Leurs Majestez envoyent quérir Messieurs des
Choisy, c'était la maîtresse de M. de Montmorency. <> Il aima d'abord la Choisy, fille de bon lieu, mais très-galante, » dit Tallemant dans la môme historiette. M. Paulin Paris, dont le savant et précieux commentaire éclaire toujours le texte de Tallemant, nous apprend que la Choisy était une des filles de Jacques de l'Hospilal, marquis de Choisy, soit Louise, comtesse de Castries , soit Francienne, M""* de la Grange- Quincy. Elle était donc parente de M. de Vitry qui fut le second de M. de Retz.
1 Voy., sur cette affaire, Pontchartrain, p. 89.
2 II fut tué au siège de Saint-Jean-d'Angely, en 1()21.
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conipaj;nies soiivcr.-iiiiosqiii sereiidontà doux hom-cs au liOuvre. \^e Roy dit (juclque pou do mois, puis la Royuo prtMiaiil la parolo, dità McssicHU'sdu ParkiiK^nl (lue s'en allant en voyage, le Roy leurrecomniaudoit 1(^ soin de Paris et de la personne de Monsieur '. Monsieur le Premier Président répondit avec toutes sortes do protestations d'()l)éissance, puis supplia Leurs Majestez de vouloir tacher d'appaiser tous les mouvements émeus. A cela, la Reyne répondit que la conclusion du mariage assureroit la paix dedans et dehors le royaume. Sa Majesté dit fort peu de chose à Messieurs des Comptes (M. de Verderonne portoit la parole), et ;\ Messieurs de la Cour des A.ydos (M. de Rebours'' portoit la parole). Tous les présidons du Parlement y estoyont hormis M. Séguier. Monsieur le Chancelier ne dit un seul mot. Ajirès que la Reyne eut parlé, on fit approcher de Leurs Majestez tous les président pour prendre congé d'elles, fors M. le président le Jay, lequel voyant qu'on ne l'appelloit point s'approcha de luy-mesme. On dit que la Reyne luy dit : Je n'ay que faire à vous, ou bien, je ne veux point parler à vous. Sur
1 Gaston -Jean-Baptiste de France, duc d'Anjou, puis duc d'Orléans, né en 1608, mort en IGGO.
2 Claude de l'Aubespine , seigneur de Verderonne, secrétaire des finances du Roi et de la Reine-Mère, président de la chambre des comptes.
^ Guillaume le Rebours, né vers 15/i5, président à la Cour des Aides en 1578, joua un certain rôle pendant le siège de Paris par Henri IV, où il eut la jambe cassée par un boulet, conseiller d'Etat en 1597, mort en 1619 {f'oij. son article, Biographie Mickaud, et Mém. de l'Estoile, Petilot, 1" série, t. xt.vi, p 50).
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quoy M. le Jay n'ayant laissé de parler, elle répondit : Quand vous ferez ce que vous dites, vous ne lerez que votre devoir'.
La Reyne écrit à Messieurs de l'hostel de ville qu'ils luy donnassent avis comme il estoit besoin de faire pour la seureté de la ville et de Monsieur. Monsieur le Premier, après avoir donné sa lettre, ne se retira pas, contre ce qui est des registres de la ville. Il passa à faire faire grande garde aux portes. M. Arnaud avoit esté d'avis de faire assemblée générale, de faire garder Saint-Denis , Saint-Clou et autres avenues , avoir des sentinelles perdues à cheval , mettre seulement dix ou douze hommes à chaque porte, pour voir quels gens entrent, quels chevaux de service, poudres, armes, etc. ; avoir des herses à chaque porte et un homme dessus pour couper la chaisne ou la corde en cas qu'il parust quelque chose ; faire refaire les brèches, envoyer les eschevins pour faire avaler les bleds qui sont à Chàlons, Epernay et ailleurs ; obliger les baillages de Gonnesse et autres de fournir certaine quantité de pain chaque jour de marché à certain prix.
