‹ Journal inédit du règne de Henry iv, 1598-1602, publChapitre 20 sur 68 · Le 22 juin. Voy. de Thou, 1. CXXI, t. XIll, p · texte numérisé non relu

Le 22 juin. Voy. de Thou, 1. CXXI, t. XIll, p

2. Jean de Serres, né vers 4540, frère d'Olivier de Serres, sieur du Pradel, Fauteur du Théâtre d' agriculture.

3. Yoy. Ephemerides Caaauboni, 1. 1, p. 90, viii Rai. Jun : « Hoc

< die de Johannis Serranii obilu certiores facti sumus. ObUt ille « die decimo nono hujus mensis et cum uxore , quae post illum

< fato functa est horarum ferè quatuor interyallo est sepul- « tus. 9

Le 8 des calendes de juin correspondant au 25 mai^ la mort de Serres serait fixée par Gasaubon au 49 mai et non au 49 juin, comme Ta pensé Haag, France protestante ^ t. IX, p. 267. Prosper Marchand fait remarquer qu'il était mort en mai 4598, lors de la tenue du synode de Montpellier , puisqu'on y chargeait M^ Jullien de retirer les écrits qui sont entre les mains des héritiers de feu M. de Serres. Yoy. Marchand (P.), v« Serres, p. 249. -P. Lelong, t. m, xcv.

tament le monstre. On disoitque sa femme estoit morte en mesme jour que lui.

Ainsi ^ devant la moictié de l'année^ et en moins de six mois^ moururent en France trois grands personnages : Henri Estienne^ Comelin et Serres.

JUING

Le Vendredi v** de ce mois^ le Roy arriva à Paris de son voiage de Bretagne^ vinst disner chés Gondi^ et alla coucher à Thostel Despamon^ où la cour Falla saluer le lendemain.

Le Samedi vi% Madame ', sœur du Roy, arriva à Paris, et dès le lendemain fist prescher publiquement dans le Louvre, où se trouvèrent deux à trois mil personnes, et y fust chanté, ce qu'on n'avoit accoustumé *. Fut chanté le Psalme xxiv* : La terre au Seigneur appartient.

Elleavoit, passant par Orléans, fait prescher publiquement en son logis, qui estoit près l'église Ste Croix; et sur ce que quelques uns, craignant esmotion, l'en

4. Catherine, pnocesse de Navarre, duchesse d*Alhret, née le 7 février 4S58, mariée le 29 janrier 4599, à Henri de Lorraine» duc de Bar, morte le 43 février 4604.

5. Madame de Bar avait permission de faire prescher au Louvre, mais non de faire chanter. Voy. Tallemant, t. I, p. 47, éd. Paulin Paris.

Toulussent divertir, elle demanda s*il y avoit encore de ces mutins là à Orléans, et s'il y en avoit qu'elle sçavoit le moien de les bien chastier.

On y ûst un baptesme^ et fust Tenfant porté par une des sages femmes de la ville ^ bien que catholique^ laquelle après le départ de Madame en fust mise en justice^ le peuple voulant qu'on la mist hors la ville et qu'il lui fut interdit de faire jamais Testât de sage femme. Mais elle en fust quitte pour aller au Pénitentier^ où elle fust renvoiée à cause de la profession qu'elle faisoit d'estre catholique .

On disoit qu'il n'apportoit qu'à une sœur de Roy^ comme estoit Madame^ de faire prescher et baptiser dans une ville d'Orléans à la mode de ceux de la religion^ desquels ce peuple estoit ennemi juré et formel.

Le Mercredi x* de ce mois^ mourust en sa maison à Paris^ H. Jean de St. Germain^ apoticaire^ homme de bien et de biens et qui estoit de mes amis^ lequel aiant eu 50 francs en mariage en laissa 80 mil à chacun de ses enfans.

Le Vendredi xu** de ce mois^ fust publié à la table de marbre et cour du palais^ avec grande solennité et publique resjouissance et au son de neuf trompettes^ le mandement du Roy pour la paix entre Sa Majesté le Roy d'Espagne et le Duc de Savoie.

Furent faits feus de joie par la ville, et Torloge du Palais sonna tout le long du jour en carillon.

Messieurs de la Cour en robbes noires furent à Nostre Dame au Te Deum, comme aussi les autres compagnies.

40 JOURNAL DU RËGNE

On figt largesse aux pauvres de dix mil pains derant rbostel de yille^ où il y eust dix pièces de yin desfon* cées à tous yenans.

11 faisoit ce jour grand froid à Paris hors la saison^ le temps estant venteux ^ hereux, pluvieux, et plus ressentant son hyver que son esté^ comme aussy furent les jours ensuivans^ jusques au jour de la S. Jean qu'il commença à faire chaud.

Le mardi xvi' de ce mois^ le Légat * arriva à Paris, dans une litière doublée de satin rouge, à costé de laquelle on portoit sa croix, et estoit accompagné de 42 carrosses. Tout le peuple le bénissoit conune le principal aucteur et moienneur de la paix, tellement qu'il fust reconduit en sa maison par plus de trois mil personnes du peuple.

Au devant de lui allèrent Messeigneurs de Montpensier, Despemon, Chevreuse et autres grands Seigneurs '•

Le Jeudi xyiii** de ce mois, entrèrent à Paris par la porte S. Denis, le Duc d'Ascot ' et les autres seigneurs et ambassadeurs d'Espagne. Le comte de S. Pol ^ les conduisoit. Un bon nombre de noblesse françoise fust au devant avec beaucoup de grands seigneurs de la Cour, entre lesquels paroissoient fort le Prince de Jainville, le marquis de Gœuvre, frère de la Duchesse de Beau-

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