Le Roy va au Lude
27. Monsieur tombe malade de la petite vérole, à Champ-Chevrier, et le mercredy 28 septembre, arrive h Tours, estant entièrement guéry -.
28. Entre minuit et une heure, Madame la Pi'incesse accouche d'une fille dans le bois de Vincennes \
29. La Reyne-mère part d'Angoulesme, accompagnée de M. de Montbason ; elle donna à M. d'Epernon un diamant de 36 mil écus, disant, que pour
1 (( Comme il n'y avoit point d'homme en France qui ait servi le roi » Henri le Grand dans toutes ses guerres et continué de servir Sa » Majesté avec plus de valeur, de fidélité et de zèle que M. le marquis » de Praslin, Sa Majesté crut ne devoir pas différer davantage à rendre » justice à son mérite. Ainsi, durant le séjour qu'elle tit à Tours, elle » l'honora de la charge de Maréchal de France, dans laquelle il a con- » tinué jusqu'à sa mort de la servir de telle sorte et avec un tel désin- » téressement, dans tant de guerres auxquels les différents partis for- » mes dans un État, et particulièrement celui des huguenots, ont » donné sujet, que nul autre ne doit plus que lui être proposé pour » exemple d'un homme véritablement passionné pour son prince et » pour sa patrie.» (Mém. d'Arnauld d'Andilly, p. 387). Voy. aussi Fontenay-Marcuil, p. l\50; Pontchartrain, p. 289.
2 Foy, Pontchartrain, p. 289. Suivant Pontchartrain, Monsieur tomba malade à Champ-Février, maison appartenant au comte du Lude.
* Cette fille est la célèbre Anne-Geneviève de Boui'bon, duchesse de Longueville, dont M. Cousin a élo(iucmnient raconté la vie chevaleresque.
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mar((iio de rol)li i;-ation ((irclle liiy avoil à jamais, elle liiy donnoil ce diaiiuint, comme la chose du monde la plus durable, et afin que ce fust une marque à la Postérité du service, qu'il avoit rendu à une Reyne. Kilo donna aussi à M. de Thoulouse un diamant de 10 mil écus, et à M. du Plessis ', sergent de bataille, une enseigne de li mil écus et '2 mil écus de pension. M. de Thoulouse accompagna , avec le Comte de Brenncs et MM. de Breauté % de Marillac, de Carbon.
oO. M. de Luçon arrive à Tours, de la part de la Reyne-mère. Il fut très-bien receu ; et retourna le lundy à Ste-More, audevant d'elle.
Ce jour, les lettres de Duché et Pairrie de M. de Luynes furent vérifiées au Parlement. Quatremaistres des Requestes entrèrent, MM. de Bailleul, de Marescot....
Les sept Présidents au mortier furent d'avis de la vérification. Il y eut vingt voix contre onze. M. de Crequy ayant formé opposition, au nom de M. le maréchal de Lesdiguières, dont les lettres avoyent esté présentées longtemps auparavant, et estoyent surannées, et n' avoit esté délibéré dessus, à cause que par arrest du Parlement, il avoit esté ordonné, que durant la minorité du Roy, il ne seroit délibéré sur aucunes lettres semblables. M. de Cadenet passe accord avec
1 Le sieur du Ple?sis, sergent de bataille, était un gentilhomme attaché au duc d'Épernon.
2 Pierre, marquis de Breauté, maréclial de camp, tué au siège d'Arras en IGijO?
lifli) JOlinNAI. INÉDIT
Aoust 1.119. ]\], (leCrequy, portant que, encore que M. de Luyncs fust receu avant M. le maréchal de Lesdiguières ; néanmoins il passcroit après luy ; mais que M. de Crequy et ses successeurs luy céderoyent. Moyennant cela, M. de Crequy se désista de l'opposition, et demanda seulement que ses lettres fussent aussi vérifiées. — Le Parlement ordonna, qu'en rapportant lettres de Déclaration de la Volonté du Roy et ouy les Conclusions des Gens du Roy, il en seroit délibéré. S'ils eussent eu des lestres de surannation, on croit qu'ils les eussent vérifiées pour M. le maréchal de Lesdiguières. Mais toujours cet arrest lève celuy qui portoit qu'il ne seroit délibéré sur aucunes lestres de Duché et Pairrie '.
septcni.ip. Mardy 3. M. le Grand part fort matin, et se
rend à Chastelleraut, au lever de la Reyne-mère, l'allant visiter de la part du Roy. — Après disner, M. le Cardinal Retz et le Père Arnoux vont à Ste- More, où elle arriva le soir. Elle fit très-bonne chère à M. le Cardinal de Retz, lequel l'entretint jusques à minuit.
Le soir à xi heures, l'affaire de M. de Schomberg fut résolue, pour la Sur-Intendance des finances.
