Leurs Majestez envoyent quérir Messieurs des
Choisy, c'était la maîtresse de M. de Montmorency. « Il aima d'abord la Choisy, fille de bon lieu, mais très-galante, » dit Tallemant dans la même historiette. M. Paulin Paris, dont le savant et précieux commentaire éclaire toujours le teite de Tallemant, nous apprend que la Choisy était une des filles de Jacques de l'Hospital, marquis de Choisy, soit Louise, comtesse de Castries , soit Francienne, Mme de la Grange- Quincy. Elle était donc parente de M. de Vitry qui fut le second de M. de Retz.
1 Voy., sur cette affaire, Pontchartrain, p. 89.
2 II fut tué au siège de Saint-Jean-d'Angely, en 1621.
d'àrnàuld d'àndilly. 97
compagnies souveraines qui se rendent à deux heures Aomt k».
au Louvre. Le Roy dit quelque peu de mots, puis la
Reyne prenant la parole, dit à Messieurs du Parlement
que s'en allant en voyage, le Roy leur recommandoit
le soin de Paris et de la personne de Monsieur1.
Monsieur le Premier Président répondit avec toutes
sortes de protestations d'obéissance, puis supplia
Leurs Majestez de vouloir tacher d'appaiser tous les
mouyements émeus. A cela, la Reyne répondit que
la conclusion du mariage assureroit la paix dedans
et dehors le royaume. Sa Majesté dit fort peu de
chose à Messieurs des Comptes (M. de Verderonne 2
portoit la parole) , et à Messieurs de la Cour des
Aydes (M. de Rebours3 portoit la parole). Tous les
présidens du Parlement y estoyent hormis M. Se-
guier. Monsieur le Chancelier ne dit un seul mot.
Après que la Reyne eut parlé, on fit approcher de
Leurs Majestez tous les présidens pour prendre congé
d'elles, fors M. le président le Jay, lequel voyant
qu'on ne l'appelloit point s'approcha de luy-mesme.
On dit que la Reyne luy dit : Je n'ay que faire à
vous, ou bien, je ne veux point parler à vous. Sur
1 Gaston -Jean-Baptiste de France, duc d'Anjou, puis duc d'Orléans, né en 1608, mort en 1660.
2 Claude de l'Aubespine, seigneur de Verderonne, secrétaire des finances du Roi et de la Reine-Mère, président de la chambre des comptes.
* Guillaume le Rebours, né vers 1545, président à la Cour des Aides en 1578, joua un certain rôle pendant le siège de Paris par Henri IV, où il eut la jambe cassée par un boulet, conseiller d'Etat en 1597, mort en 1619 (Voy. son article, Biographie Michaud^ et Mém. de l'Estoile, Petitot, !*• série, t. xlvi, p. 50).
*«wt if». quoy V, )e Jay n' ayant laissé 4e parler, elle répondit ? Qpapd voiia ferez ce que vous dites, vous ne fe-
re» que votre devoir1.
J*a Reyne écrit à Messieurs de r^ostéj de ville qu'ils luy donnassent avis comme il estoit besoin de faire pour la seureté de la ville et de Mnnsieur. Monsieqr le Premier, après avoir donné sa lettre, ne se retira paa, contre ce qui est des registres de la ville. Il passa à faire faire grande garde au* portes, M. Arnaud avoit esté d'avis de faire assemblée générale, de faire garder Saint-Denis , Saint-Clou et autres avenues , avoir des sentinelles perdues à cheval , mettre seulement dix ou douze hommes à chaque porte, pour voir quels gens entrent, quels chevaux de service, poudres, armes, etc. ; avoir des herses à chaque porte et un homme dessus pour couper la chaisne pu la cqrde en cas qu'il parust quelque chose ; faire refaire les hrêches, envoyer les eschevips pour faiFQ avaler les bleds qui sont à CMlons, Epernay et ailleurs ; pbliger les baillages de Gonnesse et autres de fournir certaine quantité de pain chaque jour de ©arghé & certain prix,
7. Messieurs de la ville vont trouver la Reyne pour dire leur résolution. Messieurs du clergé font harangue à la Reyne. M. de Saint- Victor 2 portoit la parole. Ils se pleignent fort d'un brevet ohtenu par
4 XW\ Ppntçhartrain, p. 96.
2 fWWfr £e Harjay 4e Çhanvalon, abbé de Saint-Victor de Paris, Hrcbeyôque <fc foue.n. en 1015, se démit eq 165,3 en» faveur de suu neveu dû même nom, mort en 1653.
