Le Roy ya à Saint-Germain
M. de Bérule repart en poste, pour aller à Àngoulesme.
M. le Cardinal de La Rochefoucaud part, pour aller à Angoulesme, où il arrive le vendredy 19, avec pouvoir d'offrir Angers, Chinon, Pont de Ce. II revient le 15 juin4.
' 12. L'abbaye d'Uzerche prise par M. de Schomberg, qui la fit attaquer par cinq ou six endroits, pendant que ses gens entroyent par un trou de cave
• • Voy. note 3, pi 413.
2 Voy. Pontchartrain, p. 280.
* Voy. Pontchartrain, p. 279.
* Voy. Mère, fr.^ p. 180. Le Père -de Bertille et le Cardinal' de 1* Rochefoucauld étaient chargés ainsi que M. de Béthune de traiter dfi la réconciliation entre le Roi et la Reine-mère.
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que leur avoit enseigné un prestre. M. d'Epemon a^thic». n'estoit qu'à deux lieues de là, avec cinq ou six cens bons chevaux. On dit qu'il avoit laissé son canon à dix lieues de là, avec son Infanterie, qui estoit de deux ou trois mil hommes de pied1.
13. Le Comte de Boullay arrive comme Ambassadeur extraordinaire du duc de Lorraine. On luy donne un brevet de Colonel des Vuallons, et une pension de six mil écus, et quatre mil écus à quatre gentilshommes qu'il nomma, dont Ch amble estoit un. Lesdits quatre mil écus en pension.
18. M. de la Valette ayant reconnu l'affection que les habitans de Metz avoyent au service du Roy, fit entrer la nuit dans la citadelle les Régimens de Chamble et de Gastinois, montant à dix-huit cens hommes, et le matin, estant sorty avec toutes ses troupes et ce qu'il avoit auparavant, avec deux pièces de canon, et ayant disposé ses gens dans toutes les principales places et aux portes des églises, où il savoit que les habitans avoyent leur rendezvous, il envoya des soldats, avec des flambeaux, et de la paille allumée, crier par toutes les maisons, que s'ils n'apportoyent à l'heure mesme toutes
1 Foy, Fontenay-Mareuil, p. 439; Richelieu, p. 540 ; Pontchartrain, p. 279; Merc. fr., p. 172. Le Mercure donne de grands détails sur la prise de l'abbaye d'Uzerches. Le duc d'Épernon était possesseur de cette abbaye, située dans son gouvernement de Limosin ; le comte de Schomberg était lieutenant du Roi dans la môme province. On trouve dans le récit du Mercure une lettre de la Reine-mère au Roi au sujet de cette affaire, et la lettre par laquelle le comte de Schomberg annonce au Roi le succès de son entreprise,
Avru 1619. leurs armes, chacun eji l'Église de sa Paroisse, on mettrait le feu à leurs maisons ; à quoy ils obéirent à l'heure mesme. Mais ils ne rendirent pas tout Et un d'entr'eux qui se vanta, quelque temps après, qu'ils n'estoyent pas encore désarmes, fut cause que l'on fit une seconde recherche , en laquelle il s'en trouva encore quantité. Cependant, les portes de la ville ayant esté fermées quelques jours, et y ayant eu quelques coups de canon tirez en l'air, M. de Vaudemont, qui creut qu'il y avoit eu émotion, en donna avis au Roy, qui dépescha en mesme temps à M. de Praslin, avec commandement, ou en son absence, à M. de Feuquière, de mener toutes les troupes de Sa Majesté à Metz, ce que M. de Praslin fit; mais il estoit trop tard* 11 n' avoit que quinze cens hommes de pied et deux cens chevaux. Depuis, M. de la Yallette fit faire encore une recherche d'armes, et fit oster aux habitans jusques aux broches, serpes, fourches, etc. '.
21. Le Roy revient de Saint-Germain à Paris, et y retourne le mardy 23 2.
27. M. de Brante, pourveû de la charge de capitaine des chevaux légers de la Compagnie du Roy, qu'avoit M. de la Curée pour le prix de cent mil écus, savoir soixante quinze mil écus comptant et la charge de capitaine au Régiment des Gardes, qu'avoit M. de Brantes, baillée à M. de...... neveu de
1 Fty. Richelieu, p, 6*0; Pontcharttaie, p. 280; Merc. /h, p. 186.
* Vey, Mtrc. /h, p. 180, une longue lettre du Roi, datée de Paris
le 23 avril, en réponse à celle de la Reine-mère du 11 du même mois.
