‹ Journal inédit d'Arnauld d'AndillyChapitre 57 sur 99 · M. de Crequy arrive · texte numérisé non relu

M. de Crequy arrive

* Jean Courtois et Guillaume Délandes , Conseillers , suivant le compte-rendu du Procureur Général MoIé.

2 Fontenay-Mareuil, p. 391; Richelieu, p. 433 et suiv., où se trouvent de curieux détails sur cette affaire et cet individu. V&y, aussi Mém. de Mathieu Mole, p. 147, et les Mémoires de Déageant ; Merc. fr., p. 217.

5 Voy, Merc, fr.^ p. 216. Foy. aussi 3Ierc. fr,y p. 218, la Déclaration en faveur des Princes, portant révocation des précédentes.

* Voy. Richelieu, p. 489. Le Président de Thou mourut le 8, suivant \e Merc, fr.^p, 223,

» François-Auguste de Thou, fils aîné de l'immortel Président, né vers 1607, Conseiller au Parlement, maître des Requêtes, Conseiller d*État, compromis dans l'afifaire de Ciftq-Mars, condamné à mort, en vertu d'une ordonnance de Louis XI, pour n'avoir pas révélé le complot, et exécuté avec son ami en 1642,

May 1617. 17, M. Déagent fait par le Roy Intendant des

finances \

18 environ. M. le Comte d'Auvergne arrive. Le Roy lui fit une très-bonne réception.

19, environ ce jour. M. d'Orvilliers Vialart\ Gentilhomme, estant avec M. de Fossez, assassiné d'un coup de pistollet par les gens de M. de Bouconville.

M. le Prince, ayant désiré voir quelqu'un de la part du Roy, pour témoigner l'obligation qu'il avoit à sa Majesté, M, de Modène ' y fut envoyé ; et après que M. le Prince l'eust sondé de tous les costés, pour essayer de tirer quelque chose de luy, voyant qu'il n'en pouvoit venir à bout, enfin, il luy dit, qu'il luy vouloit parler franchement, et que croyant que Ton l'avoitplustostmis dans la Bastille par raison d'Estat, que pour mal qu'il eust fait, il estimoit que le Roy ne seroit pas, peut-estre, conseillé de l'en tirer si tost, craignant que l'on ne se voulust servir de son nom, pour prétexte de quelques mouvemens. Mais que cela

* Voy, Pontchartrain, p. 235 ; Mémoires d'Arnauld d'Andilly, p. 372, passage cité plus haut.

2 Jean Vialart, seigneur d*Orvilliers ?

* Gentilhomme du comtat Venaissin, parent de M. de Luynes. Toy., sur ce personnage, Fontenay-Mareuil, p. 383. L'éditeur des Mémoires de Fontenay-Mareuil le nomme Esprit Raymond de Mormoîron, depuis Comte de Modène, et ajoute qu*il accompagna en 1647 le duc de Guise dans son expédition de Naples. Mais ce Comte de Modène étant né en 1608 et mort en 1670, ainsi que Vindique l'article très-intéressant que lui a consacré M. Hipp. de Laporte dans la Biographie Michaud, me paraît 6tre le fils de celui dont il est question dans le Journal d'Arnauld d'Andilly et dans les Mémoires sur la môme époque.

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estant, il supplioit Sa Majesté de luy conserver sa way mi.

bonne volonté, et luy en faire sentir les effets, lorsque

ses affaires le luy permettroyent. Et que, cependant,

il le supplioit de faire une œuvre charitable, en luy

faisant bailler sa femme, à la charge qu'elle demeu-

reroit prisonnière aveque luy.

Environ ce temps, on luy àvoit démuré la fenestre qui regarde sur les champs, à Touverture de laquelle il s'evanouït, à cause du grand air. On dit que, sans cela, il n'eust pas peu vivre longtemps, et qu'il conomençoit déjà à s'enfler'.

