ADDITION TOUCHANT LE VOYAGE DU ROY
17 «oust 1615.
Leurs Majestez partirent de Paris le 17 aoust 1615, sans donner ordre quelconque aux affaires de .
1 Jérôme de Hacqueville, seigneur d'Onsembray, conseiller au Parlement de Paris, puis président aux requêtes et quatrième président, succéda à ^Nicolas de Verdun comme premier président, en 1627, et mourut en 1628.
2 Doyen des conseillers laïcs.
5 Doyen des conseillers clercs.
4 Voy. Pontchartrain, p. 97 » Richelieu, p. 267 ; Fontenay-Mareuil, p. 291 ; Brienne, p. 303. Voy, aussi, dans les Mémoires do-Math. Molé, p. 72-86, le narré de l'affaire de M. le président le Jay. Ce récit authentique confirme de tout point celui d'Arnauld d'Audi lly. Vy. Merc. fr.s t. iv, p. 207-210.
Amibien. Paris (lors fort troublé, tant à cause de l'étonnement du peuple de voir le Roy s'en aller, Monsieur le Prince estant si proche avec des forces, qu'à cause des factions que faisoyent dans Paris les partisans de Monsieur le Prince) , sans establir aucun Conseil, et inesme sans parler particulièrement à M. de Liancourt\ Gouverneur, à Monsieur le Premier Président, à M. le Prévost des marchans, ni à M. Arnaud.
Pour donner ordre aux affaires qui se présentoyent de toutes parts, M. Arnaud voyoit Monsieur le Gouverneur et Monsieur le Premier Président chez lequel se trouvoyent M. Myron, prévost des marchans et
Messieurs les eschevins Pasquier, le Bret et
Frezon.
11 y eut contestation entre Monsieur le Gouverneur et Monsieur le Premier Président à cfui iroit l'un chez l'autre. Enfin Monsieur le Gouverneur vint le premier chez Monsieur le Premier Président et après y avoir esté deux ou trois fois , Monsieur le Premier . Président vint une fois chez luy. Depuis, Monsieur le Gouverneur retourna chez Monsieur le Premier Président, et comme le jour fut assigné que l'on se devoit trouver chez Monsieur le Gouverneur , et que déjà Messieurs les Prévost des marchans et Eschevins et
1 Charles du Plessis, seigneur de Liancourt, comte de Beaumontsur-Oise, marquis de Guercheville, conseiller d'Etat, premier écuyer de la petite écurie, gouverneur de Metz, gouverneur et lieutenantgénéral en la ville, prévôté et vicomté de Paris, chevalier d'honneur de la Reine-Mère, mon en 1620.
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Monsieur le Procureur-général (lequel sur la fin se Aou*t leu. trouvoit aussi au Conseil) , s'y furent rendus, on envoya demander à Monsieur le Premier Président s'il ne vouloit pas venir. Il manda que non. Depuis, Monsieur le Gouverneur ne fut plus chez luy et ne se sont point veûs depuis.
Ces contentions furent cause que M. Arnaud , intendant des finances , après avoir fait résoudre une affaire à un, l'alloit faire résoudre à l'autre. Et à cause que chacun vouloit signer le premier , il faloit toujours sur un mesme sujet faire double dépesche'.
D'autant que l'armée de Monsieur le Prince demeura longtemps aux environs de Paris, et qu'il estoit besoin de pourvoir à toutes les petites villes voisines, on leur fit délivrer quelques armes et des
1 « M. Arnauld étant donc demeuré avec ce pouvoir, il fit tout ce » qu'il put pour faire que M. de Liancourt, gouverneur de Paris, et » IL de Verdun, premier président du Parlement, vécussent en bonne m intelligence ; et cela lui réussit durant quelques jours, mais ils se » rebrouillèrent aussitôt, et ainsi nul d'eux ne pouvant aller chez » l'autre, ni demeurer d'accord du rang de leurs signatures, il fallut » faire toutes les expéditions doubles et il les signoit avec eux. Feu » M. le cardinal de Retz, qui n'étoit alors qu'évéque de Paris, étoit de » ce petit conseil, comme aussi M. Molé, procureur général et depuis » garde des sceaux , et M. le président de Chevry, intendant des » finances, en fut aussi durant quelques jours, après lesquels il alla » au voyage. Je faisois en leur présence, sur le bout de la table, toutes » ces lettres et ces expédition», dont le nombre étoit presque incroyable, » parce qu'une partie des villes d'alentour de Paris étant menacées et » dépourvues de toutes les eboses nécessaires pour leur défense, et » l'armée des Princes étant venue jusqu'à Dammartin, on avoit re- >» cours de toutes parts à ce petit conseil, qui étoit aussi obligé de » pourvoir en môme temps à plusieurs choses nécessaire» pour l'armée » du Roi. » (Mémoires d'Arnauld d'Andilly, p. 367.)
