PREFACE. XXIX
Roi mineur; plus tard il sera pour le Roi majeur contre Tex-régente. Entre ces deux grandes royautés du génie, Sully et Richelieu, se succèdent ces deux petites royautés de la faveur, Concini et Luynes. Tandis que le Maréchal d'Ancre et sa femme, en gagnant l'esprit de la Reine-mère, gouvernent à leur fantaisie, et se font haïr de tous ceux que leur puissance imméritée offusque et irrite; Luynes, en flattant les goûts du jeune Roi, monte rapidement tous les degrés du pouvoir; et comme pour monter jusqu'où peut s'élever la médiocrité portée par la fortune, l'un deviendra Maréchal de France, l'autre ira plus loin encore et sera Connétable. En ces temps de scandale et d'anarchie, on ne recule devant aucun moyen pour satisfaire ses vengeancesou son ambition. Pour se débarrasser du Maréchal on le fait assassiner, et le bâton qui tombe de sa main est donné au marquis de Vitry pour prix de ce forfait ; une victime ne suffit pas ; la favori te de Marie de Médicis, la Maréchale d'Ancre, accusée de crimes imaginaires, est condamnée comme coupable de magie et de sorcellerie, et sa tête tombe sur la place de Grève. Sous un tel gouvernement la guerre civile est en permanence ; quand de part et d'autre on est à bout de ressources, les Princes rebelles, souverains dans leurs gouvernements, traitent