Le Roy couche à Mante
01. Le Roy part aux llanibeaux , une grande heure devant le jour, et va coucher à Saint-dermain, 011 la Reyne arriva environ sur les une heure, eu mcsme temps que luy. Elle n'estoit point allée en
voyage de Normandie, à cause qu'elle se trouvoit mal'--.
* l'oij. sur la célMirc assemblée des notables de Rouen en 1617, Fontenay-Marcuil, p. 405; Richelieu, p. 485; Pontchartrain, p. 252. Ce dernier n'entre dans aucun détail, se réservant défaire sur ladite assemblée un mémoire spécial comme celui qu'il nous a laissé sur la conférence de Loudun. Je ne sais si Pontchartrain a accompli son projet, mais je crois qu'il n'a été publié aucun écrit de cet homme d'État sur TAssemblée des Notables de 1617. Vo>j. Brienne, p. 331. l'oy. surtout, Mémoires de M. MoIé, p. 154-212, le \arrc de l'Assemblée des y'olables de Rouen ^ contenant les documents authentiques et le texte officiel des vingt propositions qui furent soumises à l'Assemblée et des réponses qu'elle y fit. Mole termine son compte rendu par ces mots : « Le résultat de toutes ces assemblées fut qu'au mois de «juillet 1618, on dressa un édit en 243 articles, d'après les remon- » trances des trois États assemblés à Paris en l'année 1614, d'après » celles du Parlement ci-dessus rapportées et d'après les avis des No- » tables assemblés à Rouen en 1617. « Le cahier de cette Assemblée se trouve aussi dans le Merc. fr., p. 261-317.
* Toi/, sur Tannée 1617, deux discours du duc de Rohan, faits en ladite année, l'un intitulé: 2)("5fo?/rs sm- te govrernenient de la Pcfpc, p. 166 de ses 3/pmoiVps; l'autre intitulé: Libre discours sur le tnnps présent, p. 173, ib.
SOMMAIRE
Janvier. — Retour du Roi à Paris. — Les Cours souveraines vont le féliciter. — Discussions sur la paulette. — Sa révocation. — M. de Modène va en Piémont. — Remontrances du Roi au Parlement, — M. de Caudale se refait catholique. — M. de Cadenet va trouver la Reine-mère à Blois. — M. de Cussé nommé évè(iue de Kantes. — Le Roi congédie les membres de l'Assemblée de Rouen.
FÉ\niER. — Exil de MM. de Richelieu et de Pont-Courlay. — M. de Ruscellay frappé par le marquis de Rouillac; détails sur cette affaire. — M. de Roissy envoyé vers la Reine-mère. — Rétablissement du collège des Jésuites à Paris. — Mort du prince d'Orange.
— M. le Colonel d'Ornano part pour Orange à ce sujet.
Mars. — M. de Mar:?illac envoyé vers le prince Maurice devenu prince d'Orange. — Mariage du comte de Brissac avec M"" de Schomberg.
— M. de Montbazon arrange l'affaire de M. de Saveuse au sujet de l'enlèvement de M"' de Vienne. — Querelle du marquis de Marigny et du chevalier de Vendôme. — Incendie du Palais-de-Justice. — Mort de M'"<= de Nevers. — Procès entre M. et M"'' de Caudale. — M. de Courtenay-Blidncau mis à la Bastille. — M. de la Trémoille arrive à la Coiu\ — Le Duc de Sully va siéger à la Chambre de l'Edit. — Boisguérin accusé d'avoir voulu assassiner le Roi. — M. de Bournonville remplacé ;i la Ba-=tille par M. de Launay. — M. de Montmorency arrive à la Cour. — Procès de Barbin; lettres de la Reine-mère.
AvniL. — Barbin mis h la Bastille avec J\IM. de Bournonville, de la Ferté, l'Evesque , la Rose et le sergent Lisy. — L'évèque de Paris promu au cardinalat. — Le résident du duc de Florence reçoit l'ordre de quitter la France. — Exil de l'évèque de Luçon. — Remontrances du Parlement au sujet de la paulette. — Prêtre de Caen accusé d'avoir voulu tuer le Roi. — .\ffaire de M. do Vaillac et de
d'au >.\l' 1,1) d'ANDIIIV. ,'^/|.')
