M. d'Angers fut trouver le matin au sceau
* La Trye, tué en duel ainsi qu'on Ta vu plus haut, était un gentilhomme particulièrement attaché à M. le Prince. (Voy, Pontchartraiu, t. XVII, 2^ série, p. 45, le récit d'une sédition dont il fut cause à Poitiers.)
m JOOANAL INEDIT
iiwvier ittf. Monsieur le Chancelier. Ils en vinrent à des pafolea violentes.
Au sortir de là, M. d'Angers alla aux Augustins, où il déclama avec furie contre Monsieur le Chance* lier et sa maison ; dit qu'elle abusoit des jeunes ans du Roy et de la facilité avec laquelle on menoit la Reyne, et qu'elle s'estoit nouvellement agrandie teU lement, qu'on en voyoit un Chancelier, un secrétaire d' Estât*, un ambassadeur en Espagne*, qui, au retour, seroit surintendant des fmances. 11 déclama aussi contre M. le maréchal d'Ancre.
Cela se passa sans que personne répondist rien.
31. Le lendemain, M. d'Angers, prenant sujet sur ce que 12 evesques, qui estoyent le jour précédent au Louvre, n'avoyent oûy sa plainte, recommence à dire les mesmes choses. Sur cela, Péricart', evesquiB d'Avranches, l'un des 12, prit la parole avec luy, et ensuite, Monsieur le Cardinal parla aussi longtemps et avec colère ; dit, entr' autres choses, qu'il désavoûoit entièrement la requeste, et n'avoit jamais pensé à se soustraire à la jurisdiction du Parlement, où il n'y avoit pas quatre jours qu'il avoit gagné un procès, sans l'avoir solicité.
Fénier 1616. 3. Bonncval*, député pour la noblesse du haut
Limosin, irrité contre M. de Chavaine% lieutenant
^ M. 'de Puisieux, fils du chancelier.
s Le commaûdeur de Sillery, frère du chancelier.
* François de Péricart, évêque d'Évreux et d'Avranchea*
* Henry, sieur de Bonneval.
^ Jacques de Chavaille, député du Tiers-État.
d'arnauld d'andillt. 48
général d'Usàrche, en liraoan, sur ce qu'il avoit ^^^f^ «w». esté esleu malgré luy, le trouvant à la sortie des Augustins, lui baille des coups de baston, puis se sauve chez M. d^Esperuon, et de là s'en va.
Ce Bonneval, sur la fin de 1615, a eu un nouveau régiment, que M. d'Espemon luy a fait bailler, et a commis des cruautés horribles.
4. Messieurs du Tiers-Eslat, en corps, vont de-» mander justice au Roy, qui leur dit qu'il en remettoit la connoissance au Parlement et qu'il tiendroit la main à leur faire rendre justice.
Messieurs de la noblesse soustiennent que la connoissance n'en peut estre attribuée au Parlement.
Le clergé...
Commission expédiée au Parlement, qui lui attribue pleine connoissance de ladite affaire» Arrest du U mars 1615, par lequel ledit sieur de Bonneval est condamné à avoir la teste tranchée *.
5. M. de Matsillac avoit esté à Monsieur le Prince; depuis, l'ayant quitté, la Reyne s'en estoit servie à luy donner des avis et luy avoit fait accorder deux mil livres de pension. Il y avoit eu grande broûillerie entre liiy et M. de Rochefort, et mesme avoyent mis l'espée à la main l'un contre l'autre, il y a environ un an. Depuis peu , ayant eu avis qu'on luy vouloit faire un mauvais tour, il le dit à la Reyne, qui mande à M. de Buillon d'en parler à Monsieur
« Voy. Petitot, Mém. de Richelieu, 2* série, vol. 21 bis, p. 233, et JHerc, /r-., t. m, p. 225.
Février 1615. le Priiice. — Le matin, à 11 heures, dans la rue de Beauvais, proche la nie Frementeau, vers le Louvre, Marsillac est saîsy par derrière par un laquais de M. de Rochefort (à cheval, suivy de 3 ou 4 autres, et plusieurs laquais) , et se voyant chargé à coups d'espée et de baston, se retire dans une porte, demeure blessé à la teste de deux coups d'espée donnez par Rochefort. La Reyne, avertie, envoyé M. de la Mothe à Monsieur le Prince, qui dit qu'il avoûoit ce qui s'estoit passé, et l'avoit commandé, pour ce que Marsillac estoit un maraut qui l'avoit offencé. La Reyne, fort indignée, en remit la connoissance au Parlement, et envoya quérir le Procureur général, afin qu'il en fist faire prompte justice.
Monsieur le Prince, ayant sçeu ce qu'avoit fait Rochefort, se mit fort en colère, et dit qu'il avoit bien que faire que l'embarrasser en une si méchante affaire.
Dès le soir mesme, commission fut expédiée, adressante au Parlement, pour en connoistre.
Le mesme soir, au bal. Monsieur le Prince dit tout haut à... avec des sermens exécrables, qu'il n' avoit point creu que la Reyne le dust trouver mauvais, et que M. de Buillon ne luy avoit jamais parlé.
M. de Buillon dit que la Reyne lui avoit bien mandé par Boneuil qu'il en parlast à Monsieur le Prince quand il le verroit, mais qu'elle ne luy avoit donné charge de l'aller trouver, et qu'ayant la goutte, il n' estoit point sorty depuis et n' avoit point veu Monsieur le Prince.
d'arnauld d'andilly. 45
6. Monsieur le Prince ayant sçeu que l'on informoit de l'affaire de Marsillac, va au Louvre, trouve le Roy et la Reyne ensemble, adresse sa parole à la Reyne, luy dit qu'il avoit sçeu la commission qui avoit esté addressée au Parlement; qu'il la prioit d'en ester la connoissance au Parlement, pour ce que c'estoit chose qui s'estoit faite par son commandement; que Marsillac estoit un coquin qui avoit médit de luy par tout. — La Reyne répondit : Monsieur, je ne croys point que vous ayez fait faire cela, j'ay trop bonne opinion de vous. — Sur cela il répondit pour la seconde fois qu'il l' avoit fait faire, qu'il l'avoûoit et que l'on ne sçauroit qu'en dire. — La Reyne luy ayant répondu comme à la première fois, il répliqua encore : Ouy, c'est moi, et que me saurait-on faire pour cela? on ne sçauroit que me faire. — Sur ces paroles, la Reyne dit : Monsieur, je vous prie de me pardonner si je dis que voilà une grande insolence et une grande effronterie d'oser dire, en la présence du Roy et de moy que vous avouez des coups de baston donnez à un gentilhomme qui est au Roy et qui le sert. — A ces paroles, il répondit que l'on n' avoit jamais traitté ni outragé Prince du sang de la sorte ; qu'il voyoit bien qu'on le vouloit éloigner du Roy, mais que, malgré ses ennemis, il y demeureroit, et achevant cela, il s'en alla. Le Roy voulut parler, Monsieur le Prince le retint. Tout cecy se conte fort diversement.
Monsieur le Prince dit qu'il dit à la Reyne qu'il ne croioit pas que Sa Majesté affectionnast tant Mar-
Février l«li.