XXVIII INTRODUCTION
libets l'accueillent, mais sans perdre son sang-froid, il tance les rieurs, les persifle à son tour, et fait si bien que Mme de Pompadour s'en mêle et le défend. Aussitôt les plaisanteries de cesser, comme par enchantement, et les esprits forts de reprendre un silence qu'ils regrettent d'avoir rompu !
Avant de parler de ses travaux intellectuels, rappelons, pour mémoire, ce que nous avons dit de ses services militaires. Quant à son commandement de Picardie et à son gouvernement de Condé, on lui doit surtout l'achèvement du canal de Neuf-Fossé, joignant la Lys à l'Aa, le canal de dessèchement de Condé, plusieurs routes et « pavés », la restauration du port de Dunkerque, le perfectionnement de la défense des côtes de Dunkerque à Boulogne, où la tour de Croy, bâtie sur des rochers en face du village d'Houvault, atteste, encore aujourd'hui, ses efforts pour mettre le pays à l'abri d'un coup de main; l'organisation des gardecôtes, celle des milices provinciales à Amiens, etc., etc.
Quand, après une campagne ou un séjour à l'Hermitage et en Picardie, M. de Croy rentrait à Paris, son temps se partageait entre la Cour, sa famille et son travail. Le travail ! On se demande comment, étant donné le nombre et la variété de ses occupations, il a pu écrire l'énorme quantité de mémoires et d'études cités par son Jou/'na? / Elle est telle qu'il rédige, en 1762, sous le titre de Mes Œuvres, leur «histoire abrégée ». Quand ses journées sont trop remplies, il passe les nuits à jouir de ces plaisirs de l'esprit, pour lesquels il se reconnaît i)lus de vocation que pour les distractions de la Cour et du monde, « se sentant, dit-il, plus propre à faire quelque chose par le travail, qu'il aimait, que par les parties de l'agrément qui lui manquaient, surtout le jeu, la musique, l'art