Six canons partent, pour aller à Orléans
Le Roy envoyé M. de Cominges Guitaut4, trouver
1 « Le sieur Boutbillier étolt parti de Paris pour la venir trouver, au même temps que les ordres du Roi me furent envoyés par ïe sieur du Tremblay, pour lui rendre compte de tout ce qui s'étoit passé. » (Mém. de Richelieu, p. 537.) « Un des Boutbillier, dit-il, p. 533, simple ecclésiastique pour lors, qui est depuis mort évflque d'Aire, homme de cœur et d'esprit tout ensemble, dont l'adresse et la fidélité étoient égales. »
3 Laurence de Clermont, troisième femme du dernier Connétable de Montmorency, qui l'épousa en 1599, voulut en vain faire annuler son nfcriage, divorça et l'envoya au château de Vilh'ers-lç-Bel, où aile demeura jusqu'à la mort du Connétable en 1614; rappelée à la Cour, elle devint Dame d'bonneur de la Reine Anne d'Autriche et mourut en 1H54.
3 Jean Suffren, né en 1565, jésuite, confesseur de la Reine-mère en 1615, puis confesseur du Roi. Disgracié, le Père Suffren suivit Marie de Medicis en Angleterre et en Allemagne et mourut en 1641. Les sermons du Père Suffren ont été publiés en 1622. On a de lui quelques opuscules et Y Année chrétienne, publiée en 1641 eu 6 vol. ù>4°. {Voy. Biog. Michaud, notice de M. Weiss.)
4 Pierre de Cominges, seigneur de Guitaut, capitaine de deux cents
Mars Mit. M. de Saint-Luc, et luy offrir le payement, en deux ans, sur Broûage, de cent mil francs dont il avoitcy devant eu don ; d'augmenter ses hiiit compagnies de Broûage, qui sont de cinquante hommes chacune, jusques à huit cens hommes, et mesme mille, de lever mille hommes de pied, et quatre compagnies de chevaux légers; de commander en chef tout cela, et mesme plus grandes forces en ce canton là, s'il en estoit besoin. Et si le Roy alloit d'un autre costé, et y faisoit une grande armée, d'y servir en qualité de Maréchal de Camp. M. de Guitaut trouva M. de St- Lucengagé avec laReyne-mère, tellement que toutes ces propositions ne servirent de rien \
10. Le Comte de la Boche Guy on s'en va de la Cour, à cause qu'il n'avoit pas donné à boire au Roy. Il y revint trois ou quatre jours après.
11. Les chambres des Enquestes, ayant seû que le Roy devoit aller au Parlement, députent deux de chaque chambre à la Grand Chambre, pour demander permission de s'assembler à M. le Premier Président. Il fit réponce que le Roy luy avoit mandé par M. Tronçon, qu'il .ne vouloit pas que l'on s'as~ semblast Sur cela, les chambres ayant délibéré, dirent, qu'ils nf estoyent point obligez de croire que M. Tronçon eust porté cette parole à M. le Premier Président, aussi peu que M. de Luynes l'eust dite à
hommes de pied en 1574, lieutenant an gouvernement de Brouageet des lies de Saintonge en 1604, gentilhomme ordinaire de la Chambre en 1611, mort après 1619.
* »*y. Fontenay-Mareoil, p. 43» ; Rkbelieii, p. 548.
d'àbniuld d'anbilly. 411
M. Tronçon, ni que le Roy Teust dite. à M. de Manmi, Luynas ; qu'il n'y avoit qu'une manière par laquelle le Roy parlast au Parlement, qui estait par lettrés .patentes scellées du Grand Seau, et que. sur cela, on délibérait ce que Ton avoit à y répondre ; que si oit les vouloit empêcher de parler au Roy tout bas, dans son Cabinet, et en robbes noires, ils parleroyent tout haut, en plein Parlement, et en robbes rouges ; que si le Premier Président ne le vouloit faire, d'autres Présidens le feroyent ; et que quand mesme ceux-là manqueroyent, il n'y auroit pas faute de Conseillers qui l'entreprendroyent.
Environ ce temps, MM. de Rohan et de la Roche* foucaud vont en .Poitou.
12. Le Roy va au Parlement, où il fit passer les Édits des Petits Seaux, et revente de quelques Domaines, et entr' autres de la forest d'Orléans*.
M. de Béthune part pour aller trouver la Reynemère, de la part du Roy a.
1 Voy. Mère. /V\, p. 152, le compte rendu de cette séance royale. « On » leut deux Edicts, l'un pour la revente du Domaine royal aliéné et dé* » laissement à perpétuité à fciltre de fief, ou cens, avec déniera d'en» » trée : du fends et propriété des bois en gruerie, grairie, segrairie, » tien et danger des forêts, gardes et buissons du duché d'Orléans et » autres Provinces, où Sa Majesté avoit des bois de la nature susdite. » Et l'autre, pour la vente et revente des droicts de petits seaux et a augmentation d'iceux par tout le royaume de France. »*A chaque reprise de la guerre civile, on voit reparaître des mesures fiscales qui, en créant des ressources momentanées au gouvernement, ruinent l'État. La misère du plus grand nombre est toujours la conséquence de l'anarchie fomentée par l'ambition de quelques-uns.