21 ou environ. M. de Nevers, qui] s'en estoit allé quelque temps auparavant, témoignant n'estre guères content, revient à la Cour,

23. M, de Vitry au Parlement Maréchal de France, Le jour précédent, il avoit esté receu Conseiller à la Cour. Sur la contestation meûe, savoir si M. deVitry , comme Conseiller, et Maréchal de France, précéderoit ceux qui n'estoy^nt que Conseillers, mais plus anciens que luy, comme M. le Grand, et M. de Liancourt ; il fut jugé qu'il n'auroit place qu'après eux, suivant son ordre de réception. Cela estant jugé, M. de Liancourt se retira, et, après la présentation et le serment fait par M. de Vitry, Monsieur le Président luy dit, que, comme Maréchal de France, il n' avoit point là de séance, mais que, comme Conseiller à la Cour, il y en pouvoit prendre, selon son ordre de réception *.

* Voy, Pontchartrain, p. 225.

2 Voy, Mém. de Math. Mole, p. 147 ; 9ierc. fr., p. 223.

May 1617. Il y assista M. le Comte de Soissons, (auquel Mon-

sieur le Premier Président demanda son avis à part; ce que l'on dit ne se devoir faire qu'aux Fils de France, Monsieur le Prince ayant souvent opiné avec les autres), M. TEvesquede Noyon Pair de France*, M. de Rets, M. de Monbason, M. de Rohan, M. de Souvré, M. le Grand.

Monsieur le Premier Président ordonna à tous les Gentilshommes, et Seigneurs, qui estoyent dans le Parlement, d'oster leurs épées, ou de sortir. Ils estèrent tous leurs épées.

Ce jour, M. de Luynesprit au Louvre, le département qu'avoit M'"' la Marquise de Guercheville.

25. L'assemblée de ceux de la Religion prétendue réformée , qu'ils tenoyent à la Rochelle, dès auparavant la mort du Maréchal d'Ancre, se sépare*.

26. M"'* la Princesse de Condé va saluer le Roy, (et la Reyne) et le supplier de luy vouloir permettre d'entrer prisonnière dans la Rastille, avec Monsieur le Prince.

Le Roy le luy accorde, et d'y mener seulement une Damoiselle. Sur quoy, son petit nain ayant supplié le Roy de trouver bon qu'il n'abandonnast pas maîtresse, Sa Majesté le lui permit aussi. La mesme après disnée. Madame la Princesse entra dans la Rastille, où elle fut receûe de Monsieur le Prince avec

1 Charles de Balzac, trésorier de la Sainte-Chapelle, grand archidiacre de Rouen, doyen de Tours, évoque et comte de Noyon, pair de France en 1596, mort en 1627.

2 Voy Richelieu, p. /i/i3.

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tous les témoignages d'amitié qui se peuvent imagi- way len. ner, et jusques-là qu'il ne la laissa jamais en repos, qu'elle ne luy eust dit qu'elle lui pardonnoit *.

27. Le Roy va à Saint-Germain. Il revient le lundy au soir, et souppe en chemin, à la Chaussée, chez le Président Chevalier.

30. M. de Guise arrive, accompagné de mil Gentilshommes. Le Roy avoit trouvé bon que l'on allast au devant de luy. M. de Joinville, M. deRohan, M. de Termes, M. de Candalle, M. de la Valette et autres y avoyent mené chacun une troupe. Il trouva le Roy dans la Grande Galerie, extrêmement accompagné, et de telle sorte, que les plus vieux disoyent n'avoir jamais veu la Cour plus grosse. Le Roy luy fit la meilleure chère qui se puisse imaginer au monde. On tient qu'il luy dit : Mon Cousin, vous m'aviez bien dit qu'il se faloit défaire du Maréchal d'Ancre, mais il n'estoit pas encore temps. M. du Mayne estoit tout contre le Roy. On croioit que M. de Guise et luy se feroyent froid ; mais M. de Guise, se voyant avoir tout l'avantage, luy tendit la main, avec un visage riant ; ce que voyant M. du Mayne, il s'avança, et se saluèrent.

