M™6 de Rechen 1 emmène Louise Osorio en Flandre
12. M. Déageant ne va au Conseil du matin, au Cabinet du Roy2.
M. le chevalier du Guet fait Commandement, de la part du Roy, à M. de Lassé, de sortir de Paris, dans vingt-quatre heures, à peine d'encourir son indignation.
16. M"18 de Luynes 3 a la charge de Sur-Intendante de la maison de la Reyne. Quelques jours auparavant, M'"e du Vernet *, sœur de M. de Luynes, avoit eu celle de Dame d'atour, au Heu d'Osorio.
18. Dom Ruade , chartreux, va à la grande Chartreuse, en vertu d'une obédience de son Général, venue quelques jours auparavant.
Querelle entre M. le Comte de Soissons, et M. le Prince de Vaudemont 5, au Manège, en présence du
* Anne Antoinette Gouffier, dame de Thionnes, fille de Henry Gouffier,
soigneur de Crevecœur et de Bonnivct qui eut des emplois considérables en Flandres, et de Jeanne de Bocliolt, née en 1560, mariée en 1609 à Ernest de Lynden , baron , puis comte de Recbem près Maestrick, colonel et gentilhomme do la chambre de l'Empereur d'Allemagne, fils de Herman de Lynden, baron de Rechem, gouverneur de Cologne, souverain de Liège, morte en 1620. (Foy. P. Anselme, t. v., p. 618.)
2 Ce ministre était en disgrâce {Voy. Pontchartrain, p. 271).
3 La célèbre Marie de Rohan, depuis duchesse de Chevreuse, comme il a été dit ci-dessus.
* Antoinette d'Albert, mariée en 1605 à Barthélémy, seigneur du Vernet, remariée en 1628 à Henry Robert de la Marck, duc de Bouillon, morte en 1644.
5 Ces vaillants champions avaient alors l'un et l'autre \ (\ ans ! Il est vrai que le comte de Soissons était déjà grand maître de France et gouverneur du Dauphiné. Son noble rival était probablement aussi
d'àrnauld d'andilly. 391 Roy. Le Roy les accorde le matin mesme, et dit, Décembre ien. qu'il prenoit tout sur luy, la chose s'estant passée en sa présence, et qu'il vouloit qu'ils demeurassent amis. On avoit fait courre le bruit que M. de Vaudemont vouloit aller à l'égal de M. le Comte, mais cela ne se trouva vray. M. de Guise estoit présent à l'accord, et s'y porta avec grande modération.
M. de Vaudemont s'en va en Lorraine, et laisse Monsieur le Prince son fils à la Cour.
investi de hautes dignités. Quant au Roi, leur auguste médiateur, il était plus âgé ; Sa Majesté avait alors 17 ans !
SOMMAIRE
Janvier. — M. de Cadcnet nommé Ministre à la place de M.'Déagcant.
— M. du Fargis revient d'Espagne. — Le Contrat de mariage de Madame Chrétienne avec le Prince de Piémont est signé. — Mort de la Duchesse d'Angouléme. — Mariage du Duc d'Elbœuf avec MIU de Vendôme. — Mort de la Princesse d'Orange. — M. d'Épernon part de Metz sans congé du Roi pour aller délivrer la Reinemère.
Février. — M. de Guise part pour aller poursuivre les pirates d'Alger.
— Arrivée du Prince de Piémont. — Mariage de Madame Chrétienne.
— Différend entre le Duc de Mayenne et le Maréchal de Roquelaure.
— Évasion de la Reine-mère du château de Blois. — Elle arrive à Angoulôme. — Correspondance entre le Roi et la Reine-mère. — Le Roi mande M. de Guise. — Le Maréchal de Vitry revenu à la1 cour est congédié par le Roi. — M. de la Chesnaye envoyé par le Roi vers M. de Bouillon ; réponse de celui-ci.