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M* de la Curée, estimée à trente mil écus. M. de Arm un. Brantes vend sa charge de Cornette à M. de Vie1, quarante mil écus»
Le soir de ce raesrae jour, M. de Bérule arrive au faubourg Saint-Jacques ; et le lendemain, va à Saint- Germain. La Reyne-mère demandoit Amboise, outre ce qui luy avoit esté accordé; ce qui luy fut refusé. Il repart le 4 may, pour retourner à Angoulesme2.
29. M. de Traisnel 8 part pour aller Ambassadeur extraordinaire en Angleterre, avec charge de parler du mariage du Prince avec Mmt Henriette* m le Prince de Piémont s'est pleint de ce qu'ayant travaillé à nous remettre en bonne intelligence avec Angleterre, et raesme luy ayant esté dit qu'il faloit penser à ce mariage avec une des Infantes de Savoye, né.antmoinsf on a donné la commission cy dessus à M. de Traisnel, sans luy en communiquer4.
Mardy 7. Le Roy part de Saint-Germain et va m*coucher à Linas, le mécredy à Estampes ; le jeudy , jour de V Ascension, il y séjourne; le vendredy à
4 Gédéon de Vie, seigneur d'Ermenonville, fils du Garde des Sceaux Méry de Vie, maréchal des camps et armées du Roi, cornette de la compagnie de deux cents cherau-légers de sa garde ordinaire en 1 61 9, mort en 1636.
* Vûy. Mém. d'Arnauld df Andifly, p. 388, ce qu'il dit de l'effet produit sttr'la Reine par une lettre du Roi dont Arnauld, à la demande de Déageant, avait rédigé la minutée
1 François Jouvenel des Urains, marquis de Traynel, chevalier des Ordres, Ambassadeur à Rome et en Angleterre en 1610, maréchal des camps et armées du Roi, mort en 1650. (Voy. P. Anselme, t vi, p. 407.)
4 Voy. Pontchartrain, p. 281*
May im. Toury, et le samedy à Orléans. La veille de son partement de Saint-Germain, il avoit esté, assuré de la paix. Grande faute en ce voyage ; car il ne faloit point partir de Paris, pour ne pas amender sa condition1.
Mort de la Maréchale de Fervaques 2. M. de la Trémoille y gagna vingt cinq mil livres de rente , qu'elle tenoit pour douaire, et M. d'Elbeuf, dix sept mille.
9. Jour de l'Ascension. La Reyne-mère commanda au Père Suffren de faire entendre en son sermon, comme la Paix estait achevée; et après, fitchan-
* « En Tannée suivante, 1619, M. le duc d'Épernon ayant enlevé » la Reine-mère de Blois et l'ayant menée à Angoulême, chacun sait » qu'il se passa une longue négociation dont M. de Bérulle, qui ne » fut Cardinal que longtemps après, faisoit toutes les allées et venues. » Le Roi, pour presser davantage l'effet de cette négociation, en s'ap- » prochant plus près d'Angoulême, partit de Saint-Germain le 7 mai » et alla à Tours, où il demeura jusqu'à ce qu'elle fût terminée, et » n'en partit, pour revenir vers Paris, que le 19 septembre. » (Méra. d'Arnauld d'Andilly, p. 386). Les détails d'Arnauld d'Andilly sur le voyage du Roi sont d'autant plus exacts qu'il suivait la Cour et qu'il resta avec elle à Tours, ainsi qu'on l'apprend par ses Mémoires, p. 386 et suiv. Voy. aussi Pontchartrain, p. 282.
1 Anne d'Alègre, fille de Christophe d'Alègre, seigneur de Saint- Just, et d'Antoinette du Prat, veuve en premières noces de Guy Paul de Coligny, comte de Laval, remariée en 1599 et veuve de Guillaume de Hautemer, comte de Grancey, seigneur de Fervaques, maréchal de France en 1595, lieutenant-général au gouvernement de Normandie, mort en 1613. (foy. P. Anselme, t. vii, p. 393 et 395.) U s'agit ici du douaire dont jouissait la maréchale de Fervaques comme veuve do comte de Laval, qui n'avait 4aissé pour héritier que Guy de Cotigoy, comte de Laval, XX* du nom, mort en 1605. « Par sa mort sans al- » liance, dît le P. Anselme, tout le bien de la maison de Laval fut dé- « votu à Henry, sire de la Trémoille, duc de Thooars. » {%'•§ . P. Anselme, t. vu. p. 156.)
