Le dimanche , M. de Luynes retourne à Gaillon
Durant que le Roy fut à Gaillon, outre M. Déagent, le Président Jeannin estoitseul du Conseil auprès de Sa Majesté, et, jusques au jeudy 16, que M. de la Ville aux Clercs vint, il n'y avoit ni secrétaire cT Estât, ni secrétaire du cabinet. M. Deagent disoit que, comme secrétaire du Roy, il eust pu signer.
23. Le Roy va coucher de Gaillon au Pont-der Arche, et le lendemain, à Rouen, sans cérémonie quelconque. Sur quoy il avoit fait auparavant, à Mante, une fort bonne réponce, sur ce que les Eschevins de Rouen le supplioyent de trouver bon que Ton luy présentast un poisle (à cause que cela leur apporte quelque avantage) , il dit : Puisque je ne veux point d'entrée, il ne faut point de Poisle. Je seroys donc obligé de leur refuser, qui seroit leur faire affront, et j'en serois marry.
La coustume est que lorsque les Roys entrent en l'église Notre-Dame de Rouen, ils jurent sur l'Évangile de conserver tes Privilèges du pals ; ce que le Roy n'eust pas voulu faire, d'autant qu'il fuit extrêmement à s'obliger par serment. Sur quoy M. i'Archevesque de Rouen ayant assemblé son chapitre, il leur fit trouver bon, avec dextérité, que l'on se contenteront de la parole du Roy, sans le presser de jurer ; et en usa de cette sorte ; dont Sa Majesté fut bien aise.
d'arnauld d'andilly. 327
27. Le Roy va à Dieppe, et en revient le sa- Novembre mit. mecfy.
Lundy 4. Ouverture de l'Assemblée des Notables, à Rouen.
Le vendredy premier, il y avoit eu de. . . grandes contestations entre Messieurs de la Noblesse, et Messieurs des Parlemens touchant leurs Séances. Enfin, le Roy ordonna qu'à l'ouverture de l'assemblée ils seroyent comme en 15..., sans tirçr à conséquence.
Le mardy 5, on croioit ouvrir l'Assemblée; mais les différens de Messieurs du Parlement et de la Noblesse l'empeschèrent. Chacun d'eux vouloit avoir les bancs qui sont vis-à-vis des Ecclésiastiques , et sur lesquels Messieurs les Ecclésiastiques avoyent esté à l'ouverture de l'Assemblée.
Messieurs des Parlemens disoyent, pour partie de leurs raisons, qu'en 1 596 cela avoit été ainsi ; qu'ils ne peuvent estre réputez Tiers-Estat, puisqu'il n'y en a jamais de leurs compagnies qui soyent Députez aux Estats-Généraux, et que leur corps est composé des trois ordres; qu'ils ne reconnoissent point les Gentilshommes députez en cette assemblée, pour représenter le corps de la Noblesse, d'autant que ce n'est qu'une forme de Conseil et non des Estats.
Messieurs de la Noblesse soustiennent, au contraire, qu'il ne faut point alléguer l'exemple de 1596, d'autant qu'on leur fit tort; mais qu'ils ne s'en soucioyent pas, à cause qu'ils savoyent bien que ce ne
Décembre.
Décembre i6i7. pouvoit estre par mépris, veû les services qu'ils
avoyent fraîchement rendus au feu Roy, et qu'ils estoyent encore sur le point de lui rendre, et que cette assemblée n'estant convoquée principalement que pour tirer des Impositions et levées de deniers, Sa Majesté estoit obligée de gratifier les compagnies souveraines, où les vérifications en devoyent estre faites, et en second lieu que, représentant le corps de la Noblesse, on ne peut leur disputer le second rang.
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