7. Messieurs de la ville vont trouver la Reyne pour dire leur résolution. Messieurs du clergé font harangue à la Reyne. M. de Saint-Victor- portoit la parole. Ils se pleignent fort d'un brevet obtenu par
1 Foy. Pontchartrain, p. 9G.
2 François de Hailay de Chanvalon, abbé de Saint-Victor de Paris, archevêque de Rouen en 1613, se démit en 1003 en faveur de son neveu du même nom, mort en 1653.
d'à n\ Al II) n'AiNDii I ^. <.)0
M. df Lesdiguièri's' tic Tabbayc de Suint- A.nloiiiii en Daiipliinù (chef d'ordre), en laquelle les moines aNovLMit csleu selon la coustuine. Il insista fort sur le concile de Trente. La harangue finie, Monsieur le ('chancelier témoigna estre Tort en colère".
M. de Chevry fait Intendant des finances par le moyen do la maréchale d'Ancre, à qui il donne quarante mil écus.
M. de Loménie fut trouver M. le président le Jay de la part du Roy et luy dire que Sa Majesté luy commandoit de la suivre en son voyage et de se rendre le jeudy à Orléans. 11 fit répondre que le Roy luy faisoit beaucoup d'honneur, mais qu'il estoit fort malade (il s'estoit mis au lit, etc.). Depuis M. de Loménie y retourna pour la deuxième fois et luy dit que le voyage ayant esté différé pour quelques jours, le Roy luy inandoit qu'il n'y avoit plus d'excuse de se rendre aussitost que luy à Orléans. Il s'excusa derechef sur sa maladie, et puis dit que quand bien il seroit en estât de pouvoir aller, il ne pourroit néantmoins, estant président en la première Cour souveraine de France et ayant esté porté à ceste charge après que l'on l'en avoit jugé digne, s'asseoir dans le Conseil après plusieurs autres qui le voudroyent précéder. Sur cela, M. de Loménie repondit
* François de Bonne, duc de Lesdiguières, gouverneur du Dauphiné, maréchal de France en 1608, duc et pair en 1019, maréchal de camp général des armées du Roi en 1621, Connétable de France en 1622, mort en 1626.
2 Voy. Richelieu, p. 265. Voi/. More, fr., t. iv, p. 204. Suivant le Mercure, cette remontrance fut faite par l'archevêque d'Augustopolis
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que le Koy vouloii qu il viiist jioiiobstanl toutes ces raisons; et qu'en attendant que Ton partist Sa Majesté luy défendoit absolument de plus aller au Parlement. A quoy il répliqua que puisque la volonté du Roy cstoitdc le priver ainsi de sa charge sans en avoir donné aucun sujet il ne manqueroit pas d'obéir, mais qu'à tout le moins on luy permist d'aller dire au Parlement comme on luy avoit défendu d'y plus assister. M. de Loménie fut encore depuis, pour la troisième fois pour luy dire que le Roy vouloit absolument qu'il vint. Sur quoy, il répondit : Monsieur, le Roy se moque de vous et de moy, car si Sa Majesté désiroit que j'allasse, elle vous en auroit baillé un commandement par écrit '.
9. Leurs Majestés croyant assurément partir le lendemain, Marcongnet arrive sur les onze heures, et leur apporte un manifeste de Monsieur le Prince". Sur cela, le voyage est remis au jeudy. On prend sujet sur des armes surprises et quatre hommes du marquis de Bonnivet^ tuez, qui menoyent des armes
* Brienne, dans ses mémoires, ne parle pas de cette mission de son père auprès du président le Jay. Il dit seulement que lors du départ du Roi, chargé d'inviter le Président à suivre la Cour, et en cas de refus de s'assurer de sa personne, M. de Loménie feignit d'être malade pour se soustraire à cet ordre (Brienne, éd. citée, p. 303).
2 Voy. Richelieu, p. 201-263; Fontenay-Mareuil, p. 289; Voij. Merc. fr., t. IV, p. 159 et suiv., le texte de ce manifeste du prince de Condé, avec les réponses que l'on y fit. Ce document curieux, qui expose longuement les griefs du prince de Condé contre le gouvernement, peut donner une idée de l'état de la France en ces temps d'anarchie.
