Madame fiancée avec Monsieur le Prince de Piémont
40. Madame mariée dans la chambre de la Reyne, à midy, au mesme lieu, et au bout de treize ans jour pour jour, heure pour heure, qu'elle avoit
4 Voy. Fontenay-Marcuil, p. fl25 et suiv. et p. 433 ; Richelieu, p. 520 et suiv.; Pontchartrain, p. 273; Merc. fr., p. 127 et suiv. On trouve dans le Mercure la correspondance du Roi avec le duc d'Kpernou, notamment la lettre de ce dernier, écrite du pont de Vichy. Pendant que ce personnage faisait au Roi les plus grandes protestations de dévouement et de fidélité, il allait favoriser l'évasion de la Reine-mère.
2 Voy. Pontchartrain, p. 273 ; Merc. fr., p. 83. Le duc de Guise, dit le Mercure, allait nettoyer la mer des pirates d'Alger.
* Thomas-François de Savoie, prince de Carignan, fils de Charles- Emmanuel I", duc de Savoie, frère du cardinal de Savoie et du prince de Piémont, né en 1596, mort en 1650. Voy. sur ce Prince, qui acquit une grande illustration dans la guerre, la Notice de M. de Villenave, Biog. Michaud.
* Voy. Pontchartrain, p. 273; Merc.fr., p. 86.
d'arnàuld d'andill y. 399
esté née. On ne fit nulles cérémonies ; seulement le F«*er Roy dança un ballet, le mardy gras, 12 février, duquel estoyent le Roy, Monsieur le Comte, Monsieur le Grand Prieur , M. d'Elbeuf, M. de Rohan , M. de Luynes, M. de Bassompierre, Monsieur le Général des galères, M. de Courtenvaut', M. le comte de la Roche Guyon, M. de la Rochefoucaud, M. de Bran* tes, M. de Blainville, M. de Liancourt, M. de Humières 2, M. de Chalais3 ; qui sont en tout , seize. Et , le premier dimanche de Garesme, 17, la Rcyne dança un ballet, dont estoyent, la Reyne, Madame la Princesse de Piémont, Mmo la Duchesse de Longueville, M11* de Montpensier \ Mmo la Duchesse d'Elbeuf, Mwe de Rohan, M* de Verneûil 5, Mmc la marquise ;
1 Jean de Souvré, fils du maréchal de Souvré, marquis de Courtenvaux, premier gentilhomme de la Chambre, gouverneur de Touraine, conseiller d'État, capitaine du château de Fontainebleau, grand forestier et capitaine des chasses de la fbret de Bièvres, bois et buissons de la Brie, maître particulier des eaux et forêts du bailliage de Melun, mort en 1G56.
2 Charles-Hercule de Crevant, marquis d'Humières, premier gentilhomme de la Chambre, capitaine de cinquante hommes d'armes, Gouverneur de Compiègne, tué au siège de Boyan en 1622.
s Henri de Tallcyraud, comte de Chalais, né en 1590, favori de Louis XIII, près duquel il fut élevé, maître de sa garde-robe, devenu célèbre par ses intrigues sous le ministère de Richelieu, accusé de conspiration, condamné à mort et exécuté en 1626. Voy. Biog. Michaud, la notice de M. Weiss sur cet infortuné jeune homme.
» Marie do Bourbon, duchesse de Montpensier, fille unique et héritière de Henry de Bourbon, duc de Montpensier, mort en 1608, et de Henriette Catherine, duchesse de Joyeuse, remariée en 1011 avec Charles de Lorraine, duc de Guise, morte en 1656. MIU de Montpensier naquit en 1605, épousa en 1626 Gaston de France, duc d'Orléans, et mourut en 1G27.
5 Gabrielle-Angélique, fille naturelle d'Henri IV et de Catherine-
Février m». de Montlord \ MMe de Courtenvaut2, Mme de Vendosme3, Mme de Bouchavanes*, Mme de Courtenay5, Mme de la Flotte, Mm'd'Oquincourt8, MD,C Dandelot7, M"e de Combalet8; qui sont en tout, seize.
Henriette de Balzac, marquise de Verneuil, légitimée de France, mariée en 1622 à Bernard de Nogaret, marquis de la Valette, puis duc d'Epernon, morte en 1627.
1 Marie de Raymond, marquise de Montlar, fille de Louis de Raymond, marquis de Maubec et de Montlar et de Marie de Maugiron, veuve de Philippe d'Agoult, comte de Sault, et femme de Jean-Baptiste d'Ornano, alors colonel et depuis Maréchal de Fi ance.
