M. de Marillac2, lieutenant de la Compagnie
1 Bernai d Potier, seigneur de Mérencourt, cornette général de la cavalerie légère en 1600, gouverneur de Fougères en 1398 et en 1605, de Langres en 1602, de Pont-Audemcr en 1603, lieutenant-colonel de la cavalerie légère eu 1600, conseiller d'Etat eu 161 i, vice-amiral et capitaine des côtes de Normandie en 1615, gouverneur de Péronne, Montdidier et Roye en 1616, maréchal de camp en 1621, mestre de camp d'infanterie en 1625, lieutenant-général de la cavalerie légère, mort en 1662. {Foy. P. Anselme, t iv, p. 770 )
2 Louis de Marillae, né en 1573, sous-lieutenant des gendarmes de Monsieur, ambassadeur en Italie en 1611, commissaire général des camps et armées en 1617, maréchal de camp au siège de Montauban où il fut blessé en 1621, capitaine lieutenant des gendarmes de la Reine-mère, lieutenant-général aux évôchés de Metz, Toul et Verdun, gouverneur de Verdun en 1625, se signala au combat de Plie de Ré, au siège de la Rochelle, à la prise de Priva», maréchal de France en 1629, commandant de l'armée d'Italie en 1630, arrêté comme un des chefs du parti de la Reinc-mere en 1630, condamné à mort par commissaires dans le château du cardinal de Richelieu à Rueil, et exécuté en place
Norraibrr mi. de Gendarmes de Monsieur, envoyé en Champagne, pour revenir en diligence, apporter nouvelle si M. de Ne vers a voit obéy; afin qu'au cas qu'il ne l'eust fait, le Roy partist en diligence, pour aller en personne à Rheims.
M. de Marolles assure la Reyne, sur sa vie, que M. de Nevers n'avoit fait autre chose que de saisir, et établir Commissaire, par les voyes de Justice, en la maison de M. de la Vieuvillc, à cause de devoirs Seigneuriaux non rendus.
M. le duc de Rohannois' se bat à l'épée seule, près la porte Montmartre, contre M. de la Frézelière, gentilhomme de Poitou, auquel il donne la vie, et remporta son épée, qu'il luy renvoya après, par M. de Varennes. La querelle venoit de ce que M. de Rohannois croioit que M. de la Frézelière eut emcû les habitans de Poitiers contre luy, lorsqu'il fut contraint d'en sortir, il y a environ deux ans, et que luy ayant promis de l'amitié, il luy eut au contraire rendu de mauvais offices auprès de la Reyne.
2l\ . L'Exempt des Gardes, de retour de Champagne, rapporta, qu'il avoit trouvé des commissaires établis par Justice, dans la maison de M. de la Vieuville, avec dix ou douze soldats, et un honneste
de Grève le 10 mai 1632. Son frère, le garde des sceaux, mourut en prison peu do temps après. (Voy. P. Anselme, t. vu, p. 479.)
» Louis Gouftier, duc de Rouannois, né en 1573, capitaine de cent hommes d'armes des ordonnances, gouverneur de Poitiers, pair de France en 1612, conseiller d'Etat en 16iû, accusé de complot avec le prince de Condé et condamné à mort par contumace en 1631, mort en 1642.
d'arnauld d'andilly. 235
homme qui leur commandoit, pour garder ladite Novembre maison ; lesquels n'avoyent fait aucun desordre, et avoyent payé tous les vivres qu'ils avoyent pris, et luy avoyent offert de sortir de la place, et de la luy remettre, entre les mains, puisqu'il a voit Commission du Roy ; que quant à M. de Nevers, il luy avoit dit toutes sortes de bonnes paroles, et usé de toutes sortes de soumissions, pour ce qui conccrnoit la personne et le service du Roy. Mais que quant à la Rcyne, il avoit dit, qu'elle l'avoit traitté, luy, et les autres Crans absens de la Cour, ainsi que des Esclaves ; qu'il estoit hors de sa tyrannie, et que d'autres qui y estoycnt encore, n'y seroyent plus, possible dans trois mois ; qu'il ne la verroit jamais qu'en peinture ; et que si M. de Praslin alloit à luy, avec dix mil hommes, il iroit au devant, avec vingt mille. Avec plusieurs autres paroles contre la Reyne, et le Maréchal d'Ancre.
J'ay ouy conter à M. Rarbin cette affaire, le 23 mars 1618, qui est, que se devant tenir conseil chez Monsieur le Garde des Sceaux du Vair, pour cette affaire de Si, la Reyne luy commanda d'y aller, résolu de ne dire mot. L'affaire ayant esté rapportée par M. de..., Monsieur le Garde des Sceaux dit, qu'il estoit d'avis de renvoyer tout au Parlement, M. de Villeroy dit, que l'affaire estoit de telle conséquence, qu'il estimoit qu'il la faloit retenir au Conseil, d'autant qu'autrement, ce seroit laisser opprimer un gentilhomme qui n' estoit én cette peine, que pour avoir servy le Roy. M. le Président Jeannin dit, qu'il
Nmrmhrr in«. faloit distinguer, en renvoyant au Parlement, ce qui estoit de la saisie féodale, et retenant au Conseil ce qui estoit de la saisie par armes. M. Mangot fit un long discours. — Après, l'avis estant demandé à M. Barbin, il dit, qu'il luy sembloit qu'il faloit remarquer une chose qui n'avoit point esté dite, qui estoit, que la saisie féodale n'avoit esté faite que quatre ou cinq jours après la prise de la maison ; sur quoy M. du Vair dit : si vous pensiez nous porter à vos conseils violens, vous vous tromperiez fort.
Voicy comme l'on conte cette affaire dans le monde.