3 Henry-Marc-Alphonse-Vincent Gouffier, seigneur de Crèyecœ<ir, marquis de Bonnivet, né en 158G, mort en 10/|.">.
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plein un chiiriot de clic/. M. de Monlcavrel ' son beau- aousi ios. père, i)ai' le lieutenant de M. de Maigneux à Montreuil.
Le malin, la Reyne ayant fait son bonjour en la paroisse de Saint-Gennaiii , elle s'évanouit et se trouva fort foiblo.
M. de Coubron apporte à M. d'Espernon un paquet de Monsieur le Prince, et sous la première couverture il y en avoit une autre qui s'adressoit à Messieurs les Ducs et Pairs de France.
10. On donne à M. de Bois-Daufin - le commandement général de toutes les forces que Sa Majesté laissera icy, et à M. de Praslin la charge de maréchal de camp général, et à M. de Bassompierre^ cette mesme charge en l'absence de M. de Praslin \
11. Le sieur de Coubron porte le manifeste de Monsieur le Prince au Parlement, et puis se retire
' Jean de Moncliy, seigneur de Montcavrel, gouverneur des ville et château d'Ardres, mort en 163S.
2 Urbain de Laval, marquis de Sablé, seigneur de Boisdauphin, conseiller d'Etat, maréchal de France en 1395, gouverneur d'Anjou en IGOi, mort en 1629.
3 François de Bassompierre, né en 1579, colonel général des Suisses et Grisons en IGU, ambassadeur en Espagne en 10:21, fut aux sièges de Saint-Jean-d'Angely, de Montheur, de Royan, de Montpellier ; maréchal de France en 1622, ambassadeur en Suisse en 1625, en Angleterre en 1626, commanda au siège de la Rochelle, en Piémont en 1629. S'étant brouillé avec Richelieu, il fut arrêté en 1631 et mis à la Bastille où il resta jusqu'en 16i3, mort en 16h6. Il a laissé de précieux Mémoires recueillis dans les collections Petitot et Michaud (Foj/. P. Anselme, t. vu, p. 46i).
* Voij. Fontenay-Mareuil, p. 289-290; Rohan, p. 126; loij. aussi le discours du duc de Rohan sur le voyage du Roi, et les conseils qu'il donne à la Reine, p. 161, même édition; Brienne, p. 302; Ucrc. fr. T. i\,p. 197.
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Aoii.t 1613. sur l'avis qu'il cui que Messieurs du Parlement l'envoyèrent à la Reyne sans ouvrir le paquet.
12. Le voyage de Leurs JVIajestez qui se devoit faire le lendemain, remis au lundy sur l'avis que M. de Longueville assisté de trois cents chevaux fait démolir Bacadours.
13. Conseil tenu pour la guerre auquel de vingtune personnes, il n'y eut que MM. le Chancelier, d'Espernon, le Commandeur (de Sillery) et de Bullion qui opinassent fermement à la guerre. Résolu de laisser 12,000 hommes de pied, les compagnies de la Reyne, de Monsieur , de Contenan, et huit compagnies nouvelles de chevaux -légers de cinquante hommes chacune. Pour cela, faut dépendre cinq cent mil écus en quatre mois, et pour cet effet, résolu de prendre les treize cent mil livres restans dans la Bastille'.
\ll. Les trois chambres du Parlement estant assemblées, un conseiller proposa, qu'en Testât que sont les affaires, et Paris demeurant en péril si Leurs Majestez l'abandonnent, il sembloit à propos que la Cour députast vers elles, pour les supplier d'y donner ordre, et mesme s'il es toit possible, de renvoyer vers Monsieur le Prince. Sur cela, M. le président de Bellièvre " dit que ceste proposition estoit séditieuse
1 Voij. Pontchavtrain, p. 91-96.
2 Nicolas de Bellièvie, seigneur de Grignon, fils du Chancelier et père du Premier Président de ce nom, né en 1583, conseiller au Parlement de Paris en 1002, procureur-général en 1612, président à mortier en 161i, se démit en 16^2 en faveur de son fils, conseiller d'Etat, mort en 1650. Il était le gendre du chancelier de Sillery.
