‹ Journal inédit, 1614-1620. Publié et annotéChapitre 7 sur 98 · Le Roy v.'t ;iii TV'irlcinciil,'. 25. Estais ouverts · texte numérisé non relu

Le Roy v.'t ;iii TV'irlcinciil,'. 25. Estais ouverts

0 Rpyne MAROiiFRrTF.

Madamk. Miulame (:n!\i sriKNNK.

— M. le Princk. Ukyne. Monsieur.

-M. le Comte. i ©

1 — Roy.

ai

— M. DE fitirSE. \|/

-M. DE Rheiims. ^ ^p, pi,.,,s ^, ^,„ !\UrNE,

—M. DE JuiNVILLE. comme grand chambellan.

-M.bESÙLLV. 0(:HXNCE,,rER.

Comte DE. s \ (NT Paul,

comme grand-maislre.

1 narrrav. §

M. DU PERKON.

M. DE SdURDr.S.

M. DE I.AROCHEFOU- CAULT.

M. r.irehev. rie Lyon, pour le Clergi'.

M. de Pont-St-Pierre, i)>lii Noblesse

© M. Myron , pour le Tiers-Estat.

Il se veid que les evesques et gentilshommes des-

1 Pour la déclaration de sa majontc. Il venait d'accomplir sa trpizii'me année. {Voy. le compte rendu de cette solennité, Merc. fr.^ t. m, p. 583.)

2 C'est le 27 et non le 25 qu'eut lieu l'ouvertuie des États. — Il y a qncl'iues omissions dans le tableau d'Arnauld d'Andilly, notamment celle des maréchaux de France. {Voij. pour les détails de cette solennité le Jffcrc. fr., t. m, 2^ part., p. 1 et suiv.)

d'à UN A II M) D'ANDIIJ.Y. 11

put(V, se sont assis en des bancs devaiil les conseillers <)c-i..i.re len. d'Kstat, ce qui ne s'estoit jamais pratiqué^ attendu qu'ils sont là en (jualité de supplians. Mais un |)eu devant que le Uoy vint, M. le cardinal de Sourdis ', M. d'Angers et M. Davy- (qui alla parler à M. le cardinal du Perron'') firent une rumeur pour cela, et M. le Chancelier, se fondant sur ce qu'il se puuvoil faire qu'ils fesoyent cela à dessem pour rompre raps(>mblée, leur accorda de s'y mettre sans tirer à conséquence; ce que M. de Villeroy^ dit depuis n'estre raisonnable et ne s'estre jamais pratiqué. 11 y fut apporté remède à la conclusion des Estats*

Duel de deux soldats des Gardes. Celuy qui avoit Novembre. tué, nommé , pris par le bailly de Saint-Germain et mis en prison.

M. d'Espernon, prétendant avoir commandement du Roy et de la Reyne, sur ce qu'il leur avoit représenté, marche à la teste d'une compagnie de Gardes en armes (il en avoit une qui tenoit le Pont-Neuf) , va à la prison, demande le prisonnier. Sur ce que l'on diflere, enfonce une porte et puis se le fait rendre.

* François d'Escoubleau, cardinal de Sourdis, archevêque de Bordeaux en 1599, mort en 1628.

2 Jean Davy du Perron, seigneur de la Guette, conseiller au con>c4l privé du Roi, archevêque de Sens, frère du célèbre cardinal.

^ Jacques Dav}^ du Perron, cardinal et grand aumônier de France, né en 1556, mort eu 1618.

'' Nicolas de ^"eufville, seigneur de Villeroy, né en 15/|2, secrétaire d'État sous Charles IX, Henri HI, Henri IV et Louis XHI, mort en 1617. (yorj. l'opinion de Richelieu sur ee personnage, Petitot, 2"= série, t. XXI bi", p. '186.)

Novoini.iciMi Le Parlement prend connoissance do l'alTaire.

Lorsque le ParlemeiiL voiiloit délibérer sur cette affaire, M. d'Espernon, avec 180 gentilshommes, va au Palais (avoit soldats qui gardoyent les portes), s'arrestc à la boutique de la gantière ; ses gens commettent infinies insolences.

