M. de Caudale se refait catholique
26. M. de Cadenet part pour aller trouver la Reyne-mère, à Blois, et en revient le 9 février.
L'Evesché de Nantes, vaquant il y avoit environ quatre mois, par la mort de M. de Cussé, est donné par le Roy, à M. de Cussé, son neveu, fils du Premier Président du Parlem.ent de Bretagne.
M. de Caudale voit M. d'Epernon, qui témoigna un grand ressentiment, et pleura de joye.
29. Les députez de l'Assemblée, congédiez par le Roy à Madrid ' où Sa Majesté estoit allée le 23 '.
FcMier. Mécredy 7. Les chambres estant assemblées
pour recevoir un Conseiller, M. le Premier Président
1 Le château de Madrid, près du Paris.
2 Voy. Pontcliartiaiii, p. 2.")r>.
d'aknadi.d d'andii. i.v. oV)
rninmonça à leur dire ce ciue le Uuy leur avoil l'ail rov.uTicig. cliii' par M. le (ïhancelier, combien il trouvoil mauvais les discours et les assemblées (|iii se faisoyeiiL par c|iii'l(pies- uns du ]\uiemeut ; et à cause que riicure, pressa ledit jour mécredy, on remit au A'entlretly l'assemblée des (ihambres.
10. MM. de Richelieu et du Pont de Courlay ' IKirtent. pour aller en leurs maisons, en ayant receu commandement du Roy, par un Mxempt des gardes'-.
M. de Ruscellay estant à la foire , avec M. le prince de Joinville, et voulant bailler la main à la marcjuise d'Alluye^, pour passer en une boutique, le marquis de Rouillac'* le poussa avec les mains, en
' René de Vignerot, seigneur du Pont-Courlay, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi, mort en lG2j. Il était veuf depuis 1G15 (le Françoise du Plessis, soeur de M. de Richelieu et de l'évoque de Luron, de laquelle il avait eu François de Vignerot, mar(|uis du Pont- Coiirlaj% et Marie Madeleine de Vignerot, dame de Coinbalet, iinis duchesse d'Aiguillon.
2 l'oij. Richelieu, p. V.''i.
5 Je ne sais s'il s'agit ici d'Isabeau Babou de la Bourdaisière, veuve depuis 1002 de François d'Escoubleau, marquis d'Alluye, conseiller d'Kiat, gouverneur de Chartres et premier écuyer de la Grande Écurie, et mère du cardinal de Sourdis, ou bien de Jeanne de Montluc et de Foix , comtesse de Carmain, princesse de Chabannais, femme de Charles d'Escoubleau, marquis d'Alluye et de Sourdis, mestre de camp de la cavalerie légère, maréchal de camp, gouverneur de l'Orléanais, conseiller d'État, mort en 1666.
* Louis de Goth, marquis de Rouillac, déjà cité, servit d'abord avec éclat en Suède et fut nommé en 1610 général des Français ai service de Suède; revenu en France, il gagna la bague au fameux carrousel de la Place Rojale, en 1612; devint mestre de camp d'infanterie et de cavalerie, conseiller d'État, vice-amiral et lieutenant général sur mer, en Levant, ambassadeur en Portugal, en 1643 ; neveu du duc d'Épernon, il prit son titre après la mort sans enlants de son cousin Bernard
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liiy disant : Pourquoy nie poussez-vous? Et ;"i l'instant, luy bailla quelques coups de baston, et dit, nin^i que quelques-uns tiennent, à la Marquise d'Al luye : Madame , c'est pour vous que le jeu se fait, l'objet émeut la puissance. Et aussitost, il se retira et fut premièrement à l'hostel de Nevers. La hayne estoit venue de ce que la marquise d'Alluye désirant de retirer des lettres qu'elle avoit écrites au marquis de Pioiiillac, et ne les pouvant r' avoir, elle en pria M. de Ruscellay, qui donna de l'argent à un Espagnol , lequel , sous prétexte de montrer la langue, dérobba la cassette où estoyent lesdites lettres, et quelques bagues. M. de Ruscellay se trouva fort assisté à la Cour, de tous les seigneurs de qualité. M. le prince de Joinville, qui se tenoit offencé de ce que cela s' estoit fait en sa présence, vint le lendemain matin, amener M. de Ruscellay au Roy, aux Feuillans, pour le remercier de ce qu'il avoit promis, le soir précédent, de foire faire justice sévère de cette action. — Sa Majesté commanda au Grand Prévost d'aller le lundy 12, recevoir la pleinte de M. de Ruscellay chez luy-mesme. M. le Cardinal de Guise assista aussi M. de Ruscellay. M. de Guise demeura neutre. Deux ou trois jours après, à l'instance de M. le Prince de Joinville, l'affaire fut renvoyée au Parlement. M. d'Epernon qui estoit aux Feuillans lorsque M. de Ruscellay y arriva, dit qu'il estoit bien impudent d'ap-
de Nogaret, marquis de la Valette, puis duc d'Épernon en 1661, et mourut en 1662. {Foy. P. Anselme, t. ii, p. 182, et Tallemant des Réaux, historiette du marquis de Rouillac.)
n'vKNviiLD d'andh, I.Y. 351
porter des coups de baslon cii si l)oiiiie coiiii)ngiii('.
Le saincdy '2/iniars, lesdits Sieurs de Uuscellay et deRoûillac furent accordez. L'accord fut, que M. de lioiiillar alla trouver M. de Rusccllay, dans l'Eglise des Capucins, et là se mit à deux genoux devant luy, et ayant avoué la faute qu'il avoit faite, le supplia de la luy pardonner, comme il vouloit f|ue Jesus-Christ, en la présence duquel il estoit, luy pardonnast les siennes. Après cela, le Roy fit commander à M. de Roiiillac d'estre un mois hors de la cour pour satisfaire à rolïence que Sa Majesté avoit aussi reçeue.
ill. M. de Roissy ' va à Rlois, trouver la Reynemère, de la part du Roy.
Le Collège des Jésuites de Paris, nommé le Collège de Clermont, est ouvert, suivant un arrest du Conseil du ".