‹ Journal historique de Jehan Patte ... d'AmiensChapitre 5 sur 5 · PAGÈS IV · texte numérisé non relu

PAGÈS IV

Le mercredy 26e du mois de mars 1626, il se fit une emoution des saiteurs pour le soubz pour livres que l'on a establis. De quoy l'on fit prendre les armes à tous les abitans pour les faire retirer. Dont il y furent en armes depuis 6 heures d'après midy jusque vers les onze eures de la nuit, que M. le ducq de Chaune revint de Corbye avecq quelque quarante cavalier quy entrirent par la porte de St-Pierre aveeq la tronpette sonnant. De quoy plusieurs personnes estions bien estonnés.

Le samedy 29 du mois, M. le ducq de Chaune fict venir en ceste ville huict cens Suisses pour garder la ville à cause des emoutions.

Au commencement du mois d'avril la maladie commença et a continué de plus en plus.

Le vendredy 4e juillet, la nouvelle vint que les Espagnol avions asseigé la ville de la Capelle, là où qu'il estions en grand nombre.

Le lendemain les Suisses sont sorty de ceste ville pour aller au secours de ladite ville, là où que Dieu les assiste et nous aussy.

En se tamps la maladie ogmentoit de jour en jour, là où que Dieu nous en veulle préserver s'il luy plaist.

Le samedy xij dudit, les nouvelles vinrent en ceste ville que la ville de la Capelle s'estoit rendue par conposition à les Espagnolz, au grand regret de la Picardie.

Et de là s'en vindre à seiger le Catelet, là où il ni furent environ nœuf à dix jours que la ville se rendirc par conposition.

Lemaicredy 30e dudict, les Espagnolz passirc à Bray, là où il avoit esté tousjours empêché de passer par M. le

conte de Soisons qu'ilz y estoit drès la prise du Chatelet, et s'en vindre ravager partout le paiis au grand regret de tout la France et principallementen la Picard ye. Tous les paiisans se réfugièrent en ces te ville à cause des courses des Espagnolz qu'il couroient jusques à Beauvais. De quoy sela fut la cause que la contagion redoubla d'une étrange sorte. Je prie Dieu de nous y asister.

Le jceudy 5 oust, l'on fict commandement à tous les bourgeois de ceste ville d'aller travailler à corvées hors de la ville pour faire des demies lœunes à la Barrette, à la porte de Noyon et à la porte de Paris, à la porte d'Autoie et à la Citadelle,

Et l'Espagnolz tenoient la ville de Corbye asseigée de fort près.

Le jceudy 1 4e dudit oust, il fut envoie ung cappitaine de la part de M. de Scaucourt, lieutenant pour le Roy en la Picardye, qui estoit dens Corbie, assisté du tronpette du prince Tomas, qui tenoit la ville de Corbye asseigée, par lequel il se rendoit par compositions de sortir harme et bagage, trois pièces de cannon. 0 la grande treisone qu'il y avoit en la France, de rendre de telle place en sy peu de temps ! La ville de la Cappelle en huict jours, et le Catelet que nceuf jours, et la rebelle de tout, quy est Corbie, se rendre en huict ou nceuf jours.

Le surlendemain samedy 16e, sur les quatre à cincq heures d'après midy, M. de Scaucourt revint de Corbie en ceste ville avecq la garnison. S'il vous eusiez veu le desastre qu'il y avoit en ceste ville de voir tous cela, attendu que l'on c roi oit estre vendu, mesme les bourgeois de ceste ville s'enfuire de ceste ville pour leurs en

aller les uns à Rouen, les autres à Dieuppe, enfin Ton ne savoit où se sauver.

Le jœudy ou vendredy ensuivans, il vint un courier de par le Roy par lequel il fesoit commandement de haprehender M. de Saucourt. Mais on lefict fuir, disant qu'il s'en alloit à Calais.

En se tans, la maladie continuoit de plus en plus que c'estoit la plus grande pitié du monde à voir la maladie sy espouvantable et la guerre quy ruinoit tout.

Le maicredy xvije septembre, on fict sortir des soldats de ceste ville pour aller surprendre le chatieaux de Morceul, dont il y entrires dedens après avoir faict petarder la porte, et en tuires plusieurs, et amenire le capitaine prisonnier, dont nous en receumes une grande joye.

Le mardy xvj% on avoit faict sortir quelque conpagnies de soldats dens des batieaux du Don pour aller mettre le feu au molin de Fouloy, et en tuires plusieurs qu'il ne se gardoies point de cela.

Le vendredy xix% M. le frère du Roy vint avecq une puissante armée, et entra dans Roie questoit tenue des Espagnolz depuis le passage de Bray.

Le vendredy xxvje, l'on fict sortir la garnison de ceste ville pour aller à Corbie, qui estoit investye par l'armée du Roy, et surprires une demy lune.

Une autre main a ajouté ce qui suit :

Le dernier juillet 1708 il y eut une cspouvanle par tout les villes et village de la porte St. -Pierre par ce que

Lille estoient siégé, et les ennemis sont venu faire plusieurs course dans les chant et sont venu mettre le feu dans le village de Lucheux.

Ce qui a fait qu'on a amené tout les bestiaux dans Amiens, dans les communauté, aux faubourg de l'Autoie, Noyon et Beauvais et dans l'Autoie et les marais autour d'Amiens.

Cestoit une fuite qui fesoit peine à tout le monde de voir tous ses pauvres gens de la campagne avec tous leurs enfants.

Les ennemis ont pris Lille.

Le 4 janvier 1709, il a commancé à geller d'une force ettonnante, que de vivant d'homme on en a veue de pareille, qui fait que les ouvriers ont etté trois mois sans travailler. De plus, ce qui est plus fâcheux, c'est qu'il a fait qu'il n'a pas levé de blé sur la terre par tout l'Europe. On a atendu le mois de may pour voir sy il ne leveroit pas. Le Roy a donné un arest qu'on eut à semer tous les terre tant en mars qu'en bled pour avoir une récolte plus grand. Le bled a valu onze et douze livres le septier, et la pamelle dix huit pour semer, et à présent sept, huit et neuf livres le septier.

Le 21 août 1709, Tournay s'est rendu aux ennemis et tienne la citadelle toujours siégé, d'autant que nos gens sy sont retiray dedans ; elle s'est rendu.

Amiens. — Iinp. Lemer aîné , place Périgord , 3.

DE

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