d'aanauld d'andilly. 90
H. de Lesdiguières f de l'abbaye de Saint* Antonip amnik», en Dauphiné (chef d'ordre), en laquelle les moines avoyent esleu selon la coustume. Il insista fort sur le concile de Trente. La harangue finie, Monsieur le Chancelier témoigna estre fort en colère 2.
M, de Chevry fait Intendant des finances par le moyen de la maréchale d'Ancre, à qui il donne qua* rante jnil écus,
M, de Loménie fut trouver M. le président le Jay de la part du Roy et luy dire que Sa Majesté luy commandoit de la suivre en son voyage et de se rendre le jeudy à Orléans. Il fit répondre que le Roy luy faisoit beaucoup d'honneur, mais qu'il ostoit fort malade (il s'estoit mis au lit, etc.). Depuis M. de Loménie y retourna pour la deuxième fois et luy dit • que le voyage ayant esté différé pour quelques jours, le Roy luy mandoit qu'il n'y avoit plus d'exouse de se rendre aussitost que luy à Orléans. U s'excusa derechef sur sa maladie, et puis dit que quand bien il seroit en estât de pouvoir aller, il ne pourroit néantmoins, estant président en la première Cour souveraine de France et ayant esté porté à ceste charge eprès que l'on l'en avoit jugé digne, s'asseoir dans le Conseil après plusieurs autres qui le voudroyent précéder. Sur cela, M. de Loménie repondit
1 Françoi» de Bonne, duc de Lesdiguières, gouverneur du Dauphiné, maréchal de France en 1608, duc et pair en 1610, maréchal de camp général des armées du Roi en 1651, Connétable de France en 1622, mort en 1626.
2 rey. Ricnelieu, p. 265. Voy. Mer*, /y*., t iv, p. 204. Suivant le Mercure, cette remontrance fut faite par l'arcnevôque d'AugoatapoJia
ai
10 y vinst nonobstant toutes ces tm* m- ido ,><ant que l'on partist Sa Ma-
-. <î ■ ^ ^f/iwohiinent de plus aller au Par- ~ fiS^fa 'répliqua que puisque la volonté £* ifïaiePriver ainsi de sa charge sans en dllpoy *f ' un sujet il ne manqueroit pas d obéir, ^"fwt le moins on luy permist d'aller dire ** "Lment comme on luy avoit défendu d'y plus »" ?ft m. de Loménie fut encore depuis, pour la *%L> fois pour luy dire que le Roy vouloit absout qu'il vint. Sur quoy, il répondit : Monsieur, e goy se moque de vous et de moy, car si Sa Majesté désiroit que j'allasse, elle vous en auroit baillé un commandement par écrit \
9. Leurs Majestés croyant assurément partir le lendemain, Marcongnet arrive sur les onze heures, et leur apporte un manifeste de Monsieur le Prince2. Sur cela, le voyage est remis au jeudy. On prend sujet sur des armes surprises et quatre hommes du marquis de Bonnivet» tuez, qui menoyent des armes
» Brienne, dans ses mémoires, ne parie pas de cette mission de son père auprès du président le lay. H dit seulement que lors du départ du Roi, chargé d'inviter le Président à suivre la Cour, et en cas de refus de s'assurer de sa personne, M. de Loménie feignit d'être malade pour se soustraire a cet ordre (Brienne, éd. citée, p. 303).
* Voy. Richelieu, p. 261-263 ; Fontenay-Mareuil, p. 289 ; Voy. Merc. /r., t. rv, p. 159 et suiv., le texte de ce manifeste du prince de Condé, avec les réponses que l'on y fit. Ce document curieux, qui expose longuement les griefs du prince de Condé contre le gouvernement, peut donner une idée de l'état de la France en ces temps d'anarchie.
