‹ Journal inédit d'Arnauld d'AndillyChapitre 19 sur 99 · Maximes sur ce sujet · texte numérisé non relu

Maximes sur ce sujet

Partout où l'Espagnol nous empesche le trafic, nous le pouvons prendre justement. Les lignes se doivent entendre par le premier méridien, qui passe aux Açores, et par le tropique du Cancer; mais on y a aucun égard, mais seulement à ce qui est dit cy dessus. *^ L'Espagnol tient toujours des gallions au cap fiaint- Vincent pour tâcher de prendre tous les vaisseaux qui sont armez en guerre et ont apparence d'aller en long cours. L'Espagnol nous traitte fort rendement lorsqu'il a l'avantage sur nous. Par im jugement rendu depuis peu en l'isle Saint-Dominique, où est le siège de la justice des Indes, dé*fenôes sont faites aux Espagnols de trafiquer javec les François^ sur peine de la vie, et aux François aussy, sur peine de la mort. Les ordonnances obligent d'amener deux hommes de l'équippage déprédé, afin qu'on le» puisse interroger séparément, pour savoir le lieu où a esté faite la prise et apporter la charte-partie, c'est-à-dire, Testât de la cargaison de toutes les marchandises, faite au lieu d'où elles sont parties, afin que par là on ne puisse faire de tort aux marchans avictuailleurs, ni aux autres qui ont part au navire. Toutefois, au cas qu'on ne le face point, X l'ordonnance n'y met point de peine. — Un vaisseau ne peut aller en voyage de long cours qu'il n'ayt congé de l'amiral, enregistré, et qu'il ne face au greffe les submissions nécessaires, et donné les cau-

tions sufSsantes, et le nom et la dameurQ de toug le^ •'•ovier h». hommes de lem* équippage.

28. Combat de livarrot et Auvilars contre la Ferté et- la Trye (tué), au chasteau de Vincennq, Livarrot eut huit coups d'espée.

29. M. de Marillac* rapporte uue requeste au nom de tout le clergé, par laquelle il demande que, dès à présent, toutes les causes de MM. les cardinaux du Perron et de Sourdis et de M. l'evesque d'An* gers, soyent évoquées du Parlement au Grand-Conseil, attendu ce qui s'estoit passé touchant l'article, et l'empeschement qu'ils avoyent apporté à l'exécu-' tion de l'arrest du Parlement donné à ce sujet

Ledit M. de Marillac dit en sa conclusion qu'il inclinoit d'autant plus volontiers à cette requeste, que la Reyne avoit témoigné avoir pour agréable de la leur accorder, et ainsi opina à ce qu'elle leur fust accordée. — Après opinèrent MM. de ^illemontée^ et de Monthelon. M. de Villemontée fut contre, mais ne dit quasy mot; M. de Monthelon fut pour; puis vint M. do Barentin, qui fut l'avis entièrement contraire, opina très-bien et dit, entre nutoes raisons, que Messieurs du Conseil cas$oyent tou^ les jours le§

^ Michel de Marillao, né en lA6d, eonseiH«r au Parlement en 1586, maitue des requétee en 1905^ çomieïLler d'£tat ^t sunn^ndaot 466 finances en 1624, garde des sceaux en 1626, disgracié en 1630 après la Journée des dupes, mort es prison à Ch&teaudun en 1682. (Foy. Petitot, 1" série, t. xux, Jes Mémoires de Marillac et la Nqtic^ sur ç^ illustre personnage.)

2 François de Villemontée, s^gneur de Montaiguillon , conseiller d'Étut, intendant en Poitou, evâque 4e Saint^MaJo w 1907»

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Janvier 1618. aiTests du Parlement, et que, néantmoins, on n'évoquoit point leurs causes. M. DoUé fit très-bien, dit entr'autres choses que : Jà à Dieu ne plaise que Ton die aux nations estranges que le clergé de France s'est voulu soustraire de la jurisdiction du Parlement; que cette affaire estoit très-dangereuse et de très-pernicieuse conséquence; que les évocations estoient fondées ou sur la personne des juges ou sur celle des parties; que, pour le regard des juges, qui estoient le Parlement, ils n'avoyent point sujet de vouloir mal en particulier à Messieurs du Clergé pour avoir soutenu une autre opinion que la leur ; que, pour le regard des parties, qui estoyent Messieurs du clergé, ils n'avoyent point de sujet d'entrer en défiance de Messieurs du Parlement ni de leur justice. — Mais, en voulant complaire sur ce sujet et louer le corps du clergé, il laissa échapper ce mot : qu'il estimoit que, sur le fait de l'article, ils n'avoyent parlé à leurs Majestez qu'avec tout respect et retenue... — M. de Boissise dit, en tr' autres choses, que le corps du Parlement est qu'il y avoit quantité d'ecclésiastiques, et qu'ainsi il ne voyoit point de lieu d'en vouloir éviter la juridiction. Bref, tous d'une voix furent d'avis de refuser la requeste ; mais les uns opinoyent à mettre à néant, les autres à la rendre sans réponse ; auquel avis il passa , et M. le Chancelier en fut. M. d'Espernon fut d'avis qu'il faloit qu'on ne parlast plus de cela.

M. le Prince n'estoit point au Conseil. (On dit que, piqué du quartier de sa pension retranché, des gar-

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des de la garenne de Saint-Maur ostez, fasché d' Am- Janvier mn. boise et possible, de ce qui se passa au Conseil le mardy touchant l'Amirauté, fasché de la mort de la TryeS il s'en alla en carrosse on ne sait encore où.)

M. le cardinal de Sourdis estoit au Conseil. * M. d'Angers vint parler à M. de Marillac qui estoit au bout d'en bas. Il dit qu'il ne rapportoit point la requeste, si la Reyne ne le commandoit. Après, on luy fit dire qu'il la rapportast et monta au bout d'en haut, derrière la chaise de la Reyne. Un peu auparavant, M. le cardinal de Sourdis avoit parlé à* la Reyne, la Reyne à M. le Chancelier, puis tous trois avoient parlé ensemble, et aussitost le dit sieur cardinal sortit.

Le Roy, M. de Lorraine^ M. de Ventadour, M. de Rohan n'estoyent au Conseil.

Quelqu'un ayant dit à M. de Thou qu'il s'estonnoit comme M. de Marillac s' estoit chargé de cette requeste, et que, s'il l'eust refusée, nul autre ne l'eust voulu prendre, il répondit : Celuy qui a esté d'avis autrefois d'emprisonner le Parlement pouvoit bien estre capable de rapporter cette requeste-là.

A la levée du Conseil, chacun murmuroit touchant la hardiesse et l'insolence de cette requeste ; et, en mesme temps, on couppa une bourse dans le Conseil,

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