‹ Journal inédit, 1614-1620, publ. et annotéChapitre 26 sur 95 · M DU MAYN E · texte numérisé non relu

M DU MAYN E

sur un placet.

1^ Chancelier, nr ue chahe Hit tasier.

0 M. de Retz.

0 M. DE MONTBAKOV.

M. DE SOUYRE.

M. le maréch. d'ANCRE.

M. de Bois dauphin.

M. de Brissac.

M. de Beau vais.

M. de Noyow.

M. le cardinal fiomre.

M. le cardinal de ul Rochefoucauld.

M. le cardinal de Sourdis.

Trois bancs pour MM. les conseillers d* Estât de robbe longue. — Les intendants y estoient.

Bancs des députez de l'Église.

etc., etc.

7'roi* bancs pour MM. les conseillers d' Estât d'épée. — Il y avolt quantité de chevaliers de l'ordre.

'Bancs des députez de la Noblesse.

etc., etc.

etc.

Bancs des députez du Tiers-État.

— Il y avolt séparation d'environ trois pieds entre leurs bancs et ceux du Clergé.

M. de I.uçon (1), pour le Clergé, M. de Senecey, pour la Noblesse, M. Myroic, pour le Tiers-Etat,

etc.

Bancs des députez du Tiers-État.

— Il y avoft séparation d'environ 8 pieds entre lesdits bancs et ceux de la Noblesse.

! après avoir harangué, chacun d'eux, sulvy de son greffier, alloit trouver le Roy, et là, prenant le caypr des mains du greffier, le présentoit à S. M .

(1) Voy. la harangue rie l'évéque de Luçon, Armand-Jean du Plessis, depuis Cardinal-duc de Richelieu (Petttot. !•»., t. xi,p. SOI). Elle fut Imprimée avec celle de Miron chez Cramoisi, après la clôture des Etats.

d'àKhaùld d'àndiLly. |J9

Mbnsteirf le Grince va trouver la Ileyne à Saint- **««• m$ Victor. De là, il l'accompagne au Louvre. Lby dit qu'il la venoit supplier de luy accorder la grâce de Rochefort ; que c'estoit Un gentilhomme à qui il avoit de l'obligation pour ce qu'il l'avoit toujours très-fidèlement servy. La Reyne luy répondit que c'estoit au Roy qu'il se faloit addresser. Il luy répondit : Madame, je supplie vostre Majesté que je luy aye cette obligation, car je chains que le Roy me la refusast. Elle luy répondit : Non, non, allez à luy, je m'âsseure qu'il volis fera bonne réponce. Sur cela, Monsieur le Prince ayant esté trouver le Roy, sa Majesté luy répondit : Monsieur le Prince, je donne grâce à ftochefort pour l'amour de vous, etc.

i. Le Roy donne à M. de Luynes l'aisné le Mars, gouvernement d'Amboise qui estoit demandé par MM. de la Curée ', laChastaigneraye2, le Renouart et Descures 3. On dit que le Roy en pria M. le maréchal d'Ancre. — En fit des remerciemens extrêmes à la Reyne, mena luy-mesme M. de Luynes remercier la Reyne qui répondit : C'est le Roy qu'il faut remercier ; et le Roy disoit : Au contraire, c'est vous

* Gilbert Filhet, seigneur de la Curée et de la Roche Turpin, né vers 1555, conseiller d'Etat, capitaine- lieutenant des chevaux-legers de la Garde, maréchal de camp, mort en 1633:

* Commandant des gardes de la Reine.

J M. d'Escores, qui avait acheté le gouvernement d'Ambof&p, avait été obligé de le cédei à Monsieur le Prince (Fentenay-Mareuil, t. l, p. 146).

Ha» i6». Madame, qu'il faut qu'il remercie. On dit que M. de Vendosme ayda fort à cette affaire *.

2. Messieurs du Parlement résolurent d'assembler les chambres, le vendredy en suivant, sur le fait de la paulette , et menacèrent fort le Mayne , sur ce qu'on leur avoit rapporté qu'il vouloit faire un party de 1500 mil livres de toutes les party es casuelles. Depuis, le Mayne fut faire une protestation au Parlement que cela n'estoit point. Et sur ce qui fut le jeudy rapporté au Parlement, de la part de la Reyne, (je ne say quoy), les chambres ne s'assemblèrent point le vendredy.

