‹ Journal inédit, 1614-1620, publ. et annotéChapitre 28 sur 95 · JOUKÏUL INÉDIT · texte numérisé non relu

JOUKÏUL INÉDIT

Awii m». timoit que cette compt

service du Roy ; que i . : 1 î i

n'y venoit point à caus* - 7 ~ ~

estoit, et qu'il supplioi " ' 1 z 2

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résolu , et qu'au plustost j ; t — i

dit Conseil. Et sur cela,

celier, de Villeroy et Jea .^uu un peu à

l'écart, leur dit comme Monsieur le Prince estimoit qu'il estoit besoin de régler le Conseil, et qu'elle le trouvoit bon, et qu'il y faloit travailler. Ils répondirent tous qu'ouy, et chacun d'eux salua Monsieur le Prince. M. de Bullion se voulant aussi avancer, il lui tourna le dos. Après, Mme la maréchale d'Ancre

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vint, et rendit toutes sortes de témoignages à Mon- avhi mi. sieur le Prince du contentement qu'elle avoit de cette réconciliation, et comme elle y avoit apporté tout ce qui luy avoit esté possible \

9. Combat de M. de Losière a, fils de M. de Thé- my. mines 3, contre M. de Madaillan, tué. — Querelle venue à cause du vicomte de Parât

11. M. le président Nicolay, pour la Chambre des Comptes, et M. le président Chevalier pour la Cour des Aydes, furent haranguer au Louvre, pour supplier le Roy de rétablir le droit annuel. Au milieu de la harangue du président Chevalier, deux solives du plancher de dessous croulèrent, et une poutre s'ébranla. Le Parlement ne voulut y venir.

12. On tient conseil au Louvre, où estoyent MM. de Guise, officiers de la couronne, etc. Monsieur le Prince, mandé par deux fois, ne s'y voulut trouver. M. le président Jeannin fit la proposition, dit que le Roy, pour plusieurs bonnes raisons, avoit accordé à Messieurs des Estats d'abolir la paulette et la vénalité ; qu'il en avoit esté fait des dépesches dans les provinces, mais que depuis on avoit eu avis de tous endroits de tant de mécontentemens des offi-

1 Voy. Pontchartrain, t. xvn, p. 81.

2 Charles, seigneur de Lauzières, second fils du maréchal, tué du vivant de son père au siège de Montheur en 1621.

3 Pons de Lauzières de Thémines de CardaiHac, marquis de Thémines, sénéchal et gouverneur de Quercy, nommé maréchal de France en 1616 pour avoir arrêté Monsieur le Prince, gouverneur de Bretagne en 1626, mort en 1627.

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M«yu». ciersqui ont toujours fidèlement servy le Roy, qu'il sembloit à propos de leur donner ce contentement, que de surseoir pour les trois années qui restoyent du bail, l'exécution de la suppression de la paulette. Sur cela, le Reyne prit la parole, et dit, qu'à la vérité, il y avoit eu tant de pleintes d'officiers que elle désiroit leur donner quelque contentement pour les trois ans qui restoyent à expirer du bail. Monsieur le Chancelier demanda à la Reyne, s'il luy plaisoit pas qu'il en demandast les avis de quelques-uns de la compagnie? Elle dit qu'ouy. M. le président Jeannin opina le premier, et dit qu'il estoit d'avis de dresser un édit que l'on feroit vérifier au Parlement, portant la révocation de la paulette et de la vénalité, mais que néantmoins il y auroit surcéance pour trois ans de l'exécution. M. de Chasteauneuf ' dit qu'il estoit d'avis que cela se flst seulement par un arrest du Conseil, afin de ne s'engager à aucune vérification, comme il n'y en avoit point jusques icy. M. de Thou, idem. Après cela, Monsieur le Chancelier demanda à la Reyne, s'il lui plaisoit qu'on en opinast davantage? Elle répondit, qu'il n'en estoit point besoin, pour ce que c' estoit une chose qu'elle avoit déjà avisée. M. le Chancelier fut d'avis d' arrest, et non pas d'édit. Ainsi il passa là. *

* Guillaume de l'Aubespine, baron de Cnàteauneuf, conseiller au Parlement en 1568, maître des requêtes en 1572, ambassadeur en Angleterre, conseiller d'Etat, chancelier de Louise de Lorraine, reine de France, et chancelier des Ordres en 1606, mort en 1629. Son fils, le marquis de Châteauneuf, devint garde des sceaux.

