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Journal inédit d'Arnauld d'Andilly (1614-1620)

En parcourant, il y a quelques années, les nombreux volumes du Recueil de Conrart, conservé au dépôt des manuscrits de la bibliothèque de l'Arsenal, je rencontrai au tome xi in-4, un journal historique occupant 286 pages (p. 197 à 485), s'étendantdu 4 *' janvier 4 64 4 au 54 décembre 4 64 9, et auquel la table ancienne du même tome donnait ce titre : Journal historique et anecdote de la Cour et de Paris, par un homme d'Etat. C'est ce Journal, écrit par un des personnages les plus célèbres du xvif siècle, que je publie aujourd'hui, après m'étre assuré, autant qu'on peut avoir une certitude à cet égard, qu'il est inédit.

Conrart, on le sait, n'a point pris la peine de nous faire connaître les auteurs de la plupart des pièces historiques et littéraires conservées par lui. J'avais à rechercher d'abord quel était l'homme d'État non nommé, dont je retrouvais

Il PRÉFACE.

le Journal. Plusieurs passages fournissaient heureusement des données précieuses pour arriver promptement à le découvrir.

En effet, Fauteur, dans le cours de son récit, dit à plusieurs reprises : « fay ouy dire d M. Bar- 6in, le 25 niars \ 6^ 8, comme j'estais un de ses trois Commissaires. » Or les Mémoires du temps donnant des détails sur l'arrestation et le procès de Barbin , il était bien facile de savoir les noms de ces trois commissaires et de n'avoir plus ensuite qu'à déterminer auquel des trois appartenait le Journal conservé par Conrart. Richelieu, ami de Barbin, et qui était comme lui, à cette époque, un des chefs du parti de la Reine-mère, dit que les trois Commissaires dont il s'agit étaient le Président le Bailleul, un Conseiller d'État qu'il ne nomme pas, et Arnauld d'Andilly, lequel était secrétaire de la commission, spécialement chargé d'écrire les réponses de Barbin *. Des Mémoires de Richelieu je courus naturellement à ceux d'Arnauld d'Andilly et j'y trouvai le passage suivant qui était presque la solution de la question : « Au mois de mars de l'année suivante, ^6^8, on découvrit uiie entreprise que M. Barbin, pri-

* V. coll. Michaud et Poujoulat, Mém, de Richelieu, année 1618, p. 182.

préfa<;e. m

sonûiier à là Bastille, avoit faite pour sortir la Reine-mère de Blois, où elle étoit comme prisonnière. Cette affaire étant très-importante à cause des personnes de qualité qui s'y trouvoient mêlées, on choisit trois Conseillère d'État pour en instruire le procès* Ce furent M. le Président de Bailleul , M. l'Avocat et moi; et parce qu'on ne voulut pas se confier à un greffier, et qu'ainsi il falloit que ce fût l'un des Commissaires mêmes qui tint la plume, ce fut à moi à la prendre étant le plus jeune. » Un peu plus loin, d'Andilly ajoute: « Néanmoins lorsque je l'interrogeois, ce que ces Messieurs me laissoient le plus souvent faire, à cause que tenant la plume j'avois la mémoire plus fraîche des interrogatoires et des réponses, etc. » Le Journal manuscrit Rapportant presque textuellement les réponses de Barbin, il était plus naturel de l'attribuer à Arnauld d'Andilly, chargé de noter ces réponses, qu'à ses deux collègues, le P* de Bailleul et l'Avocat; et ce qui fortifiait encore cette présomption , c'est que Tauteur du Journal renvoie plusieurs fois à un Mémoire particulier sur l'affaire de Barbin , mémoire qui était probablement le travail officiel de la commission, rédigé par Arnauld d'Andilly. Mais ces présomptions graves devaient se changer en cer-

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