9. Messieurs du Parlement des chambres des Enquestes députent deux de chaque chambre à la Grand Chambre, vers Monsieur le Premier Président, pour demander qu'on assemble les chambres. Monsieur le Premier Président répond qu'il avoit receu commandement de la Reyne de ne point assembler lés chambres. Sur cela, ils firent grande rumeur et * parlèrent fort rudement à Monsieur le Premier Président, et demeurèrent trois heures sur cette contestation, et peu à peu, en délibérant si on s'assembleroit, ils s'assemblèrent. On dit que M. Gilot dit qu'il avoit autrefois ouy dire à M. le président de Thou que le feu roy Charles luy ayant dit qu'il vouloit faire quelques-uns du Parlement conseillers d' Estât,

1 C'est par erreur que Richelieu dans ses Mémoires place cette donation dans Tannée 1614. Pontchartrain, Mém., t. xvii, p. 75, et le P. Anselme, Généalogie du duc de Luy nés, sont d'accord sur ce point avec Arnauld d'Andilly. (Voy* Fontenay-Mareuil, t. l, p. 270.)

d'àrnàuld d'àndilly. 61

il lui répondit : Sire, ne faites pas cela, vous gasterez m«s i«s. tout et ruinerez le Parlement.

On dit que M. le président le Jay dit que , s'il ne sçavoit faire le Premier Président , il y en auroit d'autres qui le feroyent bien.

10. Messieurs du Parlement assemblent les chambres ; commencèrent à opiner.

M. de Saint-Géran1 alla dire à Monsieur le Prince que le Roy et la Reyne le prioient de ne se point trouver au Palais, afin de ne fortifier point par sa présence les résolutions qu'on y pourroit prendre. Monsieur le Prince répondit qu'il iroit luy-mesme rendre réponce à Leurs Majestez ; et quelque temps après alla au Louvre et dit au Roy et à la Reyrie que, puisque Leurs Majestez ne vouloyent point qu'il s'y trouvast, il n'iroit point.

On dit qu'il se plaignit, disant que M. de Saint- Géran avoit soixante gendarmes disposez en divers endroits, lorsqu'il l'estoit allé trouver le matin.

11. Messieurs du Parlement achèvent de délibérer. Résolvent que remontrances seront faites au Roy, tant sur le sujet de la paulette que sûr autres points ; et que cependant, et jusques à ce que cette affaire soit entièrement résolue, on ne recevra aucuns officiers qu'ils ne rapportent un certificat comme la vefve et les héritiers seront contens et satisfaits d'eux.

* Jean François de la Guiche, comte de la Palice, seigneur de Saint- Géran, gouverneur du Bourbonnais, capitaine lieutenant des gendarmes de la garde en 1615, maréchal de France en 1610, mort en 1632.

6$ JOURNAL INJSPIT

m«p te». On dit que M. Ribier dit qu'il n'y ayoit pas jus-

qu'aux Pasquins qui ne les appelassent des pouliep, et qu'ils avoyont raison,, veû 1^ Jascheté qui se trouyoit tant au chef qu'aux membres.

12. Conseil tenu le matin çhe* Monsieur le Chancelier sur le fait de la paulette. M. Arnaud, intendant des finances, propose son avis ; tous en demeu-r rent d'accord.

L'après-disnée , Conseil tenu au Louvre sur le mesme sujet, où estoyent tous les grans. M. Avpaud propose de rechef son avis, qui est : de rembourser le trésorier des parties casûelles ; rétablir trente sols sur minot de sel ; supprimer les offices qui vacquerant par mort, jusqu'à ce qu'ils soyent réduits au nombre ancien ; au bout de cinq ans, voir ce que monteront les gages qui reviendront par ce moyen • aq Roy, et diminuer d'autant l'imposition ; permettre aux officiers de résigner, sans rien payer que le droit de marc d'or, et, par ce moyen, supprimer pour jamais la paulette et la vénalité. — Cet avis l'emportoit à la pluralité des voix ; mais M. de Bulion ouvrit un autre avis, qui est de ne permettre de résigner à ceux qui achèteront doresnavant. M... en fut, Monsieur. le Chancelier et deux ou trois autres. Ainsi il n'y eut rien de résolu pour ce jour-là.