La Reyne ayant assemblé le Conseil, commanda à l'Exempt, de dire tout ce qui s' estoit passé, et tout ce que M. de Nevers luy a voit dit. 11 répondit. « Madame, vous plaist-il que je die tout?» Elle dit, « Oui. » Et après, il dit tout ce que dessus (grande imprudence). Cela fait, la Reyne voyant que personne ne disoit mot pendant un fort long temps, elle devint rouge, et en se levant, dit : Puisqu'il n'y a icy personne qui veuille conseiller le Roy, il faudra qu'il se conseille luy-mesme ; et aussitost, s'en alla à la fenestre, et tourna le dos à la table où ilsestoyent tous assis. — On dit qu'incontinent après elle dit qu'elle ne prendroit jamais conseil de M. le Garde des Sceaux, de M. de Villeroy, et de M. le Président .leannin.
M. de Guise, dit, le lendemain, chez M. de Créquy, que cela se passa ainsi, et que pour luy, il n'avoit point de conseil à donner pour estre d'avis de ruiner son Cousin germain, mais que quand on luy
d'arnauld d'andillv. 237 commanderoit, il obéïroit contre qui que ce fust, Novembre m*. fust-ce son père, et son grand-père, s'ils estoyent au monde.
On tient pour plus certain, que l'Exempt ayant dit à la Reyne toutes les paroles dites contre elle par M. de Nevers, lesquelles il n'avoit point mises dans son procès-verbal fait en Champagne, elle luy commanda de faire un autre procès- verbal, et de les y mettre.
On dit que ledit Conseil fut un conseil debout, où personne n'estoit assis, et qu'après que l'Exempt eut leû le Procès-Verbal, la Reyne dit, Eh bien, Monsieur le Garde des Sceaux, dites vostre avis. A quoy il ne répondit rien. Et que pour la deuxième fois, elle luy dit la mesme chose ; à quoy il répondit, Madame, vous vous conseillerez avec vos plus particuliers serviteurs. Sur quoy elle dit en colère, Ouy, ouy, le Roy s'en conseillera avec ses fidèles serviteurs. Et pourquoy pensez-vous donc qu'il vous eût appellé à la charge où vous estes, sinon pour luy donner conseil?
J'ay ouy conter à M. Barbin comme ce Conseil se passa, qui est que la Reyne estant venue, et ayant dit qu'elle vouloit que le Procès- Verbal fust leû, M. le Garde des Sceaux dit, qu'il n'estoit pas besoin de le lire, on lut ledit Procès-Verbal. Après, la Reyne dit à M. le Garde des Sceaux, ce qu'il estoit d'avis que l'on fist sur cela? Il se retira un pas en arrière, et ne répondit rien. La Reyne luy dit la mesme chose pour la seconde fois, et il ne répondit encore rien et se retira un autre pas en arrière. Et puis, la troi-
Novembre i6i8. sième fois, ayant demandé, si Ton ne vouloit point donner conseil au Roy de ce qu'il falloit faire , il ne répondit encore rien. Surquoy, la Reyne se leva, rouge, et en très-grande colère, et dit, qu'il n' estoit point besoin de tenir Conseil, puisque Ton ne vouloit pas conseiller le Roy.
Tous les Conseillers d' Estât d'épée, qui estoyent présens, firent un murmure, et dirent tout haut, que Ton leur demandast leur avis, et qu'ils le diroyent.
M. de Créquy (qui a un brevet de Duc et Pair) estant dans le Cabinet de la Reyne, demanda un siège à l'huissier, qui luy répondit qu'il ne le pouvoit faire, si on ne le luy commandoit. Sur cela, il s'addressa à M. le Maréchal d'Ancre, qui estoit assis, et le pria de luy en faire bailler un. 11 luy répondit, qu'il ne se mesloit point de cela. Après, il s'addressa à la Reyne, laquelle ne luy fit pas meilleure réponse; dont il demeura fort mal content.
Le matin, le conseil se tenant chez M. le Garde des Sceaux, M. de Chevry luy dit, qu'il estoit besoin de résoudre les Edits ; sur quoy il commanda qu'on les luy apportast, et dit, on me les apporte comme des bottes d'allumettes, et deux jours après, on me les redemande scellez. Je ne vay pas si viste que cela , car je veux avoir le temps pour les voir. Après, il fit lire les Edits, et y remarqua des contradictions et autres fautes.
Le mesme matin, M. Barbin luy ayant dit, que la Reyne vouloit que l'on évoquast au Conseil l'affaire d'entre M. de Nevers et M. le Marquisde la Vieuville,
d'arnauld d'andilly. 239 il dit, que pour ce qui concernoit la mouvance féo- Novembre me. dale, il ne le pouvoit faire, à cause que cela devoit aller au Parlement. Sur quoy M. Barbin répondit, Il faut tout évoquer, Monsieur, car la Reyne le veut. Il répliqua : Il faut, vous ne devez point parler par : il faut : je say bien ce qu'il faut, et vous ne serez pas mal, si vous rendez aussi bon compte de vostre . charge, que je feray de la mienne. M. Barbin répondit, Vous me querellez en vostre maison, adieu !
