‹ Journal inédit d'Arnauld d'AndillyChapitre 90 sur 99 · M. le Comte Henry vient trouver le Roy à Amboise · texte numérisé non relu

M. le Comte Henry vient trouver le Roy à Amboise

' M. de ViUars-Houdan , lieutenant de la compagnie de chevaulégers du Roi en 1610, gouremeur de Dieppe en 1611.

' « Et le 8, M. le Prince Henri de Nassau, qui étoit envoyé par M. le » Prince d'Orange, son frère, à Orange, pour y établir pour gouver- II neur M. le Prince de Portugal leur neveu, vint jMisser à Tours et y » arriva près du Roi, où il assura Sa Majesté, et depuis ceux de son » Conseil, que l'intention de son frère n'étoit point que rien fût changé » ni innové à Orange, môme au fait de la religton. » (Pontchartrain, p. 287.) Henri Frédéric de Nassau, dont il s'agit ici, était fils de Guillaunte de Nassau, prince d'Orange, fondateur de la république dei Provinces-Unies, et de Louise de Coligny, fille de l'amira) Gaspard

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M. de Richelieu tué à Angoulesme par M- le mar- jumctiew. quis de Thémines (ce fut le jeudy II). M. de Thémines, un jour ou deux auparavant, sortant d'avec la Reyne mal satisfait, dit, F..tre des Gouverneurs, ils ruinent cette pauvre Princesse. M. de Chanteloube luy vint demander s'il entendoit cela pour luy ? Il luy répondit : Vous, gouverneur, hé î qui se seroit jamais avisé de vous prendre pour cela? etc. Chanteloube dit, Je suis donc satisfait M. de Thémines répartit, Je ne satisfais que J'épée à la main , et ensuite, ils allèrent pour se battre en un faubourg. M. du Carbon sortant de chez M. de Richelieu, pour luy dire à Dieu, et voyant passer M. de Thémines si viste, le suivit, et l'ayant trouvé prest à se battre, se mit aussi de la partie avec un amy de Chanteloube ; et sur cela furent accordez et séparez. Le lendemain matin, M. de Richelieu, se trouvant offencé des paroles du Marquis, l'envoyé appeler par La Roche. M. du Carbon l'ayant seû par Nadaillac, y va, et tous deux se mettent de la partie, avec la Roche, et Saint-Julien, neveu de M. de Chambret. M. de Richelieu les attendoît aux Capucins ; ils y vont. Tous sont séparez et accordez par la Reyne, le samedy 6. Le dimanche se passe sans se rien dire. Le lundy, M. de Richelieu estant en

de Colîgny, sa quatrième femme. ïl était frère du célèbre prince 'Maurice, alors Prince d'Orange, lui succéda en 1625, soutint dignement le grand nom de son père et de son frère, et mourut en 1647. Le Prince de Portugal était son neveu comme fils de sa sœur Emilie et d'Emmanuel l*', prince de Portugal, vice-roi des Indes, (f^oy» Moreri, t. YIII, p. 87.)

Juillet liit. housse, rencontra M. de Thémines, qui y estoit aussi , en la rue qui passe devant le citadelle ; et piqué des discours que l'on luy avoit dit que M. de Thémines avoit tenus depuis l'appel, luy cria, Marquis, pied à terre. 11 faut mourir. Les Gardes du chasteau venoyent pour les séparer ; mais ils se pressèrent de si près, que M. de Richelieu fut tué d'un coup d'épée dans le cœur, et M. de Thémines receut un coup d'épée à la main, et un autre qui luy coupa sa chemise. M. de Richelieu dit avant qu'expirer. Mon Dieu, pardonnez-moy ; et M. de Bérule se trouva là, qui luy donna l'iibsolution. M. le marquis de Thémines se sauva. La Reyne-mère donna le Gouvernement d'Angers au Commandeur de la Porte', oncle de M. de Luçon; et envoya M. de Villiers-Saint- Genest au Roy, avec une lettre de six lignes, pour prier Sa Majesté, que s'il y avoit lieu de confisquer le bien de M. de Richelieu, il luy plust de luy en donner la confiscation, d'autant que par Règlement donné depuis peu au Conseil, il est défendu d'accorder les confiscations, jusqu'à ce qu'elles soyent déclarées acquises. Le Roy écrivit seulement à la Reyne

* Amador de la Porte, chevalier, grand'croix de Tordre de Saint- Jean de Jérusalem, dit de Malte, prieur de la Madeleine aux portes de Parthenay, grand-prieur de France, bailly de la Morée, commandeur de Bracque, Ambassadeur de son ordre en France, gouverneur d'Angers en 1619, du Havre en 1626, lieutenant de Roi au pays d*Aunis et Iles de Ré et d'Oléron en 1633, mort en 1644. (Voy. P. Anselme, t. IV, p. 624). Il était oncle de Richelieu, parce que sa sœur, Suzanne de la Porte, avait épousé François du Plessis, seigneur de Richelieu, Conseiller d*État, Capitaine des Gardes du Corps et grand Prévôt do France, p^redu Cardinal, mort en 1590. (^oy, Richelieu, p. 557.)

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sa mère, pour l'assurer que s'il y avoit lieu à confis- Juiiut leii . cation, il la luy donneroit.

On a dit depuis que M. le marquis de Thémines receut quatre coups d'épée, et que celuy qui tua M. de Richelieu, n'entroit que trois doigts dans le corps.

On a seû aussi qu'il estoit mort, quand M. de Bérule arriva '.

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