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et qu'il s'y oppo^^oit. M. Lescalopier suivit après et M. Boucliei". D'autres s'émeurenl au contraire; enfin Monsieur le Premier Président ditqu il ne l'aloit point s'altérer In-dessnset qu'il verroit la Reyne pour savoir siellel'auroitagréable. Etsuivantcelaiit'utauLouvre.
On dit que le conseiller qui proposa fut M. Maréchal, et qu'il dit quec'estoit une honte à eux de voir Leurs Majestez prestes à partii' en Testât que sont les aflaires, et cependant se tenir les bras croisez; qu'il luy sembloit à propos de députer vers elles pour les supplier d'avoir agréable que le Parlement députast vers Monsieur le Prince tels de son corps qu'ellesmesmes voudroyent choisir; que s'il réussissoit quelque bon accommodement du traitté, c'estoit ce que l'on demandoit ; sinon, qu'on raettroit Monsieur le Prince à son tort.
Y ayant eu entreprise sur Soissons, M. de Guise en donna avis à M. du Mayne (qui lui en fit des remercîmens extraordinaires). La Reyne dit à M. de Guise, que c'estoit luy qui avoit donné avis de l'entreprise à M. du Mayne; à quoy il répondit : qu'il estoit vray, et que si M. du Mayne eust eu besoin de de luy pour l'assister en cette occasion, il fust allé fort volontiers porter sa vie ; qu'il n'estoit point obligé de tenir secret un conseil que l'on luy avoit celé; que M. du Mayne estoit son sang, et que Soissons estoit une ville de seureté qui avoit esté baillée à feu M. du Mayne ',
1 Cliai-les de Lorraine, frère du Balafré, duc de Mayenne, pair, ami-
104 JOlIRiNAL IINÉDll
Aoî.st 161S. M. de Loménic fait recevoir son lils en survivance
à sa charge '.
16. Le Roy et la Reyne vont à la Bastille tirer les treize cent mil livres restans '".
17. Leurs Majestez partent, le Roy à quatre heures et demie du matin , la Reyne à dix, Madame à trois heures après midy accompagnée des officiers de la ville "'.
A cinq heures du matin, M. de Launay % lieutenant des gardes, avec archers à cheval, et
à pied vont chez M. le président le Jay, et le font monter dans un carrosse du Rov, et le mènent au
rai, grand chambellaû, licutenant-généial de la couronne de France, gouverneur de Bourgogne, gouverneur de llle de France, né en 1554, mort en 1611. Il s'est surtout rendu célèbre comme chef de la Ligue.
^ « Ce fut dans ce temps-là que la Reine-mère, ayant égard aux services que mon père avoit eu l'honneur de rendre au feu Roi son mari, me procura la survivance de la charge de secrétaire d'Etat, avec la permission de signer en sa présence et en son absence, quoique je n'eusse pas encore vingt ans accomplis. » (Mém. de Briennc, édition citée, p. 302.)
2 Arnauld d'Andilly dit dans ses Mémoires (édition citée, p. 367) que la Reine-mère laissa cette somme de treize cent mille li\Tes à la disposition d'Arnauld l'intendant, pour qu'il pourvût, pendant sou absence et celle du Roi, aux dépenses qui pressaient de tous côtés, et particulièrement celles de l'armée du Roi, commandée par le maréchal de Boisdauphin.
2 Louis Xnr, né en 1601 et alors âgé de quatorze ans, allait épouser Anne d'Autriche, fille de Philippe III, roi d'Espagne, née en 1602, âgée de treize ans. La sœur de Louis XIII, Elisabetii de France, née en 1602, allait, le même jour, épouser Philippe d'Autriclie,"flls de Philippe III, qui succéda à son père en 1621. Il avait alors dix ans. La Reine-mère, Marie de Medicis, Régente, conduisait à Bordeaux les jeunes fiancés.
'' Ludovic de Vicvres, seigneur de Launay, lieutenant des gardesdu-corps. ■ • ■ -
d" vu \ Al 1.1) U\\.>DIL1. \. 103
l.oiiMt', OÙ leur ayant esté dit que Sa Majesté estoit .voMsiteis partie, ils liirut aller le carrosse après, et ainsi le menèrent a la suite du l\oy.