La vérité est qu'au Conseil des affaires d' Estât, tenu ledit matin chez Monsieur le Garde des Sceaux, le Procès- Verbal touchant l'affaire de M. de Nevers ayant esté leû, comme ce fut aux opinions, M. le Président Jeannin fut d'avis de renvoyer au Parlement, et comme M. Mangot alloit opiner, M. Barbin prit la parole, et dit : 11 ne faut pas juger de cette affaire, comme d'une affaire de particulier à particulier, mais comme l'affaire du Roy, estant facile à reconnoistre que c'est le Roy qui y est offencé, plus que M. de laVieuville, premièrement en ce que cette prise de maison a esté faite par cinquante soldats, lesquels se sont saisis du chasteau, six ou douze heures avant que l'on eust estably aucun commissaire par justice; en second lieu, cette prise a esté faite incontinent après le refus fait à Mme de Nevers par M. de la Vieuville; et en troisième lieu, M. de Nevers a pris sujet de saisir ladite maison, sur la félonie qu'il prétend avoir esté commise contre luy par M. de la Vieuville, au refus qu'il avoit fait à Mme de Nevers, M. Barbin ayant dit cela, M. le Garde des Sceaux
Novembre «18. prit la parole, et dit : Je ne veux pas, en suivant vos conseils violens, estre Ministre d'iniquité. Il faut faire venir de MM. du Parlement, qui soyent capables de juger de cette affaire. M. Barbin répliqua : Monsieur, je suis très-homme de bien, et parler de conseils violens, c'est toucher le Roy et la Reyne. Vous me querellez en vostre maison. Adieu, monsieur '.
25. Sur les cinq heures et demie du soir, M. le marquis de la Force et de Loménie 2, allèrent trouver M. le Garde des Sceaux, M. de Loménie luy dit, que le Roy le prioit de l'aller trouver, et de luy faire apporter les Seaux. Il répondit, avec un J visage gay et résolu : Ouy, ouy; allons vistement, et en mesme temps demanda les Sceaux et fit mettre les chevaux au Carrosse. Entrant dans le cabinet, comme il vid que l'on faisoit difliculté de laisser entrer le Sr Du Mas, qui portoit les Sceaux, il dit : Laissez-le entrer ; il a affaire icy. Et ayant trouvé le Roy et la Reyne dans le petit Cabinet, où se trouvoyent aussi M. de Guise,
M. le Maréchal d'Ancre, M. de Loménie Il mit
les deux genoux en terre, et addressant sa parole au Roy, luy dit, que Sa Majesté luy ayant par deux fois fait l'honneur de luy écrire pour luy donner la charge de Garde des Sceaux lorsqu'il estoit premier Prési-
1 f 'oy, Richelieu, 363 et suiv. ; Pontchartrain, p. 188.
2 Voy. Mém. de Brienue, p. 319 et suiv., le récit de ce qui se passa lorsque les sceaux furent rcUrés a du Vair. M. de Loménie, père de Brienne, ayant Joué un rôle dans cette affaire, la relation de son fils a un caractère en quelque sorte authentique. Le récit de Brienne confirme pleinement celui d'Arnauld d'Andilly.
d'arnauld d'andilly. 2&1 dent en Provence, où il s'acquittoit de sa charge le Novembre me. plus dignement qu'il luy estoit possible, il Tavoit très-humblement supplié de l'excuser , reconnoissant bien qu'il n'en estoit pas capable, et qu'il n'y pourroit pas estre agréable à beaucoup de personnes (désignant le Maréchal et la Maréchale d'Ancre) ; qu'enfin, ayant, pour la troisième fois receu un commandement exprès de Sa Majesté, il avoit obéy et reçeu la charge avec une entière affection d'y servir fidèlement Sa Majesté ; que maintenant qu'elle luy redemandoit les Sceaux, il les luy rapportoit, avec le mesme désir du bien de son service qu'il les avoit receus, et prioit Dieu qu'il luy fist la grâce de luy donner un bon Conseil, dont il avoit bon besoin. On dit que la Reyne dit chose quelconque, et que M. le Garde des Sceaux ne dit à la Reyne que deux ou trois mots fort bas que personne n'entendit, et que elle luy dit assez haut : On aura soin de vous.
En toute cette affaire M. du Vair a témoigné une très grande constance*.
Incontinent après que M. Du Vair eut rendu les Sceaux, le Roy commanda que l'on fist entrer M. Mangot, qui estoit demeuré dans le grand Cabinet, et que l'on avoit envoyé quérir chez luy, sur les sept heures, qu'il estoit déjà avec ses mulles de chambre, sans qu'il sceut chose quelconque de tout cecy, ainsi que luy et M. Rarbin l'ont juré depuis (le mesme se dit
4 Voy. Mém. de Math. Molé, p. 139, le discours remarquable adressé par du Vair aux députés du Parlement lorsque les sceaux lui furent retirés.
Novembre de M. de Luçoiî). Sa Majesté luy dit qu'il avoit toujours creû qu'il Je servirent bien, en quelque charge qu'il l'employast; que maintenant, M. Du Vair luy avant remis les Seaux, il les luv bailloit, sur cette assurance ; et que la Reyne sa mère en garderait la clef jusqu'à ce qu'il eust fait le serment. — Ainsi, M. Mangot remporta chez luy les Sceaux dans le carrosse, dès \e soir mesme. On tient qu'il ne fut pas trop content de cette charge, pour ce qu'il reconnoissoit bien qu'il n'estoit pas fort bien avec M, le Maréchal, et qu'il appréhendoit qu'ils ne les luy baillassent que pour un temps, et pour l'éloigner de celle de Secrétaire d' Estât, en laquelle il désiroit de s'assurer, et mesme. il estoit lors en termes d'en traitter avec M. de Villeroy, pour quatre cens mil livres, moyennant laquelle somme il avoit aussi la survivance pour son fils aisné. D'autres disent qu'il ne bailloit que deux cens mil livres à M. de Villeroy, sans parler de survivance. Mais je trouve plus d'apparence au premier. Il avoit vendu, il y avoit quelque temps, l'office de Premier Président à Bordeaux, à M. de Gourgues1, pour soixante mil écus.