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20. Monsieur le Prince part le soir, pour aller Maxim. à Valéry. Il avoit parlé quatre heures auparavant à Madame sa femme qui le suit le lendemain *.

On fit courir le bruit que la Reyne n' avoit pas voulu qu'il se trouvast aux remonstrances que devoit faire le Parlement. Mais le vendredy ensuivant, Sa Majesté dit à Messieurs du Parlement, lors de leurs remonstrances, que c' estoit très-faux, et que tant s'en faut, elle luy avoit envoyé dire par un gentilhomme, qu'elle le prioit de s'y trouver, et que c'estoit chose qu'elle desiroit extrêmement; et que Monsieur le Prince, au lieu de cela, s'en estoit allé, sans prendre congé, ni du Roy, ni d'elle.

On fit aussi courir le bruit que Monsieur le Prince s'en estoit allé pour ce qu'on se vouloit saisir de luy.

21* M. de Loménie père3 leut au Conseil les réglemens faits sur le sujet de l'ordre et des affaires qui se doivent traitter aux Conseils du Roy.

22. Messieurs du Parlement députent cinq présidens de la Grand Chambre (MM. de Rlancménil * et Séguier n'y estoyent) et quatre conseillers de chaque chambre pour présenter leurs remonstrances au Roy. Monsieur le Premier Président porta la parole et dit en substance les raisons qui les avoyent

1 Voy. Pontchartrain, t» xvu, p. 81.

2 Antoine de Loménie, comte de Brienne, secrétaire d'Etat bous Henri IV et Louis XIII, à qui Ton doit la précieuse collection des manuscrits 4e Brienne^ père de l'auteur des Mémoires.

3 Nicolas Potier de Blancmesnil, né en 1541, conseiller au Parlement en 1566, maître des requêtes en 1567, président à mortier en 1579, chancelier de la Reine-mère, mort en 1635.

May 1615. meus à donner l'arrest du 28 mars portant que les Princes, Pairs , et autres Officiers de la Couronne seroyent assemblez , et depuis , à dresser leurs re~ monstrances sur ce que Ton n'avoit pas trouvé bon leur arrest ; qu'il y avoit plusieurs exemples de remonstrances faites au Roy sur les affaires d' Estât, en diverses occasions. Protesta toute sorte de service au Roy1.

Après, le jeune M. de Loménie 2 leut les remonstrances qu'ils présentèrent. Ensuite, la Reyne les fit retirer, et dit qu'elle aviseroit avec son Conseil ce qu'elle avoit à leur répondre. Lorsqu'ils furent sortys, la Reyne se mit à la fenestre avec Monsieur le Chancelier, M. le président Jeannin

Puis, on les fit rentrer, et lors le Roy leur dit....

Et la Reyne, ensuite , prenant la parole, leur dit : qu'elle estoit bien malheureuse de voir qu'au lieu de recevoir des remercîmens et de la reconnoissance de tant de peines et de travaux qu'elle avoit souffert

1 Voy. Pontchartrain, t. xvn, p. 81.

2 Henri Auguste de Loménie, comte de Brienne, né en 1594, mort en 1661, ministre et premier secrétaire d'Etat sous Louis XIII et Louis XIV, auteur des mémoires qui portent son nom. « Le Roy me commanda- d'en faire lecture ( des remontrances ) à la place de mon père qui ne le pouvoit que très-difficilement à cause de la foiblesse de sa vue : ce qui donna occasion à prédire que j'aurois bientôt la survivance de sa charge. » (Mémoires du comte de Brienne, édition Petitot, 2e série, t. xxxv, p. 300.) — Voy, dans les mémoires de M. Mole, p. 28 et suiv., le texte officiel des remontrances du Parlement. C'est un document très-important pour l'histoire du temps. Ces remontrances se trouvent aussi dans le Merc. fr., t. iv, p. 51 et suiv. avec le compte rendu de cette séance mémorable.