2Û.. Jour qu'on devoit ouvrir le Parlement et les chambres (M. duMesnil', et M. Perrot avoyent auparavant esté desputez vers Monsieur le premier Président, pour luy dire que Messieurs des Enquestes désiroyent se trouver en cette occasion, et que c'estoit chose que l'on ne leur pouvoit refuser). Monsieur le Prince et M. de Sully" s'y trouvèrent sur le sujet de l'ouverture.

M. de Praslin ■' vient avec des lettres de cachet et de créance portant que le Roy mandoit à Messieurs du Parlement diiîérer deux jours de travailler en cette affaire. On opine. Trois sortes d'avis. M. le Prince, M. Gilot, M. de Grenoble et M. Maréchal opinèrent fermement. Passé que l'on super-

1 Président des enquêtes.

2 Maximilien de Béthune , duc de Sully, né en 15G0, pair de France, surintendant des finances en 1597, grand maître de rartillcrie, gouverneur du Poitou, maréclial de France en 163/i, mort en lO/il. Éloigné du gouvernement à la mort de son ami Henri IV, le grand duc de Sully siégeoit comme pair.

■^ Cliailes de Choiseul, marquis de Praslin, chevalier des Ordres, conseiller d'État, lieutenant général au gouvernement de Champagne, maréchal de France en 1619, gouverneur de Saintonge, commanda aux sièges de Saint-Jean-d'Angély , de Montauban, de Montpellier en 1622, mort en 1626. Il s'était trouvé à cinquante-trois sièges, quarante-sept combats ou batailles, et avait reçu vingt-deux blessures. {l'oy. P. Anselme, t, vu, p. 440.)

d'arnauld d'andilly. 13

sodoroil los deux j(u^r^^ ([110 le Roy vouloit, ot que ce- Nov.n.i.ic mt,. |)(Mulaiit. ou ifouvriroiL point le l*arlemeiil. M, le l'iiiue (lit à M. le premier Président (qui disoit ([u'il u'y avoit j^oiiit d'apparence de faire cesser la justice), qu'il cstoit question de compter les voix ((jui passoyent de plus de soixante) et non de discourir.

:2(). M. le Prince retourne au Parlement.

'27. Lettres patentes du Roy au Parlement portant qu'ils ayent à rendre la justice. Ordonné que l'on obéiroit aux lettres. (Ensuite de quoy le Parlement fut ouvert le lendemain), et par restriction, que l'on travailleroit incessamment à l'afTaire de M. d'Espernon.

28. M. de Ventadour va au Parlement leur dire que le Roy remettoit entièrement l'affaire à leur jugement ; mais qu'il les prioit d'avoir égard à l'âge et à la qualité de M. d'Espernon. Sur quoy ils répondirent qu'ils feroyent tout ce qui plairoit au Roy. Et sur cela , fut convenu que M. d' Espernon iroit le lendemain leur faire des excuses. Ordonné que l'information sera mise au greffe, sans estre veûe.

29. M. d'Espernon va au Parlement, avec M. le Grand ', (M. le Prince y estoit encore que la Reyne l'eût prié de n'y assister point, ce qu'il luy refusa.") M. de Ventadour y alla premièrement, et puis entra

1 Roger de Saint-Lary et de Termes, duc de Bellegarde, grand écuyer de France, sous Henry IH, Henry IV et Louis XHI, gouverneur de Bourgogne et de Bresse, duc de Bellegarde et pair de France en 1619, surtintendant de la maison et premier gentilhomme de la chambre de Gaston duc d'Orléans, mort en 1646. (F. P. Anselme, t. vin, p. 507.)

îiJi. JOURNAL INKDIT

Novcmbic iGu. avec M. d'Kspcrnon, lequel dit : que luy qui estoit un vieil capitaine, hlanchy sous les armes, a voit creu devoir maintenir sa jurisdiction, contre un petit juge de néant, qui ne pouvoit entrer en aucune comparaison avec luy. Que, pour le regard de la Cour, il n'avoit jamais rien tant désiré que d'avoir l'honneur d'estre de son corps, et qu'il seroit très-marry de jamais rien faire qui luy pust déplaire. Le premier Président de Verdun ' répondit, entre autres choses, que la Cour recevoit ses excuses et la satisfaction qu'il luy faisoit. Sur quoy il dit, en jurant, à M. de Ventadour, qu'on le traictoit comme criminel, et qu'il vouloit répliquer. M. de Ventadour le retint, et l'en empescha, et au sortir de là, parla à luy de bonne sorte ^

