INTRODUCTION LUI
est, naturellement, alors, d^aller remercier Mme de Pompadour. Pendant sa visite, M. de Soubise qui Ta fort appuyé auprès d^elle, entre sans être aperçu, si ce n'est de la Marquise, qui dit en riant à son interlocuteur : « Vous avez, monsieur de Croy, un bien bon ami dans la personne de M. de Soubise ! » Il se retourne alors, aperçoit son bienfaiteur, lui « saute au col », et l'embrasse I
Ce n'est pas Tunique service dont il sera redevable à Mme de Pompadour : il la voit souvent, car elle aime à causer arbustes avec lui, Tinvite à son Hermitage de Versailles^ et à souper une fois la semaine, parfois avec le Roi. En outre, elle le fait admettre dans les Cabinets, sans avoir chassé, faveur rarement accordée. En 1758, elle l'aide à obtenir le cordon du Saint-Esprit, mais la chose ne se fait point sans difficulté ; elle a même, à ce sujet, avec le prince de Tingry, une discussion à laquelle M. de Croy assiste et qui lui démontre Texcellence de ses intentions à son égard : elle va jusqu'à parler de le faire nommer seui, une promotion générale étant impossible. Mais les engagements pris par le Roi forment un obstacle insurmontable ! Bientôt, cependant, elle lui annonce « qu'il peut être tranquille ». Il se regarde, dès lors, comme possesseur du cordon souhaité, et l'obtient, en effet, quelques jours après.
Mme de Pompadour ne se montre pas toujours aussi facile : il en fait l'expérience quand il sollicite le titre de duc, en compensation du passe-droit dont M. de Beauvau Ta rendu victime. La réponse de la marquise est sèche, et la princesse de Croy, qui a cru devoir lui écrire encore, en reçoit une du même style. Alors, il va la trouver, et lui peint sa douleur en termes tels, qu'elle se laisse toucher et lui promet presque les honneurs de la Cour pour son fils. Malheureusement elle meurt, à quelque temps de là, et tout, par ce décès, se trouvant remis en question, M. de Croy suspend ses démarches pour quelque temps.