M. le Comte Henry vient trouver le Roy à Amboise
' M. de Villars-Houdaii , lieutenant de la compagnie de chevaulégers du Roi en 1610, gouverneur de Dieppe en 1611.
2 « Et le 8, M. le Prince Henri de Nassau, qui étoit envoyé par M. le » Prince d'Orange, son frère, à Orange, pour y établir pour gouver- » neur M. le Prince de Portugal leur neveu, vint passer à Tours et y » arriva près du Roi, où il assura Sa Majesté, et depuis ceux de son » Conseil, que l'intention de son frère n'étoit point que rien fût changé » ni innové à Orange, même au fait de la religion. » (Pontcliartrain, p. 287.) Henri Frédéric de Nassau, dont il s'agit ici, était lils de Guillaume de Nassau, prince d'Orange, fondateur de la république de& Provinces-Unies, et do Loui^io do Coligny, fille de l'amiral Gaspard
D'.\UN\Ul.n d'a.N' 0 11,1. V. /|o5
M. do Riclielicii lue à Angoiilesinc par M. le mar- (juis de Théiinnes (ce l'ul le jeudy /|). M. de Thémines, un jour ou deux auparavant, sortant d'avec la Reyne mal satisfait, dit, F..trcdes Gouverneurs, ils ruinent cette pauvre Princesse. M. de Ghanteloube luy vint demander s'il entendoit cela pour luy? 11 luy répondit : Yous, gouverneur, hé ! qui se seroit jamais avisé de vous prendre pour cela? etc. Chanteloube dit. Je suis donc satisfait. M. de Thémines répartit, Je ne satisfais que l'épée à la main , et ensuite, ils allèrent pour se battre en un faubourg. M. du Garbon sortant de chez M. de Richelieu, pour luy dire à Dieu, et voyant passer M. de Thémines si viste, le suivit, et l'ayant trouvé prest à se battre, se mit aussi de la partie avec un amy de Chanteloube ; et sur cela furent accordez et séparez. Le lendemain matin, M. de Richelieu, se trouvant oflencé des paroles du Marquis, l'envoyé appeler par La Roche. M. du Garbon l'ayant seû par Nadaillac, y va, et tous deux se mettent de la partie, avec la Roche, et Saint-Julien, neveu de M. de Ghambret. M. de Richelieu les attendoit aux Gapucins ; ils y vont. Tous sont séparez et accordez par la Reyne, le samedy 6. Le dimanche se passe sans se rien dire. Le lundy, M. de Richelieu estant en
de Coliguy, sa (|uatrièuie femme. Il était frère du célèbre prince Maurice, alors Prince d'Orange, lui succéda en 1625, soutint dignement le grand nom de son père et de son frère, et mourut en 16i7. Le Prince de Portugal était son neveu comme fils de sa sœur Emilie et d'Emmanuel l", prince de Portugal, vice-roi des Indes. {Foy. Morcri, t. viu, p. 87.)
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housse, rencontra M. cleThémines, qui y estoit aussi, en la riie qui passe devant le citadelle ; et piqué des discours que l'on luy avoit dit que M. de Thémines avoit tenus depuis l'appel, luy cria, Marquis, pied ù terre. 11 faut mourir. Les Gardes du cliasteau venoyent pour les séparer ; mais ils se pressèrent de si près, que M. de Richelieu fut tué d'un coup d'épée dans le cœur, et M. de Thémines récent un coup d'épée à la main, et un autre (fui luy coupa sa chemise. M. de Richelieu dit avant qu'expirer, Mon Dieu , pardonnez-moy ; et M. de Bérule se trouva là, qui luy donna l'absolution. M. le marquis de Thémines se sauva. La Reyne-mère donna le Gouvernemont d'Angers au Commandeur de la Porte', oncle de M. de Lnçon; et envoya M. de Villiers-Saint- Genest au Roy, avec une lettre de six lignes, pour prier Sa Majesté, que s'il y avoit lieu de confisquer le bien de M. de Richelieu, il luy plust de luy en donner la confiscation, d'autant que par Règlement donné depuis peu au Conseil, il est défendu d'accorder les confiscations, jusqu'à ce qu'elles soyent déclarées acquises. Le Roy écrivit seulement à la Reyne
1 Amador de la Porte, chevalier, grand'croix de l'ordre de Saint- Jean de Jérusalem, dit de Malte, prieur de la Madeleine aux portes de ' Parthenay , grand-prieur de France, bailly de la Morée, commandeur de Bracque, Ambassadeur de son ordre en France, gouverneur d'Angers en 1619, du Havre en 1626, lieutenant de Roi au pays d'Aunis et îles de Ré et d'Oléron en 1033, mort en 10/i4. {Foy. P. Anselme, t. IV, p. 02/i). l\ était oncle de Richelieu, parce que sa sœur, Suzanne do la Porte, avait épousé François du Plessis, seigneur de Richelieu, Conseiller d'État, Cai)itaine des Gardes du Corps et grand Prévôt de France, père du Cardinal, mort en 1590. {l'oij. Richelieu, p. 557.)
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sa niriv, pour rassurer que s'il y avoit lieu à confiscation, il la luy (lonnei'oil.
On a (lit (It'iniis (|ne M. le marquis de Thémincs receul (|nalro coups d'épéc, et (|ue celny (jui tua M. de llichelieu, n'entroit que trois doigts dans le corps.
On a seû aussi qu'il cstoit mort, quand M. de Bérule arriva '.