* Catherine de Neufville, dame de Pacy, dame d'atour de la Reine Anne d'Autriche, fille de Charles de Neufville, marquis de Villeroyet d'AHncourt, et de Marguerite de Mondelot, dame de Pacy, sa première femme.
3 Françoise de Lorraine, duchesse de Mercœur, fille unique et héritière de Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercosur, et de Marie de Luxembourg, mariée en 1609 à César, duc de Vendôme, morte en 1669.
* Madeleine de Créquy, fille de Claude de Créquy, Ile du nom, seigneur de Bernieulles, et de Claude de Rouvroy de Saint-Simon, mariée en 159a à Josias de Lamot, seigneur de Bouchavanes, gentilhomme de la Chambre, morte en 1634.
5 Catherine du Sait, fille d'Adrien du Sart, seigneur de Ville Saint- Jacques et de Louise de Brucamp, mariée à Edme de Courtenay, seigneur de Bleneau, mort en 1640 ?
« Georges ou Jacques de Monchy, seigneur d'Hocquincourt, gouverneur de Boulogne et de Péronne en 1639, capitaine des chevaulégcrs, premier maitre d'hôtel de la Reine, grand prévôt de l'hôtel en 1630, lieutenant-général de Lorraine en 1636, fut marié deux fois : 1° en 1593 avec Claude de Moncloy, dame d'Ausscnnes ; 2° avec Gabrielle du Chastelet, veuve du comte d'Escars. La première fut mère du maréchal marquis d'Hocquincourt.
7 Huberte de Chastenay, fille de Joachim de Chastenet, seigneur de Lanty et d'Agnès, dame de Dinteville, mariée en 1597 à Charles de Coligny, marquis d'Andelot, mort en 1632.
8 Marie d'Albert, sœur du duc de Luynes, mariée à Claude de Grimoard de Beauvoir du Rourc, seigneur de Bonneval et de Combalet, gouverneur d'Amiens et de Soissons, morte en 1686.
d'arnauld d'andilly. 401 On vid manger en public Mesdames, et Messieurs vcmcr m: les Princes de Savoye, en cet ordre.
ill. Le Roy va à Saint-Germain , revient le Dimanche 17, pour le ballet de la Reyne ; et repart le Lundy 18. La Reyne y va le 19, et M. le Prince et M",e la Princesse de Piémont, le 20 *.
Nouvelle arrive que M. du Mayne vouloit assiéger la Réole, maison de M. de Roquelaure, pour avoir les canons qui estoyent dedans, et que MM. de Montmorency, d'Épernon, et de Gondrin 2 assistoyent M. de Roquelaure. On y envoya le Mayne (qui revint le 12 mars), et le Roy écrivit à M. d'Épernon pour s'employer à cet accommodement (faute notable). Depuis, M. du Mayne prit la Réole par composition, en tira les canons qui y estoyent, et réduisit la garnison au nombre accoustumé. Et ensuite, M. de Roquelaure, ayant une seconde fois, augmenté la garnison, M. du Mayne la réassiégea
1 Voy. Merc. fr.^ p. 86. Le Mercure donne les détails les plus curieux sur les fêtes merveilleuses qui eurent lieu à la Cour à l'occasion du mariage de Madame Chrétienne avec le Prince de Piémont. Le sujet du grand ballet du Uoi, le plus beau que l'on eût encoro vu, était la conquête de la Terre-Sainte par Godefroid de Bouillon. Le ballet de la Reine était tiré de la fable de Psyché. Le Mercure fait aussi le récit détaillé des fêtes magnifiques données à la même occasion par le duc de Montmorency dans son gouvernement de Languedoc
2 Antoine-Arnaud de Pardaillan, seigneur de Gondrin, né en 1562, maréchal de camp, sénéchal et gouverneur d'Agenois en 1596, blessé au siège d'Amiens, commandant de l'armée de Savoie, marquis de Montespan et d'Antin en 1612 et 1615, chevalier des ordres en 1619, Conseiller d'État, capitaine de cent hommes d'armes et des gardes- ducorps, gouverneur de Navarre et de Béarn, lieutenant-général au gouvernement de Guyenne, mort en 1624 {Voy. P. Anselme, t. v, p. 180).