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pendant sa Régence, pour conserver la paix et la *** *•«• tranquillité de F Estât, eUe ne recevoit d'eux que de T ingratitude ; qu'ils entreprenoyent directement sur l'autorité du Roy, mais qu'elle connaissoit par noms, par surnoms , et connoissoit les maisons de cinq ou six de ceux qui avoyent principalement fomenté ce dessein, et que le Roy les sauroit bien faire châtier. Et puis dit : mais je voy bien que je m'emporte et que je me pourrois laisser aller à la colère ; c'est pourquoy Monsieur le Chancelier vous dira le reste. Après, Monsieur le Chancelier prit la parole , et répondit à tous les exemples qu'ils avoyent alléguez , et soustint qu'il n'y en avoit pas un formel pour témoigner une entreprise semblable à celle-cy ; qu'à la vérité les Roys s'estoyent souvent utilement servis des avis du Parlement, en plusieurs affaires importantes, mais que jamais on n' avoit souffert que le Parlement se meslast de conseiller le Roy sans que S. M. le luy eust commandé ; que quant aux évocations, il n'en avoit point scellé de plein mouvement ; que pour les autres, estoyent eux-mesmes qui en estoyent cause, à cause des officiers qu'ils avoyent reçeus outre le degré de l'ordonnance, et des faveurs et parentez qui estoyent entre eux ; que comme ils n' avoyent que voir sur les chambres des Comptes , cours des Aydes, etc. , pour ce que leurs jurisdictions estoyent toutes séparées , de mesme , ils n'avoyent que voir sur le Conseil du Roy ; que, quant à plusieurs désordres sur lesquels ils avoyent fait des remonstrances, s'ils eussent eu la patience d'attendre les

May un. réponces des corps des Estats, ils eussent veu que Ton eût satisfait à tout cela, et eussent aussi veu qu'il y avoit plusieurs articles sur les désordres qui estoyent en leur compagnie.

Après, M. le président Jeannin dit : que puisqu'ils avoyent taxé le maniement des Finances, la charge qu'il avoit l'obligeoit de répondre pour luy et pour ses compagnons; que les finances n'avoient jamais esté plus sincèrement ni plus innocemment administrées ; que Messieurs du Parlement ne devoyent point taxer ainsi tout le monde en général , mais qu'il faloit accuser en particulier ceux qu'ils estimoyent estre coupables, et qu'il répondoit pour luy et pour ses compagnons qu'ils ne demanderoyent jamais ni grâce, ni pardon, ni abolition ; que quant aux dépences, tant s'en faut qu'elles fussent moindres, depuis la mort du feu Roy ; qu'au contraire, elles estoyent de beaucoup augmentées ; que quant aux impositions, tant s'en faut qu'on les eut augmentées ; qu'au contraire, on avoit remis au peuple, chacun an, sur diverses fermes, plus de 2,000,000 de livres ; que quant à l'argent de la Bastille , on n'y avoit touché qu'en ces derniers mouvemens.

Après , M. de Guise dit qu'il offroit au Roy son épée et sa vie pour maintenir son autorité envers tous et contre tous.

M. de Rheims1, M. de Vendosme, M. de Yen-

4 Louis de Lorraine, cardinal de Guise, archevêque- duc de Reims, pair de France, né en 1585, archevêque de Reims en 1605, cardinal en 1615, suivit l'armée de Poitou en 1621, se signala à l'attaque du

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tadour et M. de Montmorency1 parlèrent aussi. «*<«•.

M. d'Espernon dit qu'autrefois le Parlement avoit esté dit le Parlement des Pairs, lorsque le Roy, assisté des Pairs de France, rendoit luy-mesme la justice ; que depuis que Ton eut rendu le Parlement sédentaire, il retint bien toujours le nom de Parlement des Pairs, mais que, néantmoins, il n'avoit plus l'autorité de convoquer ni d'assembler les Pairs, lesquels n'estoyent obligés d'y aller , que quand le Roy le leur commandoit. Ensuite, ayant esté dit quelques autres choses , M. d'Espernon dit encore : Messieurs, vous pariez de ré formation, mais si on en vient à réformer, prenez garde que quelques-uns de votre compagnie n'y aient part M. de tfevers, <jui y estoit, ne dit mot. Après, la Reyne parla encore, en colère, et particulièrement sur les libelles diffamatoires qui se fesoyent tous les jours, à quoy ils ne donnoyent aucun ordre ; et qu'encore le jour de devant, on luy en avoit apporté un intitulé Cassandre. Elle fit lire deux feuillets dudit livre à M. de Pisieux, et puis on le bailla à Monsieur le Procureur Général, pour en faire faire justice. — M. le maréchal d'Àncrç parla sur le sujet de ces libelles diffamatoires 2.

faubourg de SainkJean«*TAngely, mort eo 1621. H était fil» d'Henri de Lorraine, duc de Guise, tué à Blois. (Voy. P, Anselme, t. u, p. 88.)

