‹ Journal inédit, 1614-1620, publ. et annotéChapitre 40 sur 95 · PASSAGE DE BONY · texte numérisé non relu

PASSAGE DE BONY

26. Monsieur le Prince ayant investy les Carabins de l'armée du Roy logez à... , M. le maréchal de Boisdaufm les alla dégager ; et Monsieur le Prince s' estant mis en bataille sur une colline voisine, M, de Boisdaufm fit tirer son canon sur ses trouppes, et les ébranla tellement qu'il fut obligé de quitter cette

rai des Carabins, mestre de camp du régiment de Champagne, gouverneur du Fort-Louis, mort en 1624. Voy. en tête des Mémoires d'Arnauld d'Andilly la Notice pompeuse qu'il consacre à ce personnage* et où il dit notamment que le maréchal d'Ancre ayant vu agir son onde dans toutes. les occasions et particulièrement aux sièges de Clermont et de Soissons, conçut tant d'estime pour lui qu'il lui promit le commandement de six mille Liégeois. (Ed. citée, t. xxxm, p. 327.) 1 Le sieur de Haraucourt, suivant le 'récit du Merc. fr.

* Le vicomte de Béthencourt.

* Voy. Pontchartrain, p. lll; Fontenajr-Mareuil, p» 332; Merc.fr., t. iv, p. 302.

d'arnagld d'andilly. 125

colline, et s'aller mestre en bataille sur une autre octobre mu. proche, où Monsieur le Prince mit son canon en lieu très avantageux. Monsieur le Maréchal l'ayant ainsi poussé, se mit en bataille sur la mesme colline qu'il avoit quittée (les soldats marohoyent en sautant) , et ainsi il y avoit un vallon entre les deux armées, lequel estoit inaccessible, pour aller à Monsieur le Prince, du costé de la corne droitte de nostre bataille, mais fort accessible du costé de la corne gauche. Les canons commencèrent à tirer de part et d'autre ; celuy de Monsieur le Prince nous endommageoit fort, à cause qu'il estoit en lieu avantageux, tellement que l'on fit retirer nos soldats d'alentour du nostre, et les rangea-t-on le long des hayes. Ce que voyant M, du Mayne, il vouloit charger, disant que nostre canon estoit abandonné; mais M. de Buillon luy répondit que tant qu'il verroit de ce bois là (montrant nos piquiers) , il se gardast bien de charger de cavalerie. M. de Boisdaufin eût eu avantage à donner bataille, car sa corne gauche trouvoit Monsieur le Prince en une colline pleine de bois, et au-dessus de laquelle il y avoit du bois et des vignes , lieux avantageux pour l'infanterie. Joint qu'au dessus de la dite colline, il y avoit un fort petit champ pour la cavalerie de Monsieur le Prince, ce qui luy estoit un extrême désavantage. Chacun au Conseil fat d'avis de donner bataille, et mesme M. de Refuge, qui opina fort courageusement. M. de Boisdaufin seul ne le voulut, ce qui fâcha et découragea fort les soldats , les deux armées ayant esté à

Octeta» w$«.

136 JOURNAL IWfolT

veûe depuis neuf heure» du mutin jwques à troi& heuret après midy. Le aelr estant proabe, M. le maréchal de Boiedaufin alla loger au Piquet, h deux Ueiiea de là, (Il de voit loger iurle obajpp roesme, ou tout contre; il tfauroit pas esté plus incommodé), Monsieur le. Prince ayant veû que ML le maréchal de Boiadaufin avoit, quitté ce champ, il y envoya de aa cavalerie , comme pour dire qu'il luy eatoit de-* meure. Il alluma force mèche #ur la colline et des feu*. Et cela fait, commença à faire passer son armée à gué h Bony avec quelques bateaux qu'il avoit ai* restes. On dit que Saint^Paul, qui Jnengit un régiment, voyant que cela estait trop long, défit, ses chausses et passa le premier à gué, Les habitapade fipny fournirent six cens pains h l'arméeda Monsieur le Prince» Ce fut sans doute par commandement de M« de Nevera, lequel s'aboucha avec Mon* ieur le Prince1,

Novembre.

Page 1