XXXVIII INTRODUCTION
qu*à en faire 1 » Cela est si vrai, qu'il renonce à un procès dont le gain est sur, aiin de ne pas ruiner des adversaires qu'il estime, et n'hésite pas, après l'affaire Damiens, à offrir à la Cour de profiter de ses rapports avec les magistrats les plus influents, pour tenter un rapprochement avec le Parlement ; mais sa proposition n'ayant point trouvé d'écho, il est contraint de renoncer à ce généreux projet.
Incapable de compter, dès qu'il s'agit de faire honneur à «on souverain, il reçoit avec magnificence le Roi de Danemark, lors de son passage à Calais, en 1768, et prend tous les frais de la visite à son compte, aiin d'en éviter la charge à la Ville, qu'il sait obérée. Mais où son désintéressement -éclate surtout, c'est après la mort de sa mère, quand non seulement il exécute, mais encore il approuve toutes les dispositions de son testament, cependant fâcheux pour lui, puisqu'il lui fait perdre annuellement 12.000 livres ! Il est vrai que si la princesse de Croy, personne charitable à l'excès, a laissé de nombreuses dettes, ce sont les pauvres qui en sont cause. Aussi a-t-il, pour l'excuser, un. mot tou- <5hant : « Il fallait, dit-il, tout son ordre, pour qull n'y en 6Ût pas plus ! »
Honnête homme, il détourne le ministre Bertin du projet de construire un canal de Saint-Ghislain à Tournay, parce qu'il le juge désavantageux à TEtat. Il sait fort bien qu'une hausse énorme sur les charbons, et, partant, un gain considérable pour lui, en serait la conséquence, mais, dit-il, « son devoir est de Tempêcher comme seigneur et gouverneur ». Une autre fois, il offre de restituer des appointements auxquels il n'est point sûr d'avoir droit, et désapprouve la faveur qu'on a faite à son gendre, le duc d'Havre, <i'envoyer son régiment dans une garnison meilleure, m n'ayant jamais aimé, déclare-t-il, à changer le sort des •régiments, parce que cela peut avoir de grandes suites! »
Avant le départ de M. de Kerguélen, il demande avec