M. du Vair; duel à co sujet. — M. dn Sully (juittc la Coui'. — Pkiintos des ducs et pairs contre le garde des sceaux; quoslioii de liréséance. — Querelle entre M. d'Kpernon et le garde des sceaux. — Les maréchaux de France rédanieni la préséance sur les ducs et pairs. — Le gouvenienient de Monsieur enlevé ;\ M. de Brèves et donné au comte de Lude. — M. d'Epernon exilé à Meiz.
M.\i. — M. des Portes-Baudouin, seigneur de Sousjiire, intendant des linauces ;\ la place de M. Déageant; M. Bardeau, secrétaire du Conseil h la place de M. des Portes-Baudouin. — Duel de MM. de Quinsay et de Maussy. — Le comte d'Auvergne revient à la Cour. — Le duc de lUietelois nommé gouverneur de Champagne. — M. de Mayenne, gouverneur de Guyenne; M. de Luynes, gouverneur de l'Ile-de-France; M. le Colonel d'Ornano, lieutenant-général en Normandie. — Député de Lyon frappé par M. de Saint-Chaumont. — Les frî-res de Sity , arrêtés. — Le Colonel d'Ornano va à Blois. — Le poète Durand, arrêté.
Ji'iN. — Le duc de Nemours présente à la Cour M"" d'Auuiale, sa femme. — Reddition de Verceil. — Le lîoi .va à Lésigny. — Incendie au port au Foin.
Juillet. — Marsillac et Lcsec mis à la Bastille. — Le Roi va à Saint- Germain. — Durand et Fiançois de Sity, roués; André de Sity, pendu. — M. Ribicr, conseiller d'état, — Edit sur les propositions soumises aux Etats-Généraux et à l'Assemblée de Rouen.
Août. — Mort de M. de Boucart, remplacé par M. de Brantes. — Décret du Grand-Conseil contre M. de Persan. — Disgrâce de MM. de RuV cellay, de Sardiny, de Jouy, de Montpouillan. — Fête de Saint-Louis célébrée pour la premièi'e fois. — Arrêt du Grand-Conseil contre Barbin et ses coaccusés.
Septembre. — Mort du cardinal du Perron; le cardinal de la Rochefoucauld, grand aumônier, à sa place. — M'"' la Princesse accouche de deux enfants morts. — Voyage du Roi. — Le Père Arnoux envoyé à Blois; lettre du Roi à la Reine-mère. — M. de Luynes achète la Fère à M. de Vendôme.
Octobre. — Le Roi va à Soissons. — M. de Montmorency va en Languedoc. — Suite du voyage du Roi. — M. de Longueville revient à la Cour. — Retour du Roi. — M. de Modène envoyé à Blois. — Disgrâce de Fiesque, de Bautru, de Boullanger, du père Crochart. — Comédie de la Reine. — MM. de Béthune et de Modène vont au devant du prince-cardinal de Savoie. — Disgrâce de la comtesse de Moret,
Novembre. — Arrivée du cardinal de Savoie ; il demande la main de
3'|/l .TOir.AM, iiM':i)rr
M'"" Clirétioniie poiu' le prince de Piémont. — Le Hoi le mène à Saint-Geimuin. — Le Colonel d'Ornano va en Normandie prendre posscbsion de sa charge de lieutenant-général ; discours qu'il prononce à cette occasion. — M. du Fargis envoyé en Espagne. — M. de Cadenct va à Blois et à Amboise. -- M. de Vaudéniont arrive à Paris avec le Prince son tils.