La charge de M. Mangot est baillée à M. l'Evesque de Luçon ; et firent tous deux serment, l'un de Garde des Sceaux, l'autre de Secrétaire jd' Estât, le lendemain au matin, qui estoit |le samedy. Mais depuis,
1 Marc Antoine de Gourgues, Premier Président du Parlement de Bordeaux, épousa Marie Ségiiier, sœur de Pierre Séguier, le célèbre chancelier de France.
d'arnauld d'àndilly. 2/j3
M. de Luçon ayant eu ses provisions, fit nouveau Novembre mm. serment, le 2 décembre '.
26. M. le Maréchal d'Ancre part à sept heures du matin, avec huit chevaux a son carrosse, un autre carrosse à six chevaux qui suivoit, et environ cinquante hommes de cheval, pour aller à Rouen, tenir les Estats.
27. Le Roy dance un ballet au Louvre, qui est le premier qu'il ait dance.
M. de Nevers disant avoir eu avis qu'on avoit fait expédier des lettres patentes pour luy fermer les portes de Retel, y fut en personne et y mit deux ou trois cens hommes. Et le mardy 29, disant pareillement qu'on luy vouloit oster l'entrée de S"- Menehoud, il y fut avec sa maison, et y mit garnison.
M. de Buillon renforce la garnison de Sedan.
* Voy. Merc. /h, p. 309. Le Mercure rapporte le discours plein de dignité que prononça en cette occasion le garde des sceaux du Vair. Voy. Fontenay-Mareuil, p. 360; Brienne, p. 319 etsuiv. Voy. Brienne» p. 322, les contestations qui s'élevèrent au sujet de la préséance de l'éveque de Luçon sur les autres Secrétaires d'Etat. Voy. Rohan, p. 143 ; Richelieu, p. 365 et suiv. ; Pontchartrain, p. 190. Richelieu, évôque de Luçon, orateur du clergé aux États de 1614, aumônier delà Reine régnante, avoit déjà, quoique très-jeune, une grande influence, particulièrement sur l'esprit de la Reine-mère. Nommé secrétaire d'État à la place de M. Mangot, qui lui-même avoit remplacé M. de Puisietix dans la survivance de la charge de M. de Villeroy, doyen des secrétaires d'État, Richelieu voulut entrer dans le Conseil, non pas au rang d<- M. Mangot, son prédécesseur, mais à celui de M. de Villeroy et avoir ainsi la préséance sur ses collègue*. Ceux-ci résistèrent énergiquement, mais Richelieu l'emporta sur eux. Le génie dominateur du grand Ministre se révélait déjà.
lïlk JOURNAL INÉDIT
Décembre îm. \, M. de Ne vers, fait entrer une forte garnison dans S,e-Menehoud.
9. M. le Maréchald' Ancre revient à quatre heures du soir, de Rouen, où il a voit tenu les Estats de Normandie'.
10. Aseptheuresdumatin, M. le Garde des Sceaux Mangot vient chez M. Barbin. — Ils vont ensemble chez M. le Maréchal d'Ancre, lequel, aussitost qu'ils furent sortis, arrive chez M. Barbin, où ils reviennent tout court; et entrent tous trois dans le Cabinet où M. de Luçon estant venu, demy-heure après, ils demeurèrent trois heures, et jusqu'à ce que la Reyne envoya quérir M. Barbin. MM. de Thémines et de Mcntigny vinrent, et ne purent parler à M. Barbin. M. le Comte d'Auvergne fut à l'entrée de la porte du Cabinet, où il ne dit qu'un mot à M. Barbin, et puis s'en retourna. On dit que l'après-disnée, ils tinrent encore trois heures, cemesme conseil. Ils parloyent, entr'autres choses, de la Bastille.
M. le Maréchal d'Ancre témoigne vouloir oublier la mauvaise volonté qu'il avoit eue contre M. de Luines.
Dès ce jour, on apprit que la Reyne vouloit oster la Bastille à M. de Thémines; ce qu'ayant appris il l'alla trouver, etluydit, en substance, qu'il luy remettroit la Bastille entre les mains, et toutes les charges qu'il avoit, toutes et quantes fois qu'il luy plairoit, et qu'il la supplioit très-humblement, que si elle la luy vouloit oster, cela se fist de sorte qu'il ne luy fust
* Voy. Pontchartrain, p. 192.
d'arnauld d'andilly. 2ft5 point déshonnorable. A quoy elle luy répondit, que nec«ni>re tm. cela n'estoit point, et que c'estoit toutes impostures et artifices.
11. M. de Thémines eut encore les mesmes discours avec la Reyne, et elle luy dit encore les mesmes choses.
12. M. de Thémines, disnant chez l'abbé Rucellay 1 avec M. de Guise, il sceut, que, sous prétexte d'une querelle de M. de Saint Béarn, et autres artifices, dont ensuite, on s'estoit servy, on avoit fait sortir M. de Losières son fils, et la plupart de ses Gentilshommes, et puis qu'on leur avoit fermé les portes de la Bastille.
Sur cela, il va trouver la Reyne, laquelle luy fit dire, que s'il estoit en colère, elle ne vouloit point parler à luy. Il luy fit répondre, qu'il n'etoit point en colère, et sur cela, estant entré, la Reyne luy dit qu'elle le prioit de ne point parler, s'il estoit en colère, et qu'avant toutes choses, il sceût qu'elle luy accorderoit tout ce qu'il luy demanderoit. Il répondit, qu'il savoit assez ce qui estoit de son devoir, pour ne point ignorer qu'il ne luy appartenoit pas de se mettre en colère, contre ceux sous la Domination desquels Dieu l' avoit fait naistre, comme le Roy et elle, mais que, puisqu'elle luy faisoit l'honneur de
1 L'abbé Ruceellai gentilhomme florentin, introduit à la cour par le maréchal d'Ancre, signalé pendant quelque temps par ses intrigues en faveur de la Reine-mère, mourut dans la retraite en 1627, après avoir joué un rôle assez considérable. {Voy.y sur ce personnage, Moreri, t. ix, p. 423, et Richelieu, Mémoires, éd. citée, t. xxn, p. 22& et suiv.)