19. M. Ribier, lieutenant général de Blois1, harangue au Roy au nom du Tiers-Estat, pour em-

1 Guillaume Ribier, député du bailliage de Blois. (Foy. Merc. fr., U m, p. 422-425, la requête du Tiers-Etat,)

d'arnacld d'andilly. 65

28. Messieurs du Parlement s'assemblent matin M«n t«s. et après-disnée. Donnent arrest portant que les Princes du sang et les officiers de la couronne seront mandez pour délibérer sur les remèdes qu'il est

besoin d'apporter aux désordres qui sont en V Estât '.

29. Conseil tenu au Louvre. Ordonné ce qui fut exécuté le lendemain, ainsi qu'il suit :

30. Messieurs les gens du Roy font leur plainte en la Grand Chambre, de ce que cest arrest avoit esté donné sans les ouïr; qu'il préjudicie extresmement à l'autorité du Roy. Requièrent qu'il soit biffé dans les registres. — Messieurs du Parlement répondent que l'arrest n'estoit pas tel qu'on l'avoit fait entendre à Sa Majesté , pour ce qu'à la fin il y avoit : sous le bon plaisir du Roy (mots qu'ils avoient adjoutez depuis, voyant que l'arrest n'estoit soutenable) ; qu'ils chargeoient Messieurs les Gens du Roy d'aller vers Sa Majesté pour la supplier d'avoir pour agréable que l'arrest fust exécuté2.

Environ le dit jour, M. de Vendosme se départ de l'union qu'il avoit avec les autres Princes et présente au Roy une déclaration par écrit pour assurance de sa fidélité. La Reyne la refuse et dit qu'il ne pouvoit bailler d'assurance plus grande que ce à quoy la naissance l'obligeoit ; que le Roy contraindroit de se

' Voy. Merc. fr„ t. tv, p. 25. Voy. dans les Mémoires de Mathieu Mole le narré des remontrances du Parlement contenant tous les détails de cette affaire et les pièces authentiques à l'appui (Mena. Math. Mole, édition citée, p. 20-58).

* Voy. Merc. fr., t. iv, p. 33, tous les détails relatifs à cette affaire et notamment le rôle Joué par l'avocat général Servi n.

Mars i6t5. telle sorte qu'ils auroyent sujet d'en estre contens*.

27. Mort de la reyne Marguerite a, à 11 heures du soir. MM. Arnaud et de Marillac commissaires pour faire l'inventaire. Bagues valoyent 25 ou 50,000 escus. Tout le reste des meubles ne valoit pas 6,000 escus. S'assemblent avec M. de Souvré, eomme premier gentilhomme de la chambre, pour ordonner le deuil. M. de Souvré, M. le comte de la Rochefoucaud8, maistre de la garde -rôbbe en charge, premiers valets de chambre et autres officiers du Roy prétendoyent devoir avoir deuil. Jugé qu'il ne leur en appartenoit, mais que MM. de Souvré et de la Rochefoucaud le prendroyent par bien séance et se l'ordonneroyent eux-mesmes. La dépence du deuil des domestiques de la reyne Marguerite, de leur nourriture durant quinze jours, de l'effigie et autres cérémonies faites en la maison, monte à 14,000 escus. Si on eust fait un convoi, il eust monté 100,000 ^scus. Elle devoit 260,000 escus, sçavoir, 60,000 escus devant la donation4 et 200,000 escus depuis. Donnoitparan 100,000 livres aux pauvres5.

1 Voy. Pontchartrain, t. xvii, p. 78; Merc, fr. t. ni, p. 421; Merc. /h, U iv, p. 24.

2 Marguerite de France, duchesse de Valois, fille de Henri II et de Catherine de Medicis, première femme de Henri IV qui fit annuler son mariage en 1599.

» François, V* du nom, né en 1588, duc et pair en 1622, mort en 1650, père de l'illustre auteur des Maximes.

* La donation entre-vifs qu'elle fit de tous ses droits en faveur du Dauphin, depuis Louis XIII.

6 Voy. Pontchartrain, t. xvii, p. 78; Richelieu, t. xxi bis, p. 241; Fontenay-Mareuil, t, l, p. 267.

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28. Messieurs du Parlement s'assemblent matin m«m t«s. et après-disnée. Donnent arrest portant que les Princes du sang et les officiers de la couronne seront mandez pour délibérer sur les remèdes qu'il est

besoin d'apporter aux désordres qui sont en l' Estât '.

