‹ Journal inédit d'Arnauld d'Andilly, 1614-1620Chapitre 43 sur 109 · M. de Boisdauphin prend Creil, Rembaut estoit dedans · texte numérisé non relu

M. de Boisdauphin prend Creil, Rembaut estoit dedans

L'armée du Roy estoit allée le 11 à Pont-Sainte- Maxence.

Celle de M. le Prince attaqua le 12 une barricade du faubourg de Roye. Montebene3 avec six cens hommes la repoussa \

On dit que M. de Sully se retira sans prendre congé du Roy.

M. le Maréchal d'Ancre témoigna avoir découvert une entreprise par le moyen de laquelle on faisoit sauter le corps de logis dans lequel il couchoit dans la citadelle d'Amiens, et des ruines on combloit le fossé et ainsi on surprenoit la place.

Le Roy répond aux cayers de l'assemblée de Grenoble. Brevet des villes de seureté continué pour dix ans. Ils demandoyent quatre cent mil livres pour

de Talmond, comte de Laval, né en 1599, pair de France, fut au siège de la Rochelle, où il abjura le calvinisme en 1628, mestre de camp de la cavalerie légère en 1633, servit au siège de Corbiecn 16S6,mort en 1674.

1 Gilles Brulart, seigneur de Genlis, secrétaire d'Etat, bailly et gouverneur de Chauny, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi.

a Cyprien de Mpntebenne, maréchal de camp de* armées du Roi.

1 Voy. Mère. fr.% t. iv, p. 2ii4.

d'arnauld d'andilly. 115 entretenir les Pasteurs, qui est deux cent mil livres septembre mm. d'augmentation : cinq cens mil livres pour l'entretellement des garnisons, il y a voit quelques autres articles semblables. Le reste contenoit le 1er article du Tiers-Estat, le Concile de Trente, la recherche de l'assassinat commis en la personne du feu Roy, le serment du sacre, et quelques autres articles cy-devant refusez aux autres cayers, comme de deux députez au lieu de six ; qu'ils nommeront trois gentilshommes au Roy pour en choisir un, avenant vaccation des gouvernemens des places de seureté ; que Sully, Mouron et Baugé soyent places de seureté \

Paquet pris à Favas '\ passant par Tholose sans parler, lequel estoit plein de mauvaises instructions. Les plus fâcheux se pleignoient de ce que M. de Lesdiguiôres ne vouloit estro de la partie.

Le serment envoyé par l'assemblée fut juré par les gouverneurs des places de Poitou, à la réserve du service du Roy.

Un advocat nommé Coignée faisoit feu à l'assemblée contre le service du Roy et contre la Reyne.

On envoyé au Parlement par Montcassin 3 la déclaration contre Monsieur le Prince4.

1 Voy. Pontchartraîn, p. 100.

5 Le sieur de Favas, particulièrement attaché à Monsieur le Prince, était un des plus ardents réformés. Il fut souvent chargé de mission» importantes et périlleuses.

» Charles de Foix, seigneur de Villefranche et de Montcassin, gentilhomme ordinaire de la Chambre du Roi.

* Voy. cette déclaration, Merc. /h, t. iv, p. 226 \ Voy. aussi Mém. de Math. Molé, p. 01.

Btptefckro ici5. On avoit proposé d'envoyer à M. de Lesdiguières les cayers de ceux de la Religion répondus par le Roy, avec charge de les délivrer lorsque l'assemblée auroit nommé ses députez ordinaires, et qu'ils seroyent sur le point de se séparer, mais enfin , on les rendit aux députez mesmes et on leur rendit raison de toutes les réponces.

1 li. Madame retombe malade d'un flux de sang.

15. La déclaration du Roy contre Monsieur le Prince (sur le sujet de laquelle M. de Montcassin estoit venu) est présentée au Parlement. Cinq opinèrent seulement. Le mecredy 15 vingt-cinq opinèrent ; le jeudy, cent (dont quatre-vingt-dix-sept furent d'un avis) ; le vendredy le reste. Il y en avoit trente qui estoyent d'avis de la vérification purement et simplement. Mais ils furent contrains de revenir à un des deux autres avis, qui estoyent: celuy de l'arrest, qui avoit soixante et seize voix, et l'autre qui en avoit soixante treize. Adjoustoit, que les lettres seroyent dès à présent enregistrées, et quant au surplus, l'avis de l'arrest; ainsi, il ne passa que de trois voix \

L'armée du Roy va à Verberie, et tost après, à Verneûil, où elle estoit le 18.

Le Roy d'Espagne arrive à Burgos avec ses enfans.

M. le comte de Saint-Paul, qui estoit allé en

1 Voy. Merc. fr. t. iv, p. 237, l'arrêt rendu par le Parlement, le 1 8 septembre, contre Monsieur le Prince et les autres rebelles ; Voy. aussi Mém. de Math. Molé, p. 05.

d'arnauld d'andillv. 117 Guyenne, se remet bien avec le Roy, et alla trouver septembre m». le Roy à Bordeaux huit ou dix jours après qu'il y estoit arrivé. On dit que M. de Rohan ne luy avoit voulu céder la charge de lieutenant - général en Guyenne, c'est-à-dire, le commandement des forces1.

La Reyne fut malade quelques jours à Poitiers.

Quelques recrues de Navarre et Picardie qui alloyent joindre l'armée furent défaites par M. du Mayne, au passage de la Braisle2.

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