‹ Journal inédit du règne de Henry iv, 1598-1602, publChapitre 34 sur 68 · Jeao Brulart, capucin. Yoy. p · texte numérisé non relu

Jeao Brulart, capucin. Yoy. p

c'est toujours mal, et ce zèle inconsidéré mérite un chastiment. d

Geste plainte finie ^ Sa Majesté se retourna vers les gens de son Parlement, a II n'y a pas un de yous, dist il^ qui ne me trouve bien quand il a affaire de moi ^ et ni en a point qui n'en ait à faire une fois Fan.

a Et toutesfois^ à moi qui suis si bon^ vous estes mauvais. Si les autres Parlemens, pour avoir résisté à ma volonté^ ont esté cause que ceux de la Religion ont demandé choses nouvelles^ je ne veus pas que soies cause d'autres nouveautés par vostre refus . L'an 94 et 95^ quand je vous envolai une déclaration sur l'Edit de l'an 77 pour la provision des otQces^ j'avois promis que je ne pourvoirrois aucun de la Religion des Estats en la Cour de Parlement. Depuis le temps a changé les af- £ureS; et toutesfois j'aurai bonne asseurance de ceux que je mettrai à ces Charges^ qu'ils s'y gouverneront comme ils doivent. Il ni a point tant de Religion Catholique à tous ces grands criards Catholiques et Ecclésiastiques ; que je leur donne à l'un deux mil escus en bénéfices, à l'autre quatre mil livres de rente, ils ne diront plus mot. Le Juge de mesme, et ainsi de tous les autres qui voudroient parler contre l'Edit. U y a des meschans qui monstrent haïr le pecché, mais c'est par crainte de la peine, au lieu que les autres le baissent pour l'amour de la vertu. *

Oderunt peccâre malt fortnidine Oderunt peccâre boni virtutù amore.

c n 7 a plus de 20 ans que je ne les ai redit qu'à ceste heure. Pour dire que je connoisse ceux de tous qui haussent le pecché pour l'amour de la yertu, je ne les conaois pas. Hais sçaurai-je chastier ceux qui le haïront pour la peur de la peine. Et après ils me remercieront du chastiment comme un fils fait son père. Je n'aYois pensé à vous mander qu'hier bien tard. Considérés que TEdit dont je tous prie est TEdit du feu Roy et le mien aussi, car il a esté fait aTec moi, et aujourd'hui je le confirme.

a Je ne trouye pas bon d'ayoir une chose en Tinten- Uon et escrire l'autre, et si quelques autres Font fait, je ne TOUX pas faire comme eux.

a La dernière parole que tous aurés de moi sera, que suiTiés l'exemple de Mons^ de Maienne. On l'a incité de faire des menées contre ma Tolonté. 11 à respondu m'estre trop obligé et tous mes subjects aussi, par ce que j'ay restabli la France maugré ceux qui l'ont touIu ruiner, entre lesquels il sera tousjours de ceux qui exposeront leur vie pour me complaire, au lieu que par le passé il aToit fait tous ses efforts pour ruiner l'Estat. Et si le Chef de la Ligue a parlé ainsi, combien plus TOUS que j'ay restablis, tant ceux qui m'ontesté fidèlesque ceux que j'ay remis en foy, que doivent ils faire au prix ?

a Doimés à mes prières ce que ne Toudriés donner aux menaces, tous n'en aurés point de moi. Faites seulement ce que je tous commande ou plustost dont je TOUS prie. Vous ne ferés pas seulement pour moi, mais aussi pour tous et pour le bien de la Paix. »

Le Dimanche x« de ce mois^ le Roy enyoift au Prévost des Marchands lui dire qu'il eust à faire faire recherche à Paris d'un Captissin Lorrain déguisé^ qui estoit Venu exprès de^ Lorraine ici pour le tuer^ lui desseignant l'habit^ le visage et façon dud. Capussin. Ce qui fiist fait le lendemain avec une exacte recherche et diligence^ si ^qu'on trouva qu^il estoit venu voirement à Paris et avoit logé sur tm boulan^r son parent , mais qu'il s'en estoit aUé/et avoit dit qu'il s'en allolt en voiage à Nostre Dame de Lorette. Il s'appélloit en saù nom Langlet, dit le Poirier S lequel craingnant d'estre recherché de sodomie^ et d'avoir gasté un enfant de bonne maison de Lorraine^ s'en estoit allé à son prieur et lui avoit dit : qu^il estoit possédé du Diable et qu'il avoit en dessein etlsôttasie de tuer le Roy^ et là dessus seroit parti pour aller à Paris. De quoi son prieur adverti, l'auroit dit à Mons'. dé Lorraine, qui avoit dépesché* incontinent vers le Roy pour lui en donner advis*.

Le Mercredi xif du présent mois de Janviei', l'Accord de Mons'. deSt. Phalle et de Mons^. du Plessis Momay, fut Mt, conclu et arresté en ces termes dans le Ghasteau du Louvre à Parie*:

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