* Henry-Marc-Alphonse-Vincent Gouffier, seigneur de Crevecce.ir, marquis de Bonnivet, né en 1586, mort en 1645.
d'arnauld d'andilly. 101
plein un chariot de chez M. de Montcavrcl f son beau- aou»i m*, père, par le lieutenant de M. de Maigneux à Mon treuil.
Le matin, la Reyne ayant fait son bonjour en la paroisse de Saint-Germain, elle s'évanouit et se trouva fort foible.
M. de Coubron apporte à M. d'Espernon un paquet de Monsieur le Prince, et sous la première couverture il y en avoit une autre qui s'adressoit à Messieurs les Ducs et Pairs de France.
10. On donne à M. de Bois-Daufin 2 le commandement général de toutes les forces que Sa Majesté laissera icy, et à M. de Praslin la charge de maréchal de camp général, et à M. de Bassom pierre5 cette mesme charge en l'absence de M. de Praslin4.
11. Le sieur de Coubron porte le manifeste de Monsieur le Prince au Parlement, et puis se retire
i Jean de Monchy, seigneur de Montcavrel, gouverneur des ville et château d'Ardres, mort en 1638.
2 Urbain de Laval, marquis de Sablé, seigneur de Boisdauphin, conseiller d'Etat, maréchal de France en 1595, gouverneur d'Anjou en 1604, mort en 1629.
* François de Bassompierre, né en 1579, colonel général des Suisses et Grisons en 1614, ambassadeur en Espagne en 1621, fut aux sièges de SaintrJean-d'Angely, de Montheur, de Royan, de Montpellier ; maréchal de France en 1622, ambassadeur en Suisse en 1625, en Angleterre en 1626, commanda au siège de la Rochelle, en Piémont en 1629. S'étant brouillé avec Richelieu, il fut arrêté en 1631 et mis à la Bastille où il resta jusqu'en 1643, mort en 1646. Il a laissé de précieux Mémoires recueillis dans les collections Petitot et Michaud (Voy. p. Anselme, t. vu, p. 464).
* Voy. Fontenay-Mareuil, p. 289-290; Rohan, p. 126; Voy. aussi le discours du duc de Rohan sur le voyage du Roi, et les conseils qu'il donne à la Reine, p. 161, môme édition; Brienne, p. 302; Merc, fr. T. i>,p. 197.
Aow»t la»* sur l'avis qu'il eut que Messieurs dit Parlement l'envoyèrent à la Heyne sans ouvrir le paquet.
12. Le voyage de Leurs Majestez qui se devoit faire le lendemain * remis au lutidy sur l'avis que M. de Longueville assisté de trois cetits chevaux fait démolir Bacadours.
13i Conseil tenu pour la guerre auquel de vingts une personnes, il n'y eut que MM. le Chancelier, d'Espernon, le Commandeur (de Sillery) et de Bullion qui opinassent fermement à la guerre. Résolu de laisser 12*000 hommes de pied, les compagnies de la Reyne, de Monsieur , de Contenan, et huit compagnies nouvelles de chevaux -légers de cinquante hommes chacune. Pour cela, faut dépendre cihq cent mil écus en quatre mois, et pour cet effet, résolu de prendre les treize cent mil livres restant dans la Bastille1.
14. Les trois chambres du Parlement estant assemblées, un conseiller proposa, qu'en Testât que sont les affaires, et Paris demeurant en péril si Leurs Majestez l'abandonnent, il sembloit à propos que la Cour députast vers elles, pour les supplier d'y donner ordre, et mesme s'il estoit possible, de renvoyer vers Monsieur le Prince. Sur cela, M. le président de Bellièvre 2 dit que ceste proposition estoit séditieuse
1 V&y. Pontchartrain, p. 01-96.
2 Nicolas de Bellièvre, seigneur de Grignon, fila du Chancelier et père du Premier Président de ce nom, né en 1583, conseiller au Parlement de Paris en 1602, procureur-général en 1612, président à mortier en 1614, se démit en 1642 en faveur de son fils, conseiller d'Etat, mort en 1650. Il était le gendre du chancelier de Sillery.