DÉCKMRRE. — Les Espagnols de la Maison de la Reine sont congédiés. Maladie de la Reine. — Disgrâce de M. Déageantetde M. de LasfA-. — M"'* de Luynes, surintendante de la maison de la Reine; M""' du Vernet, dame d'atours. — Querelle du comte de Soissons et du prince de Vaudéniont. — M. de Vaudémont retourne en Lorraine,
Yendredy, 5. Le Roy arrive de Saint-Germain à Paris '.
il. MM. les Présidents de Blancmesnil^ pour». 3 Parlement, Nicolay pour la chambre des Comptes, et Chevalier pour la cour des Aydes, accompagnez de quelques-uns de leurs corps, vout saluer le Pioy, sur le sujet de son retour, et de l'assemblée de Ptoûen.
Quelques jours auparavant, plusieurs de MM. des Enquestcs, et des Requestes, et entr' autres, MM. de Grieux, Charpentier, Bauyn, Portail", Grasseteau, estant assemblez tumultuairement, dans la troisième chambre des Enquestes, qui estoit une chambre vuide, ils résolurent d'envoyer quelques-uns de leur Compagnie vers le Grand Conseil, la Chambre des Comptes, et la Cour des Aydes, pour les prier de s'assembler tous ensemble dans la chambre de Saint-
1 Foij. Fontenay-Marcuil, p. 413; Pontcliartrain, p. 255 et 258.
2 Paul Portail, conseiller au Parlement, de 1585 à 1623. C'était un grand original, comme le prouve son historiette, ïallemantdes Réaiix, t. I, p. 453. Suivant M. Paulin Paris, ce M. Portail aurait été le type du Dandin des Plaidems. (Commentaire sur l'historiette de Portail, p. 454.)
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Louis, sur le sujet de l.i Paulotte. Ensuite de quoy, j.mvior isia, ils s'ass(MiibI^rent ledit jour jeudy I I , et continuèrent les deux jours suivants, mais tout cela, avec tant de confusion, et de diversité d'avis, qu'ils ne savoyent à (|uoy se résoudre. Messieurs du Parlenietil doiuièrent séance ù Messieurs du Cirand Conseil, après le plus ancien Conseiller du Parlement, qui se trouvoit en l'assemblée ; séance la plus honorable que le Crand Conseil ayt jamais ciie avec le Parlement.
12. Monsieur le Premier Président, accompagné C'"^ !\Ionsieur le Procureur Général, va chez Monsieur le Chancelier, sur le sujet de la Paulette, et y tient plusieurs discours.
] 5. Le Roy envoyé M. le Colonel d'Ornano trouver Monsieur le Premier Président, et Sa Majesté signe luy-mesme la Déclaration portant révocation de la Paulette. 11 fit signer l'arrest par M. de Loménic'.
IG. Ladite déclaration est scellée, et publiée au sceau-.
17. M. de ^lodène part, pour aller en Piémont, touchant la paix d'entre le Pioy d'Espagne, et le Duc de Savoye^
Messieurs du Parlement estant mandez par le F»oy, Monsieur le Premier Président vint, accompagné de
* Voy. Richelieu, p. 500 ; Pontchartrain, p. 255 et suiv.
2 f'oij. Merc. fr., t. v, année MDCXVni, p. 1 et suiv., les propositions faites pour la conservation de la paulette, et le texte de Tai rùt du Conseil portant révocation de ce droit.
