M. de Villeroy revient trouver le Roy
31. On résout au Conseil d'envoyer à toutes les bonnes villes leur dire qu'elles se gardent et ne
1 Noël Brulart, dit le Commandeur de Sillery, d'abord chevalier du Malte, puis premier ecuyer et chevalier d'honneur de la Reine, ambassadeur à Rome et en Espagne.
juillet je»». laissent entrer aucuns des Princes et seigneurs malcontens \
Aou*t 1er. M, de Nérestang2 va dans la citadelle d'à-
miens. M. de Longueville estoit venu dans la ville, sur ce qu'on l'avoit averty que M. de Nérestang estoit venu avec peu de train. Le soir, sur la nuit, prend six chevaux qui estoyent dans la citadelle, avec vingt mousquetaires, et les fit passer et repasser durant un fort longtemps sur un pont qui est hors la citadelle, dont ceux de la ville peuvent bien entendre le bruit, mais ne le sçauroyent voir. On va dire à M. de Longueville qu'il estoit entré dans la citadelle cinq ou six cents chevaux et grande quantité d'hommes de pied. Sur cela, M. de Longueville craignant quelque entreprise contre luy, se retire le lendemain matin. M. de Nérestang, prenant le temps de l'absence de M. de Longueville, va dans la maison de ville présenter les lettres du Roy, pour ne laisser entrer M. de Longueville, ni aucun autre dans la ville, et leur dit que s'ils n'obéissoyent, il les mettroit en poudre -, et qu'ainsi, s' estant assemblez,
1 Votj. Pontchartrain, p. 84-89. Pontchartrain raconte en détail l**s circonstances de sa mission vers Monsieur le Prince; il nomme les six personnes dont celui-ci se plaignait, et qui étaient le maréchal d' \ncre, le Chancelier, le commandeur de Sillery son frère, MM. de Villeroy, Dolé et Bullion. l'oy. Richelieu, p. 234-260; Fontenay-Mareuil, p. 284- 289; Rohan, p. 125-126; Mire, /r., t. îv, p. 155 et suiv.
* Jean-Claude, marquis de Nérestang, conseiller d'Etat, capitaine de cinquante hommes d'armes des ordonnances du Roi et maréchal de camp des armées de Sa Majesté, mort au siège de Turin en 1639.
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ils résolurent de faire la volonté du Roy, M. do •«>•• Longueville estant revenu, ils le prièrent d'avoir pitié d'eux et de se retirer,
D'autres disent que la ville délibérant sur le paquet du Roy, on vint dire a M. de Longueville que la pluralité des voix alloit à le prier de se retirer, et * que sur cela, il alla à Corbie où est Riberpré, Ceux de Corbie ont une compagnie de chevaux -légers du sieur de Contenan '.
Combat de MM. de Montmorency et de Portes2 contre MM. de Retz5 et de Vitry\ — Leur querelle fut pour une écharpe chez la Choisy. — Paroles : accoustumé d'avoir mon reste5. M. de Vitry fit l'appel
1 Voy. Pontchartrain, p. 90; Fontenay-Mareuil, p. 288; 3ferc.fr., t. iv, p. 151. — Timoléon de Boves, sieur de Contenan, capitaine des chevaux-légers de la garde du Roi, gouverneur de Mantes, mort vers 1651. {Voy. son historiette, Tallemant des Réaux, t. iv, p. 283.)
2 Antoine Hercule de Budos, marquis de Portes, oncle de M. de Montmorency, lieutenant-général en Gevaudan et pays des Cevennes, viceamiral de France, tué au siège de Privas en 1629 (P. Anselme, t. ix, p. 154).
* Henry de Gondy, duc de Retz et de Beaupréau, pair de Fiance, marquis de Belle-Isle, capitaine de cent hommes d'armes, né en 159Q, mort en 1659.
* Nicolas de l'Hôpital, marquis puis duc de Vitry, capitaine des gardes-du-corps du Roi, maréchal de France en 1017 pour prix de l'assassinat du maréchal d'Ancre, gouverneur de Provence en 1632, enfermé à la Bastille de 1637 à 1643, duc et pair en 1644, mort la même année {Voy. P. Anselme, t. vu, p. 431).
6 Tallemant des Réaux raconte cette affaire et explique ce mot. M. de Montmorency avait été marié avec M,le de Beaupréau. La Reine-Mère fit rompre ce mariage. « Depuis, M. de Retz espousa M11' de Beau- »» préau, et M. de Montmorency, au lieu de duc de Retz, l'appela duc n de mon reste. On les accorda sur l'heure. »» (Tallemant des Réaux, historiette de M. de Montmorency, t. n, p. 308.) On voit, au contraire, d'après le récit d'Arnauld d'Andilly, que le duel eut lieu. Quant à la
Aomt ibis. le samedy au soir; le dimanche matin, M. de Montmorency va si matin que le portier ne veut ouvrir la porte. 11 quitte ses chevaux, passe l'eau à pied et à gué. M. de Montmorency tirant une estocade à M. de Retz, M. de Retz pare si fort que Cépée de M. de # Montmorency luy tombe; en mesme temps, il saisit de la main gauche l'épée de M. de Retz et se jette sur luy et le passe par terre. Ainsi, M. de Retz estant dessous et M. de Montmorency n'ayant point d'épée, comme ils virent qu'ils ne se pouvoyent que faire l'un à l'autre, ils s'accordèrent et furent séparer les seconds qui estoient aux prises. Puis, M. de Retz baille son cheval à M. de Montmorency, et monte en trousse, et ainsi vinrent déjousner à l'hostel Montmorency et disner à l'hostel de Retz1
5. A onze heures du matin, M. le maréchal d'Ancre va à Amiens accompagné de M. de Plainville et de quantité de noblesse, et en chemin il joignit la compagnie de chevaux-légers de M. de Contenan. M. de Carbon2 alloit devant avec quelques gentilshommes.