1 Henry, Ut du nom, duc de Montmorency et de Damville, premier baron, pair, amiral et maréchal de France, surnommé la Gloire de* braves, né en 1595, filleul de Henri IY, eut la tête tranchée à Toulouse le 30 octobre 1632. {Voy. P. Anselme, t. n, p. 606.)

1 Voy. Richelieu, Petitot, 2e série, t. xxi bis, p. 247 ; Fontenay-Ma-

Mayieis. 2&. Messieurs du Parlement assemblèrent les

Chambres le matin. Monsieur le Président rapporta tout ce qui s'estoit passé. Ils ordonnèrent que le tout seroit enregistré, et que Ton enregistreroit aussi comme M. le maréchal d'Ancre estoit assis et couvert derrière la Reyne.

L'après-disnée, après que l'on eut leû la semaine, Monsieur le Chancelier dit : que chacun savoit ce qui s'estoit passé le jour précédent , et que le Roy vouloit qu'on opinast sur cette affaire. Et puis dit à M. le président Jeannin qu'il opinast. M. le président Jeannin répliqua qu'H ne pouvoit opiner, si, aupavant, on ne proposoit ce sur quoy il faloit opiner. Monsieur le Chancelier répondit que chacun savoit comme le tout s'estoit passé, et qu'il pouvoit opiner sur cela. M. le président Jeannin s'opiniâtra et ainsi n'opina point alors. Monsieur le Chancelier, qui avoit auparavant fait appeller MM. de Vie ' , de Commartin 2 , Jambeville, de Refuge, et de Roissise3, demanda

reuil, id., 1M série, t. l, p. 276; Merc. /r., t. iv, p. 73-80. Le récit du Mercure peut servir à contrôler l'exactitude de celui d'Arnauld d'Andilly. .

1 Mery de Vie, chevalier, seigneur d'Ermenonville, maître des requêtes en 1581, 'président au Parlement de Toulouse et conseiller d'Etat en 1597, surintendant de la justice en Guyenne, ambassadeur en Suisse, garde des sceaux en 1621, mort en 1622. (Voy. P. Anselme, t. vi, p. 539.)

1 Louis le Fèvre, chevalier, seigneur de Caumartin, né en 1552, conseiller au Parlement en 1579, maître des requêtes en 1585, présî- . dent au Grand-conseil en 1587, intendant de justice en Poitou en 1588, intendant de Picardie en 1590, conseiller d'Etat en 1594, ambassadeur en Suisse en 1605, garde des sceaux en 1622, mort en 1623. {Voy. p. Anselme, t. vi, p. 542.)

1 Tous les trois conseillers d'Etat.

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l'avis à MM. de Commartin et de Vie , puis aux Mn> i«ts. autres, et mesme à M. le président Jeannin. Tous furent d'avis de casser l'arrest du Parlement, et ordonner qu'il seroit osté des registres et leurs remonstrances aussi. On ne demanda point l'avis de MM. de Guise, de Yendosme , et autres grans à cause de la dispute de leurs rangs. Mais la Reyne dit tout haut : s'il y a quelqu'un d'autre avis et qui ayt quelque chose à dire, qu'il le die.

L'arrest fut depuis dressé par M. le p'résident Jeannin, et corrigé diverses fois. Il y avoit mis que tous ceux qui avoyent eu l'administration des finances se soumettoyent à toutes sortes de peines , au cas qu'ils eussent mal versé. Monsieur le Chancelier fit oster cette clause * .

Ensuite, la Reyne fit commander par deux fois à Messieurs les gens du Roy de lire l'arrest du Parlement , et leur manda pour la troisième fois qu'ils eussent à n'y manquer, sur peine d'encourir l'indignation du Roy. Messieurs les gens du Roy viennent à la Grand Chambre apporter l'arrest2.