Mars. — Le Roi commande à M. de Luçon d'aller trouver la Reinemère. — M. de Luçon part d'Avignon ; il est arrêté à Vienne, conduit à Lyon, remis en liberté par M. d'Alincourt et repart pour Angoulème. — Le Père Suffren se rend auprès de la Reine-mère. — Le Prince Cardinal de Savoie retourne en Piémont. — Offres du Roi à M. de Saint-Luc. — Disgrâce du comte de la Roche-Guyon. — Mécontentements du Parlement. — Séance royale au Parlement. — Edita des petits sceaux et de revente de quelques domaines. — MM. de Béthune et de Bérulle envoyés vers la Reine-mère. — Lettre de la Reiné-mèrc apportée par M. Villiers Saint-Genest. — Duel du jeune Villequier avec le jeune Bouteville. — M. de Blainville Ambassadeur en Lorraine. — Maladie de Monsieur Je Prince; le Roi lui renvoie *on épéc. — Le Roi envoie vers M. de Sully qui résiste aux avauces de la Reine-mère.
d'arnauld d'andilly.
Avril. — Reddition de Boulogne aux armes du Roi. — Retour a la Cour du maréchal de Vitry. — M. de la Trémoille revient de Sedan, où il avait épousé M,u de Bouillon. — Le Cardinal de la Rochefoucauld envoyé vers la Reine-mère. — Prise de l'abbaye d'Uzerche par M. de Schomberg — Le Comte de Boullay, Ambassadeur du duc de Lorraine; il est nodïmé Colonel des Vallons. — M. de la Valette désarme les habitants de Metz. — M. de Brautes, capitaine des chevau-légers du Roi à la place de M. de la Curée. — M. de Trahnel , envoyé comme Ambassadeur extraordinaire en Angleterre.
Mai. — Départ du Roi pour Orléans. — Mort de la Maréchale de Fervaques. — La Reine-mère accepte les propositions de paix. — M. de Nevers chargé du commandement en Champagne. — Traité d' Angoulême entre le Roi et la Reine-mère. — M. de Marousan envoyé à Angoulême. — Le Roi va à Blois et à Amboise. — Succès de M. de Nevers. — Licenciement de l'armée du Roi. — Le Roi va a Tours.
— Le comte de Brennes envoyé par la Reine-mère vers le Roi ; son insolence envers M. de Luynes.
Juin. — M. de la Chesnaye envoyé à Angoulême. — La Reine-mère désavoue M. de Brennes; cabale de M. de Russelay. — Le Prince de Piémont va à Angoulême. — L'Ambassadeur d'Angleterre va à la Cour à Tours. — Retour du Marquis de Traisnel. — M. do Mayenne vient trouver le Roi à Tours avec la Noblesse de Guyenue.
— La Reine-mère se démet du Gouvernement de Normandie en échange de celui d'Anjou. — Mutations dans le Gouvernement des places d'Anjou. — Le marquis de Mosny, mécontent de la Reinemère, se rend à la Cour.
Juillet. — Mort de Gallati, Colonel du régiment des Suisses; nominations dans ce corps à la demande de M. de Bassompicrrc. — Le Comte Henry, frère du Prince d'Orange, vient trouver le Roi à Amboise. — M. de Richelieu est tué eii duel par le Marquis de Thémines. — M. de Russelay mécontent de la Reine-mère et de M. de Luçon arrive à la cour. — M. de Montbazon envoyé vers la Reinemère pour la prier de revenir auprès du Roi. — M. de Vendôme, Général de l'armée envoyée pour prendre Concarneau. — Disgrâce de M. Déagcant; il se retire en Dauphiné.
Aoit. — M. de Cadenct achète la Comté de Maillé. — M. de Longueville reçoit le Gouvernement de Normandie ; M. de Luynes, celui de Picardie ; M. de Moutbazon, celui do l'Ile-de-France ; M. de Cadenet est nomme Lieutenant-Général en Normandie.— Prise de Concarneau par les capitaines la Besne et la Courbe. — Mort de M. de Chatnbreu — MM. de Praslin et de Saint-Céran sont nommés Maréchaux de France. — Maladie de Monsieur. — Naissance d* Anne-Geneviève
Janvier ui». de Bourbon (la Duchesse de Longueville). — La Reine-mère part d'Angoulème pour venir à la Cour; cadeaux qu'elle fait au duc d'Épernon et à ceux qui l'ont assistée. — Duché-pairie de M. de Luynes et de M. de Lesdiguières ; discussions à ce sujet au Parlement.
