‹ Journal inédit, 1718-1784Chapitre 43 sur 59 · INTRODUCTION XXI · texte numérisé non relu

INTRODUCTION XXI

les armes : il veut être créé duc et pair, il veut que son fils soit fait colonel, et, quant au gouvernement de Bretagne, il ne l'acceptera que si l'on lui garantit « de ne s'y point ruiner ». Et, comme d'aucuns le taxent d'exigence : « Quand Sa Majesté fait une chose inconcevable, répond-il fièrement, il n'est rien de trop chaud pour la réparer ! »

Dans un ordre d'idées analogue, on verra la Cour se mutiner contre Louis XV, pour une question de préséance à un bal du mariage de Marie-Antoinette, et le Roi n'empêcher l'affaire d'aboutir à un scandale, qu'à force de patience et de diplomatie !

Les gouvernements d'Aunis et de Bretagne ayant leurs titulaires, on lui offre successivement le commandement en chef de la Haute Normandie, celui d'un camp à Calais, une mission en Espagne où il y a des troupes à conduire. Mais s'est-il montré trop difficile ? s'est-on plu à le berner? Ce qui est certain, c'est que tout cela lui échappe, qu'il en tombe malade et fait savoir à ses amis de la Cour « qu'on l'a tué ! »

Bref, il regagne, sans avoir rien obtenu, la Picardie, où le duc de Chaulnes le redemande.

Cependant, l'âge vient, l'ambition décroît, ou, pour parler plus exactement, M. de Croy la reporte sur son fils, pour lequel il reprend des démarches fastidieuses faites autrefois pour lui-même. Il s'en acquitte d'autant plus volontiers, que ce fils a hérité de son goût pour la gloire, « voit tout dans le grand », selon son expression.

En ce qui le concerne personnellement, le Roi lui accorde l'entrée de ses Cabinets, faveur précieuse, et dont cinq ou six personnes seulement, outre celles qui exercent des charges à la Cour, sont honorées (1762).

Quand, en 1767, le duc de Croy-Rœulx, chef de toute la Maison de Croy, meurt sans laisser d'enfants, notre héros prend, avec l'autorisation royale, le titre de duc, et, par surcroit,

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