérations avec V Histoire du droit ecclésiastique dont Quérard signale une édition à La Haye en 1737 .'

2. Correspondance littéraire, philosophique et critique de Grimm, Diderot, Raynal, Meister, etc. Edition Tourneux. Paris, 1880, 16 vol. in-8°, t. VI, p. 217.

3. M. Rathery a écrit à ce sujet (Introduction, p. xx) : « Puisque le nom de Montaigne a été prononcé par M. de Paulmy à propos de son père, prenons occasion de ce rapprochement », etc. 11 paraît bien que c'est d'Argenson lui-même qui a donné ce titre à son ouvrage et ncn son fils. Il figure ainsi dans l'Inventaire de Paulmy et une preuve existe que cet inventaire fut établi avant 1781, c'est-à-dire plusieurs années avant l'impression. Il est en eflet de la main d'un abbé italien, nommé Baroni, mort en 1781 (cf. l'ouvrage de M. Henri Martin déjà cité).

Montagne, composés en 1136 par V auteur des Considérations sur le gouvernement de France. (Amsterdam, 1785, 1 v., 410 p. in-8». Bibl. de l'Arsenal, 20282 ter^, B. L.)

La deuxième édition est intitulée : Les loisirs d'un ministre ou essais dans le goût de ceux de Montagne composés en 1136. (Liège, chez Plomteux, 1787, 2 voL in-8'', BibL de l'Arsenal 20282, Q. Quiès. — B. L.i.)

La troisième édition'^ est intitulée : Essais dans le goût de ceux de Michel Montagne ou les loisirs d'un ministre d'État. (Bruxelles, et Paris chez Buisson, 1788, in-80. Arsenal 20282 Q. ter a, B. L. 3.)

M. Rathery a écrit à ce sujet : « Il faut remarquer que le ministre d'Etat* c'est M. de Paulmy, et que c'est lui qui parle dans la 2*^ édition (1787), tandis que dans la première (1785) on laissait parler le marquis d'Argenson. » Il suffit pour réfuter cette singulière attribution de remarquer : 1° que les mots ministre d'Etat ne se trouvent pas dans la 2*' édition (1787) qui porte seulement Loisirs d'un ministre; 2° qu'ils se trouvent dans la 3^ édition, publiée en 1788, c'est-à-dire un an après la mort du marquis de Paulmy,

1. L'exemplaire de l'Arsenal présente cette particularité qu'il porte un second faux-titre pareil à celui de la 1''^ édition, mais qui en diffère cependant pour la disposition typographique. On trouve dans la Correspondance de Grimm (t. XIV, p. 156-160^ édition Tourneux) d'intéressantes appréciations sur les Essais.

2. Nous usons du mot édition sans prétendre déterminer (puisqu'il n'est pas mention d'une édition nouvelle) s'il s'agit d'une variante imprimée furtivement ou d'une véritable édition nouvelle.

3. Sur les distinctions que, dans le langage d'autrefois, il y a lieu de faire entre les ministres d'Etat et les ministres et secrétaires d'Etat, nous nous permettons de renvoyer au chapitre que nous avons consacré à cette affaire dans notre Recueil de documents relatifs à la Convocation des Etats généraux, t. I, p. 349 et suiv.

4. Ces trois éditions étaient anonymes. Elles sont conservées à la Bibliothèque nationale sous les cotes : Inv. Z., 19760 à 19765.

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édition dout l'Avertissement erroné signale seul l'imper fection et sans doute la fraude; 3° enfin que cette 2« édition invoquée par M. Rathery reprend dans son titre les mots « composés en 1736 » qui dans la 1" édition sont suivis de ceux-ci : « par l'auteur des Considérations ». Les variantes entre les trois éditions sont d'ailleurs insignifiantes aussi bien dans la forme que dans le fond.

Les troubles de tout genre qui marquèrent la révolution si heureusement commencée en 1789, les fatales réactions surtout qui suivirent, non seulement firent oublier le marquis d'Argenson, mais mirent en complet discrédit ses vues de bien public, ses principes humanitaires, ses opinions libérales.

En 1825, M. René d'Argenson, dont nous avons eu déjà l'occasion de parler, donna sous le titre de Mémoires^ une partie des textes déjà imprimés et aussi une partie nouvelle, celle du Journal avec quelques lettres intéressantes de Voltaire, du président Hénault, etc.

On lit (p. 139) dans un Avertissement de l'éditeur : « Les Loisirs d'un ministre ou Essais dans le goût de ceux de Montaigne parurent pour la première fois en 1785, 1 vol. in-8°. Cette édition imprimée non pas à Amsterdam, comme le porte l'intitulé, mais à Paris chez Moutard, imprimeurlibraire, est due à M. de Paulmy, fils de l'auteur. Malgré le peu d'inquiétude que semblait devoir causer au gouvernement la publication de cet écrit simplement anecdotique, moral et littéraire, n'ayant que bien rarement trait à la politique, M. Hue de Miromesnil, garde des sceaux, exigea de M. de Paulmy qu'il n'en fût tiré qu'un très petit nombre d'exemplaires (il n'en a existé que 250). M. de Paulmy s'cn-

1. Mémoires du marquis d'Argenson, ministre sous Louis XV, avec une notice sur la vie et les ouvrages de l'auteur, publiés par René d'.\rgenson. — Paris, Baudouin, 1825, in-8 (collection des Mémoires relatifs à la révolution française, Bibl. nat., Lb"*, 135λ).

gagea en même temps à n'en faire aucun mauvais usage. Effectivement ces exemplaires furent par lui donnés et non vendus. Deux réimpressions pourtant eurent lieu à l'étranger : Liège, 1787, 2 vol. in-S"; et Bruxelles, 1788, un volume. Ce n'est point une édition nouvelle que nous donnons ici... nous ne donnons en ce moment, des Essais dans le goût de ceux de Montaigne, que la partie personnelle et contemporaine, celle qui appartient vraiment au siècle et au monde où vivait 1 auteur »...

L'indicaton critique des sources est chez M. René d'Argenson toujours insuffisante. Le principe qui, dans l'édition suivante, sera proclamé comme une nécessité, celui d embellir et de parer si malheureusement les œuvres du marquis d'Argenson, n'apparaît pas ici ouvertement, mais on le remarque par comparaison. Xous donnons ici, pour faciliter cette constatation, un rapprochement entre le commencement du Journal publié en 1825 et le même passage extrait de l'édition Rathery.

Edition de 1825^.

Si ce que j'écris ici est destiné à être lu par mes enfants, ils pourront trouver quelque intérêt à connaître les particularités suivantes concernant la fortune de mon père.

Mon aïeul René de Yoyer s'était ruiné à l'ambassade de Venise, non pas précisément par la faute de 1 emploi.

Edition Rathery-.

Si ce que j'écris ici est destiné à être lu de ma postérité, je ne suis pas fâché qu'elle sache les commencements de la fortune de mon père. Mon aïeul s'était ruiné dans l'ambassade de Venise, non pas précisément par la faute de l'emploi, mais par la sienne propre, et non pas

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