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ter le TeDeum en sa présence, en la principale Église. May m». Et suivant cela, MM. le Cardinal de la Rochefoucaut et de Béthune, envoyèrent à M. du Mayne une lettre de cachet, qu'ils avoyent du Roy, pour faire retirer ses troupes4. Il estoit à Chasteauneuf, que douze cens hommes de M. d'Epernon luy avoyent quitté, s' estant retirez de nuit, et bloquoit Congnac, où esloyent MM. de Thoulouse, de Biron % Ambleville \
13. M. de Nevers arrive en l'armée de Champagne, dont il avoit Je commandement. M. de Praslin envoya M. de Feuquière le trouver, et puis y fut luy mesme, jusques à quatre lieues du quartier ; et M. de Nevers fut au devant de luy ; et se rendoyent de grans honneurs l'un à l'autre.
14. Le Roy reçoit par Picaut les nouvelles de la paix publiée à Angoulesme ; mais d'autant que la Reyne-mère avoit dit à Messieurs les Députez du Roy , que dans quatre ou cinq jours elle leur rendroit réponce , si elle acceptait les offres que le Roy luy feisoit d'Angers, Chinon, Pont de Ce, et Gouvernement d'Anjou, au lieu du Gouvernement de Normandie; ou bien, si elle se tiendroit à ce qu'elle avoit ; cette irrésolution mit le Conseil du Roy en
* Voy. Pontchartrain, p. 283.
1 Jean de Gontaut, baron de Biron, fils du premier Maréchal de Biron et frère du second Maréchal de ce nom, décapité en 1602, mestro de camp du régiment de Picardie en 1596, capitaine de cent hommes d'armes en 1615, conseiller d'État, maréchal de camp, mort en 1636. (Foy. P. Anselme, t. vu, p. 305.)
1 Jean ou Bertin de Mornay, seigneur d'Ambleville. {Votj. P. Anselme, t. vi, p. 294.)
peine, craignant qu'il n'y eust quelque chose caché dessous ; et on trouva mauvais que Messieurs les Députez eussent mandé à M. du Hayne de se retirer, avant que d'avoir eu une résolution finale ; de sorte que par la dépesche qu'on leur fit, on ne leur témoigna pas contentement de leur Procédure. Et m'a esté dit, que Ton manda à M. du Mayne de ne pas s'éloigner. On tient qu'il avoit dix à douze mil hommes de pied, et de quinze cens à deux mil chevaux, tous fort bons hommes1.
14. En mesme temps, on envoyé H. de Marousan à Angoulesme, et je croy que ce fut luy qui porta la susdite dépesche. Il trouva que la Reyne-mère n'y entendoit point finesse ; mais que ce qui Tempeschoit de se résoudre, estoit que d'un costé, ceux qui estoyent près d'elle , comme M, de Meux', Chanto-
' Suivant Richelieu, p. 545, les conditions du traité d'Angoulême qui rétablit la paix entre le Roi et la Reine-mere forent : l'oubli de tout le passé; la sûreté que le Roi donnait pour les personnes et pour les charges de ceux qui avaient servi la Reine ; 50,000 écus de récompense accordés au duc d'Épernon pour Boulogne; l'échange du Gouvernement de Normandie que la Reine avait en celui d'Anjou et des villes et châteaux d'Angers, du Pont-de-Cé et de Chinon ; 500,000 écus accordés au Roi pour les frais de la guerre. Ce traité, comme tous les précédents, fut bientôt violé, et l'anarchie désola de nouveau le royaume. (Fay. aussi Pontchartrain, p. 584.) Le Jfrir. /h, p. 200, rapporte textuellement dix articles proposés au nom du Roi par le Cardinal de la Rochefoucauld et H . de Béthune et acceptes par la Reinemère le dernier jour d'avril. Ces articles ne renferment pas les principales conditions énumérées ci-dessus ^ qui firent l'objet d'un traité particulier.
