‹ Journal inédit, 1614-1620. Publié et annotéChapitre 57 sur 98 · M. de Nemours arrive à la Cour · texte numérisé non relu

M. de Nemours arrive à la Cour

M. de Rohan vient à Paris, sur ce que ceux de Saint-Jean d'àngely avoyent nommé trois Maires, pour en estre choisy un par luy, au lieu qu'il vouloit qu'ils en prissent un qu'il leur avoit nommé. Il repart le lundy 27 '*.

2^4. M. le Comte d'Auvergne investit Pierrefons. Villeneuve', le Capitaine Saint- Martin, Desvaux, trois autres hommes de commandement, et quelque quatre-vingt soldats. Au commencement, M. IcComtii

pitaine lieutenant des chevau-Iégers de la Reine-mère, Sénéchal do^; Marclies, Maréchal de camp, mort en 1G28. ' yoij. Merr. fr., p. 17'i.

2 f oij. Pontchartrain , p. 205. Andredieu (-iuivant Pontchartrain, Andrieu) était un gentilhomme de la Religion réformée, qui avait levé des troupes pour le duc de Savoie et les avait mises au service des Princes rebelles.

3 roy. Pontchartrain, p. 213.

'' yoij. Fontenay-Mareuil, p. 369.

^ Le capitaine la Villeneuve commandait à Pierrr-fons pour le Marquis do Cœnvres,

"lltl .lOUlliVAL INÉDJT

(rAuvoro;ne vouloit faire un Tort pour les bloquer, à cause qu'il n'y avoit qu'une avenue. Mais ayant aj)pris enfin, que la place estoit la plus foible à l'endroit du portail, il fit tirer là, et fit brèche. Villeneuve ayant esté soupçonné par le Mar([uis de Cœuvres, fut mis deliors par son commandement. — Saint- Martin et Devaux furent tuez du canon ; ce qui ayant ébranlé ceux du dedans, et voyant qu'on alloit battre leur puits, ils se rendirent le 2 avril '.

26, jour de Pasqucs. On fait partir par eau, pour aller à Compiègne, et de lc\ à Soissons, huit canons de baterie, six couleuvrines, six bastardes, deux moyennes, cent dix milliers de poudre, et sept mille boulets ".

28. M. le Maréchal d'Ancre arrive à Paris. 11 avoit mené, quelques jours auparavant, en l'armée de M. le Comte d'Auvergne cinq mil hommes de pied, dont il y avoit trois mil Liégeois, et sept ou huit cens chevaux ^

' roij. Fontenay-Mareiiil, p. 3G0; Richelieu, p. 393; Ponchartrain, p. 212 ; 3Ierc. fr., p. IG^i.

2 Foy. Fontenay-Mareuil, p. 370; Merc.fr. ^ p. 1G5.

' f'oii. Pontchartrain, p. 208. Le Mercure rapporte à ce sujet une lettre du maréchal d'Ancre au Roi, en date du 13 mars, qui mérite d'être reproduite :

« Sire, dernièrement que j'eus l'honneur de prendre congé de Vostre » Majesté, en vostre gallerie du Louvre, en luy faisant la révérence, » je l'asseuray qu'au besoin, en quoy je la voyois je ne luy dirois » comme force gens de ceux qui esîoient obligez autant que j'ay l'iion- » neur de l'estre à Vostre Majesté, estoient accoutumez de luy dire, » que si Vostre Majesté leur commandoit et leur donnoit les moyens, » qu'ils vous ameneroient nombre de gens de guerre pour la servir : » mais que lorsqu'il seroit temps, je la servirois avec six mille hommes

n'AiiNAur.n ivamuf. ly. '275

30. Chasleuu-Porcien rendu à M. de Guise, après un siège de... jours. La place esloit beaucoup meilleure que l'on ifeslimoit. 11 sortit neuf cent trente hoinines de dedans. Ils avoyent toujours défendu leurs dehors, j.a rivière d'Aisne passoit dans la ville, et M. de Guise ne l'assiégeoit que d'un costé, tellement que les Assiégez avoyent le costé de Uétel et de Mézières entièrement libre; ce qui donnoil moyen à M. de Marolles de les faire rafraischir tous les jours à la veûe de l'armée du Roy. Mais les munitions de guerre et les farines leur manquèrent, à cause que Mézières et lîetel ne soyent trop dégarnis ; et ainsi, ils furent contraints de se rendre. Montereau, cornette de la compagnie de chevauxlégers, brave et vaillant homme, élevé de peu

» de pied, et huit cens chevaux quatre mois à mes dcpen?; j'ay teuu, » sire, ma parole, et satisfaict à cestc obligation : J'ay levé en vertu » de vos commissions trois mille deux cents hommes de pied, Liégeois, » et cinq cens chevaux, et deux raille huict cens François, et trois cens » chevaux. Je meneray là où il plaira ù, Vostre Majesté cinq mille » hommes de pied, et huit cens chevaux, et le surplus de rinfanterie, » je la laisseray dans les places plus importantes de ma charge pour » les garantu- de tous accidens qui leur pourroient arriver. J'attendray 1) donc, Sire, vos commandemens, et ne retienne Vostre Majesté au- » cune considération de la qualité qu'elle m'a donnée ny de la des- » pense que j'y faits pour son service, de m'ordonner librement là, et » comme elle veut que je la serve; que pourveu que la France me re- » connoisse obeyssant et fidol subjet et serviteur de Vostre ^lajesté, » toutes conditions me seront agréables : J'obeyray dans vos armées à » tout le monde , et deferray à qui il plaira à Vostre Majesté, pour- » veu. Sire, que vous me permettiez que je conteste avec qui que ce soit » le rang que je deffendray le plus. Sire, de Vostre Majesté, tiès- » humble, très-obeyssant, trt-s-fidelle subject et serviteur, Concino. » Cette lettre provoqua de nouvelles attaques dont le Mernire donne la substance.

•"■* '«'"• par son courage, y commandoit. Tous les soldats firent serment de ne porter de trois mois les armes contrit le Roy, et les Walons furent conduits hors le royaume. Montereau ne fit point ce serment. 1 1 en demeura plus de deux cens en l'armée de M. de Guise et une compagnie de mineurs '.

Avril. Samedy 1. Messieurs les Princes, croyant l'ar-

mée de M. de Guise du tout fatiguée par le siège de Chasteau-Porcien, M. de Guise part à six heures du soir, avec deux ou trois cens chevaux, et trois ou f{uatre cens hommes de pied qu'il mit sur sa retraite. Il arrive à l'aube du jour à un village, tout contre le faubourg de Laon, charge le régiment de Balagny qui y estoit logé, avec une compagnie de chevauxlégers, tue vingt-cinq ou trente hommes, fait fuir le reste h ce faubourg, et emmeine quelques chevaux ".

Environ le G. Soissons investy.

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