Querelle de M. de Bressieux 4 contre M, de la Valette a
M. le vicomte de Rabat tue en duel M. de Longnac.
Conseil tenu chez M. le président Jeannin, M. d'Herbaut3 dit que les finances estoyenten une entière confusion ; qu'il n'y avoit nul irçoyen qu'il fiât sa charge, si on ne lui bail I oit des fons. M. le prési* dent Jeannin en dit de mesme et conclud que, pour y remédier, il faloit, pour, cette année, recevoir le droit annuel. Sur cela, MM. de Ma... (Marillac), Do... (Dollé) et Bu... (Bullion) ne disent mot. Ce que voyant M. Arnaud, il prend la parole et dit qu'à
1 Premier écuyer de la Reine-mère.
* Bernard de Nogaret de la Valette, second fils ds duc d'Ëpemon, duc de la Valette puis d'Épernon, pair, colonel général de l'infanterie française, gouverneur de Guyenne, chevalier de la. Jarretière,' né en 1592, mort en 1661. Il épousa Gabrielle Angélique, légitimée de France, fille de Henri IV et de la marquise de Verneuil
3 Raimond Phélipeaux, seigneur d'Herbaut, né en 1560, trésorier de l'Épargne en 1599, secrétaire d'État en 1621, mort en 1629.
Avril 1615. la vérité il y avoit une grande confusion aux affaires, mais qu'elles n'estoyent point en si mauvais estât qu'il n'y eust moyen d'y pourvoir ; et ensuite leur montra clairement qu'ils n'avoyent besoin que de trouver 100,000 escus comptant, et que, moyennant cela, tout iroit bien; qu'on les pouvoit prendre à la Bastille; que, pour les trouver autrement, ilsavoyent les deux derniers quartiers des pensions de la reyne Marguerite, montant à 250,000 livres; qu'il n'estoit plus besoin que de 50,000 livres et 10,000 escus pour les intérests d'un an; que l'on luy donnast les quittances de V Espar gne pour les dits 330,000 livres sur de bonnes receptes générales et qu'il s'assuroit de trouver l'argent; que si la Reyne, pour des considérations d' Estât et de peur de mécontenter les officiers, vouloit, contre la parole qu'elle avoit si solennellement donnée, remettre la paulette et apporter un tel préjudice à l' Estât, il faloit obéir, et que si, sur cela, elle lui demandoit son avis, il le luy diroit fort franchement ; mais qu'il ne souffriroit jamais qu'en une affaire de telle conséquence, et qui importait tellement au royaume, on prist le prétexte de la nécessité des finances, et que, s'ils le vouloyent faire, il iroit trouver la Reyne et lui feroit entendre, en présence de tous les Princes et des Grans,' Testât des affaires et lui feroit voir comme ils ne les entendent point.
9. Messieurs du Parlement furent au Louvre, ayant esté mandez par le Roy. Sa Majesté leur dit quelques mots ; et puis Monsieur le Chancelier prit la
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parole, et leur dit que ils n'avoyent point deû s'as- avhi mi sembler pour ce qui concerne les affaires de l' Estât ; qu'ils estaient seulement ordonnez pour rendre la justice aux sujets du Roy ; qu'il avoit choisy et estably ceux de son Conseil, pour aviser à ce qui est de la conduite des affaires du royaume ; et que Sa Majesté leur défendoit de se plus assembler sur ce sujet. Et à ce propos, leur allégua plusieurs exemples, et entre autres du président de la Vacquerie, flamand, qui ne* voulut recevoir les pleintes du duc d'Orléans (qui fut depuis Louis XII). On dit que Monsieur le Premier Président répondit à Monsieur le Chancelier, que s'ils estoyent en lieu où l'on pust répliquer, il y auroit bien moyen de répondre à ses exemples. On dit aussi que Monsieur le Chancelier ayant dit à Messieurs du Parlement, que plusieurs de leur compagnie n'avoyent pas esté d'avis de l'arrest, et eh cela, avoyent témoigné plus de prudence, Monsieur le Premier Président répondit : Monsieur, ce que la Cour ordonne, c'est toute la Cour, car elle ne se divise point.