2/|6 JOURISÀL INEDIT
rerembrc teie. luy promettre tout ce qu'il luy demanderoit, il la prcnoit au mot, et luy demandoit Congé, pour luy et pour ses enfans, de se retirer en sa maison. Elle luy dit, qu'elle ne le vouloit en façon quelconque, et qu'au contraire, elle se vouloit servir d'eux. Et que pour le luy témoigner, elle luy bailloit le brevet, (qu'elle tenoit en sa main,) de la charge de Premier Ecuyer de Monsieur, pour M. de M. Losières. 11 répliqua, qu'il la remercioit très-humblement, et que puisqu'on avoit voulu luy faire un tel affront, et à Losières, il se réputoit indigne, et ses enfans aussi, de servir le Roy en des charges honnorables; qu'il luy avoit, par deux fois, sur les bruits qui couroyent offert de luy rendre les clefs de la Bastille, qu'elle l'avoit refusé, et qu'ensuite, on luy avoit fait le plus grand affront qu'il pust recevoir au monde. (On dit, qu'il luy dit aussi qu'elle estoit très-mal conseillée, et que sur cela, il luy parla très-hardiment.) La Revue luy dit, qu'elle voioit bien qu'il estoit en colère, qu'il s'en allast à son logis, et qu'il la reverroit le lendemain
Le Président Chevalier, avec le Président Rebours et quelques autres Présidens et Conseillers de la Cour des Aydes, ayant esté mandez au Louvre, Monsieur le Carde des Sceaux leur représenta la nécessité des finances, les excessives dépences que le Roy est contraint de supporter, et comme cela le contrnignoit de trouver des moyens extraordinaires,
» Votj. Mac. fi ., |>. 3:»t»; Richelieu, p. 374; Pontchaitrain, p. 193.
d'arkauld d'andilly. 2/i7
pour y subvenir, etc. ; que pour ce sujet, le Roy vou- Décembre loit envoyer M. le comte de Soissons à la Cour des Àydes, assisté d'un Maréchal de France, et de trois des plus anciens du Conseil, pour faire vérifier les Édits, qui y nvoyent esté portez. et que, partant, ils se disposassent à exécuter l'intention de Sa Majesté. Après cela, le Président Chevalier fit un pas en arrière, et puis dit. en substance, que c'estoit un très * pernicieux conseil, que d'envoyer M. le Comte en leur Compagnie, que le Roy leur avoit mis entre les mains une partie de sa Justice; que l'on leur devoit envoyer les Edits; que s'ils esloyent justes ils les vérifieroyent; sinon, qu'il n'en taloit jamais parler; que s'il y avoit de la nécessité aux finances, comme on le disoit, elles estoyent très-mal ménagées; qu'il supplioit le Roy de luy permettre dédire devant la Reyne sa mère, (Leurs Majestez estoyent présentes,) une chose très-importante, laquelle, peut-estre, elle ignoroit, qui est que sur l'affaire des droits de signature de Rollc des Eleus, on avoit traitté à quatre cents mil livres, et qu'il avoit papiers dans son sein, pour justifier que l'on offroit douze cent mil livres comptant, qui est huit cent mil que l'on a fait perdre au Roy sur cette seule affaire; qu'il croiroit commettre un crime, s'il n'avertissoit Sa Majesté de cela.
Monsieur le Garde des Sceaux répondit, que pour le regard d'envoyer M. le Comte de Soissons à la Cour des Aydes, c'estoit chose que le Roy avoil résolue, pour de bonnes considérations; que quant à l'affaire des Eleus, il y avoit si peu que le Roy l'avoit
nombre hoiinoré des Sceaux qu'il ne savoit pas particulièrement comme elle s'estoit passée; mais qu'il s'en informeroit, ets'assuroit que le Roy reconnoistroit que ses finances sont trop bien ménagées, pour y avoir esté commis une faute si préjudiciable au service de Sa Majesté.
13. MM. des Finances s'assemblent le matin . chez M. le Garde des Sceaux, touchant l'affaire des Eleus ; voyent tous les papiers, et trouvent que, sur ce que les Eleus prenoyent plus que les trois droits de signature de rooles qui leur estoyent attribués, on avoit ordonné, qu'ils restitûeroyent le passé, et que pour l'avenir, on leur augmenteroit deux droits de signatures de roolles, qui estoyent cinq en tout; et que pour cela, ils payeroyent dès maintenant quatre cent cinquante mil livres; et qu'attendu que ceux qui traittent, lesquels sont d'entre le corps mesme des Eleus, et en grand nombre, ne pourroyent de long-temps recouvrer l'argent qu'ils baillent dès maintenant au Roy, et qu'il y pourra aussi avoir de grandes non-valeurs, on leur baillera un parisis davantage de finance, qui est le quart de la somme, et partant, 02500 livres de finance, outre les quatre cent cinquante mil livres par eux payez. En quoy, s'il y a eu quelque chose de gratifications, c'a esté en considération de ce que l'on traittoit avec les officiers mesme, et qu'il n'y avoit nulle apparence que d'autres en voulussent bailler davantage.