Février tet». encore ; mais enfin, cela fut accommodé, en sorte que les choses demeurèrent en Testât qu'elles estoyent avant cette broûillerie, que M. de Roquelaure verroit M. du Mayne, et qu'ils demeureroyent amis.
Le commencement de cette affaire fut, qu'aux mouvements de Guyenne, de 1615, M. de Roquelaure ayant dit, qu'il ne se pouvoit opposer aux desseins des ennemis du Roy, en une occasion qui se présenta, si on ne luy bailloit du canon, il luy fut permis d'en tirer six du chasteau Trompette; ce qu'ayant fait, il en mit trois dans le chasteau du Ha, et trois dans sa maison de la Réolle, M. du Mayne ayant le chasteau Trompette, et par conséquent, prétendant le droit d'y remettre les six canons pris, sur la fin de janvier 1618, estant entré par surprise dans le chasteau du Ha, en fit tirer les trois canons qui y estoyent ; M. de Roquelaure piqué de cela, et craignant qu'il en fist autant à la Réolle, la fortifia de gens de guerre. M. du Mayne prenant sur cela de dire que c'estoit entreprendre contre le service du Roy, que de mettre garnison dans une Place, sans le sceû du Gouverneur de la Province, la vouloit assiéger, afin d'en tirer les canons qui y estoyent \
22. La Reyne-mère part de Blois, entre une heure et deux heures après minuit , descend par la
4 Foy., sur ce différend entre le duc de Mayenne, gouverneur de Guyenne, et le maréchal de Roquelaure, lieutenant-général audit gouvernement, le Merc . /ir., p. 157.
fenestre de son cabinet dans le fossé, accompagnée Fevri*r du comte de Brenes 1 , Nicolo Sardini (Bastard) , Marsé 2 et Desmazures, Exempt de ses Gardes 3 ; Catherine et Selvage, deux de ses femmes de chambre, Marine, naine, et deux valets de pied. La Reyne. portant elle-mesme la cassette où estoyent toutes ses bagues, elle glissa le long de l'échelle, sur la fin, s'éeorcha un peu le dos, et sa cassette tomba. Du fossé, elle traversa tout le faubourg de la ville, et passa tout le pont à pied. Elle fut reconnue par deux hommes qui jettoyent des ordures sur le pont, au bout duquel elle trouva un carrosse, et Chanteloube qui l'attendoit, avec vingt-cinq ou trente chevaux, avec lesquels elle alla jusques à Montrichard (Elle n'entra pas dans la ville), où elle trouva un autre carrosse, et M. de Thoulouse et le comte de Ruscellay avec cent vingt chevaux, ou environ. Estant arrivée à Liège, à une poste de Loches, elle trouva M. d'Épcrnon, avec deux ou trois cens chevaux. On dit qu'ayant fait arrester son carrosse et mis pied à terre, et M. d'Épernon luy ayant baisé la robbe, ils se retirèrent chacun un pas en arrière, et se mirent
* Henry Robert do la Marck, comte de Brenne, premier écuyer de la Reine-mère, capitaine des cent-suisses de la garde ordinaire du Roi, mort en 1652. Il était fils de Charles Robert de la Marck, comte de Maulevrier et de Brenne qui, à la mort de Charlotte de la Marck, duchesse de Bouillon, sa nièce, prit le titre de duc de Bouillon. Le comte de Brenne porta aussi ce titre.
2 Jacques Goyon, baron de Marcé, frère du marquis de la Moussaye, mort avant 1650.
s Mercay et La Mazure, exempt des gardes de la Reine-mère, sui vant Fontenay-Man'uil, p. 435.
/|Oft JOURNAL INÉDIT
Février m», tous deux à rire, et à dire, qu'il faisoit meilleur estre là, qu'à Amboise. Le sieur le Conte la sert de secrétaire, au lieu de M. de Villesavin, qui s'en est revenu \
23. Le Roy estant à Saint-Germain, à la chasse du cerf, etlaReyneetmadame de Savoye, avec luy ; celte nouvelle luy fut apportée, laquelle le fit revenir à Paris le lendemain. MM. du Conseil n'estoyent pas encore allez à Saint-Germain 2.
2&. La Reyne part de Loches, et arrive à Angoulesme, le samedy 2 mars; M. d'Épernon, monté sur un cheval d'Espagne, la suivoit à la teste de deux cens Gentilhommes très-lestes, ayant chacun deux pistollets, et une carabine, et cent mousquetaires à cheval, montez sur des chevaux de quatre-vingt et cent écus, et disoit par les chemins à la Reyne, que si elle l'eust perdu, comme ses ennemis le luy avoyent voulu autrefois persuader, il ne luy rendroit pas maintenant ce service.