Aot.M t«i«. munitions de l'arsenal. Et pour cet effet M. Arnaud signoit les billets, tantost avec Monsieur le Gouverneur et tantost avec Monsieur le Premier Président , addressans à M. de la Chevalerie, lieutenant en l'Arsenal, et à M. Guillon, controlleur général de l'artillerie.
Les vaccations estant finies, il fut besoin d'emprunter du sieur de Choisy quatre cens mil livres pour le Roy, dont les lettres-patentes furent addressées à MM. de Pontcarré 4, de Boissise et Arnaud ; et depuis, M. de Ghasteauneuf estant revenu du Berry, on luy en communiqua aussi. Depuis ce temps tous les susdits Messieurs du Conseil s'assembloyent quelques jours de la semaine chez Monsieur le Gouverneur, et de là en avant, on ne tint plus de Conseil chez Monsieur le Premier Président.
Des affaires de conséquence qui se résolvoyent on en dressoit des résultats (cette mesme forme avoit aussi esté observée lorsque l'on s'assembloit chez Monsieur le Premier Président) qui estoyent signez par Monsieur le Gouverneur et MM. de Pontcarré, de Chasteauneuf, de Boissise et Arnaud, et quelquefois par Messieurs les Prévost des marchans et Eschevins, lorsque c'estoit chose qui regardoit Pintérest de la ville de Paris.
11 n'y avoit point de difficulté en la signature de ces derniers résultats, pour ce que M. de Chasteauneuf, le plus ancien de Messieurs du Conseil, ne fai-
* Pierre Camus de Pontcarré, conseiller d'Ktat.
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soit aucune difficulté de signer après Monsieur le aou*m«. Gouverneur. Et néantmoins je luy ay oûy dire qu'il ne le voudroit aucunement quitter à Monsieur le Premier Président, lequel avoit toujours accoustumé d*estre précédé par le plus ancien du Conseil, ainsi qu'il s'estoit pratiqué chez Monsieur le Chancelier où M. de Villeroy s'estoit assis au dessus de luy un peu avant le voyage du Roy en aoust 1615.
25. M. lemaréchalde Boisdaufin arrive à Meaux au rendez-vous de l'armée.
27. Le Roy arrive à Tours. M. du Plessis 1 y vid Sa Majesté , sembla réprouver la diligence dont on usoit en ce voyage, toutefois fort modérément. Conclud que Messieurs de la Religion se conduiroyent cette année comme ils avoyent fait l'année passée.
28. Députés de la Religion de l'assemblée de Grenoble, ouïs par le Roy. Proposent trois choses. La première, le premier article du Tiers-Estat. La seconde, la pleinte de la réception du Concile de Trente par le Clergé. La troisième, que Monsieur le Prince a envoyé vers eux les assurer qu'il tiendra la main à ce qui leur est assuré par les traittez, et les
» Philippe de Mornay, seigneur du Pleasis-Marly, né en 1540, surintendant des finances du roi de Navarre en 1575, surintendant général de la Navarre pendant la Ligue, gouverneur de Saumur, mort en 1623. Ce célèbre chef des Réformés, ami de Henri IV et antagoniste du cardinal du Perron, a laissé plusieurs ouvrages et entre autres des Mémoires.