* Jean de Rouville, seigneur de Meux, capitaine de la cavalerie légère en Allemagne, des douze compagnies d'ordonnances, {rot/. P. Anselme, t. vm, p. 713.)
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loube et autres, la vouloyent porter à accepter les May m*. places que le Roy luy offroit ; et de l'autre, Son inclination, et le conseil de plusieurs de ceux qui s'estoyent engages à la servir , la portoyent à ne rien prendre.
16, Le Roy va à Blois, et le lendemain , à Àmboise,
17. Ceux qui estoyent dans Pont à Moulins 9 . pour M. de la Valtette, ayant seû que le canon que M. de Nevers attendoit estoit arrivé , ils sortirent tous la nuit, et ne laissèrent que dix mousquetaires, qui ouvrirent les portes à M. de Nevers, sans aucune résistance, lorsqu'il se présenta le lendemain matin.
Depuis la Pentecoste qui fut le 19, jusques au 23, M. de Nevers prit, sans résistance, trois autres chasteaux, savoir, la Horgne, Vry , et Àmery ; pour achever le tour entier de Metz, il devoit prendre le lendemain la Douchant.
23. M. de Bérule arrive à Àmboise, ne mettant point en doute la conclusion de la paix, qu'il* tenoit entièrement achevée , dès le jour de l'Ascension. Et de fait , il ne vint point en diligence, mais en carrosse avec M. le Cardinal de Sourdis, qu'il rencontra par occasion.
M. de Mafousan arrive le mesme jour , qui rapporta aussi toutes bonnes nouvelles, et que ce que la Reyne désiroit, estoit, que si le Roy avoit agréable qu'elle prist les places qu'il lui offroit, il lui pleust le luy témoigner par un mot de lettre.
Ma> icj9. m. (Je Marousan retourna à Angoulesme trois ou
quatre jours après.
28. On licencie l'armée, qui estoit à la suite du Roy, en la sorte qui -s'en suit. On casse entièrement les Régimens de la Rinville et du Ménillet, et quant à ceux de Picardie, Piémont, Navarre et Beaumont, les dix compagnies. qu'ils avoyent de cent hommes chacune, sont réduites à cinquante hommes, qui est une augmentation d?entretenement qu'ils n' avoyent jamais eu auparavant en temps de paix; car outre ces dix compagnies des vieux Régimens entretenus maintenant à la Campagne, les vingt vieilles Compagnies demeurent toujours dans les garnisons.
Des seize cens Suisses de nouvelle recrue, en sont conservez six cens ; le reste renvoyé.
Quant aux Régimens de Champagne, Chapes \ Bourg, Vaubecour, et Rambures2, j'estime qu'ils seront traittez comme les susdits. — Ce qui s'est fait aussi.
Quant à la gendarmerie et cavalerie légère
1 Ce régiment portait le nom de Jacques d'Aumont, baron de Chappes, gentilhomme ordinaire de ht Chambre, colonel dudit régiment au siège de Rouen en 1501, sous le Maréchal d'Aumont son père, Prévôt de Paris en 1594, mort en 161 A. Le baron 4e Chappes eut entre autres enfants le Maréchal duc d'Aumont. ( Voy. P. Anselme, t. iv, p. 876.)'
2 Charles, sire de Rambures, capitaine de cinquante hommes d'armes, gouverneur de Doûllens et du Crotoy, dit le brave Mmbwes^ maréchal de camp et raestre de camp d'un régiment entretenu par le Roi, chevalier des ordres en 1619, mort en 1633, « après avoir été i» contraint, dit le P. Anselme, de se faire couper le bras droit pour » deux vieilles blessures reçues Tune à la bataille d'Ivry et l'autre au » siège d'Amiens. » (Voy. P. Anselme, t. vu, p. 68.)
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Ce mesme jour, le Roy va à Tours '♦ **y h».