M. le Comte d'Auvergne, et M. de Longue vil le estoyent aussi avec le Roy. M. de Ne vers n'y estoit point, et je. n'y vis point non plus M. de Vendosme.

31. M. de la Valette, à trois heures et demie du matin, fait appeller M. de Schomberg (revenu le soir

^ Voy. Pontchartrain, p. 237 ; Merc, fr.^ t. v, p. 229.

May letT. précédent avec M. de Guise) , à cause qu'il avoit logé autour de Metz avec les Reistres et Lansquenets, et mesme que quelques-unes de ses troupes avoyent logé dans Tabbaïe de Sainte-Glossine, dont est abbesse une fille bastarde de M, d'Espernon *. Ils se battirent à l'épée seule, et estant venus aux prises et tous deux tombez par terre, M. de Créquy y arriva, lequel les sépara et les accorda. Ils ne furent blessez ni Fun ni l'autre, et M. de Schomberg eut seulement le dessus de l'œil un peu froissé.

Juin. Mécredy 7. Le Roy va à Fontainebleau; revient

le mardy 37. La Cour y fut si grosse, que Ton y compta jusqu'à trente-quatre Princes, et Princesses... ^

Le mesme jour, M. deLuynes fut receu Conseiller au Parlement.

10. Gardes redoublées. Et sur ce que l'on dit au Roy que les Princes (qui la pluspart n'estoyent pas encore venus) en pourroyent prendre de la défiance, il répondit, qu'il ne s'enquéroit point de cela, et que partout où il seroît, il vouloit estre le maistre.

MM. du Mayne, de Ne vers et le Cardinal de Guise vinrent à Fontainebleau en mesme Carrosse la semaine d'après, et le dit sieur Cardinal se témoigna ouvertement amy de M. de Nevers contre son frère M. de Guise, lequel ayant seû, durant le dit voyage

* Louise, bâtarde de la Valette, abbesse de Sainte-Glossine de Metz, morte en 1647.

2 Voy. Pontchartrain, p. 240.

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de Fontainebleau , que quelques Gentilshommes J"»» »«»7. avoyent tenu des paroles à son désavantage, dans la chambre mesme du dit sieur Cardinal, il y alla, avec quelques-uns des siens, et dit là, tout haut : On dit qu'il y en a icy qui ont mal parlé de moy ; si je savois qu'ils sont, je les jetterois tout à cette heure par les fenestres.

1 2. Femme de Chartres prise dans les capucins du faubourg Saint- Jacques par M. le Procureur Général; avoue avoir, esté fort solicitée de tuer le Roy ; monstre le Couteau *•

17. Environ ce temps, différend entre MM. de Guise et de Nevers, touchant la Capitainerie duChasteau-Porcien.

M. et M"' la Comtesse de Soissons, mal ensemble touchant la Table de Grand-Maistre, dont elle prenoit l'argent, et que luy vouloit tenir, par le conseil de M. de Longueville. Cela commença dès Paris, et Madame la Comtesse ayant découvert ce dessein, parla à son fils fermement.

24. L'archevesque de Pise, Ambassadeur extraordinaire de Savoye^, eut aussi audiance, touchant les affaires de Savoye *.

* yoy, Mém. de Mathieu Mole, plusieurs pièces concernant cette affaire.

2 yoy, Pontchartrain, p. 238.

s Arnauld d*Andilly ne mentionne pas dans son Journal une affaire importante qui fit beaucoup de bruit pendant les mois de juin et] de juillet, savoir, le rétablissement de Texercice de la religion catholique eu Béarn contre la volonté des Réformés. Foy, à ce sujet Richelieu, p. 443 ; Pontchartrain, p. 248 ; Merc, fr„ p. 60 et suiv., 318 et suiv.

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Juillet 1617. Dimanches. Le Roy va à Saint-Germain, et

en revient le iundy 10.

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