Aoust te». prie aussi de se joindre à luy tant pour une bonne réformation que pour la surséance. Et sur le tout, ils ontdespesché vers luy pour le remercier de sa bonne affection envers eux. — Pour le surplus , rien. Mais ont prié Dieu de bien inspirer Sa Majesté afin de suivre toujours le meilleur conseil. Ne dirent une seule parole que l'on pust mal interpréter1.
Le sieur de Foraise pris à Chartres, portant des commissions de Monsieur le Prince. Comme on travailloit à son procès, M. le Prince écrivit à M. le maréchal de Boisdauphin, qui luy fit réponce. Depuis, Monsieur le Prince écrivit aux commissaires dudit procès des lettres qui furent surprises 2.
31. Leurs Majestez arrivent à Poitiers. MM. de Parabère3 et de la Rochebaucourt * y furent incontinent, et M"" de la Trémoille5 aussi \
* Les députés de l'Assemblée de Grenoble étaient Cham peaux, Desbordes-Mercier et Maillcray (Voy. Mém. de Rohan, p. 127); Voy. Merc. /h, t iv, p. 211 etsuiv., les remontrances des députés de cette Assemblée.
* Voy., dans les Mémoires de Math. Molé, p. 86, ta compte rendu de cette affaire, ainsi que les lettres dont il est ici question. Cet agent de Monsieur le Prince était le sieur de Beaulicu-Friayse, suivant le récit de Molé.
3 Henry de Baudean, comte de Parabère, marquis de la Mote-Sainte- Heraye, gouverneur du Poitou, mort en 1653.
» Jean de Gallard de Béarn, comte de Brassac, baron de la Rochebeaucourt, ambassadeur à Rome, gouverneur de Saintonge, surintendant de la maison de la Reine, mort en 1645.
5 Charlotte Brabantinc de Nassau, fille de Guillaume de Nassau, IIe du nom, prince d'Orange, veuve de Claude, seigneur de la Trémoille, duc de Thouars, prince de Tarente, pair de France, mort en 1604. I*a terre de la Trémoille est en Poitou.
« Voy. Pontchartrain, p. 99 ; Rirhelieu, p. 269.
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1er. M. de Brison, gendre de M. de Chambaut septembre «m. Gouvernet, fait instance au Roy au nom de rassemblée de ceux de la Religion de retarder son voyage. Congnée envoyé par Monsieur le Prince en l'assemblée de Gien, fut cause de cette seconde députation.
M. de Lesdiguières a dit aux députez de la Religion qu'ils ne devoyent ni ne pouvoyent tenir que le chemin des remonstrances.
Environ ce temps, Madame demeure malade à Poitiers de la petite vérolle.
M. de Sully vient trouver le Roy au port de Pile, avec MM. de Ghastillon 1 et de la Boulaye 2.
M. de Rohan fait le malade et écrit au Roy pour différer le mariage, et s'excuse sur ce que M. de Loudrière luy avoit esté envoyé par l'assemblée de Grenoble.
M. de Sully ne logea pas au commencement dans Poitiers, à cause du différent avec M. de la Rochefoucaut, mais il y logea depuis, et parla bien pour le service du Roy.
M. de la Trémoille8 ne bouge de Vitré et fait le malade.
1 Gaspard de Coligny, comte de Coligny, seigneur de Chastillon, né en 1584, amiral de Guyenne, gouverneur de Montpellier, colonel-général des gens de pied français en Hollande en 1614, gouverneur d'Aigues-Mortes en 1616, maréchal de France en 1622, commanda en Piémont en 1630, gagna la bataille d'Avein en 1635, soumit Arras en 1640, perdit la bataille de la Marfée contre le comte de Soissons en 1641, mort en 1646.
* Philippe Eschalard, baron de la Boulaye, gouverneur de Fontenayle-Gomte en Poitou, mort en 1616.
s Henry, seigneurde laTremoille, duc de Thouars, prince de Tarente et
lift JOURNAL INEDIT
septembre le». 7. Dessein de Monsieur le Prince sur la Fère, inutile,
Passage de Chauny refusé par M. de Genlis 1 à M. du Mayne, .
9. L'armée du Roy part de Meaux, va le 10 à Crespy en Valois. M, du Mayne avoit voulu passer dans Chauny, mais M. de Genlis luy refusa le passage.