On dit à M. de Schomberg que son affaire estoit
* Voif. Mém. de Mathieu Mole, la lettre que le Roi écrivit de sa main au procureur général Mole à cette occasion. L'autographe du Roi se trouve parmi les papiei-s de Mole, coll. Colbert, t. v, p. 217. (Mém. de Mole, t. i, p. ^22, et note 1, p. 223.)
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résolue, et il in(^ dit (|iril désiroit (|ue je fusse auprès .s.i.i,ini)ro icio. de luy '.
M. de I.uynes va au-devant de la Reyne-mère , près de la Cousière, vers Montbason, pour la visiter de la pari du Roy. MM. le maréchal de Prasiin, de Bassompierre, de Sclioniberg, de Créquy, etc., environ trois cens ciievaux , accompagnent M. de Luynes.
5. Le Roy disne de bonne heure; part à dix heures, va, accompagné de toute la Cour à Cousières". La Reyne-mère vient au-devant de lui trente pas avant, dans le parc. Ils s'embrassèrent par trois diverses fois. La Reyne-mère pleura, et dit, que son contentement cstoit si extrême qu'elle ne pouvoit
* Arnauld d'Andillj', dans ses Mémoires, p. 391, donne des détails sur rélévation de M. de Schomberg à la surintendance des finances et sur sa nomination au principal emploi auprès du suiùntendant. «M. de » Luxembourg me vint dire : Je vous apprends une nouvelle, c'est que » M. le comte de Schomberg est surintendant des finances au lieu de » M. le président Jeannin ; mais j'ai sur cela une autre chose à vous » dire, c'est qu'il a une telle estime pour vous, qu'il désire avec pas- 1) sien que vous vouliez bien accepter le principal emploi auprès de » lui pour le soulager eu cette charge, dans laquelle il veut prendre » une entière confiance en vous, et M. de Luynes vous en prie. » D'Andilly, selon ses Mémoires , n'aurait accepté cette position qu'après avoir fait promettre à M. de Schomberg qu'il exercerait sa charge avec un entier désintéressement. Il est peu probable que d'Andilly ait eu le courage ou plutôt l'audace de poser une telle condition au nouveau surintendant. Du reste, on ne peut parler de soi-même avec plus de suffisance et d'admiration que ne le fait d'Andilly dans tout le cours de ses Mémoires. A l'en croire, il aurait été un des grands ressorts de l'État. Malheureusement pour lui son témoignage n'est confirmé par aucun autre.
2 Maison du duc de Montbazon, où le Roi et la Reine-mere se réunirent.
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s.-i>iomi.rr if.i!). j);irlcr. Ello témoj'ji.iioii avoir lout son cœur sur ses lèvres. Le Roy témoigna aussi Irès-grandc joie, et dit, qu'il y avoit longtemps qu'il souhaitoit ce bonheur, et cust les yeux humides.
Après disner, la Reyne vint voir la Reyne-mère, qui la receut trois pas avant dans la Cour, passa devant elle, sans lui oiTrir la Porte. Après, Mesdames la saluèrent, et puis les Princesses.
Pendant que la Reyne-mère disnoit, le Roy se promenoit dans le Parc, et après, il la revint voir. Ils entrèrent dans un méchant Cabinet, oij après, les Princes et les Princesses entrèrent'.
7. M. de Schomberg prend séance dans le Conseil de la Direction, au-dessus de M. le Président Jeannin, et l'après-disnée, au Conseil des Ministres, audessus de M. de Cadenet. Il a eu un brevet du 10, pour marcher immédiatement après les Officiers de la Couronne, pour la charge de Sur-Intendant des finances, signée le 7 et scellée le 10. Nul n'en avoit
1 f'oij. Fontenay-Marcuil, p. lihS; Riclielien, p. 557 et 5G8 ; Pontcliartrain, p. 290. Le récit de Pontchartrain et celui d'Andilly s'accordent tellement, même par certains membres de phrases que l'on retrouve dans les deux, qu'il est permis de supposer que l'un n'a point été étranger à la rédaction de l'autre. Différents autres passages et toute la suite des dates et des événements viennent fortifier cette supposition. Pontchartrain et d'Andilly étant en rapports journaliers, l'un a pu communiquer à l'autre son journal. J'ajouterai seulement que celui de Pontchartrain, tel que nous le possédons, est une œuvre rédigée avec soin et longtemps après les événements, tandis que le Journal d'Arnauld d'Andilly n'est qu'un premier travail dans lequel l'auteur s'est contenté de recueillir les faits, pour ainsi dire au jour le jour, sans souci de rédaction. Poij. aussi sur l'entrevue entre Louis XHI et Marie de Medicis, Merc, fi\, p. 301.
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eu aup.iravant liiy ; car M. de Sully n'avoit ricMi du s,pt,.,ni.ip i^ia tout; et Al. le Vrésident Jeanniu, seulement un brevet *.