M. de Villeroy retourne
11. M. de Villeroy retourne ; meine M. de Villesavin avec luy. Envoyé M. de Villesavin. Mande que Monsieur le Prince veut doresnavant traitter article par article ; que le premier qu'il propose est celuy du règlement du Conseil; qu'il demande que dans le Conseil des affaires d' Estât, qui se tient les matins à dix heures, il ayt la part que son rang requiert ; que l'on se serve, pour les finances, de ceux dont le feu Roy se servoit, et entr' autres de M. de Sully ; que les arrests et autres expéditions du Con-
* Foy, Pontcbartrain, Petitot, 2« série, t. xvii, p. 83 ; Richelieu, id., t. XXI bis, p. 250 ; Fontenay-Mareuil, id., V* série, t. l, p. 584.
2 Jean Phélypeaux, seigneur de Villesavin, comte de Buzançois, secrétaire des commandements de la reine Marie de Medicis, maître des comptes et conseiller d'Etat, mort en 1660. {Foy, Moreri, t. viii, p. 259. )
90 ^PPHNAL INEDIT
juHrt 1618. sçji spyçnt sîgnéQs de aept persoppes, sçavoir : dç luy, de M. de SMily, Monsieur le Chancelier, Monsieur le Contrqsleur^général de^ flnances, du Rapporteur et des deux plus anciens du Conseil.
On dit qu'on lui répondit que, pour M. de Sully et la signature dey arrests, c'estoit chose qui ne §e pouyoit faire ; que, quant au Conseil de di^ heures, il y auroit toujours le rang que sa qualité inéritoit*,
i5f tes leptres r- patentes du Roy pour tirer i, 200,000 livres de la Bastille ayant esté refusées cinq fois par la chambre des Comptes, on donne arrest au Conseil le 14, qui estoit le jour précédent, sigijé du Roy, de la Reyu^> Monsieur le Chancelier et MM. Jeannin, Maupepu^, Arnaud et Dollé, portant que la dite somme ^eroit tirée ; et le dit jour i5, Leur^ Majestez, assistées de tpuii les Grans do la Cour, furent faire tirer la dite spuime,
i7, Mf de Villeroy retourné. Monsieur le Prince l'avoit quitté et c'en estoit allé à Muret, terre qui est à luy, pour conférer ayeç MM. de BuiHon, de Longueville, du Mayne et comte de Saint-Paul.
M. de PrQuyille , gentil hoii^me de bonne maison de Picardie, qui avoit trè^-bien servy, ayoit une janibe de bois, sept en fans, une pension et esj^oit sergentrpnajor d'Amiefls, est poignardé par un sp|dat italien de la citadelle nommé Alfonce Marianna,
1 yoy, Bferc, fr., t. iv, p, 116.
2 Gilles de M^upeou, né en ^551, conseiller d'Etat, intendant et contrôleur générjil des finances spus Heuri IV çt Louis XIJI, mort en 16Û1;
en pis§ant mv le pont qui est entrç la ville et Tes- juuiet ini* plapade de la citadelle, d'où il revenpit. Il y alloit souvent donner le mot, Alfonce se jsauve dans la citadelle; la ville s'émeut pour l'avoir. MM. deMai-r gneux* et d'Hocquincourt% venus depuia peu- d« Parjs, promettent de le rendre pt cependant le mettent en prison les fers aux pieds, Hautadeçlos, qui commande dans la citadelle, prend vingt mousquetaires et tire Alfonpe de prisoji, pqis sQpt avec luy par une porte qui çi^t du cQ^\é des phamps, et mon^ tent tous deux à cheval et prennent le chemin d^ Flandre, Incontinent après l'assassinat, ceux d^ la ville ayant pris Içs armes pour investir la citadelle par dehors, on dit que M, de Alaigneux leur promit qu'on leur rendroit Alfonce, et que, pur cela, ils se retirèrent'.