2 M. de Béthune portait à la Reine-mère les réponses du Roi et du Prince de Piémont, en date à Paris du 12 mars, aux lettres de la Reinemère du 23 février. (Poy. ces réponses, Mtrc. /h, p. lftO et- 145.)
Nan m». 13. M. de Bérule part en poste, pour aller, de
la part du Roy, trouver la Reyne-mère. Il revint le cinq avril et repartit le neuf1.
14. Villiers Saint-Genest arrive de la part de la . Reyne, avec une lettre de Sa Majesté au Roy ?. — Sur quelques paroles qu'il dit, le Roy luy dit, que sans le respect de la Reyne sa mère, il luy auroit fait trancher la teste. Villiers répondit qu'il aymeroit mieux mourir mille fois que d'avoir oflencé Sa Majesté, et que s'il l'avoit fait, il la supplioit très humblement de luy faire trancher la teste.
Le jeune Chappes, nommé Villequier*, âgé de quatorze ou quinze ans, se bat avec M. de Bouteville- Montmorency4, environ de son âge.
1 Voy. Mém. d'Arnauld d'Andilly, p. 386 ; Richelieu, p. 530.
* Voy. Merc, fr\, p. 161, cette seconde lettre de Marie de Medicisà Louis XIII, datée d'Angoulênie le 10 mars. On trouve dans le Mercure trois autres lettres de la Reine-mère, en date du même jour, adressées au Chancelier, au Garde des Sceaux et au Président Jeannin, suivies des réponses de ces grands hommes d'État.
3 Antoine d'Aumout, second fils de Jacques d'Aumont, baron de Chappes, mort en 1614, .et de Charlotte-Catherine de Villequier, fut élevé £ la Cour comme enfant d'honneur du roi Louis XIII, porta d'abord le titre de marquis de Villequier, servit au siège de Montauban en 1621, devint capitaine des gardes en 1632, gouverneur de Boulogne en 1635, Maréchal de France en 1651, gouverneur de Paris en 1662, premier duc d'Aumont et pair de France en 1665 et mourut en 1669. (Voy. P. Anselme, t. iv, p, 877 et t. vu, p. 542.) Le Maréchal duc d'Aumont étant mort en 1669, âgé de soixante-huit ans, suivant le P. Anselme, aurait eu, à l'époque du duel dont il s'agit, environ dixhuit ans. La Notice de M. Salabéry, dans la Biog. Michaud, confirme le témoignage du Père Anselme et place la naissance du duc d'Aumont en 1601.
4 François de Montmorency, seigneur de Bouteville, gouverneur de Senlis, se distingua aux sièges de Saint-Jean-d'Angely, de Moniauban,
d'arnauld d'andillt. 413
15. M. de Blainville va Ambassadeur extraordi- Mars i«». naire en Lorraine, sur le sujet de ce que l'on croioit que M. de Lorraine favorisoit M. d'Epefnon.
21. Monsieur le Prince tombe malade. — Mardy 2 avril, MM. Hélin, Duret et Seguin vont au Louvre représenter Testât de sa maladie. La cause en estoit attribuée à profonde mélancolie. Il fut tenu plusieurs. jours hors d'espérance. Il fut permis à Madame sa mère,, à Madame la Comtesse* à Mro* de Ventadour ' , à MMe la Comtesse d'Auvergne8, à Mme de la Trémoille 8, à Mme de Fontaines 4, à M"e la Grande5 etc. . .
de l'aller visiter.
de Royan et de Montpellier, se rendit tristement célèbre par ses nombreux duels et surtout par le dernier contre le marquis de Beuvron, à l'occasion duquel il fut condamné à avoir la tête tranchée, ce qui fut exécuté le 22 juin 1627.. (Foy. P. Anselme, t. ni, p. 588.) Il eut pour fils posthume le célèbre maréchal duc de Luxembourg.
1 Marguerite de Montmorency, fille du Connétable et telle-sœur de Monsieur le Prince, mariée en 1593 à Anne de Lé vis, duc de Ventadour, morte en 1660.
3 Charlotte de Montmorency, sœur de la précédente, mariée en 1591 à Charles de Valois, comte d'Auvergne, depuis duc d'Angoulcme, morte en 1636.
3 Le jeune duc de la Trémoille avait épousé le 19/ janvier de cette année 1619, sa cousine, Marie de la Tour, fille de Henry de la Tour, duc de Bouillon et d'Elisabeth de Nassau, qui mourut en 1665 ; mais les nouveaux mariés notaient pas encore revenus de Sedan, comme on le verra plus loin. Il s'agit ici de îa duchesse de la Trémoille, douairière, Charlotte Brabantine de Nassau, fille de Guillaume II de Nassau, Prince d'Orange, et de Charlotte de Bourbon-Montpensier, alliée de Monsieur le Prince.