1 Nicolas de Verdun, premier président du Parlement de Toulouse, nommé en 1011 premier président du Parlement de Paris. L'Estoile, dans son journal, dit que cette dernière charge lui coûta, tant en prix d'achat (ju'en épingles, trois cent dix mille livres! Après avoir donné de curieux détails sur la nomination du président de Verdun , il ajoute : « Sur quoi je ne puis arrester ma plume, que je n'escrive ici et déplore le vilain traficq et infâme prostitution qui se fait de nos principaux estais en France pour de l'argent et principalement de ceux de judicaturc. Car vendre la justice, qui est la chose la plus sacrée du monde, c'est vendre la République, c'est vendre le sang des subjects, c'est vendre les loix, et, en ostant les loiei-s de l'honneur, de vertu, de savoir, de piété et de religion, ouvrir la porte aux larcins, concussions, avarice, injustice, ignorance, impiété; brief, à tous vices et ordures. » (Petitot, 1" série, t. xlix, p. 190.)

2 Cette affaire est rapportée avec beaucoup plus de détails dans les mémoires de Mathieu Mole, publiés pour la société de l'Histoire de France, par M. Aimé ChampoUion-Figeac (t. i, p. 517). Mole venoit d'être nommé procureur général. Reçu en cette qualité au Parlement le 15 novembre, c'est le 18 qu'il porta plainte contre le duc d'Epernon. Le récit de Mole est d'autant plus important, qu'il est appuyé

d'aiinauld d'andim.y. 15

(). Conseil de la Direction changé', Ordunné ueiLuibrc in», que la semaine se lira, et les principales alïaires concernant les finances se traicteronl tous les samedys après midy, en un autre Conseil dans le Louvre, auquel assisteront le Roy, la Reyne , M. le Prince, M. le cardinal de Joyeuse'-, M. de Cuise'', M. de Nevers, M. de Bouillon, M. d'Espernon, M. le Chancelier, MM. les précédens Directeurs, M. de Pont- Carré et M. de Bullion \

ill. Madame de Longueville '' mal contente de M. de Nevers, son frère, disant que son fils s'estoit engagé, pour son seul respect, aux bruuilleries passées, et que maintenant, quand on avoit fait ce conseil de la Direction, il n'avoit dit un seul mot pour

sur les documents officiels. M. Aimé ChampoUion-Figeac, note 2, p. 5, reproche à M. Bazia d'avoir été iuexact, en disant que M. d'Epeinon ne cessa dose moquer du Parlement en des paroles fort hautes. Le compte rendu d'Arnauld d'Andillj' justifie quelque peu l'assertion du regrettable M. Bazin, {^^oy. la même affaire, Richelieu, t. xxi bis, 2* série, p. 215; Pontchartiaiu, t. xvir, p. 61.)

1 Après la mort d'Henri IV, Sully ayant été disgracié en JGll, on établit des directeurs des finances pour faire la charge de surintendant. {foij. Mém. d'Arn. d'Andilly.)

2 François de Joyeuse, né en 1562, mort doyen des cardinaux en 1615. {yoy. Merc. fr., t. iv, p. 441, une notice sur cet illustre personnage.)

5 Charles de Lorraine, duc de Guise et de Joyeuse, prince de Joinville, pair et grand maître de France, né en 1571, mort eu 1640.

' Claude de Bullion, seigneur de Bonnelle, conseiller au Parlement, président aux Enquêtes, conseiller d'Etat, directeur des finances, surintendant des finances eu 1632, président à mortier en 1636, mort en 1640. (Foj/. Tallemant des Beaux, t. ii, p. 145, l'historiette de ce personnage qui fut un des principaux agents de Richelieu.)

^ Catherine de Gonzague-Clèves, fille de Louis de Gonzague, duc de Nevers, duchesse douairière de Longueville, ûiorte en 1629.

16 ' JOURNAL I Ni': DIT

ner.mhro iniv. luy. M. dc Ncvcrs l'ayant esté voir, elle s'cnfcrmn dans son cabinet, et luy tourna le dos.