3 f'oy. Fontenay-Mareuil, p. lilli; Pontchartrain, p. 250. Suivant Pontchartrain, M. de Modène partit vers le !i janvier; voy, aussi. Mcrc. fr., t. V, année MDCXVni, p. i^O,
S!\{) .TOriRNAL INÉDIT
jnnvirr 1618. MM. d'Oiisciiibray , le .Tay, Lescalopier, et de Jîellièvre, Présidens, M. Deslandes et Messieurs les Gens du Roy. Monsieur le Chancelier ayant pris la parole par cominandement du Roy, leur parla, sur le sujet de la Chambre de l'Édit, qu'ils ont déjà refusée par trois diverses fois. Et sur ce que le Roy ayant seû qu'il avoit esté tenu plusieurs discours dans le Parlement, sur ce qui est de la Paulette, préjudiciables à son service, et contre son autorité, il avoit voulu en estre éclaircy par leur bouche. Monsieur le Premier Président répondit, que pour le regard delà chambre de l'Édit, ils s'estoyent arrestez, sur ce qu'il \ivoii esté ordonne, lors de l'institution de ladite chambre, qu'elle seroit composée de tous les Conseillers du Parlement à tour de rolle, et les uns après les autres; que depuis, au lieu que l'on avoit accoustumé de les changer tous les ans, on avoit avisé de les continuer pour deux ans, et non davantage, ce qui s'estoit toujours pratiqué depuis ; que le Roy devoit justice égale aux Catholiques et à ceux de la religion, prétendue réformée ; que de permettre qu'ils n'eussent presque point d'autres juges, que ceux qu'ils affectent, ainsi qu'il se void clairement qu'ils désirent de faire, veû que sur le nombre de deux cens conseillers, qu'il y a à la Cour, il n'y en a que trente ou quarante qui ayent toujours esté de ladite Chambre de l'Édit, les uns n'en estant pas si tost sortis, qu'en mesme temps, ils demandent et obtiennent les autres ; et qu'au fait particulier qui se présente, il y a encore une autre Considération merveilleusement forte, qui est, que la
n'\K\ Mil) D^\^^ll.r.^. ;V|7
Chainl)rc de riùlit (jui est à présenU a esic composée -fainUTieis, lors du Traitté de Loudun, auquel temps, ceux de la religion prétendue Réformée, avoyent pris les armes contre le service du Roy ; que si on permettoit une telle continuation, la conséquence en seroit très-dangereuse, et enfin, pourroit aller jusquesà rendre ladite chambre perpétuelle. IMonsieur le Chancelier répli- ([ua. f|ue le Roy vouloit que ladite chambre fust continuée encore cette année seulement, et que Sa Majesté leur donnoil parole qu'elle la changeroil en la prochaine. Après, M. le Premier Président dit, ({ue pour .6 qui est du second point, il n'avoit ouy tenir aucun discours dans le Parlement, contre l'honneur et le respect dcû au Roy ; qu'il n'y avoit lieu au monde oii Sa Majesté fust tant honnorée et révérée qu'au Parlement ; et que s'il y avoit eu c[uelqu'un si hardi que de dire, une seule parole contre son devoir, ils l'auroyent fait cbastier si sévèrement, qu'il auroit servi d'exemple, non-seulement à toute la France, mais à toute l'Europe. M. le Chancelier répondit : « Le Roy m'a commandé de vous dire, qu'il en est donc mieux averty que vous, et qu'il vous commande de vous en informer, et de luy en rendre réponce, aussitost que vous en serez éclaircis, et de ne point permettre l'assemblée des chambres, puisqu'elle n'est demandée que pour y faire des propositions préjudiciables à son service. »
Ensuite, Monsieur le Chancelier dit, que puisque tous les discours faits dans le Parlement avoyent esté sur le sujet de la Paulette, il estait à propos que cha-
o/|8 .loinwAi, im';i)IT
Janvier 161P. cun sccLisI, coiiiuiLMil ccUc allairc s'estoit passée, et ainsi, représenta la Réquisition faite par les Estats. ly promesse du Roy dans la (Irando Cialerie, la résolution de r Assemblée de Rouen, et celle de Sa Majes'é, de rentrer au droit de pourvoir à toutes sortes d'offices. Monsieur le l'rcmier Président répartit, qu'il avoit toujours est(' présent aux délibérations de l'assemblée, mais que jamais il n'y avoit esté rien résolu sur la Paulette. A quoy Monsieur le Chancelier répliqua qu'il s'estonnoit comme il disoit cela, veû que les articles répondus par écrit, par l'assemblée, et leûs devant le Roy font foy, comme il en a esté parlé dans l'assemblée, qui a loué, sur ce sujet, la bonne intention de Sa Majesté.