Septembre. — M. de Schomberg est nommé Suffntendant des finances ; il prend Arnauld d'Andilly en qualité de premier commis. — Entrevue du Roi et de la Reine-mère à Couaières. — Suite du voyage du Roi et de la Reine-mère. — Assemblée des Réformés à Louduo. — États de Bretagne. — Mort du comte du Lude. — Le Colonel d'Qrnano le remplace.
Octobrb. — Le Roi va à Compiègno. — Les députés de l'Assemblée de Loudun se rendent auprès du Roi. — Le Roi va à Chantilly. — Mise en liberté de M. le Prince; il va trouver le Roi à Chantilly.
Novembre. — Suite du voyage du Roi. — M. de Luynes fait le serment de Duc et Pair ; détails sur la séance du Parlement à co sujet. — Déclaration de l'innocence de Monsieur le Prince.
Décembre. — M. de Blainville achète de M. de la Rochefoucauld la charge de Maître de la garde-robe. — Promotion de chevaliers du Saint-Esprit. — M. de Cadenet est nommé Maréchal de France. — Différend entre Monsieur le Prince et le Comte de Soissons au sujet de la serviette du Roi. — M. de Nemours fait appeler M. de Guise.
Dimanche 6. M. de Cadenet fait Ministre au lieu de M. Déagent, avec charge de porter les paroles du Roy aux Ministres, et des Ministres au Roy. Il fut mis en fonction de cette qualité en un Conseil étroit, tenu l'après-disnée du jeudy x°.
11. M. du Fargis de retour d'Espagne. Il fit une extrême diligence, car il vingt en cinq jours d'Iran ; ce qui arriva fort à propos, pour ce que Monsieur le Prince Cardinal l'avoit tant pressé pour que l'on signast le Contrat de mariage, que le Roy.luy avoit promis de le signer ce jour là, ainsi qu'il le fut1;
1 Voij. Pontchartrain. p. 272. A l'occasion de la signature du contrat, il y eut à Turin des fêtes magnifiques dont le Mien, /h, U v,
d'àrnàuld d'àndilly. 395
tellement qu'il receut à beaucoup de faveur de ce que Sa Majesté luy avoit accordé cette prière, sans attendre réponce d'Espagne. Et d'ailleurs, le contrat n'ayant esté signé qu'après le retour de M. du Fargis, le Roy d'Espagne, et tout le monde eut sujet de croire que l'on avoit rendu ce respect à Sa Majesté Catholique de n'avoir point signé le contrat, qu'après avoir sceu sa réponce.
Le particulier de cecy est, que M. de Savoye eust estimé avoir grand sujet de se pleindre, de ce qu'ayant esté pressé, par MM. de Bethune et de Modène , d'envoyer Monsieur le Prince Cardinal à la Cour, sur le sujet du mariage, sans avoir aucune assurance par écrit, que la demande en seroit agréée, qui est contre ce qui est accoustumé de se pratiquer entre les grans Princes ; néantmoins, pour plaire au Roy, il envoya Monsieur le Prince Cardinal, sur la promesse que l'on luy fit, que six jours après qu'il seroit arrivé, on signeroit le contrat. Estant arrivé, les six jours se passent sans que l'on luy en parle. De là, on va à Saint-Germain , où on luy promet que l'on signera le Contrat, ce qui ne se fit point. Enfin, il connut que l'on avoit voulu gagner temps pour envoyer M. du Fargis en Espagne, dont il se sentit extrêmement ofTencé. Sur quoy on luy promit que six jours après que le dit sieur du Fargis seroit party, on signeroit le contract; et toutefois, cela fut différé jusques à son retour.
année MDCXIX, p. 69, et suiv. rend compte avec les plus grands
détails.
janvier i8i8. Outre cela, M. de Savoye se pleint de ce que Ton avoit promis cent mil écus de pension à Messieurs ses enfans , et que Ton ne leur en a baillé que soixante mil écus.
Le mcsme jour, mort de Mme la duchesse d'Angoulesme
20. M"6 de Vendosme 2 mariée avec M. le duc d'Elbeuf, M. de Vendosme luy bailla quatre cents mil livres pour son partage, et le Roy pareille somme sur ses dettes , dont il y en avoit cent mil comptant1.