.M"" le .fay présente le matin mesme sa requeste au Parlement. — Ordonné que quatre Présidons et six anciens conseillers iroient faire remonstrances au lioy, pour le supplier de remettre U;dlt le Jay en liberté s'il n'avoit rien fait contre son service, et si au contraire, de le leur remettre pour le juger et en faire justice. — Estant en chemin du Louvre, ils surent que Leurs Majestez estoyent parties, et ainsi • s'en revinrent.
Monsieur le Prince ayant sçeu la prise de M. le président le Jay, écrit à M. Virey ' qui estoit à Paris, qu'aussitost qu'il auroit reçeu sa lettre, il allast vers le Roy luy témoigner qu'il sentoit comme fait à kiymesme le traittement fait audit sieur Président ; qu'il pouvoir témoigner que tant s'en faut qu'il luy eust jamais donné conseil violent, qu'au contraire, il avoit toujours tasché à radoucir ses justes mécontentemens; que si on vouloit traitter avec luy, on ne luy pouvoit envoyer personne qui y fust plus propre ; que tous ces mauvais conseils procédoyent de ceux que l'on sait assez et qu'il a déclarez partout estre ses ennemis, et que si par leurs artifices on traittoit mal le président le Jay, il s'en vengeroit sur eux et sur leurs successeurs juscjnes à la dixième génération, etc. M. Virey ayant montré cette lettre à M"" la prési-
1 Premier secrétaire de Moii'sieur le Prince.
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dente le Jay, elle fut conseillée par ses amis de supplier M. Virey de ne point faii'u 1(3 voyage, comme estant plus préjudiciable que profitable à son mary et écrivit sur ce sujet à Monsieur le Prince.
M. de Ncvers ayant parlé fort résolument à la Reyne, lors de son partement, et Sa Majesté estant demeurée un peu étonnée sur ce qu'il luy avoit dit, elle luy demanda enfin : Hé bien! que faudroit-il faire? A quoy il luy répondit que si elle vouloit, il s'entremettroit d'accord. Elle dit qu'elle le trouvoit fort bon, et ainsi, il prit congé d'elle. Depuis, comme il estoit en Champagne, en intention de traitter, il reçoit lettres du Roy, par lesquelles défonces luy furent faites de rien traitter.
18. Le Parlement s'estant assemblé, ordonne qu'il seroit écrit à Monsieur le Chancelier, pour le prier de sçavoir de Leurs Majestez la cause de la prise de M. le président le Jay, et que la lettre seroit portée par Dorron, secrétaire de la Cour,
Monsieur le Chancelier fit réponse ; qu'il n'avoit rien sceu de la résolution d'arrester le président le Jay ; qu'elle avoit esté faite sans son conseil, et estoit venue du propre mouvement du Roy ; que quant au traittement, il s'assuroit qu'on le luy feroit fort bon, et qu'après qu'il auroit parlé de cettt? affaire au Roy et à la Reyne, il leur feroit plus ample réponse. Depuis, le 26 aoust, le Parlement receut une lettre de cachet du Roy, portant qu'il avoit fait avertir par plusieurs fois le président le Jay de se tenir prest pour son voyage, ce qu'il avoit méprisé ; sur quoy il
|)VH>.\llM) l)'VM)M.f. V. 107
.iiiroit résolu de l'envoyer quérir le matin de son \m\vtcmiMit. pour certaines grandes considérations (iifil leur diroit à son retour, et mesine, pour ce que c'cstoil un hounno capable de troubler le repos de la \ille; (jue pour ce qui estoit du traitteinent , ils ne s'en missent point en peine, et s'assurassent qu'il ne luy seroit fait aucune sorte de déplaisir.
19. Le Parlement ordonn(M(ue M. le président (rOnsembray ' et M.M. les ConscMllers Courtin - et Pelletier ^ iroyent trouver le Roy, et le supplier de renvoyer le président le Jay, sur caution de tout le Parlement qui donneroit assurance à Sa Majesté que ledit sieur le Jay n'entreprendroit rien contre son service *.