‹ Journal inédit, 1614-1620, publ. et annotéChapitre 22 sur 95 · Maximes sur ce sujet · texte numérisé non relu

Maximes sur ce sujet

Partout où l'Espagnol nous empesche le trafic, nous le pouvons prendre justement. Les lignes se doivent entendre par le premier méridien, qui passe aux Açores, et par le tropique du Cancer ; mais on y a aucun égard, mais seulement à ce qui est dit cy dessus. — L'Espagnol tient toujours des gailions au cap Saint- Vincent pour tâcher de prendre tous les vaisseaux qui sont armez en guerre et ont apparence d'aller en long cours. L'Espagnol nous traitte fort rudement lorsqu'il a l'avantage sur nous. Par un jugement rendu depuis peu en l'isle Saint-Dominique, où est le siège de la justice des Indes, défences .sont faites aux Espagnols de trafiquer avec les François, sur peiné de la vie, et aux François aussy, sur peine de la mort. Les ordonnances obligent d'amener deux hommes de l'équippage déprédé, afin qu'on les puisse interroger séparément, pour savoir le lieu où a esté faite la prise et apporter la charte-partie, c'est-à-dire, Testât delà cargaison de toutes tes marchandises, faite au lieu d'où elles sont parties, afin que par là on ne puisse faire de tort aux marchans avictuailleurs, ni aux autres qui ont part au navire. Toutefois, au cas qu'on ne le face point, Fordonnance n'y met point de peine. — Un vaisseau ne peut aller en voyage de long cours qu'il n'ayt congé de l'amiral, enregistré, et qu'il ne face au greffe les submissions nécessaires, et donné les eau-

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tions suffisantes, et le nom et la demeure de tous les '«■*« "«• hommes de leur équippage.

28. Combat de Iivarrot et Auvilars contre la Ferté et la Trye (tué), au chasteau de Yincesne, Livarrot eut huit coups d'espée.

29. M. de Marillac4 rapporte une requeste au nom de tout le clergé, par laquelle il demande que, dès à présent, toutes les causes de MM, les cardinaux du Perron et de Sourdis et de M. Tevesque d'An* gers, soyent évoquées dq Parlement au Grand-Conseil, attendu ce qui s' estait passé touchant l'article, et Pempeschement qu'ils avoyent apporté à l'exécution de l'arrest du Parlement donné à ce sujet.

Ledit M. de Marillac dit en sa conclusion qu'il inclinoit d'autant plus volontiers à cette requeste, que la Reyne avoit témoigné avoir pour agréable de. la leur accorder, et ainsi opina à ce qu'elle leur fqst accordée, — Après opinèrent MM. de Yillemontée2 et de Monthelon. M. de Yillemontée fut contre, mais ne dit quasy mot; M, de Monthelon fut pour; puis vint M. de Barentin, qui fut l'avis entièrement contraire, opina très-bieri et dit, entre autres raisons, que Messieurs du Conseil caasoyent tous les jours le*

* Michel de Marillac, né en 1563, conseiller au Parlement en 1596, maître des requêtes en 1595, conseiller d'État et surintendant 0e* finances en 1624, garde des sceaux en 1026, disgracié en J630 après la Journée des dupes, mort en prison à Chateaudun en 1652. (Fay.'Petitot, ire série, t. xlix, les Mémoires de Marillac et la Notice sur cef illustre personnage.)

2 François de Yillemontée, seigneur de Montaiguillon , conseiller d'État, intendant en Poitou, erôquede &auit~M*ta on At*7.

janvier îeis. arrests du Parlement, et que, néantmoins, on n'évoquoit point leurs causes. M. Dollé fit très-bien, dit entr'aulres choses que : Jà à Dieu ne plaise que Ton die aux nations estranges que le clergé de France s'est voulu soustraire de la jurisdiction du Parlement ; que cette affaire estait très-dangereuse et de très-pernicieuse conséquence ; que les évocations estaient fondées ou sur la personne des juges ou sur celle des parties; que, pour le regard des juges, qui estaient le Parlement, ils n'avoyent point sujet de vouloir mal en particulier à Messieurs du Clergé pour avoir soutenu une autre opinion que la leur ; que, pour le regard des parties, qui estoyent Messieurs du clergé, ils n'avoyent point de sujet d'entrer en défiance de Messieurs du Parlement ni de leur justice. — Mais, en voulant complaire sur ce sujet et louer le corps du clergé, il laissa échapper ce mot : qu'il estimoit que, sur le fait de l'article, ils n'avoyent parlé à leurs Majestés qu'avec tout respect et retenue...— M. de Boissise dit, entr' autres choses, que le corps du Parlement est qu'il y avoit quantité d'ecclésiastiques, et qu'ainsi il ne voyoit point de lieu d'en vouloir éviter la juridiction. Bref, tous d'une voix furent d'avis de refuser la requeste; mais les uns opinpyent à mettre à néant, lès autres à la rendre sans réponse ; auquel avis il passa , et M. le Chancelier en fut. M. d'Espernon fut d'avis qu'il faloit qu'on ne parlast plus de cela.

M. le Prince n'estait point au Conseil. (On dit que, piqué du quartier de sa pension retranché, des gar-

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des de la garenne de Saint-Maur ostez, fasché d'Àm- *™*r i«». boise et possible, de ce qui se passa au Conseil le mardy touchant l'Amirauté, fasché de la mort de la Trye\ il s'en alla en carrosse on ne sait encore où,)

M. le cardinal de Sourdis estoit au Conseil. M. d'Angers vint parler à M. de Marillac qui estoit au bout d'en bas. Il dit qu'il ne rapportait point la requeste, si la Reyne ne le commandoit. Après, on luy fit dire qu'il la rapportast et monta au bout d'en haut, derrière la chaise de la Reyne. Un peu auparavant, M, le cardinal de Sourdis avoit parlé à la Reyne, la Reyne à M. le Chancelier, puis tous trois avoient parlé ensemble, et aussitost le dit sieur cardinal sortit.

Le Roy, M. de Lorraine, M. de Ventadour, M. de Rohan n'estoyent au Conseil.

Quelqu'un ayant dit à M. de Thou qu'il s'estonnoit comme M. de Marillac s' estoit chargé de cette requeste, et que, s'il l'eust refusée, nul autre ne l'eust voulu prendre, il répondit : Celuy qui a esté d'avis autrefois d'emprisonner le Parlement pouvoit bien estre capable de rapporter cette requeste-là. ,

A la levée du Conseil, chacun murmuroit touchant la hardiesse et l'insolence de cette requeste ; et, en mesme temps, on couppa une bourse dans le Conseil.

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