1er. Messieurs du Parlement leur dirent qu'ils estoyent assemblez (sçavoir la chambre de l'Edit et la Tournelle) sur ce sujet, et avoyent résolu de députer Monsieur le Premier Président et quelques

4 Voy. Mém. de M atli. Mole le texte de cet arrêt du Conseil, p. 52. Voy. aussi Merc. /h, t. iv, p. 80 et suiv.

* Voy. Richelieu, Petitot, 2« série, t. 21 bis, p. 249; Fontenay-Mareuil,id.t V série, t, l, p. 270.

Juin.

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juin teis. autres vers Leurs Ma j estez, pour leur faire toutes sortes dp soumissions et de protestations de service et d'obéissance , et leur témoigner comme ils a%avQyent entendu par un seul mot de leurs cernonstrances de toucher à ce qui les concernoit. Mais qu'ils avoyent seulement voulu parler contre les désordres , et contre ceux qui en estoyent la cause. Et sur cela, prièrent Messieurs les gens du Roy de remporter l'arrest. A. quoy ils répondirent que c'estoit chose qif ils ne pouvoyent faire, ayant commandement exprès du Roy çle le leur bailler. Voisin f prit l'arrest sans le lire.. — La Reyne ayant sçeu que l'on vouloit députer vers elle le lendemain, manda à Monsieur le Premier Président qu'ils n'y vinssent point s'ils n'apportoyent les registres où estoyent l'arrest et les. remonstrances afin de les en oster. Op dit que sur cela, Monsieur le Premier Président et Messieurs les autres Présidens de la Grand Chambre, hormis un, et quelques conseillers furent d'avis de se conformer au* volontez de Leurs Majestez, mais que le président le Jay et ceux de son avis en estant avertis, dirent que ce seroit faire faire amende honorable au Parlement et soutinrent que cela ne se pouvoit résoudre sans assembler les Chambres et faire opiner tout le monde. Tellement que Messieurs du Parlement ne furent point au Louvre le lendemain2. Messieurs les maistres des Requestes vont trouver

\ Greffier d'audience du Parlement.

1 Merc. /h, t. iv, p. 83-87.

d'arnauld d'amdillt. 83

Monsieur le Chancelier sur le sujet du règlement du **» «»«. Conseil. M. de Beaumont portoit la parole. Monsieur le Chancelier se fâcha , et en vinrent , de part et d'autre, à des paroles si aigres que M. de Beaumont, transporté de colère, dit qu'il ne pouvoit plus parler, et laissa la parole à M. Masuyer qui recommença avec encore plus d'aigreur. Le 2 juin, ils furent encore le matin trente ou quarante, trouver Monsieur le Chancelier qui leur répondit qu'il les avoit toujours estimez et affectionnez ; que le règlement n'estoit point encore signé, et qu'il ne leur serait fait aucun tort. Ainsi ils s'en retournèrent , et ayant délibéré entr'eux, trouvèrent que cette réponoe n'estoit assez précise, et retournèrent encore le soir avec luy, en intention , au cas qu'il ne leur rendist réponce asseurée, d'en faire parler en plein Conseil par M. Man-* got l. Monsieur le Chancelier leur dit qu'il leur donnoit sa parole que le règlement n'estoit point signé et qu'il n'y seroit rion fait à leur préjudice.

Monsieur le Prince arrive à Saint-Maur où si* conseillers furent souper.

2. Monsieur le Prince arrive à Paris avec quatrevingts chevaux (on dit qu'il avoit quinze gardes), fut voir le président le Jay. Rencontra le Roy sur le Pont-Neuf, qui lui fit assez froide mine. Monsieur le Prince se retira sans luy dire à dieu. Il fut voir

1 Claude Mangot, conseiller au Parlement en 1502, maître des requêtes en 1600, ambassadeur en Suisse, premier président du Parler ment de Bordeaux, secrétaire d'Etat et garde des sceaux en 1616, destitué à la mort du maréchal d'Ancre, le 24 avril 1617.

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juin îeis. aussi. .... puis retourna coucher à Saint-Maur» Dit qu'il avoit eu avis qu'on se vouloit saisir de luy. Batterie à la rue Saint- Martin entre les habitans et des soldats des gardes.