M. le comte de Brenne vient trouver le Roy, avec lettres de la Reyne-mère ; n'ayant point encore veû Sa Majesté, et estant dans l'antichambre, teste nue, comme tous les autres, M. de Luynes passe, le chapeau à la main, et jettant les yeux sur M. le comte de Brenne, M. le Comte de Brenne se tint ferme , et se recula, plustost que de s'avancer ; et M. d'Elbeuf passant après, il luy alla faire une très grande révérence, et ensuite à quelques autres. Le Roy, qui en fut fâché, ne receut pas trop bien M. le comte de Brenne, lorsqu'il luy rendit sa lettre., laquelle se trouvant estre en plus fâcheux termes, qu'aucune des précédentes, et M. le comte de Brenne s' estant comme laissé entendre , que ce qu'il n'avoit point salué de Luynes, n'avoit pas esté sans que la Reyne le trouvast bon, on commençoit à entrer en défiance qu'il y eust quelque chose de caché là dessous. Mais enfin, on découvrit que tout cela procédoit de l'artifice de
Ruscellay et de sa cabale, comme le M de Mou. . . 3
qui estoyent très marrys de la -paix, et cherchoyent un moyen de rompre. Ce qui fut encore confirmé, parce que le comte de Brenne, estant pressé, et enquisde diverses personnes, s'il avoit commandement de la Reyne Mère, de faire ce qu'il avoit fait, il reconnut que non ; et M. de Marousan écrivit en mesme temps, que la Reyne Mère estoit tellement résolue à
1 Voy. Pontchartrain, p. 285.
3 Le marquis de Mouny ou Mosny, premier écuyer de la Reine-mèro, grand ami de Russelay.
426 JOURNAL IlftfDIT
iuy wit. faire tout ce qu'il plairoit au Roy, qu'elle avoit approuvé, sans aucune difficulté, toutes les propositions que M. le Cardinal de la Rocbefoucaut luy avoit fait de sa part.
30. Le Roy renvoyé M. le comte de Brenne, sans lettre, (on en avoit fait une de quatre lignes, mais qu'il ne voulut pas que Ton luy baillast) , avec quelques paroles de compliment à la Reyne, et charge de luy dire, qu'il luy feroit réponce par un Gentilhomme exprès.
jmn. Samedy 1. M. de la Gbesnaye part, pour aller à
Angoulesme.
2. M. de Bérule part, pour aller en poste à Angoulesme, et porte la réponce du Roy à la lettre qu'il avoit receue de la Reyne-mère.
ft. Le Roy va au Lude et en revient le...
La Reyne va à Nostre Dame des Ardillières, près Saumur, et le lendemain au Verger, d'où elle revient à Tours le...
6. M. de Vendosme vient de Bretagne, trouver le Roy à Tours, où il attendit Sa Majesté.
M. de Marousan revient d' Angoulesme trouver le Roy au Lude. — Il rapporte que la Reyne-mère avoit accordé généralement tout ce que le Roy avoit voulu, qu'elle désavoûoit entièrement l'action de M. de Brenne, se sentoit obligée au Roy , de ce qu'en sa considération, il ne l'avoit pas plus mal-traitté ; reconnaissent n'avoir point compris le sens de la lettre dernière qu'elle avoit écrite au Roy par luy; que
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c'estoit Ruccelay qui luy en avoît baillé la roinutte, mm m».
qu'il y avoit pins de trois semaines qu'il la luy avoit
baillée pour l'écrire; mais que M. de Luçon ne l'ayant
point trouvée bien, elle ne l' avoit pas voulu signer;
que depuis M. Ruccellay luy avoit dit, qu'elle avoit
esté changée, et la luy avoit fait écrire ; qu'elle estoit
fort contente de la réponce que le Roy luy avoit faite
à ladite lettre, par M. de Rérule, et que sur cela, elle
en récriroit une autre telle à Sa Majesté, qu'elle espé-
roit qu'il en demeureroit content.
13. M. le Prince de Piémont part de Tours en poste, va coucher à Poitiers, et le lendemain, disner à Àngoulesme.
M. de Bonneûil l l'accompagne, et M. de la Rochefoucaut, pour faire l'honneur en Poitou. Il fut si bien reçeu par la Reyne-mère, qu'au lieu qu'iUroioit revenir deux jours après, il ne revint que le Iundy 24. M. le Prince Thomas l'accompagna aussi. Il eut une chaisne de dix mil écus , et M. le Prince Major, un diamant de seize mil écus \
Environ 1 4. L'Ambassadeur d' Angleterre arrive à Tours, à la Cour. M. le Marquis de Traisnel estoit revenu quelques jours auparavant à Paris, et arriva à la Cour, environ le 19.