Trêve publiée et continuée jusques au
M. Desmarests * venu à Paris* On dit que c' estoit
* Philippe Horault, seigneur du Marais, tué au siège des Ponts-de- Cé en 1620.
156 JOUKNAL INBDIT
Avril 1616. pour appeller M. de Vitry de la part du comte de la Suze *, qui prétendoit que M. de Vitry avoit chargé Novion au préjudice de la parole qu'il luy avoit donnée, que lorsque la trêve expireroit, ils s'entr'avertiroyent l'un l'autre, avant que de commettre aucun acte d'hostilité. M. de Vitry dit qu'il luy avoit seulement mandé qu'il le tenoit si galant homme, qu'il s'assuroit qu'il se trouveroit à la teste de ses trouppes. M. Desmarests trouva que ce jour là M. de' . Vitry avoit des gardes que l'on luy avoit envoyez de la Cour, sur ce que l'on avoit sceu que M. le comte de la Suze estoit party brusquement de Loudun. — Ce prétendu dessein de M. Desmarests d' appeller M. de Vitry fut trouvé tellement mauvais à Paris que l'on vouloit l'arrester pour le mettre en la Bastille; sur ce qu'on disoit qu'il n' estoit point tolérable que luy qui estoit tenu pour serviteur du Roy, vint appeller M. de Vitry, serviteur du Roy, pour un qui portoit les armes contre le Roy.
Mort de M. de la Boulaye, beau-frère de M. Desmarests. Son gouvernement de Fontenay-le-Comte donné à son fils, avec pouvoir à M""* de la Boulaye ^ de commander durant son bas âge.
Courrier envoyé à la Cour, delà Rochelle, par M. de Sully, lequel porta à Leurs Majestez toutes
^ Louis de Champagne, comte de la Suze, maréchal de camp des années du Roi, mort en 1636. —Je crois qu'il s*agit plutôt ici du comte de la Suze, parent de M. du Mayne.
> Marie Hurault, fille de François Hurault, seigneur de Chàteaupers, maître des Requêtes, et de Rachel de Cochefllet.
d'aunauld d*andilly. 157
sortes de bonnes nouvelles des députez de la Reli- ^vm lei*. gion.
M. de Villeroy tombe malade d'une fièvre.
18. Le Roy part de Tours et vient coucher à Amboise, à cause de la maladie qui estoit à Tours *.
On dit que MM. de Villeroy et Jeannin firent grand ofEce vers la Reyne pour le Chancelier. On dit que M. Ribier fut, par le commandement de la Maréchale, vers M. le président du Vair ^ en Provence, pour luy promettre les sceaux.
19. La Reyne-mère part et va coucher à Blois. On laisse Monsieur le Chancelier, M. le président
Jeannin, et autres de Messieurs du Conseil à Tours, pour traitter les affaires ; et M. de Guise avoit sept compagnies du régiment des gardes, qui entroyent en garde devant son logis, comme estant lieutenantgénéral des armées du Roy.
Monsieur le Prince fort malade à Loudun, d'une grande fièvre continue avec pourpre et grands redoublemens. Le Roy luy envoya M. Petit, médecin, et autres, avec plusieurs préservatifs ; et envoyoit tous les jours des courriers savoir des nouvelles de sa
* yoy. Merc. fr., t. iv, p. 77.
* Guillaume du Vair, né en 1556, conseiller au Parlement de Paris en 158/i, maître des Requêtes en 1594, premier président du Parlement de Provence, garde des sceaux, du mois de mai au mois de novembre 1616; remplacé par Mangot; de nouveau garde des sceaux, le 25 avril 1617, après l'assassinat du maréchal d'Ancre, évoque et comte de Lisieux en 1618, mort en 1621. « n passa, dit le P. Anselme, pour le plus intègre et le plus éloquent magistrat de son temps, et fut le premier qui donna du lustre à la langue Françoise. » ( P. Anselme, t- VI, p. 535.) — M. Ribier était neveu du président du Vair.
158 * JOURNAL INIÈDIT
Avril i6i«. santé. On dit que Monsieur le Prince témoigna se sentir fort obligé à Leurs Majestez du grand soin qu'elles avpyent de luy *.
M'"*' la Comtesse de Soissons, voyant la maladie de Monsieur le Prince> et craignant que s'il venoit à faillir, on se saisit de Monsieur le Comte, l'envoya se promener à Fontevraux, et de là à un chasteau fort nommé Brézé, près de Saumur.
20, M. de Villeroy part pour aller à Loudun.
21. M"' de Pisieux^, après avoir fait la grosse, neuf mois, enfm, se trouve n'estre point grosse.