3. Les chambres estant assemblées, M. Servin requit que l'arrest du Conseil fust leu. Voisin le leut. Messieurs du Parlement le font relire jusques à trois fois. Après on vient aux opinions. M. le président Séguier dit à Monsieur le Premier Président qu'il luy devoit dire qu'il parlast avec plus de modération. M. le Grand dit que ce n'estoit point la coustume d'interrompre les gens de bien en leurs opinions. Sur quoy M. le président Lescalopier, ayant pris la parole en faveur de Monsieur le Premier Président, et M. le Grand ayant encore répondu avec davantage de violence, M. le président Lescalopier dit à Monsieur le Premier Président : Monsieur, faites taire cet homme ! Sur quoy M. le Grand répondit : Comment ! faites taire cet homme ! J'estois conseiller céans que vous n'estiez encore qu'un petit écolier, et vous n'estes assis plus haut que moy que parce que vous avez baillé 100,000 escus de vostre charge. Sur ces contestations, l'assemblée se rompit, tellement qu'il n'y eut que six qui opinèrent, les quels allèrent tous 5 supplier Leurs Majestez de casser l'arrest du Conseil, et, en cas de refus, de les aller trouver pour remettre à leurs pieds leurs robbes et leurs chaperons.

4. Les chambres sont encore assemblées, et dix seulement ayant opiné, l'affaire fut remise après les festes de la Pentecoste, qui estoit le dimanche 1\

d'arnaijld d'andilly. 85

Monsieur le Prince traitte avec M. le prince de mmii. Joinville f pour le prieuré de Saint-Martin, au lieu duquel il lui baille 6,000 escus comptant et l'abbaye de Coulom, qu'il avoit achetée de M. de Sully,

M, de Nevers obtient lestres pour faire assigner M. de. Sully touchant les terres qu'il avoit achetées de luy.

On dit que la Reyne envoya à M. de Rohan la survivance du gouvernement de Poitou, dont M. de Sully fut fort mal content. M. le marquis de Rosny a avoit demandé six mois à M. de Rohan pour l'obtenir de luy.

9. La Reyne eut plusieurs paroles avec M,,,e la comtesse de Soissons touchant le voyage auquel Sa Majesté dit que le Roy vouloit que M. le Comte assistast. Et sur ce que Madame la Comtesse luy dit qu'elle n'y pouvoit aller à cause qu'elle estoit incommodée, la Reyne lui dit qu'elle pouvoit donc de-

1 Claude de Lorraine, frère puîné du duc de Guise, connu sous le nom de duc de Chevreuse, porta d'abord le titre de prince de Joinville. Il naquit en 1578, se signala en 1596 au siège de la Fère, et en 1597 à celui d'Amiens, alla guerroyer en Hongrie, fut créé duc de Chevreuse et pair de France en 1612, servit en 162$ aux sièges de Saint-Jeand'Angely, de Montauban, fut grand chambellan et grand fauconnier, gouverneur des Marches, de l'Auvergne, du Bourbonnais et de la Picardie, épousa, comme procureur de Charles Ier, la princesse Henriette, en 1625 et la conduisit en Angleterre, fut au siège de la Rochelle en 1628, joua un certain rôle pendant la Fronde, et mourut en 1657. Il avait épousé en 1622 Marie de Rohan, fille du duc de Montbazon, veuve du connétable de Luynes, cette célèbre duchesse de Chevreuse dont M. Cousin vient de retracer la vie romanesque.

2 Maximilien de Béthune, II* du nom, marquis de Rosny, fils du grand Sully, né en 1588, grand maître de l'artillerie, mort en 163A.

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Mu ««t. meurer, mais que Monsieur le Comte viendrait, etc.

13. M. deCanisy baille un soufflet au sieur... et met la main à l'espée contre luy dans les T tuileries, le Roy y estant Sur quoy les gardes ayant crié qu'on allast aux portes, cela fit appréhender qu'il n'y eust quelque entreprise sur la personiie du Roy. Le dit sieur de Canisy fut mis à la Bastille.

Monsieur le Prince parla à Mme la maréchale d'Ancre, comme elle revenoit de Lésigny.

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