D'ARÏfAUM* D'ANDILLY. 108
et qu'il s'y opposôit; M. Léscalôpler suivit ajirèa et a*** fa. M. Boucher. D'autres s'émeurent au contraire \ enfin Monsieur !e Premier4 Président dit qu'il lie faloit p&int s'altérer là-dessus et qu'il verroit la Reyrie peur savoir si elle l'auroitàgréablë. Et suivant cela il futauLLodvte.
On dit que le conseiller qui proposa fut M. Mar&f chai, et qu'il dit que c'estoit une honte à eux de voir Leurs Majestez prestes à partir en Testât que sont le* affaires, et cependant se tenir les bras croisez j qu'il luy sembloit à propos de députer vers elles pour tea supplier d'avoir agréable que le Parlement déflutast vers Monsieur le Prince tels de son corps qu'ellesmesmes voudroyent choisir ; que s'il réussissoit quelque bon accommodement du traitté, c'estoit ce que l'oft demandoit; sinon, qu'on tnettfôit Mohsiëiir le Prince à son tort.
Y ayant eu entreprise sur Soissoîis, M. de GuiSe éfl donna avis à M. du Mayne (qui lui en fit des remërcîmens extraordinaires). La Heyne dit à M; dô Guise, que c'estoit luy qui avoit donné avis de l'etitreprise à M. du Mayne ; à quoy il répondit : qu'il estoit vray, et que si M. du Matyne eùst èii bësblh de de luy pour l'assister en cette occasion, il fust allé fort volontiers porter sa vie; qu'il n'estôit point obligé de tenir secret un conseil que l'on luy avoit celé ; que M. du Mayne estoit feon sang; et que Soidsons estoit une ville de seureté qui avoit este baillée à feu M. du Mayne *ê
1 Charles de Lorraine, frère du Balafré, duc de Mayenne, pafrj ami-
t«« M. de Lôménie fait recevoir son fils en survivance
à sa charge \
16! Le Roy et la Reyne vont à la Bastille tirer les treize cent mil livres restans 2.
17. Leurs Majestez partent, le Roy à quatre heures et demie du matin , la Reyne à dix, Madame à trois heures après midy accompagnée des officiers de la ville 3.
À cinq heures du matin, M. de Launay 4, lieutenant des gardes, avec archers à cheval, et
à pied vont chez M. le président le Jay, et le font monter dans un carrosse du Roy, et le mènent au
rai, grand chambellan, lieutenant-général de la couronne de France, gouverneur de Bourgogne, gouverneur de l'Ile de France, né en 1554, mort en 1611. Il s'est surtout rendu célèbre comme chef de la Ligue.
1 « Ce fut dans ce temps-là que la Reine-mère, ayant égard aux services que mon père avoit eu l'honneur de rendre au feu Roi son mari, me procura la survivance de la charge de secrétaire d'Etat, avec la permission de signer en sa présence et en son absence, quoique je n'eusse pas encore vingt ans accomplis. » (Mém. de Brienne, édition citée, p. 302.)
2 Arnauld d'Andilly dit dans ses Mémoires (édition citée, p. 367) que la Reine-mère laissa cette somme de treize cent mille livres à la disposition d' Arnauld l'intendant, pour qu'il pourvût, pendant son absence et celle du Roi, aux dépenses qui pressaient de tous côtés, et particulièrement celles de l'armée du Roi, commandée par le maréchal de Boisdauphin.
• Louis Xin, né en 1601 et alors âgé de quatorze ans, allait épouser Anne d'Autriche, fille de Philippe III, roi d'Espagne, née en 1602, âgée de treize ans. La sœur de Louis XIII, Elisabeth de France, née en 1602, allait, le même jour, épouser Philippe d'Autriche,*nls de Philippe III, qui succéda à son père en 1621. Il avait alors dix ans. La Reine-mère, Marie de Medicis, Régente, conduisait à Bordeaux les jeunes fiancés.
