‹ Journal inédit, 1718-1784Chapitre 4 sur 59 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

C'est, d'ailleurs, ce caractère intime et familial qui fait Toriginalité de l'œuvre de M. de Croy, et la rend si vivante, qu'en fermant le livre, on a l'impression d'avoir vécu de son temps. 11 éprouva un sentiment analogue en 1779 : « On y trouve, écrit-il alors, bien des choses rendues dans le vrai, comme si on y était ! »

Le lecteur jugera, sans doute, qu'en parlant ainsi, il n'exagérait point.

La terre et le village de Croy (ou Crouy) (1), situés à dixhuit kilomètres d'Amiens, et à cinq de Picquigny, tirent, apparemment, leur nom de l'ancien mot croi, ou croye, qui signifie craie. On en trouvait, en elfet, dans le pays. En revanche, il n'v avait point là de château, les sires de Croy ayant fixé leur résidence à deux lieues plus loin, à Araines (ou Airaines), autre terre dont ils étaient les seigneurs, et où s'élevait un château dit de Croij, dont les ruines existaient encore, à la fin du seizième siècle (2). Ajoutons que, depuis l'an 1207 au moins, la terre de Croy est demeurée l'apanage de la famille qui en a pris le nom.

Le 9 avril 1486, le roi de Hongrie Maximilien octroya à cette famille un diplôme élevant ses membres au rang de princes du Saint-Empire, en considération tant de leur illustre origine, que des services rendus à l'Empire par leur Maison (3). Le texte de ce diplôme confirme la tradition vou-

(IJ En hitia Croiacum: ce village compte' mijourd'liui 300 habitants. Les anciens titres écrivent tantôt Croij, tantôt Crouij.

(2) V. Scoliier, Généalorjie cl descentes de la Maison de Crojj. Douai, 1589, in-4'', page 3.

(U) M. de Croy siégea, en (]iiiUile de |irince d\i Saint-Empire, à la diète de Francl'iirt (1143), où il assista au CDurcinnement de l'empereur Charles VU.

Aj(]ulons que les membres de la Maison de Croy jouirent, pendant ces derniers siècles, du titre de Cousins ilu roi de France.

Page 1