L'après disnée, ils s'assemblèrent au Parlement. Résolu que Ton députeroit pour faire remonstrances au Roy, afin de luy faire connoistre qu'il y avoit plusieurs réponces aux argumens faits par Monsieur le Chancelier, et luy faire entendre de quelle sorte le Parlement s'est toujours comporté en pareilles occurences d'affaires que celles qui sont aujourd'huy1.
1 Voy. Richelieu, t. xxi bis, p. 246 ; Fontenay-Mareuil, t. l, p.
Avrti i6is. 40. Le Roy allant donner de l'eau béniste à la
reyne Marguerite, et sa queue devant (selon la cous* tume) estre portée par trois Grans, et n'y ayant que Monsieur le Prince et Monsieur le Comte1, des princes du sang, il se meut contention entre M. de Guise et M* de Longueville. La Reyne jugea en faveur de M. de Guise. Sur cela, M. de Longueville s'en retourna à Amiens, et Monsieur le Prince et Monsieur le Comte ( qui veut marier Mademoiselle sa sœur 2 à M. de Longueville) n'y voulurent estre. Tellement que MM. de Guise, du Mayne et d'Elbeuf3 portèrent la queue.
On tient que pendant le séjour de M. de Longueville à Paris, on voulut envoyer 500 Suisses à Amiens; que M. de Longueville, en ayant eu avis, vint prendre congé de la Reine, disant qu'il avoit esté averty que Sa Majesté envoyoit des Suisses à Amiens; qu'il craignoit que le peuple, qui estoit assez fâcheux, ne les
276; Merc. fr.^ t. iv, p. 37-42, où se trouve le sommaire des discours prononcés en cette occasion.
1 Louis de Bourbon , comte de Soissons, fils de Charles de Bourbon, mort en 1612 et d'Anne de Montafié, né en 1604, grand maître de France et gouverneur du Dauphiné en 1612 , lieutenant- général dans Paris et chef du Conseil pendant l'absence de Roi en 1626, gouverneur de Champagne en 1631. S'étant révolté contre le Roi, il. fut tué à la bataille de la Marfée qu'il gagna en 1641 sur le maréchal de Chatillon. Le comte de Soissons, à qui Ârnauld d'Ândilly donne une volonté, n'avait alors qu'onze ans.
2 Louise de Bourbon, .sœur du comte de Soissons, née en 1603, morte en 1637, devint en effet la première femme du duc de Longueville dont elle eut la duchesse de Nemours, l'auteur des Mémoires.
3 Charles de Lorraine, IIe du nom, duc d'Elbeuf, pair, gouverneur de Picardie, blessé au siège de Saint-Jean-d'Angely en 1621, retiré en Flandres de 1631 à 1643, mort en 1657.
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voulust recevoir. Joint qu'en telles oocasions, c'ea- *"* mK toit aux Gouverneurs de province à y donner ordre. C'est pourquoy il la supplioit de trouver bon qu'il y allast. Sur la résistance apportée par la Reyne, paroles.-.. Service du Roy ... . Maréchal d'Ancre
Traitteroit en vallet.
26. M. de Candaie * fait le serment de premier gentilhomme de la Chambre.
Logement de quelques Suisses de la reyne Marguerite. Sur quoy on fit courir le bruit que la Reyne vouloit mettre des Suisses dans la ville et désarmer le peuple.
On disoit que Monsieur le Prince vouloit répudier Madame sa femme 2. Elle le va trouver le soir» comme il estoit couché.
30. Monsieur le Prince voit la Reyne en présence de M°" la comtesse de Soissons qui s'en est rendue la médiatrice. Luy dit : que quelques mauvais rapports qu'on luy eust faits de luy» il n'avoit jamais eu autre intention que de servir le Roy et elle ; qu'il ne mettoit point de différence entre les personnes de Leurs Majestez* etc. ; que quant à ce qu'on estoit entré en ombrage de ce qu'il se mettoit bien avec Messieurs du Parlement, c'estoit à tort, parce qu'en cela» il n'avoit esté porté d'autre désir que de ce qu'il es-
1 Henry de Nogaret de là Valette, duc de CandAle, premier gentilhomme de la Chambre, gourerneur d'Agenats et de Saintonge, du* et pair en 1621, se signala dans les guerres de Hollande, d'Italie, fut généralissime des armées de Venise et mourut en 1639.
* Charlotte Marguerite de.Montnwency, filto du C*nn4Ubtot