* Ludovic de Vièvres, seigneur de Launay, lieutenant des gardesdu-corps.
d'arnauld d'andilly. 105
Louvre, où leur ayant esté dit que Sa Majesté estoit a<h»i uu partie, ils firent aller le carrosse après, et ainsi le menèrent à la suite du Roy.
Mme le Jay présente le matin mesme sa requeste au Parlement. — Ordonné que quatre Présidens et six anciens conseillers iroient faire remonstrances au Roy, pour le supplier de remettre ledit le Jay en liberté s'il n'avoit rien fait contre son service, et si au contraire, de le leur remettre pour le juger et en faire justice. — Estant en chemin du Louvre, ils surent que Leurs Majestez estoyent parties, et ainsi s'en revinrent.
Monsieur le Prince ayant sçeu la prise de M. le président le Jay, écrit à M. Virey f qui estoit à Paris, qu'aussitost qu'il auroit reçeu sa lettre, il allast vers le Roy luy témoigner qu'il sentait comme fait à luymesme le traittement fait audit sieur Président ; qu'il pouvoir témoigner que tant s'en faut qu'il luy eust jamais donné conseil violent, qu'au contraire, il avoit toujours tasché à radoucir ses justes mécontentemens ; que si on vouloit traitter avec luy, on ne luy pouvoit envoyer personne qui y fust plus propre ; que tous ces mauvais conseils procédoyent de ceux que Ton sait assez et qu'il a déclarez partout estre ses ennemis, et que si par leurs artifices on traittoit mal le président le Jay, il s'en vengeroit sur eux et sur leurs successeurs jusques à la dixième génération, etc.
M. Virey ayant montré cette lettre à M™ la prési-
1 Premier secrétaire de Monsieur le Prince.
106 jduRJUL inÉmr
A*m un», dëflte le Jày, elle fut ddnsfeillée par ses amis de supplier Mi Virey de ne point faire le voyage* comme estant plus préjudiciable qûë profitable à son rhary et écrivit sut ce sujet à Monsieur le Prince*
M. de Nevers ayafit parlé fort résolument à la Reytie, tors de son pârtement, et Sa Majesté estant demeurée un peu étonnée sur ce qu'il luy avoit dit, elle luy demanda enfin : Hê bien ! que faudroit-il feife? À quoy il ltiy répondit que si elle vouloit* il s' entremettrait d'accord* Elle dit qu'elle le trouvoit fort boii, et ainsi* il prit congé d'elle. Depuis, comme il estoit en Champagne, en intention de traitter^ il re-> çoit lettres dti Roy, par lesquelles défences luy furent faites de rieh traitter*
18; Le Parlement s'estatit assemblé* ordonne qu'il seroit écrit à Monsieur le Chancelier * pouf le prier de sçavoir de Leurs Maj estez ta cause de la prise de M. le président le Jay, et que la lettre se-* roit portée par Dorron, secrétaire, de la Cour,
Monsieur le Chancelier fit réponse : qu'il n'avôit rien sceu de la résolution d'artester le président le Jay ; qu'elle avoit esté faite sans son conseil, et estoit venue du propre mouvement du Roy ; que quant au traittetnent,' il s'afestiroit qu'on le luy feroit fort bon, et qu'après qu'il âuroit parlé de cette affaire au Roy et à la Reyne, il leur feroit plus ample réponse. Depuis, le 26 aoust, le Parlement receut une lettre de cachet du Roy, portant qu'il avoit fait avertir par plusieurs fois le président le Jay de se tenir prest pour son voyage, ce qu'il avoit méprisé ; sur quoy il
D'AltftAbLλ D'AftDILLY. 107
atiroif résolu de l'envoyer quérir le matin de sdn par- A«m m* tement, pour certaines grandes considérations qu'il leur diroit à sort Motir, et tnestne, pdiir ce que (^estoit un homme capable de trotibler le repos dô la ville ; qtié polir ce qui estbit du traittefflertt , il» îië s'en missent point en peine, et s'assurassent qu'il né luy seroit fait aucune sorte de déplaisir
19. Le Parlement ordonne que M. le président d'Onsembray f et MM. les Conseillers Gourtin a et Pelletier • iroyent trouve? le Roy, et le supplie? de renvoyer le président le Jay, sur caution de tout le Parlement qui donneroit assurance A Ha Majesté que ledit sieur le Jay n'entreprendfoit rien contre sort
service 4.
