Mort de M. Arnaud, Intendant des finances
26. Le Roy va à Saint-Germain. 11 revient le mardy 31. La Reyne estoit malade lorsqu'il partit.
Novembre.
Lundy 13. M. d'Epernon arrive à Paris, où il n'a voit point esté depuis le voyage de Bordeaux, en 1615 \
1 « Ce troisième de mes oncles paternels mourut le 14 octobre 1617, » âgé de cinquante ans, d'une veine qui se rompit, et je ne l'ai jamais » vu que triste depuis que la Reine-mère, à qui il avait tant d'obliga- » tions, eut été reléguée à Blois. » (Mém. d'Arnauld d'Andilly, coll. Petitot, 2* série, t. xxxiii, p. 322.) Voy. aussi, Mémoires d'Arnauld d'Andilly, p. 372 et suiv., l'opposition que fit M. de Luy nés à la proposition soumise au Roi par les principaux membres du Conseil de donner à Arnauld d'Andilly la place de son oncle. Trompé par Luynes qui le payait de belles paroles et de belles espérances, Arnauld d'Andilly n'eut pas la place. Il devint en 1619, comme on le verra plus loin, premier commis de M. de Scbomberg, Surintendant des finances.
2 Voy. Foutenay-Mareuil, p. 404 ; Pontchartrain, p. 251.
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14, Le Roy va à Mantes coucher. Il disna à Novembre îen. Fresnede. M. d'Epernon estoit party de Paris, de très-grand matin, avec M. le Grand, pour saluer le
Roy, avant qu'il partist de Saint-Germain, mais Sa Majesté, qui estoit levé de bonne heure l'ayant attendu environ demi-heure, enfin il s'ennuya et partit, encore que Ton luy dist, qu'il estoit tout contre. M. d'Epernon alla après, et attrapa le Roy au bout du village, lequel luy fit fort bon aocueil. Depuis, H. d'Epernon voulant venir à Rouen, en l'assemblée, fit dire au Roy que si M. de Candalle son fils y estoit, il supplioit très-humblement Sa Majesté de le dispenser de s'y trouver; tellement que M. de Candalle partit de la Cour, environ le 5 Décembre.
15. Le Roy va disner à Vernon, et coucher à Gaillon, qu'il trouva si beau, qu'il luy prit envie de l'acheter de l'Archevesque de Rouen, auquel il appartient1.
17. M. de Luynes va à. Rouen. Mon carrosse dans lequel nous estions, M. Déagent, M. de Fonte -
nay, M. le Vicomte de et moi, verse en haut de
la montagne de Vaudreûil, et fait cinq tours entiers sans que pas un de nous receust aucune blessure considérable.
M. de Luynes estoit en carrosse, et ne" mit point pied à terre pour recevoir quelque Noblesse qui vint au devant de luy près le Pont-de-F Arche ; ce qui ne fut pas trouvé bon, car on dit, qu'il devoit monter à
1 C'était alors Harlay de Chanvallon qui avait remplacé en 1615 le Cardinal de Joyeuse dont il était le coadjuteur.
Novembre un. cheval. Lorsque les officiers de la ville vinrent à la
porte, le saluer et luy faire une harangue, il ne bougea aussi de carrosse, et se tint couvert, ce qui fut trouvé fort mauvais de toute la Noblesse du Païs. M. de Blainville' dit, que les Princes du sang mesmes, et ehtr' autres, M. le Comte de Soissons, n'en avoyent pas usé comme cela. Ce fut M. de Rohan qui en fut en partie cause, disant qu'il avoit toujours fait ainsi en son Gouvernement de Poitou ; mais principalement le comte de la Roche-Guyon et le comte de Chasteauroux 3, qui estoyent dans le carrosse de M. de Luynes. M. le Colonel d'Ornano dit que Monsieur le Maréchal son père écoutoit nue teste les corps des moindres communautez, et qu'autant qu'il estoit impérieux lorsqu'il s'agissoit de commander, il estoit doux et gracieux aux actions de civilité, et de complimens.
Montebene vint dire à M. de Luynes, à la ville : Monsieur, voicy le païs du monde où il faut estre le plus gracieux, et le plus audacieux tout ensemble.
1 Jean de Varigniez, seigneur de Blainville, Conseiller d'État, premier gentilhomme de la Chambre et maître de la garde-robe du Roi, lieutenant au gouvernement du bailliage de Caen, Ambassadeur en Angleterre, mort en 1628. (Voy., sur ce personnage, Fontenay-Mareuil, p. 386.)
2 Jean de Maillé, baron de la Tour-Landry, comte de Chasteauroux, mort des blessures qu'il reçut au siège de Negrepelisse en 1635. Il avait vendu en 1613 son Comté de Ch&teauroux au Prince de Condé.
8 Alphonse Corse, dit d'Ornano, colonel général des Corses, lieutenant-général en Dauphiné et maréchal de France en 1595, lieutenantgénéral en Guyenne en 1597, mort en 1610.
d'arnauld d'andillv. S2â
L' après disnée, M. de Luynes entra à Rouen, avec Novembre mi. quatre ou cinq cens chevaux.
Il a voit supplié tous ses amis de ne point venir au devant de luy ; et néantmoins, il ne put empêcher que ce nombre ne l'accompagnast. Il alla loger à l'archevesché, où Monsieur PArchevesque le receut avec toute la bonne chère du monde.
Le matin, les lettres de la Lieutenance Générale en Normandie, accordées par le Roy à M. de Luynes, furent présentées au Parlement de Rouen par le fils de M, le Président d'Aufreville, âgé de vingt-deux ans1.
Le samedy 18, M. de Luynes, comme Lieutenant Général du Roy, fait l'ouverture des Estats de la province de Normandie.
* Jacques Poirier, sieur d'Amfreville , président à mortier au Parlement de Rouen.
Novembre i6i7. closture des Estats, lequel M. de Luynes assigna au
Vendredy suivant.