Le P. Anselme, t. I, p. 335, donne la date du il
2. C'est une erreur de Lestoile; la princesse de Condé était Françoise d'Orléans.
3. C'est le nom d'un ruisseau près de Jarnac, dont le passage décida la victoire.
Le Samedi xvr de ce mois^ il y eust trois escoliers du collège de la Marche qui^ par sentence de Hons' le Lieutenant Criminel^ furent fouettés dans led. collège, en présence d'un Commissaire qu'il y envoya pour assister à lad. exécution^ et ce pour avoir jette de la boue I au visage de quelques hommes et femmes revenans du presche d'Âblon^ le jour de la Pentecoste, et entre les autres à un homme de qualité qui estoit dans ung carrosse, avec paroles injurieuses et scandaleuses tendantes à sédition.
Le Principal du collège fust suspendu pour ung an de sa charge, et enjoint à tous les régens dudict collège de contenir tellement leurs escolliers qu'il n'en advinst plus de scandale.
En conséquence de ceci, fust aussi publiée et attachée par tous les coings des rues de Paris une prohibition et défenses à toutes personnes, de quelque qualité qu'ils peussent estre, de plus outrager de fait ou de paroles ceux de la Religion, sous peine de punition corporelle.
Le Dimanche xxiv« de ce mois, jour St. Jean, mourust d'une hydropisie à Paris, en son hostel de Nevers, Henriette de Clèves, Duchesse de Nevers % aagée de 59 ans, après avoir esté malade cinq mois, finissant en elle la race et maison de Clèves, qui estoit des plus illustres de la Chrestienté , estant ceste dame douée de
4 . Fille de François de Clèves, premier du nom, et de Marguerite de Bourbon-Vendôme, né le Z\ octobre 4542, épousa, le 4 mars 4 565, Louis de Gonzague, duc de Nevers.
DE HENRY lY (1604). 13i
beaucoup de grâces et d'uug bel esprit que le Roy aimoit et en faisoit cas.
Geste année f ust fatale pour les Princesses de France, car en moins de sept mois il en mourut six, sçavoir : la Duchesse d'Aiguillon et sa fille, la Roine Blanche, Madame de Longueville, Madame la Princesse de Condé, et la susdite Dame Henriette de Nevers.
Ce jour mesme, on eust nouvelles asseurées d'Allemagne de la déclaration qu'ayoient fait les Princes Protestans à l'Empereur, de ne le plus assister ni contribuer aucune chose pour la guerre de Hongrie, s'il ne mipartissoit son Conseil de Catholiques Romains et Protestans. L'Empereur aiant jusques ici esté abusé par ung nommé Rouf, homme de Néant, qui par sa dextérité s'estoit si avant insinué en ses bonnes grâces qull gouvernoit toutes les afTaires de l'Empire, le fist constituer prisonnier, aiant esté vérifié contre luy qu'il estoit plus serviteur de l'Espagnol que de son Maistre.
On sceust aussi par mesme moien comme le Roy d'Espagne avoit envoie l'Ordre de la Toison d'Or au Roy de Pologne par le Prince d'Espinoy, et que le Chancelier dePolongne, dit Zamoschi, homme grand et généreux, lavoit bravement refusé quand on lui avoit présenté, disant qu'aiant fait serment d'estre serviteur à son maistre, il ne vouloit point devenir son compagnon, ce qu'il feroit s'il acceptoit l'Ordre de la Toison. Le feu Roy d'Espagne et son fils, à présent régnant, ont tousjours eu envie d'acquérir l'amitié de ce Seigneur, sachans que Taiant une fois acquise, ils induiroient faci-
lement par son moien le Roy de Polongne à rompre la paix avec le Turq^ et faire ligue ensemble. Mais ce Seingneur aiant claire connoissance de leurs desseins^ leur a tousjours fermé Faureille^ joint le mal talent qu'il sçait bien que la maison d'Austriche lui porte à cause qu'il desconfist et prist prisonnier Maximilian, Archiduc, frère de Rodolphe^ qui briguoit le Roiaume contre le Roy de Suède Sigismond^ qui par sa faveur lui fust préféré.
D'ung advis envoie ici de Polongne en dacte du xxvi* May 1601.
En ce mois Mahomet 111% Empereur des Turqs, en- Yoia et flst présent au Roy d*une fort belle et riche enseigne de diamants avec un magnifique pennacbe et d'uDg poignard dont la i^oignée et le fourreau estoîent aussi couverts de diamants de grands prix^ L'agent qui lui présenta se nommoit Bartholomé Gonnesse % Provençal de nation^ Médecin de profession et Crestien de religion^ quoique serviteur de ce Prince Mahométan. Le subject de sa légation est entre mes papiers, que j'ay eu de M. D. P., ami de cest agent.
En ce mois de Juin, se voioit à Paris à l'hostel de BourgoQgne où vivoit Arlequin, une chose autant rare et esmerveillable qui se puisse voir. G'estoit une fille Italienne aagée d'environ 13 ans, qui un gros quart