L'après-disnée, le Roy et la Reyne envoyent quérir M. le Président Chevalier, et tous ceux qui estoyent
d'arnauld d'andilly. 249
venus avec luy. Monsieur le Garde des Sceaux prit la Décembre parole, et fit excellemment bien, et courageusement. 11 dit, entr'autres choses, que le Roy ayant voulu savoir particulièrement ce qui s'estoit passé touchant l'affaire des Eleus, avoit trouvé que MM. de ses finances y avoyent apporté tout le ménage qui se pouvoit. Et commença lors, à déduire particulièrement l'af» faire, dont il avoit les papiers à la main, et ajoutta que s'il en pouvoit faire trouver les douze cent mil livres qu'il avoit dit, le Roy en donnoit dès à présent deux cent mil à celuy qui voudroit traitter. Que le Roy luy avoit commandé de dire, que pour ce qui estoit de la Cour des Aydes, Sa Majesté en avoit toute sorte de contentement ; mais que pour luy elle en estoit très mal-contente ; qu'il avoit très insolemment et calomnieusement parlé en sa présence, et de la Reyne sa mère, contre ceux qu'elle a chargez de la conduite de ses finances; mais qu'il faisoit cela à dessein, et par faction, afin de continuer le chemin qu'ont tenu tant ceux qui ont voulu desservir le Roy, qui est de rendre le Gouvernement odieux, et ensuite ceux qui se meslent des affaires, afin de donner sujet aux libelles diffamatoires, et par là, aliéner les esprits des peuples, et les porter aux émotions que nous avons veûes; que Sa Majesté l'avoit chargé de luy dire, qu'il se devoit souvenir qu'il n'y avoit pas deux ans qu'elle luy avoit fait grâce, et qu'il disoit grâce, (car il répéta deux fois ce mot) ; qu'au surplus, il avoit aussi parlé insolemment touchant la justice que le Roy a mise entre les mains de ses officiers, laquelle
Décembre dépendroit de la seule volonté de Sa Majesté, qui la leur pouvoit oster ainsi que bon luy sembleroit; au lieu qu'il sembloit que Ton s'en voulust servir pour faire les Souverains, contre Sa Majesté mesme ; que pour luy, (il usa de ce mot : quant à nous), le Roy luy ayant fait l'honneur de luy mettre les Sceaux entre les mains, il sçauroit bien faire ranger en leur devoir, et luy, et tous ceux de robe longue, qui s'en voudroyent éloigner, lesquels estoyent cause d'une grande partie des malheurs que nous avons vus, (il parla fort fermement sur ce sujet et fit connoistre qu'il n'épargneroit personne) , et que quand il auroit mille vies, il les perdroit toutes, ou empescheroit que les officiers de Sa Majesté abusassent de leurs charges, contre son service.
13. Après cela, le Président Chevalier demanda s'il luyestoit permis de répondre? On luy répondit qu'ouy. Il dit, qu'il avoit esté nourry page du feu Roy, lequel l' avoit depuis fait Conseiller de la Cour, et élevé en d'autres charges ; s'étendit fort sur sa fidélité, et sur ce qu'il n'avoit jamais eu autre dessein que de bien servir, et qu'il scavoit assez qu'il n'y avoit autre salut qu'en l'autorité Royale ; qu'il n'avoit point entendu offencer en aucune sorte MM. des finances, et qu'il n'avoit rien dit, qu'en ayant, charge de sa Compagnie ; qu'aux Compagnies Souveraines, on estoitbien souvent obligé de porter des paroles contre son propre avis, lorsqu'il passoit à la pluralité des voix, et qu'il eustcu encore beaucoup d'autres choses à dire, lesquelles il avoit tues par prudence. Sur cela,
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M. l'intendant Arnaud dit, qu'il supplioit très-hum- i*> rmbrr bleraent le Roy de lui pardonner, s'il interrompoit M. le Président Chevalier, pour le prier de dire librement tout ce qu'il avoit eu charge de dire sans rien retenir de ce qu'il sa voit contre MM. ses col* lègues et luy. Après, le Président Chevalier vint sur le calcul de l'affaire, pour vérifier que les droits de cinq signatures de roolles, monteroyent à une bien plus grande somme que celle dont on avoit faitparty, (à quoy, M. Arnaud dit aussi, qu'en cela, il se trouveroit une très-grande erreur de calcul, pour ce que, de cette somme là il n'en faloit prendre que les deux cinquièmes, à cause qu'auparavant le party fait avec les dits Eleus, ils avoyent droit de prendre trois des dits droits. — Après, il dit, qu'il avoit dit le jour précédent que l'on pouvoit tirer davantage de cette affaire, mais qu'il n'avoit point parlé de douze cent mil livres ni qu'il eust les offres en main. M. le Garde des Sceaux répondit, qu'il l'avoit dit, et le Roy prit la parole, et dit, qu'il estoit vray, et qu'il l'avoit oûy '.
1 Arnauld d'Audilly s'étend toujours longuement sur les discussions relatives aux finances. Travaillant sous les ordres d'Arnauld l'intendant, il était initié plus que personne à ces sortes d'affaires, et ses renseignements doivent être exacts. C'est à cette même époque, à la fin de l'année 1616, qu'il fut chargé de dresser l'état général des finances pour 1617. « Tous deux ensemble (Barbin et Arnauld) me chargeaient » de travailler non seulement à l'état général des finances pour 1617. » mais aussi à tous le* états qui en dépendent et que l'on nomme les » états de l'épargne, tels que sont les états des maisons royales, des » fermes et généralement tous les autres, n'y ayant point d'articles de » l'état général des finances qui ne soit la matière d'un état particti-
M. Mangot présenté au Parlement par M. Arnaud, en charge de Garde des Sceaux.
L'après-disnée, Monsieur le Garde des Sceaux harangua au Louvre, aux Colonels et Capitaines de Paris, (dans la Galerie peinte, en présence du Roy et de la Rcyne), sur le sujet de quelques bruits que Ton avoit fait courir que l'on vouloil désarmer le peuple, oster les chaines, et ne plus payer les Rentes. Il parla une heure et demie fort courageusement, et bien.