ÀDDlllON TOUCËANT LE VOYAGE DU ROÎ.
17 àoifet 1615.
Leufs Majestez partirent de Paris le 17 aotist 1615, sans donner ordre quelconque aux affaires de
1 Jérôme de Hacqueville, seigneur d'dnsembray, conseiller ad Parie-* ment de Paris, puis président aux requêtes et quatrième président j succéda à Nicolas de Verdun comme premier président, en 1627, et mourut en 1628.
2 Doyen des conseillers laïcs.
3 Doyen des conseillers clercs.
* Voy. Pontchartrain, p. 97? Richelieu, p. W7? flonténiy-Mâreuil, p. 291 ; Brienne, p. 303. ?oy. aussi, dans les Mémoires de Math. Mo1è\» p. 72-86, lé narré de l'affaire de M. tê président te Jap. Ce récit authentique confirme de tout point celui d'Àrnauld d'Àndilty. rtç. tien, fît, t. iv, p. 207-210.
Aoi»t ut». Paris (lors fort troublé , tant à cause de l'étonnement du peuple de voir le Roy s'en aller, Monsieur le Prince estant si proche avec des forces, qu'à cause des factions que faisoyent dans Paris les partisans de Monsieur le Prince) , sans establir aucun Conseil , et mesme sans parler particulièrement à M. de Liancourt ' , Gouverneur, à Monsieur le Premier Président, à M. le Prévost des marchans, ni à M. Arnaud.
Pour donner ordre aux affaires qui se présentoyent de toutes parts, M. Arnaud voyoit Monsieur le Gouverneur et Monsieur le Premier Président chez lequel se trouvoyent M. Myron, prévost des marchans et
Messieurs les eschevins Pasquier, le Bret et
Frezon.
11 y eut contestation entre Monsieur le Gouverneur et Monsieur le Premier Président à qui iroit l'un chez l'autre. Enfin Monsieur le Gouverneur vint le premier chez Monsieur le Premier Président et après y avoir esté deux ou trois fois, Monsieur le Premier Président vint une fois chez luy. Depuis, Monsieur le Gouverneur retourna chez Monsieur le Premier Président, et comme le jour fut assigné que l'on se de voit trouver chez Monsieur le Gouverneur , et que déjà Messieurs les Prévost des marchans et Eschevins et
1 Chartes du Plessiss seigneur de Liancourt, comte de BeawnontsurOise, marquis de Guerçheville, conseiller d'Etat, premier écuyer de la petit» écurie, gouverneur de Meta, gouverneur et lieutenantgênerai en la * Uk\ prévôté et vicomte de Paris chevalier d'honneur de la Keine-Mèn», mort en 162*.
DDiJ"""" »•«»«".
^°ya Mandera UoJLj**™ "■»** on en- £? vou,oit pas venir iî^ I*™'61- P^ent s'il M°nsieur le GouveraL Tda *» non- Depuis -^ Po»t veûs S2T De fut * che, ,uy et J£
*-es contentions furent „a ^ndant des finance, ^T ?", M *-d. fa- «ffaxre à un> r Va ^T ** rés°udre ™> «wae que chacun voulo Zi 1" * ''autre- » à toûJ<^ sur un mesTe SUI^er V"^ . « &U D'««tant que iCéeT^ d°Ub,e *****•.
meur* longtenips ^ * Mon81e^ le Prince de-
•** besoin de Vurvoi^à t^ * *■*■ et *™
livrer queiques ^^ ^ ^
« M. Arnaaid étant ^
• '-«SEi'U* * *-* ^arMX«tussentenbon,w
• l'autre ni j" auas,Mt, et ainsi nul ,,.«/ ques Jou«». mais ils se ' HmZZÏT"" d'accort * ÏÏL de", Ue P°UVant aUer <*« 8 ce np»;«. Wetzi Qui n^Mi* «i s*«noit avec eux. Feu
» ^SStJt"^ eo fcwjSS^T h apt lesque,s " a,,a
» Parc* T? "* "Potions dont 1» ^' ^ b°Ut de ,a table- toutes
Kr?8 de tou** feZ,r,ir de ***««« «en-*. «
'année des Pw . . cnoses nécessaire ™... . i„..