19. M. de Villeroy, s' estant pleint à la Reyne de ce que M. le maréchal d'Ancre avoit tenu mauvais propos de luy, et la Reyne luy ayant répondu qu'ils n'avoycnt rien à démcsler enseimble luy et M. le maréchal d'Ancre, ledit sieur dc Villeroy se retire mal content à Conflans. Aucuns disent que M. le maréchal d'Ancre voulant que M. de Longucville prit la Normandie pour gouvernement, et luy laissast la Picardie, M"" de Longueville dit qu'elle suivroit le conseil de ses amis, et particulièrement de M. de Villeroy. Et que depuis, l'afTaire ne s' estant achevée le maréchal auroit creu que M. de Villeroy en estoit cause, dont il se pleignit tellement qu'il vint jusques à l'appeller traistre, dequoy M. de Villeroy s' estant pleint à la Reyne, elle ne l'auroit satisfait.

M. de Pisieux * l'ayant esté trouver à Conflans, il revint le 20, qui estoit un samedy ". Alla voir M. le

1 Pierre Brulart, marquis de Sillery, vicomte dc Puisieux, né en 1583, grand trésorier des ordres du roy, secrétaire d'État et des commandements et finances en 1606, conseiller d'État en 16a7, ambassadeur en Espagne en 1612, mort en 1640. II épousa en premières noces Madeleine de Neufville-Villeroy, fille de Charles de Neufville, marquis de Villeroy et d'Alincourt, morte en 1613 et en secondes noces Charlotte d'Etampes-Valençay, fille de Jean d'Etampes seigneur de Valençay, mariée en 1615, morte en 1677.

2 M. de Puisieux étoit probablement porteur de la lettre suivante, écrite au nom de la Reine à M. de Villeroy par le président Jeannin pour l'engager à revenir h la Cour, lettre que je copie sur l'autographe original qui m'appartient : « Monsieur, j'ay communiqué vostre lestre » à M. le Chancelier aussitost que l'ay receue et luy et moy avons

d'aU.NALI. 1) I)"a M)l I.I.Y. 47

maréchal d'Ancre (ce (|iii fui trouvé indifi,!!'' d(^ iif.-.n.i.ir. lou. luy) avec le cardinal de Sourdis (jui l'y men;i. Y lut longtemps. — N'en sortit ti-op satisfait. On avoil proposé dans les Estats de demander qu'il fust rappelle. — S'il fust demeuré encore quelques jours à Conllans, il l'eust esté glorieusement. — La Ueyne, ti son retour, le tança, disant qu'il l'avoit, en se retirant, laissé exposée à l'envie, pour ce qu'il avoit semblé qu'elle eust esté méconnoissante des services qu'il avoit rendus. — Outre la cause cy-dessus allé-

» jugé qu'il estoit expédient de parler à la Roine sur ce qui vous » concerne et mesmc de luy faire tenir la mesme lestre qui est si » bien, considérant que ne luy pouvions rien dire plus à propos, » Sa Majesté en a volontiers entendu la lecture et nous a fait res- « ponce qu'elle estoit très assurée de vostre affection et fidélité au » service du Roy et au sien quelle vous prioit instament a vous y con- » duire comme avez fait et que de son costé elle feroit en vostre eni> droit comme elle a accoustumé, adjoustant que Mojisieur le Chan- » celier et moy vous en donnions advis. Monsieur le cardinal de » Joieuse nous a parlé et Monsieur d'Espernon aussi qui se monstre » très-affectionné en vostre endroit et sommes tous d'advis que venies » ici des demain si pouves pour y esfre un jour si ne voules y estre » davantage et après retourner à Conflans pour y faire vostre feste. » Vostre départ de ceste Cour qu'on publie estre ainsi [illisible) est )) gi-andement préjudicable au service de Leurs Majestés, et si ne faites » perdre ceste opinion par vostre retour et en vous conduisant comme » aves accoustumé, la Roine croira que le faites exprès pour en faire » tomber la hayne sur elle. Je vous suplie humblement de ne le pas » faire et de donner quelque foi au conseil de ceux qui vous honorent » et a moy particulièrement qui suis, Monsieur, vostre humble et » obéissant serviteur,

» P. JEA^^lN.

n A Paris, ce sniiie<li ;ui soir xx déreniljre. »

Au dos : A Monsieur Monsieur de Villeroy.

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