On descend la châsse de Sainte-Gçneviève
22. Messieurs du Parlement continuent leur assemblée. Deux opinions courantes ; l'une de faire remonstrances pour faire casser l'arrest du Conseil.
M. de Nevers se remet bien avec la Reyne, et ensuite va vers MM. du Mayne, de Buillon et de Longueville. On dit qu'il leur donna toutes sortes de bonnes paroles, leur dit que Monsieur le Prince estoit raccommodé, que Messieurs du Parlement ne se remuoyent plus, etc., et qu'eux, s'en estant fait enquérir à Paris, trouvèrent que tout cela n'estoit vray^
M, Broussel, qui fut le dernier qui opina, dit qu'il ne se souvenoit bien de l'arrest et des remonstrances. Voisin est mandé; dit qu'il les avoit baillez à du Tillet'. M. du Tillet est mandé ; dit qu'il estoit vray
* u h^ ch&sse Sainte GenevieXve fut descendue le 21 dudit mois de juin, et pour la seicheresse, et pour prier Dieu de conduire Leurs Majesté». » {Merc, fr,^ t, iv, p. 116.) La Cour alloit partir pour Bordeau)(, k ropc^ion des noi^riages du Roi et de Madame.
2 Voy. Pontchartrain, t. xvii, p. 83.
3 Greffier en chef du Parlement Voy, Tallemant des Réaux, Thistorie^tÇ cle M" 'du Tillet, et le commentaire de M. Paulin P^ris qui cite
que Voisin I^ lai ^vpit baillq?; que, ppiir les wpé- #«rfii#M ditiops ordinaire?, il les |ai(3«)it 4 Voisin, mw qw celles qqi e§toyent d'unç telja CQpséqiiiîOpe, i| l^i^ gardojt dans son cabiijet, et que c'estoit lai qui «frtoit le greffe. Et sur cq qu'on luy dit que Voisin m les luy avoit deu bailler isaps ^vprtjr I9 Çom, il ré^ pondit que Voisin estoit içon clerp et qi»e, p'il les juy eust refusées , il l'ewst cba?»4. ^ OrdQflP^ ^nwite que le tpqt seroit réintégré d^ns 1^^ regjiitras.
23. Messienrg du Parlement continuent teuF ^^ semblée, Résolvent de faire rernppstr^nç^S aw Bp^i pour le §uppljer (Je crqjre que l>rre5t et ]^^ l^emOflS^ trances avpyent esté résolus par rqvia wnïfPHP d* tout le l^prlement, et de croire que^ qmï^â }\ li*y plfiirpit de se faire enquérir ou ip'ipformgf (Ju gpn* tenu en leur§ renf)qnstrpnQes, il trPHVerpit qu'il n'y avQJt rien dedan§ qui pe fvist très-véritAbIfu
M, le président Lesçalopier eut de gpapd/?s prises avec M, Gilpt*, M, Perrot et quelqueii autrw ÇQPWih lers^
h généalogie des du Tillct, dressée par Victor le Gris. « Cette famille de grefifiers m pftef, dit M. Paulin f ^Fjs, |0Mj5^i|i 4'ijiije çf^psi^^f^ égale k Topulence qu'elle finit par acquérir.
i Jacques GiUot, déjà nommé, doyen de la cathédrale de Langres, chanoine de la Sainte-Ch^pe;lI(B ^t} Pm^, GpDsei||fp-tfili^G fiu fiirl^'PPnl de Paris, mort en 1619. Gijlot est auteur <)*ijne Relatipn cje cç qui se passa au Parlement touchant la ségence de la roine Marie de Modicis, les 14 et 15 mai 1610. Cet opuscule se trouve dans la collection Michaud et PoujouIa|, 1" série^ tr xi, p. 1^15. On a^ibg^ç §||§§j j^ jSJljot une part dans la rédaction de la satire Ménipr^e, {Voy, la Notice ^\if Gillot, en tôte de la Relation, dans rédjtiop cijée.)
« Merc, fr.^ t. iv, p. 112.
jniniéis. 25. Le jeudy de devant, jour de la Feste-Dieu,
M""' de Longueville avoit donné Tordre que ses torches marchassent à la procession devant celles de M"* la douairière de Guise *. Ce jour-là, M. de Guise envoya Monplaisir, capitaine de ses gardes, pour faire placer les torches de Madame sa mère, et avoit prié M. le marquis de Nesle^ de l'assister avec soixante ou quatre-vingts gentilshommes. Le curé avertit le Roy, qui envoya un nommé La Fosse, exempt, sur le rapport duquel ils se résolurent de se retirer. Mais y ayant eu contestation à qui se retireroit le dernier, sur cette dispute M. le marquis de Nesle baille de l'épée à un de M"* de Longueville ; sur quoy ayant tous, de costé et d'autre, mis l'épée à la main, ils furent séparez par des soldats des gardes et des archers du Grand-Prévost.
26. Monsieur le Prince part de Saint-Maurle vendredy à la nuit, monté sur un petit mullet et faisant semblant de s'aller promener dans le parc. Sort par la porte de derrière ; va sur son mullet jusqu'à Louvres; là prend la poste et va à Creil.
28. M. de Nevers, qui estoit allé vers MM. du Mayne, de Longueville et de Buillon, rapporte qu'ils estoient très-humbles et très-obéissans serviteurs du Roy et de la Reyne, et que si Leurs Majestez le desiroyent, ils feroyent le voyage, s' assurant qu'ils don-
* Catherine de Clèves, comtesse d*Eu, veuve du Balafré, morte en 1633.
2 René aux Epaules, dit de Laval, marquia de Nesles, mai'écbal de camp, gouverneur de la Fère, mort en 1650.
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neroyent à Monsieur le Prince et à eux, dans les Jumwn. affaires, le rang et la participation que leur qualité méritoit ; qu'elles reformeroyent le Conseil, répondroyent favorablement les cayers des Estats, donneroyent contentement à Messieurs du Parlement et regleroyent les rangs de tous les seigneurs de France*. MM. de Guise et d'Espernon craignoyent qu'ils n'eussent fait partie pour se rallier tous ensemble fortement auprès du Roy et ainsi les en chasser; dirent qu'il y avoit ligue signée entr'eux pour cet effet.
4. M. de Villeroy va trouver Monsieur le Prince iuwet. à Clermont; M. de Villesavin* avec luy.