* Anne de Bueil, fille de Louis de Bueil, comte de Sancerre, grand échanson de France, et de Jacqueline de la Trémoille, veuve depuis 1590 de Honorât de Bueil, seigneur de Fontaines, conseiller d'État, vice amiral, lieutenant-général en Bretagne, gouverneur de Saint» Malo. Elle était par sa mère alliée à Monsieur le Prince. 9 Anne de Bueil, dame de Fontaines, fille des précédents et femme
ftift. * JOURNAL IOT&ÏHT
m» te». Le lundy 8 avril, le Roy luy renvoyé son épée par
M. de Cadenet, et luy écrit : Mon cousin, je suis bien fâché de vostre maladie. Je vous prie de vous réjouir. Incontinent après que j'auray donné ordre à mes affaires je vous donneray vostre liberté. Réjouïssez-vous donc, et ayez assurance de mon amitié. Je suis..., '
23. Premier courrier de M. de Béthune arrive, avec une grande dépesche de luy, dont quelque chose du sommaire est, qu'ayant leû la lettre du Roy, la Reyne dit à M. de Béthune, qu'estant en créance sur luy, elle seroit bien ayse de savoir ce qu'il avoit à dire, (et cela en présence de M. d'Epernon), à quoy M. de Béthune ayant répondu qu'il n' avoit charge de parler qu'à elle seule, et en particulier, elle insista fort disant qu'aussi bien elle auroit la peine de le luy redire. Enfin, il parla à elle, à part, et ne luy ayant dit que les mesmes choses que contenoit sa lettre, elle dit qu'elle s'étonnoit de cela, puisque la lettre es toit en créance sur luy. Ensuite, elle luy fit ses pleintes du mauvais traittement qu'elle avoit reçeu, excusa fort M. d'Epernon, et en dit beaucoup de bien. Enfin, estant entrez jusques aux avis des désordres dont elle avoit à informer le Roy, elle dit à M. de Béthune, que s'il vouloit, elle les luy feroit entendre. À quoy M. de Béthune répondit, qu'il n' avoit point charge de rien écouter de cela; (en cela,
de Roger de Saint-Lary et de Termes, due de BeHegarde, pair et grand écuyer de France.
* Voy, Merc. /h, p. 185.
d'arnauld d'ànmlly. 415
1 qu'il avoit fait très grande faute* pour ce ma» m». oit oùir, et dire à la Rçyne, qu'il ne voioit apparence de parler de cela au Roy, etc.,» Et antmoins écrire le tout au Roy).
25. M. Arnaud le Mestre de camp dés Carabins, envoyé par le Roy vers M. Sully, trouva que la Reyne mère luy avoit écrit trois ou quatre fois, et qu'il commençoit à se fort, engager de ce ôôBté là. Il le ramena à ce qu'on eust pu désirer. Revint le samedy 30. Il y retourna encore depuis, un second voyage, sur la fin du mois d'Avril, dont il revint le dernier du dit mois. — Dix sept mil livres pour les garnisons, non comprises .en celles de seureté*
Lundy 1. M. de Guise arrive à la Cour» aviu.
Il arrive nouvelle au Roy que les habitans de Boulongne s' estoyent barricadez contre le .chôsteftu. (Meuz qui y commandoit, n' avoit que sept ou huit hommes, et point de pain. ) M, -de Loriguevilie s'offence extrêmement de ce que l'un refuse de l'y envoyer. Le Roy, quelque temps après, envoya quérir ledit sieur de Meuz, lequel vint. D,epUte, environ le 18 avril, on y dépe&ohe Fouquerolles, Exempt des gardes, avec deux Archers \
' * Voy. Richelieu, p. 542; Pontchartrain, p,277; Merc*.fr.%v* 1?5. Le Mercure rapporte une lettre que la Reine-mère écrivit au Roi- au sujet de cette affaire, pour se plaindre que l'on attaquait les places dan» lesquelles elle pouvait au besoin trouver sa sûreté. Le duc d'Kpernon était gouverneur de Boulogne; son lieutenant remit la place entre les mains du Roi.
416 JOURNAL TNÉOTT
a*»u te». 3. M. le Maréchal de Vitry revient à la Cour
avec le gré du Roy.
ft. M. de Vendosme refusé d'un pouvoir de commander en Bretagne, et en Normandie, dit qu'il ne seroit jamais avec M. de Luynes. Parle au Roy contre luy. Le Roy l'interrompt et luy dit, qu'il estait en colère. M. de Luynes luy en ayant fait pleinte, il dit, qu'il estoit vray, etc..
6. M. de la Tremoille revient de Sedan, où il s'estoit allé marier à la fille aisnée de' M. de Buillon, quelque six semaines ou deux mois auparavant \
M. d'Epernon part d'Angoulêsme, avecdôux canons, pour aller secourir Uzerche.
8. Le Roy écrit à Monsieur le Prince, et luy renvoyé son épée (vide supra) *.