M. le Comte de Soissons va à la Cour des Aydes, accompagné de M. le Maréchal de Thémines, de MM. de Chasteau-Neuf et Pontcarré
26. S,c-Menehoud repris sur M. de Nevers, qui y avoit en garnison dans le chasteau, quatre Compagnies de Gens de pied, (dont Fléchelles2, frère de feu M. de Bours-Montmorency3 en commandoitune,) et une de Cavalerie, dans la ville. Bouconville*, Gouverneur, (nourry page de M. le Duc de Nevers, ayant
» lier ; ainsi le nombre en étant si grand, on étoit souvent fort avant » dans l'année courante avant que tous ces états de la même année »» fussent dressés. Mais lorsque j'eus reçu cet ordre, je m'en allai chez » M. de Beaumarchais, trésorier de l'épargne, qui entroit en charge » en l'année suivante, et y travaillai de telle sorte avec lui et M. Bar- » bin, son premier commis, que, le premier jour de janvier 1617, je » portai à M. Barbin tous ces états au net. » (Mém. d'Arnauld d'Andilly, p. 370.)
1 Voy. Pontchartrain, p. I9ft.
2 Jean de Montmorency, seigneur de Kle-sselles.
3 Josias de Montmorency, seigneur de Bours, capitaine au régiment des gardes, mort en 1616.
* Christophe de Pradines, seigneur de Bouconville, gouverneur de Sainte-Mcnehould.
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dix mil livres de rente a l'entour de Su-Menehoud) , mu. avoit traitté avec M. de Praslin , par le moyen
de son cousin , ( auquel a esté baillé deux
mil écus et une Compagnie en un des Régimens entretenus,) pour remettre la Place, moyennant qu'il en demeurast Gouverneur, et auroit dix mil écus, quatre mil livres de pension, et la première Compagnie vacante aux Gardes. M. de Praslin, estant aux portes de Sainte-Menehoud avec les forces du Roy, M. de Bouconville voulut remettre la partie au lendemain. Sur quoy MM. de Fossez et Delbène, Lieutenant de la Compagnie de chevaux -légers de Monsieur, prirent le hazard d'aller eux deux seuls dans la ville, pour le faire résoudre.
Le Roy envoya à M. de Fossez les provisions du Gouvernement de S,e-Menehoud. Depuis, M. de Bouconville, ayant reçeu les dix mil écus, que Ton luy avoit promis, et la Reyne luy offrant présentement une Compagnie au Régiment des Gardes, au lieu que Ton ne lui avoit promis que la première vacante, il ne s'en voulut point contenter, et insistoit à avoir son Gouvernement. Sur quoy la Reyne au mois de février 1617 commanda à M. de Fossez d'aller à S!*-Menehoud, de lever une compagnie de cent hommes pour y mettre, en garnison, et de s'y rendre le plus fort Ce qu'il fit ; et on luy bailla aussi la compagnie de M. de Porcheux 2.
1 Voy. Merc. />•., p. 361 ; Fontenay-Marcuil, p. 361 ; Richelieu, p. 371 ; Pont char train, p. 106. 1 Charles d'Aubourg, seigneur de Porcheux.
Décembre M. de Schomberg part, pour aller en Allemagne,
en ambassade extraordinaire \
> Voy. Pontchartrain, p. 193 ; Richelieu, p. 381. V oy. coll. Petitot, 2' série, t. xi, p. 224, l'instruction donnée à M. de Schomberg, et qui est de la main de Richelieu.
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SOMMAÏRE
Janvier. — Mon de la fille du maréchal d'Ancre. — Duel de M. de la Courbe avec M. de la Beyne. — Le marquis de Cœuvres refuse de payer l'impôt à Laon ; ajournement personnel contre lui. — Manifeste de M. du Mayne. — Réponse du Roi faite par M. de Luçon. — Déclaration contre M. de Nevers. — M. de Rohan arrive à la cour. M. de Thémines va commander en Champagne. — Réconciliation deLuyncs avec la Reine-more et le maréchal d'Ancre.— Les Princes à Soiasons.
Février. — Le comte d'Auvergne va commander en quelques pro- . vinces. — Le maréchal d'Ancre va en Normandie. — Affaire entre les troupes de M. de Candale et celles de M. de Vendôme. — MUe de Vienne enlevée par Saveuse. — Déclaration contre MM. de Vendôme, du Mayne, de Bouillon.— M. de Joinville, grand Chambellan.
— M. de Guise va à Château-Thierry. — Conventions entre MM. de Thémines et de Praslin. — Prise de Cufy et de Vonzy par le maréchal de Montigny.
Mars. — Vincenzc, secrétaire du maréchal d'Ancre, fait prisonnier. — La Grange, secrétaire de Monsieur le Prince, mis au Châtelet. —
— Siège de Richecour. — Les Princes se séparent. — Confiscation de leurs biens. — Prise d'Antrin et de Clamecy. — Le prince de Château-Porcicn et le marquis de Gallerande faits prisonniers. — Armée du comte d'Auvergne. — M. de Richelieu, maréchal de camp. Siège de Saint-Pieri-e-le-Moustier. — Disgrâce de M. de Fiesque. — Nouvelles des armées. — M. de Nemours arrive à la cour. — M. de Rohan vient à Paris. — Prise de Pierrefonds. — M. le maréchal d'Ancre revient à Paris. — Prise de Châtcau-Porcien.
Avril. — Soissons investi. — Le Maréchal d'Ancre va eu Normandie. Prise de Rethel. — Calomnie contre la Reine imputée par le baron d'Uxelles au duc de Bellegarde. — Retour et assassinat du Maréchal d'Ancre. — Mauvais traitements envers la Reine-inère. — M. de
Vitry, maréchal de France. — Arrestation de la maréchale d'Ancre.