Aoum i«h.
140 JOURNAL INBPIT
Aoutt mi. munitions de l'arsenal. Et pour cet effet M. Arnaud signait les billets, tantost avec Monsieur le Couver* neur et tantost avec Monsieur le Premier Président , addressans h M, de la Chevalerie, lieutenant en l'Arsenal, et à M, GuillQn, qontrolleur général de l'artillerie.
Les vaeoatiens estant finies, il fut besoin d'emprunter du sieur de Chojsy quatre cens mil livres pour le Roy, dont Igs lettres^patentes furent addresséea à MM, de Pontcarré 4 , de Boissise et Arnaud ; et depuis, M. de Ghasteaunauf estant revenu du Berry, on luy en communiqua aussi. Depuis ce temps tous les susdits Messieurs du Conseil s'assembloyent quelques jours de la semaine chez Monsieur le Gouverneur, et de là en avant, on ne tint plus de Conseil chez Monsieur le Premier Président.
Des affaires de conséquence qui se résolvoyent on en dressoit des résultats (cette mesme forme avoit aussi esté observée lorsque Ton s'asseinbloit chez Monsieur le Premier Président) qui estoyent signez par Monsieur le Gouverneur et MM. de Pontcarré, de Chasteauneuf, de Boissise et Arnaud, et quelquefois par Messieurs les Prévost des marchans et Eschevins, lorsque c'estoit chose qui regardoit Pintérest de la ville de Paris.
Il n y avoit point de difficulté en la signature de ces derniers résultats, pour ce que M. de Chasteauneuf* le plus ancien de Messieurs du Conseil, ne fai-
1 Ptem Camus è* Puntcut^ ouiseUter d'Eut,
d'ainavld d'ajipuly. ili
soit aucune difficulté de signer après Monsieur le A*»«m«- Gouverneur, Et néantmows je luy ay oûy dire qu'il ne le voudroit aucunement quitter h Mpasieur le Premier Président, lequel avoit toujours accoutumé d'estoe précédé par le plus ancien du QonpeiU ftiiw qu'il s'estoit pratiqué phe* Monsieur le Chancelier où M. de Yilleroy s'eatoit assis au dessus de luy un peu avant le voyage du Roy en aoust 1615.
25. M. le maréchal de Boisdaufm arrive à Meaux au rendez-vous de l'armée.
27. Le Roy arnve à Tpursf ]Vf , du Plessis * y vid Sa Majesté , sembla repayer la diligence dont qp usoiten ce voyage, toutefois fcjrj; modérément. Qonclud que Messieurs de la Religion se conduiroyent cette année comme ils avoyent fait Tannée passée.
28. Députés de la Religion de l'assemblée de Grenoble, ouïs par le Roy. Proposent trois chose*, La première, le premier article du Tiers-Estat. La seconde, la pleinte de la réception du. Concile de Trente par le Clergé. La troisième, que Monsieur le
Prince a envoyé vers eu* les ftssurpr qu'il tfepdra la main à ce qui leur est aesuré par les traittea, et les
* Philippe de Mornay, seigneur du PleMJs-tyjuty, q£ eu W?i #qrintendant des finances du roi de Navarre en 1575, surintendant général de la^Navarre pendant la ligue, gouverneur de {5*ugu}r, mort en, lft}3. Ce célèbre chef des Réformés^ ami de Henri JY e^ antagoniste du cardinal du Perron, a laissé plusieurs, ouvrages et enjre affres, des Mémoires.
Aoust m». prie aussi de se joindre à luy tant pour une bonne réformation que pour la surséance. Et sur le tout, ils ont despesché vers luy pour le remercier de sa bonne affection envers eux. — Pour le surplus , rien. Mais ont prié Dieu de bien inspirer Sa Majesté afin de suivre toujours lep meilleur conseil. Ne dirent une seule parole que l'on pust mal interpréter1.
