IV PREFACE
titude quand j'arrivai, dans le Journal, au passage suivant :
« On dit à M. deSchomberg que son^affaire » estoit résolue, et il me dit qu'il désiroit que » je fusse auprès de lui. »
On sait, en effet, qu'Arnauld d'Andilly, particulièrement attaché à M. de Schomberg, fut choisi par lui pour être son premier commis, lorsque ce personnage fut élevé à la Surintendance des finances, et d'Andilly dans ses Mémoires ne manque pas de donner des détails sur sa nomination à ce poste important *.
Si d'autres preuves avaient été nécessaires on les aurait trouvées dans un rapprochement entre quelques autres passages des Mémoires et du Journal. Comme j'ai pris soin dans cette première édition du Journal d'Arnauld d'Andilly de rapporter textuellement tous les passages correspondants du même auteur, je n'insisterai pas sur ce point, me contentant d'y renvoyer le lecteur. J'ajouterai seulement, pour ne rien négliger de ce qui peut confirmer cette démonstration , que , quant à la forme , il
* F. coll. MichaudetPoujoulat. Mem. d'Am. d'Andilly, p. 433.
PRIÎFACE. V
suffit de comparer attentivement le style des Mémoires et celui du Journal (quoique celui-ci soit d'une époque plus ancienne et qu'il soit très-négligé), pour reconnaître que ces deux ouvrages émanent de la même plume ; et que quant au fond, certains personnages, que Fauteur du Joupnal fait souvent intervenir dans son récit, sont les mêmes que ceux que Ton retrouve souvent aussi dans les Mémoires d'Arnauld d'Andilly, et notamment ceux qui avaient avec lui quelque lien de parenté ou d'alliance, comme MM. de Feuquières, deFontenay-Mareuil, de Fossé, et surtout son oncle, Isaac Arnauld, Intendant des finances, celui qui fut pour lui, comme il le dit dans ses Mémoires, un second père , et qui le forma aux affaires ainsi qu'on le verra plus loin. A ce dernier personnage, l'auteur du Journal donne une importance très-exagérée, suivant l'habitude connue d'Arnauld d'Andilly lorsqu'il parle des siens et surtout lorsqu'il parle de lui-même, ainsi qu'on en peut juger par ses Mémoires. Ne se contentant pas de rapporter l'opinion d'Arnauld l'intendant, comme celle des autres membres du Conseil, il la donne toujours in extenso et fait l'analyse de ses discours, ce qui s'explique quand on sait qu'il était premier commis de son oncle et que celui-ci le chargeait toujours