Mme la Princesse d'Orange, sœur de Monsieur le Prince, meurt à Meurs-Muret. Monsieur le Prince en témoigna un extrême déplaisir. 11 esperoit en la mariant, sortir de Prison. On dit qu'ils s'aymoyent passionnément.
23. M. le Colonel d'Ornano revient de Blois, où il avoit esté cinq ou six jours auparavant, porter si-
* Diane, légitimée de France, Duchesse d'Angouleme, fille naturelle du roi Henri U et de Philippe Duc, demoiselle piémontaise, mariée en 1552 avec Horace Farnese, duc de Castro, qui fut tué à Hédin en 1554 ; en 1557 avec François, duc de Montmorency, pair et maréchal de France; duchesse de Chatellerault en 1503 et d'Étampcs en 157G, veuve en 1579, duchesse d'Angouleme en 1582, morte sans postérité" à l'âge de quatre-vingts ans en 1619. Le Roi donna en 1G20 le duché d'Angoiilême au comte d'Auvergne, fils naturel de Charles IX, et par conséquent neveu naturel de la duchesse d'Angouleme {Voy. P. Anselme, 1. 1, p. 130). Suivant Pontchartrain, p. 273, la duchesse d'Angoulème décéda non le 11, mais le 12 janvier.
2 Catherine-Henriette, fille naturelle d'Henri IV et de Gabrielle d'Estrées, légitimée en 1597, mariée en 1619 avec Charles de Lorraine, lie du nom, duc d'Elbœuf, morte en 1663.
» Voy. Tontchartrain, p. 273; Mcrc. fr., p. 85.
d'àrnauld d'andilly. 397
gner à la Reyne-mère le contrat de mariage de Ma- »««»• dame. M. Barat porta la minutte. M. Guillard s' estoit fait nommer, mais M. de Pisieux soustint que l'on ne pouvoit l'obliger à mettre ses minuttes en autres mains, que de l'un des siens.
25. Le Roy couche îa première fois avec la Reyne, dont il tesinoigna depuis avoir receu un extrême contentement. M. de Luynes le porta entre ses bras. Le Bonhomme M. de Berringhen, (qui mourut le jeudy 21 février) , portoit le flambeau. Stéphanille, femme de chambre espagnolle, sortit de la chambre, et Mmc Belliere, première femme de chambre de la Reyne, y demeura seule1.
27. M. d'Epernon part de Metz, sans congé du Roy, accompagné de cinquante gentilshommes, cinquante arquebusiers à cheval , cinquante carabins, et son train. Les portes de Metz demeurèrent fermées toute la semaine , et M. le marquis de la Valette y demeura. 11 alla coucher à une petite ville, à quatre lieues de là, dont il fit aussi fermer les portes. 11 passa aux portes de Digoin, en Bourgogne, et ne passa par nulles grandes villes, non pas mesme pour traverser les rivières. Il avoit disposé ses amis pour le joindre par le chemin, s'il avoit esté suivy ; mais il n'en fut pas besoin. M. le Grand estoit arrivé à la Cour quelques jours auparavant. Plusieurs personnes seûrent à Paris la nouvelle du passage de M. d'Epernon, quatre ou cinq jours auparavant le Roy. il
1 l oy Pontcliartrain, p. 273; Merr.fr. , p. 83.
.Tanner iw. écrivit au Roy, du pont de Vichy, le 7 février 1 .
Février. Vendredy 1. M. de Guise part pour aller à Mar-
seille, à son armement à la mer. Il avoit eu de grandes broùilleries, quelques jours auparavant, avec M. le Général des Galères, sur ce qu'il croioit qu'il voulust traverser son voyage 2.
6. Monsieur le Prince de Piémont, qui n'estoit attendu que le samedy, fit vingt-deux postes ce jour là, et arriva a Paris, vint descendre droit au Louvre, accompagné de M. de Béthune, qui l'avoit joint à Milly. Il fut voirie Roy à l'heure mesme (et le prince Thomas 3 aussi ) . Sa Majesté le receut extrêmement bien, et le mena aussitost voir Madame*.