Le sieur de Foraise pris à Chartres, portant des commissions de Monsieur le Prince. Comme on travailloit à son procès, M. le Prince écrivit à M. le maréchal de Boisdauphin, qui luy fit réponce. Depuis, Monsieur le Prince écrivit aux commissaires dudit procès des lettres qui furent surprises 2.
31. Leurs Majestés arrivent à Poitiers. MM. de Parabère3 et de la Rochebaucourt * y furent incontinent, et Mme de la Trémoille5 aussi \
1 Les députés de l'Assemblée de Grenoble étaient Charh peaux, Desbordés-Mercier et Mailleray {Voy. Mém. de Rohan, p. 127); Voy, Itferc. fr.) t, iv, p. 211 etsuiv., les remontrances des députés de cette Assemblée.
2 Voy., dans les Mémoires de Math. Mole, p. 86, le compte rendu de cette affaire, ainsi que les. lettres dont il est ici question. Cet agent de Monsieur le Prince était le sieur de Beaulieu-Friayse, suivant le récit de Mole.
3 Henry de Baudean, comte de Parabère, marquis de la Mote-Sainte- Heraye, gouverneur du Poitou, mort en 1653.
* Jean de Gallard de Béarn, comte de Brassac, baron de la Rochebeaucourt, ambassadeur à Rome, gouverneur de Saintonge, surintendant de la -maison de la Reine, mort en 1645.
5 Charlotte Brabantine de Nassau, fille de Guillaume de Nassau, II* du nom, prince d'Orange, veuve de Claude, seigneur de la Trémoille, duc de Thouars, prince de Tarente, pair de France, mort en 1604. La terre de la Trémoille est en Poitou.
6 Voy, Pontchartrain, p. 99 ; Richelieu, p. 269.
d'arnauld d'andilly. 115
1er. M. de Brison, gendre de M. de Chambaut septembre un. Gouvernet, fait instance au Roy au nom de rassemblée de ceux de la Religion de retarder son voyage. Congnée envoyé par Monsieur le Prince en l'assemblée de Gien, fut cause de cette seconde députation.
M. de Lesdiguières a dit aux députez de la Religion qu'ils he devoyent ni ne pouvoyent tenir que le chemin des remonstrances.i
Environ ce temps, Madame demeure malade à Poitiers de la petite vérolle.
M. de Sully vient trouver le Roy au port de Pile, avec MM. de Chastillon • et de la Boulaye \
M. de Rohan fait le malade et écrit au Roy pour différer le mariage, et s'excuse sur ce que M. de Loudrière luy avoit esté envoyé par l'assemblée de Grenoble.
M. de Sully ne logea pas au commencement dans Poitiers, à cause du différent avec M. de la Rochefoucaut, mais il y logea depuis, et parla bien pour le service du Roy.
M. de la Trémoille 8 ne bouge de Vitré et fait le malade.
1 Gaspard de Goligny, comte de Coligny, seigneur de Chastillon, né en 1584, amiral de Guyenne, gouverneur de Montpellier, colonel-général des gens de pied français en Hollande en 1614, gouverneur d'Aigues-Mortes en 1616, maréchal de France en 1622, commanda en Piémont en 1630, gagna la bataille d'Aveinen 1635, soumit Arras en 1640/ perdit la bataille de la Marfée contre le comte de Soissons en 1641, mort en 1646.
2 Philippe Eschalard, baron de la Boulaye, gouverneur de Fontenayle-Gomte en Poitou, mort en 1616.
1 Henry, seigneurde la Trémoille, duc de Thouars, prince de Tarente et
Hk JOUKNAX INEDIT
**»!<**?* w». 7# Po^in (le Mojigjpur le Prince sur la Fère,
inutile,
. Passage çty Qhauny refusé par M, de Genlis1 à M? duJYfaype,
9, L'armée du Roy part de Meaipc, va le 10 à Crespy e\\ Yalqjs. M, du Maype avoii; voulu passer dans Chauny, mais M. de Genlis luy refusa le passage,