25. Le Roy mande le matin MM. du Parlement. 11 leur fit dire, par M. le Chancelier, ce qui estoit arrivé; qu'il s'en alloit (on disoit que Sa Majesté partiroit assurément le samedy pour aller à Orléans, et de là à Tours), et qu'ils eussent soin icy de son service.
Villiers Saint-Genest, Écuyer de la Reyne-mère,
* Voy. Fontenay-Mareuil, p. 435 ; Richelieu, p. 527 ; Pontchartrain, p. 27&; Brienne, p. 336; Rohan, p. 134.
* Voy. Fontenay-Mareuil, p. 430; Pontchartrain, p. 275 ; Merc. fr.y p. 136.
d'arnauld d'andilly. 405 arrive, avec une lettre de Sa Majesté au Roy, en Février m*. forme de manifeste, et une autre à M. le Prince de Piémont. Ledit sieur de Villiers ne fut expédié que plusieurs jours après, et seulement avec une lettre de compliment, le Roy se remettant à luy écrire plus amplement, par une autre voye. M. le Prince de Piémont fit de mesme.
...Arrive aussi, avec des lettres de M. d'Épernon au Roy. On dit que le Roy ne les voulut pas voir. On fit commandement quelques jours après au sieur Vallier, secrétaire de M. d'Épernon, de se retirer \
26. Le Roy envoyé La Fare 2 à M. de Guise, pour luy donner avis de ce qui estoit avenu, et luy mander de venir à la Cour, s'il ne jugeoit point estre nécessaire de delà. On ne luy écrivoit rien pour luy donner assurance du commandement de l'armée; mais on luy mandoit seulement de belles paroles par La Fare.
M. le Maréchal de Vitry arrive au Louvre, sans en avoir fait avertir Sa Majesté. Le Roy luy mande, par M. de la Vieuville, qu'il ne le vouloit pas voir, et qu'il s'en retournast, ce qu'il fit à l'heure mesme, et alla coucher à Coubert, et dit, qu'il estoit venu
* Voy. Fontenay-Mareuil, p. 438; Richelieu, p. 528 ; Pontchartrain, p. 276. On trouve dans le Merc.fr., p. 137 et suiv., la lettre de la Reine-mère au Roi, celle du duc d'Épernon au Roi et celle de la Reinemère au Prince de Piémont, toutes trois datées de Loches le 23 février.
2 Jacques de la Fare, baron de la Fare, servit en Languedoc contre les religionnaires en 1621, capitaine de cavalerie en 1638, premier marquis de la Fare en 1646 mort en 1661? (Voy. P. Anselme, t. nt p. 137.)
Février i«t. pour rendre preuve de son obéissance, et offrir au Roy de lever quatre mil hommes de pied et cinq cens chevaux, et d'avancer pour cela cinquante mil écus qu'il a voit comptant. On m'a dit, qu'en sortant du Louvre, il avoit dit que ses ennemis n-avoyent osé se présenter devant luy , et que c'estoyent des poltrons \
27. M. de la Chesnaye va, avec le sieur Justel, trouver M. de Buillon de la part du Roy, et revient le mécredy 6 mars, avec de belles paroles de M. de Buillon, comme d'envoyer son fils au Roy avec quatre cens chevaux, etc. Mais ensuite de tout cela, il avoit dit que cette affaire estant entre le Roy, et la Reyne sa mère, il estoit obligé de luy dire, qu'il croioit en sa conscience, qu'il devoit envoyer vers elle, et que sur une affaire de si grande conséquence, il estoit besoin d'assembler les officiers de la Couronne, et les Principaux du Royaume, pour y prendre
Conseil.