29. Conseil tenu au Louvre. Ordonné ce qui fut exécuté le lendemain, ainsi qu'il suit :

30. Messieurs les gens du Roy font leur plainte en la Grand Chambre, de ce que cest arrest avoit esté donné sans les ouïr; qu'il préjudicie extresmement à l'autorité du Roy. Requièrent qu'il soit biffé dans les registres. — Messieurs du Parlement répondent que l'arrest n'estoit pas tel qu'on l'avoit fait entendre à Sa Majesté , pour ce qu'à la fin il y avoit : sous le bon plaisir du Roy (mots qu'ils avoient adjoutez depuis, voyant que l'arrest n'estoit soutenable) ; qu'ils chargeoient Messieurs les Gens du Roy d'aller vers Sa Majesté pour la supplier d'avoir pour agréable que l'arrest fust exécuté2.

Environ le dit jour, M. de Vendosme se départ de l'union qu'il avoit avec les autres Princes et présente au Roy une déclaration par écrit pour assurance de sa fidélité. La Reyne la refuse et dit qu'il ne pouvoit bailler d'assurance plus grande que ce à quoy la naissance l'obligeoit ; que le Roy contraindroit de se

* Voy. Merc. fr., t. iv, p. 25. Voy. dans les Mémoires de Mathieu Mole le narré des remontrances du Parlement contenant tous les détails de cette affaire et les pièces authentiques à l'appui (Mém. Math. Mole, édition citée, p. 20-58).

* Voy. Merc. fr., t. iv, p. 33, tous les détails relatifs à cette affaire et notamment le rôle joué par l'avocat général Servi n.

n«n it». ranger à leur devoir tous ceux qui s'en seraient départis, etc.

Avril. 4. La Reyne dit à M. de Longueville, revenu

huit ou dix jours auparavant, qu'elle Pavoit toujours fort affectionné, comme elle faisoit encore; qu'elle sçavoit qu'il avoit eu quelques mécontentemens du maréchal d'Ancre, qu'elle le prioit d'oublier tout

cela; que le maréchal d'Ancre avoit toujours esté et estoit encore son très-humble serviteur ; qu'elle desi* roit qu'il le reçeust bien lorsqu'il le viendrait saluer. M. de Longueville répondit : Madame, il ne m'a jamais témoigné qu'il fust mon amy, et, quant à moy, je ne l'ay jamais ni aimé ni haï, mais je feray ce que Vostre Majesté commandera. Elle répondit : Je désire que vous le teniez pour vostre serviteur et veux qu'il le soit ; et sur cela fit avancer M. le maréchal d'Ancre, qui alla saluer M. de Longueville, et puis ils s' embrassèrent, mais tout cela avec froideur de la part de M. de Longueville.

Accord de M. le maréchal d'Ancre et de M. de Villeroy. — M. de Guise dit à la Reyne qu'infinies personnes trouvoyent étrange la froideur dont elle usoit envers M. de Villeroy, veû les services qu'il luy avoit faits et ceux qu'il estoit encore capable de faire; que chacun sçavoit la mauvaise intelligence qui estoit entre M. le maréchal d'Ancre et luy ; que cela estoit trouvé extrêmement mauvais ; que, pour luy, si cela continuoit, il ne pourrait toujours supporter cette hayne, et que, s'il estoit contraint d'à-

d'arnauld d'andilly. 67

bandonner le Maréchal, il ne la vouloit pas assurer Avriiui*.

qu'il se passast deux jours sans qu'il courust fortune.

La Reyne lui répondit qu'il lui faisoit un plaisir ex-

tresme ; que cette affaire lui donnoit de la peine,

mais qu'elle ne savoit comment l'accommoder, pour

ce qu'il estoit besoin que quelqu'un s'entremist;

qu'elle le prioit de le faire et d'en parler comme il

faloit au maréchal d'Ancre. Sur cela, M. de Guise

parla à luy et l'affaire s'accommoda. Depuis, après

les festes de Pasques, M. de Villeroy estant revenu.

de ses dévotions, il fut encore mieux receu.

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