M. le maréchal d'Ancre a depuis ipi» Haqtedeclo.^ pour commander dan;^ Qaille|:)œuf, au commencement de l'année 1617.
21. A quatre heures du malin, M. de Villeroy (assisté de M. de Neubourg) repart, va coucher à Villers-Cotterets, pour de là aller le lendemain ipatin à Noyon, où s'assemblent les Princes.
* igneux^ goi^verneur de Moq-
treu bre du Roi, lieijtejwit ^e l^
com ie de Mejiicis, pyj^ dq m^réclia;
2 jin court, gouyeroeur de P^ roni
3 ; Fontenay-]V(^r^uij, p, 387 Vfr
92 JOURNAL INIÎDIT
Juillet 1615. 26, M. de Pontchartrain * va porter une lettre
du Roy à Monsieur le Prince, par laquelle Sa Majesté lui commande d'estre samedy à Paris pour partir avec elle; et, à faute d'obéir, dit à M. de Villeroy que le Roy lui avoit commandé de s'en revenir, après avoir sommé le Prince. Sur cela, le traitté se rompt entièrement.
28. M. de Pontchartrain revient avec la réponse de Monsieur le Prince, par laquelle il nomme les six personnes dont il se pleint, et demande qu'ils soyent mis hors des affaires. La datte est de Coucy^
La Reyne s'estoit trouvée fort mal la nuit du 27 d'un grand flux de ventre, qui la mena vingt-cinq ou trente fois avec du sang. On en attribue la cause à une colère qu'elle avoit eue le jour précédent.
Treize compagnies des gardes, prestes à partir, furent arrestées sur ce sujet.
On tient que M. de Pontchartrain fut envoyé si soudainement, afin que l'on rompist plus tost sur le sujet du voyage que sur la nomination des six personnes dont on se pleint.
On a dit depuis que ce fut MM. de Guise et d*Es-
^ Paul Phélypeaux, seigneur de Pontchartrain, né en 1569, secrétaire des commandements de Marie de Medicis, secrétaire d*Etat en 1610, mort en 1621. Les précieux Mémoires de cet homme d'Etat ont été publiés dans les collections Petitot et Michaud.
2 yoy. , dans les Mém. de Math. Mole, la lettre du Roi au prince de Condé et la réponse de celui-ci, ainsi que la longue lettre écrite par le Roi au Parlement, au sujet des démarches infructueuses faites auprès de Monsieur le Prince, pour l'inviter à accompagner la Cour au voyage de Guyenne (p. 62 et suiv.). Foy, les mômes pièces, Merc, fr.^ t. IV, p. 139-148.
d'arnaold d'andilly. 93
pernon qui, craignant que la négociation s'accommo- '"«»«« »««• dast à leur préjudice, firent, avec le Commandeur (de Sillery) * et M. de Bulion, résoudre la Rey.ne à envoyer M. de Pontchartrain sans que Monsieur le Maréchal ni M. Dollé le sceussent.
Comme on eut leu la lestre de Monsieur le Prince, sur ce que quelqu'un deraandoit ce qu'il faloit répondre, on dit que M, le maréchal d'Ancre dit que c'estoit à ceux qui avoyent donné le conseil d'envoyer M. de Pontchartrain de dire ce qu'il faloit faire.
On dit que sur ce que Monsieur le Maréchal dit devant M. d'Espemon, que c'estoit un conseil violent que l'on a voit donné à la Reyne, M. d'Espernon répondit : Monsieur, le conseil est très-bon et je suis prestdele maintenir à la pointe de mon épée; que sur cela, Monsieur le Maréchal répondit : Monsieur, je ne parle pas pour vous, mais pour Monsieur le Chancelier. A quoy M. d'Espemon répondit que le conseil de Monsieur le Chancelier estoit très-bon.
Ce fut M. de Longue ville qui voulut que l'on nommast le Maréchal et la Maréchale, et M. de Buillon qui voulut que l'on nommast M. Dollé.