INTRODUCTION IX
tée : « Je revins chez moi écrire ceci », et cette autre, que nous relevons sur la première page du premier volume : « Je les ai écrits à mesure », prouvent que la rédaction suivait de près les événements qui en faisaient l'objet.
Ici, une question se pose : l'auteur a-t-il écrit avec la pensée que son travail serait imprimé un jour ? Nous ne le croyons point, d'abord en raison du caractère intime de certains passages, ensuite parce qu'il ne tenait pas à publier ses œuvres, témoin l'immense quantité d'études et de mémoires qu'il a laissés, et dont trois seulement, dont il sera question plus bas, ont vu le jour. On peut encore citer la déclaration suivante, qui fait connaître le but dans lequel il écrivait : « L'objet que j'ai eu a été l'instruction de mes enfants et le plaisir de retrouver, dans ma vieillesse, tout ce qui s'est passé dans ma vie. » Aussi quand, en 1784, c'est-àdire l'année même de sa mort, il se les fait lire par sespetits-fils : « Cela me fit revoir, dit-il, comme si j'y étais, les moments les plus intéressants de ma vie. Il me parut que je renaissais 1 »
Outre le récit de son existence à Versailles et à Paris, on y trouve le compte rendu de ses campagnes, de ses commandements en province, de ses séjours dans sa terre de l'Hermitage, près Condé-sur-l'Escaut, des vues sur l'état poli- • tique de l'Europe, des pages arrachées à des numéros de gazettes et intercalées dans le manuscrit, à titre de pièces justificatives, etc., etc.
Notre cadre ne nous a permis de reproduire que la partie relative à Versailles et à Paris, mais nous l'avons donnée inextenso (sans corriger le style, et en nous bornant à rectifier l'orthographe et la ponctuation), persuadés que, dansunepareille publication, tout, jusqu'à certaines répétitions, a sa valeur. Nous n'avons donc omis aucun des détails dans lesquels l'auteur entre à titrepersonnel, les considérant comme d'excellents matériaux pour l'histoire du dix-huitième siècle.