— Mauvais traitements envers son fils. — Disgrâce de Mangôt, de l'évêque de Luçon ; arrestation de Barbin. — Rappel de M. de Villeroy; Jeannin, surintendant des finances; du Vair, garde des Sceaux; le Chancelier, chef du Conseil ; M. de Maupeou, contrôleur général des finances. — Faveur de M. de Luynes, Mariage du duc de Longueville avec M1" de Soissons.
Mai. — Départ de la Reine-mère pour Blois. — Condamnation de du Travail. — Retour des Princes. — Mort du président de Thou. — M. Déageant, intendant des finances. — Retour du comte d'Auvergne.
— Assassinat de M. d'Orvilliers Vialart. — M. de Vitry, reçu conseiller au Parlement. — L'Assemblée de la Rochelle se sépare. — Madame la Princesse entre à la Bastille. — Retour de M. de Guise.
— Duel de M. do la Vallette avec M. de Schomberg.
JriN. — M. de Luynes, conseiller au Parlement — Femme de Charires accusé d'avoir voulu tuer le Roi. — Différend entre MM. de Guise et de Nevers. — Arrivée de l'archevêque de Pise, Ambassadeur de Savoie.
Juillet. — Condamnation et exécution de la maréchale d'Aucre. — Arrivée de M. de Montmorency et du prince de Sédan. — Livre des quatre miuistres de Charenton ; ajournement personnel. — Prise de - Fougères par le baron de Guémadeuc. — Il est mis à la Bastille. —
— Prise de Verceil par dom Pedro de Tolède.
Août. — M. de Modène envoyé vers la Reine-mère. - L'évêché de Lisicux donné au garde des sceaux. — Déclaration louchant les Clinquants. — Don de la confiscation de la maréchale d'Ancre à M. de Luynes. — ■ Complot pour tirer Monsieur le Prince de la Bastille.
Septembre. — Paix de Savoie. — Arrivée du général des Capucins. — Mort du maréchal de Montiguy. — Le maréchal de Vitry, gouverneur du Bcrry. — Mariage du duc de Luynes avec Ml,e de Montbazon. — Mort de M. de Refuge. — Monsieur le Prince conduit à Vincennes. — Condamnation et exécution de Geniers. — Démarches de M. de Sully pour rentrer aux finances. — Le marquis de Cœuvre-, ambassadeur à Rome. — Exécution de Guémadeuc.
OcTODitE. — Convocation de l'Assemblée des notables à Rouen. — Le Roi veut supprimer la vente des gouvernements. — M. de Modène envoyé à Blois. — Mort d'Arnauld l'intendant.
Xovembbe. — M. d'Epcrnon revient à Paris. — Départ du Roi pour Rouen. — Arnauld d'Andilly y suit la Cour. — Conduite de M. de Luynes en arrivant a Rouen. — Il est chargé d'ouvrir les Etats en sa qualité de lieutenant-général an gouvernement de Normandie. —
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Plan de l'Assemblée. — Discours de M. de Luynes. — Arrivée du Roi à Rouen.
Décembre. — Ouverture do l'Assemblée des Notables. — Conventions entre la Noblesse et les officiers des Parlements. — Liste des membres de l'assemblée et tableau de leurs positions respectives. — Travaux de l'Assemblée. — Monde M. de Villeroy. — Madame la Princesse accouche d'un enfant mort-né ; Pévôque do Paris refuse de lui faire des obsèques. — Le cardinal du Perron présente au Roi le cahier des délibérations de l'Assemblée. — Clôture de ladite Assemblée. — Départ H retour du Roi.
Dimanche 1. Mort de la fille de M. le maré- janv«rr ■ chai d'Ancre, âgée de ... ans. On dit qu'il a voit dessein de la marier à M. de la Valette ''.
Duel de la Courbe, fils d'un capitaine des gardes, et la Beyne (qui a eu la compagnie), à pied, avec une épée et un pistollet. Tous deux blessez, mais la Beyne plus que la Courbe.
Un commis des fermiers des cinq grosses fermes à Laon, ayant esté pressé de payer les deniers de sa recette, dit qu'il avoit défences de M. le marquis de Cœuvres, et ayant ensemble esté trouver ledit sieur Marquis, il leur fit réponce, qu'il attendoit des expéditions de la Cour, pour prendre cet argent ; que cependant, il leur faisoit défences de l'emporter, et que dans huit jours, il leur déclareroit sa volonté. Le Procès-verbal de cela estant rapporté au Conseil, il fut ordonné par arrest, décret d'ajournement personnel contre ledit sieur Marquis; qu'un huissier du
1 Marie Concini, née en 1008. Elle avait eu Henri IV pour parrain el la princesse de Coudé pour marraine. {Voij, Richelieu, p. 42/»; l/m . /h, t. iv, MDCXVII, p. 162.)
janvier i6iT. Conseil seroit envoyé pour faire payer l'argent par le commis, etc.
11. Lestre en forme de Manifeste, écrite par M. du Mayne au Roy. Se pleint entr'autres choses, de ce qu'un homme pris à Soissons, a esté envoyé, et incité pour l'assassiner.
Cette affaire est renvoyée par le Roy au Parlement, lequel ordonne, que le procès sera fait et parfait, jusques à sentence définitive exclusivement, et que le prisonnier et le procès seront amenez. Ensuite de cet arrest, un lieutenant du Prévost de l'Isle, ayant esté à Soissons, avec dix archers, pour amener le prisonnier, on les enferma dans une hostellerie, où on leur fit bonne chère, on paya leur dépense, et puis on les renvoya sans les laisser parler à personne.
Sur ce que M. du Mayne disoit, que le prisonnier avoit dit que Défontis luy avoit baillé de l'argent pour luy faire faire le coup, le Présidial de Soissons décréta ajournement personnel, contre ledit sieur Défontis, lequel en appella au Parlement \
Le Roy répondit le 17 à la lettre de M. du Mayne. M. de Luçon fit la dépesche 2.