M. de la Chesnaye m'a dit que la créance dont M. de Buillon F avoit chargé envers le Roy, estoit qu'il serviroit Sa Majesté, de sa vie, de son bien, et de ses amis, envers et contre tous, sans exception, distinction ni queue. Que sa créance à M. de Luynes estoit, que les Roys ayant à avoir des Favoris, comme il y en avoit toujours eu en France, il ne croioit pas que la faveur pust tomber en meilleure main que celle de M. de Luynes, qu'il estimoit fort homme de
1 Foy. Pontchartrain, p. 277.
d'arnauld d'andilly. 407
bien ; et que ne jugeant pas que Ton pust, sans of- Février tut.
fencer l'autorité du Roy, s'attaquer, contre son gré,
à ceux qu'il ayme, pour ce qu'autrement, le Roy ne
seroit pas véritablement Roy, s'il ne luy estoit permis
de faire du bien à qui bon luy sembleroit ; et que
mesme en cela, il avoit intérest de s'y porter, parce
qu'il pourroit avenir que son fils recevroit quelque
jour des bien-faits et des gratifications du Roy ; pour
ces raisons, au cas que l'on voulust ruiner M. de
Luynes, il luy ofîroit de le servir, et de l'assister de
sa vie, de son bien et de ses amis
M. de Buillon, écrivit, en mesme temps, àMmede la Trémoille, qu'il ne changeoit point d'avis, depuis le langage qu'il luy avoit prié de tenir, qui estoit que se voyant abandonné des elTects de la protection qu'il attendoit de deçà, il avoit esté obligé de se mettre bien avec tous ses voisins, M. d'Épernon entre autres, avec lequel il vivoit en amitié, leurs enfans estant parens3.
Environ ce jour, M. de Ghambret3 part de la Cour, et va trouver la Reyne-mère. M. d'Épernon le luy présenta, en disant, que s'il eust esté aussi vaillant que luy, il luy eust rendu de bons Services.
Samedy 2. La Reyne-mère arrive h Àngoulesme , Mars-
* Voy. Merc. />•., p. 149, la réponse du Maréchal duc de Bouillon au Roi, en date à Sédan du 4 mars.
1 Voy. Richelieu, p. 529.
' « Chambret, entre autres, huguenot assez connu par les bonnes actions qu'il avoit faites du temps du feu Roi, homme déterminé, et qui savoit le métier de la guerre parfaitement. » (Mém. de Richelieu, p. 5/il.)
Manioi». M. d'Épernon l'accompagnoit, monté sur un cheval d'Espagne, à la teste de deux ou trois cens chevaux ; et on tient qu'il luy dit un jour , « Pofardioux, Madame, si Yostre Majesté m'eust perdu, comme mes ennemis le luy vouloyent autrefois persuader, je ne luy rendrois pas maintenant ce service-cy. 11 dit aussi, que ces gens croioyent l'avoir matté; mais qu'il a voit paré à la Dame ; que l'on disoit que l'on luy feroit trancher la teste ; mais qu'il feroit dire auparavant force Salve Regina.
Le Roy envoyé M. du T...1 vers M. de Luçon, pour luy commander d'aller trouver la Reyne-mère à Angoulesme. M. de Luynes écrivit la lettre ; et le Roy écrivit au bas. — M. de Luçon part d'Avignon le Jeudy 7, fut arresté à Vienne par dix ou douze des gardes de M. d'Alincourt, qui firent. Corps de garde la nuit, devant son logis. (M. d'Alincourt en avoit receu commandement quelque temps auparavant.) Puis il fut conduit à Lyon. M. d'Alincourt luy envoya son carrosse, et après avoir veû son pouvoir de s'en aller, luv donna à disner, et l'alla couduire hors la ville après disner. 11 devoit arriver à. Angoulesme lel52.
* Le sieur du Tremblay, connu depuis sous le nom de Père Joseph, capucin, confident et l'un des principaux agents de Richelieu.
» Voy. Fontenay-Mareuil, p. Ml ; Brienne, p. 340. Les détails que Ton trouve dans les Mémoires de Richelieu sur toutes les circonstances de son rappel près de Marie de Medicis sont pleins d'intérêt comme tout ce qui se rattache à la vie de ce grand Ministre* (Mém. de Richelieu, p. 533 et suiv.). Ce récit montre une fois de plus l'exactitude du journal de d'Andilly.
d'arnauld d'andilly. &09
Le mesme jour, M. B...! va trouver la Reyne- mm mère.
M. de Luynes va voir Monsieur le Prince au Bois de Vincennes.
6. Madame la Connestable2, suivant les lettres de M. de Montmorency, prend congé du Roy, et de la Reyne, sous prétexte de s'aller purger, et s'en va à Chantilly.
Le père Suffren3 , qui estoit revenu de Blois à la Cour, et n'avoit point suivy la Reyne-mère, part pour Faller trouver à Angoulesme.
7. M. le Prince Cardinal part, pour s'en retourner en Piémont.