V2 JOURNAL INÉDIT
Le Colonel Galali avoil quatre charg-os : ]" ccMr de Colonel du Régimcnl des Gardes Suisses du Roy; 2" celle de Capitaine de la Compagnie Colonelle; o" celle de Lieutenant des Cent Suisses de la Carde : [l° et celle de Capitaine d'une Compagnie particulière, dont son j^elit fils estoit Jieutenant. Messieurs les Ministres disoyent qu il faloit bailler le Régiment au Colonel Leugly, supprimer la Compagnie Colonelle... M. de Bassompierre estant revenu, ne vit le Roy qu'à Amboise, le samedy au soir, obtint de Sa Majesté tout ce qu'il luy demanda, et luy représenta nécessaire pour le bien de son service, qui estoit, la Compagnie Colonelle pour luy ; le Régiment pour le capitaine ITessé; (qui, cntr'autres signalez services, et outre sa capacité, a fait trois actions fort remarquables, la première à Arques, où il porta mort par terre d'un coup de pique...; la deuxième aux Barricades à Paris, où ayant esté mis par le Roy en la place de Grève, et tous les autres Suisses ayant esté désarmez, il fitsa capitulation, et de nelepointestre, et qu'on luy ouvriroit les Barricades, pour aller trouver le Roy au Louvre; ce qui fut fait ; et il l'accompagna jusqu'à Rambouillet ; la troisième pour s'estre battu en duel, en Suisse, pour l'honneur de la France,
bataille d'Arqucs en 1580, dans laquelle il sauva, dit-on, le Roi ; lieutenant dos Cent-suisses en 1G03, colonel du régiment des Gardes suisses en IGIG, mort en 1610. [Foy. Biog. Michaud, notice signée Ustéri, et Mém. du duc d'Angoulùme, coll. Petitot, 1"^ série, t. xliv, p. 573. ) C'est à tort, comme on le voit i)ar le journal d'Arnauld d'Andilly, que la notice de la Biog. Micliaud piolonge la vie de ce brave soldat jusqu'en 1G29.
d'.vrnai'ld d'a.ndii. l.V. /i53
conliv un nulro Suisse, qu'il tua, en présence de deux Cantons). Joint que le Colonel Feugly ne réside point d'ordinaire en France '.
l.a lieutenauce de la compagnie des Cent Suisses fut donnée au Colonel l'eugly. — La Compagnie particulière du colonel Calatj fut donnée h son petitfils, en considération des services du bonhomme.
Le Roy estant revenu à Tours, les Ministres firent encore difficulté à tout ce que dessus, principalement Monsieur le Chancelier et M. de Pisieux, qui dirent qu'il en faloit demander avis aux Cantons. Mais nonobstant cela, le Roy commanda à M. de Pisieux de faire les Expéditions conformes à ce qu'il avoit accordé à M. de Bassompierre ; lequel, environ trois semaines auparavant, avoit rendu une extrême preuve de probité, ayant ménagé douze mil écus par an au Roy, sur les douze montres des dix Compagnies Suisses qui sont en France, en faisant réformer à treize cent soixante et tant d'écus pour Compagnie la Capitulation qui avoit esté faite avec eux, depuis cette dernière reveûe à quatorze cent soixante et tant d'écus ; laquelle augmentation les Suisses luy vouloyent donner.
Le Roy va à Amboise, et revient le mardy 9.
6. M. de Nevers arrive à Amboise, et fut fort bien receu du Rov-,
* Je n'ai rien trouvé tant sur le colonel Feugly que sur le brave capitaine Hessé, ni dans le P. Anselme, ni dans Moréri, ni dans la Biog. Michaud, ni dans l'excellente et précieuse table de la collection Petitot.
2 l'oy. Pontcbartraiu, p. 287.
Û3i JOURNAL INT^DIÏ
juiii.tieis. ]\i^ f]n Ma y ne va en poste à Paris.
7. M. de Cadenet y va aussi, mais en Carrosse. (On disoit que le sujet de son voyage estoit, pour
observer MM. duMayne.... Vernet argent. .. Bois
de Vincennes, et pour traitter du Gouvernement avec M. de Longuevillc.) — Voyage précédent de M. le Colonel (d'Ornano), eust traitté pour le Pont de l'Arche. Le Mayne envoyé avant que Monsieur le Colonel revinst. M. de Cadenet promit Calais à M. de Longueville, (dont M. de Luynes avoit dit auparavant à Monsieur le Colonel qu'il trouveroit bon qu'il traittast) , ou 80 mil écus pour l'avoir, ou quelqu' autre place. M. de Longueville disant que Monsieur le Colonel estoit cause que M. de Vilars-Oudan ' s'en estoit en allé de Paris, dit, qu'il vouloit que les Corses sortissent de Quillebeuf, et que le Roy y mist des François. Madame la Comtesse écrit à M. de Luynes qu'elle s' estoit fait fort que Monsieur le Colonel estoit tant de ses amis, qu'il le voudroit bien.